Désolé de revenir temporairement…

Le 19 août 1942, au cours de l’opération «Jubilee» sur Dieppe, le commandant Fayolle disparaît aux commandes de son Hawker Hurricane. Son corps, inhumé au cimetière canadien d’Hautot sur Mer en Seine-Maritime sous une mention anonyme a été identifié en 1998.

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Mon obsession pour l’opération Jubilee.

  1. http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/337.html

    Petit-fils du maréchal Fayolle et fils d’ingénieur général du génie maritime, Emile Fayolle (il choisira de se faire prénommer François) est né le 8 septembre 1916 au Château de Saint-Priest à Issoire dans le Puy-de-Dôme.

    Il fait ses études à Paris au collège Franklin.

    Désireux de servir dans l’aviation, il s’engage dans l’armée de l’air en septembre 1938. Elève pilote à l’école d’Istres, il est breveté en juillet 1939. Affecté à l’Ecole de chasse d’Avord en octobre 1939, il est nommé sergent le mois suivant.

    Il est affecté en mai 1940 au centre d’instruction à la chasse d’Oran (Algérie). Refusant l’armistice, il cherche avec quelques camarades le moyen de poursuivre le combat.

    fayolle

    Emile (François) Fayolle

    Il quitte Oran pour Gibraltar à bord d’un Caudron Simoun le 30 juin 1940 en début de matinée, en compagnie du sous-lieutenant Stourm. Il a été précédé par ses camarades Mouchotte, Guérin et Lafont et deux observateurs de l’armée de terre qui se sont envolés sur un Caudron Goéland. De Gibraltar, il gagne l’Angleterre à la mi-juillet à bord du chalutier Président Houduce.

    Engagé dès son arrivée dans les Forces aériennes françaises libres, il est sélectionné pour servir comme pilote de chasse dans la Royal Air Force. En stage dans la RAF du 30 juillet au 10 septembre 1940, il est affecté, avec son camarade François de Labouchere, au 85 Squadron, sous les ordres du Squadron Leader Peter Townsend ; il brûle de combattre mais le squadron est envoyé en transformation de chasse de nuit en Ecosse.

    François Fayolle est promu adjudant et, jusqu’en décembre 1940, il remplit 4 missions de guerre avant d’être muté au 249 Squadron.

    François Fayolle, toujours avec François de Labouchere, est muté début mai 1941 au 242 Squadron. Dans la nuit du 10 au 11 mai 1941, il abat un Heinkell III lors d’un important bombardement de nuit sur Londres.

    Le sous-lieutenant Fayolle épouse à Londres, début juillet 1941, une jeune anglaise qui lui donnera une petite fille. Promu lieutenant le 24 septembre 1941, il rejoint, le 10 novembre 1941, après quelques semaines passées au 611 Squadron, les rangs du groupe de chasse «Ile-de-France» (340 Squadron) alors en formation en Ecosse.

    Le 10 avril 1942, il prend le commandement de l’escadrille n° 2 « Versailles», succédant à Bernard Dupérier. Promu capitaine le 1er mai 1942, il participe à la destruction d’un Junker 88 le 11 mai.

    Il est, fin juillet 1942 l’un des premiers Français libres à recevoir la Distinguished Flying Cross. Il a alors effectué 130 missions offensives et est titulaire de 4 victoires aériennes.

    Nommé Squadron Leader le 1er août 1942, il prend le commandement du 174 Squadron de la RAF, équipé de chasseurs bombardiers (Hurri-Bombers).

    Il est alors le deuxième Français, après Jean Demozay, à être placé à la tête d’un squadron britannique.

    Le 19 août 1942, au cours de l’opération «Jubilee» sur Dieppe, le commandant Fayolle disparaît aux commandes de son Hawker Hurricane. Son corps, inhumé au cimetière canadien d’Hautot sur Mer en Seine-Maritime sous une mention anonyme a été identifié en 1998.

    Il était titulaire de 3 victoires aériennes, ayant effectué 190 missions de guerre et détruit ou endommagé 25 bateaux ennemis.

    • Chevalier de la Légion d’Honneur
    • Compagnon de la Libération – décret du 17 octobre 1942
    • Croix de Guerre 39/45 (4 citations)
    • Distinguished Flying Cross (GB)
    • 1939-1945 Star avec agrafe “Battle of Britain” (GB)
    • Air Crew Europe Star (GB)
    • War Medal (GB)

3 réflexions sur “Désolé de revenir temporairement…

  1. Dieppe, 19 août 1942 :
    La disparition d’Émile (dit François) Fayolle

    Au 174 Squadron, ce 19 août, les pilotes sont réveillés à trois heures et, après le casse-croûte, se rendent au briefing. Le Squadron Leader E. Fayolle, DFC, prendra la tête de douze Hurricane Mk. Ilb pour la première sortie de la journée. Il volera comme  » Blue 1  » sur le HV557 et un des deux autres Français, le Pilot Officer du Fretay volera en position de  » Blue 3  » sur le HL715.

     » La première opération de la journée fut effectuée contre la batterie « Hitler ». Douze avions décollèrent de Ford, commandés par le S/Ldr Fayolle (F.F.) à 4h40 et, en raison de l’obscurité et des quelque vingt avions d’autres Squadrons qui partaient au même instant, les Hurricane du 174 furent incapables de voler en formation et les sections prirent leur route individuellement. « Red 4″, le F/Sgt Benjamin (HV558), ne pouvant entrer en communication avec aucun autre avion, dut retourner à la base pour ne pas s’égarer.

     » La côte française fut franchie vers environ 5h10, à une altitude variant de 2 000 à 4 000 pieds et six avions furent dirigés au-dessus du « Camp de César » et cinq au-dessus de Mesnil-en-Caux. Tous ont trouvé la cible qui était visible, comme une grande tache blanche au sommet d’une colline. Ils bombardèrent en piqué, entre 1 000 et 1 500 pieds, de 5h15 à 5h22. Dix-huit bombes de 500 livres et quatre de 250 (toutes à allumage instantané) furent larguées et de nombreux impacts furent vus à proximité de la cible. Les pilotes rapportèrent que les batteries, qu’ils avaient pour cible, n’entrèrent pas en action mais qu’une légère flak fut rencontrée dans la zone pendant qu’ils bombardaient.

     » Après le bombardement, les avions se séparèrent et refranchirent la côte à différentes altitudes à l’ouest de Dieppe, rencontrant une flak intense à peu près partout, mais surtout un rideau de Bofors provenant de l’aérodrome de Saint-Aubin.

     » Le S/Ldr Fayolle (« Blue one ») qui a disparu lors de cette opération (sa première avec le Squadron), fut vu alors qu’il refranchissait la côte et volait à grande vitesse près de « Blue Two », (P/O Davies sur le BP299) qui dit qu’il ne pouvait rester à sa hauteur. « Green 4″ (F/Sgt Wetere sur le BP672) affirma aussi qu’il vit un Hurricane qu’il prit pour celui du C/O avec deux Spitfire qui étaient en train de combattre un F. W. 190 au-dessus de Worthing, mais il dit qu’après cela, il vit le même Hurricane au-dessus de Littlehampton. Le FW 190, vu par ce pilote, fut le seul avion ennemi rencontré pendant cette opération. Onze avions atterrirent à Ford vers 6h00.  »

    La tombe d’Emile Fayolle

    La dernière fois donc que le Hurricane du commandant Fayolle fut semble-t-il aperçu par le Flight Sergeant Wetere (pilote maori de la RNZAF), il volait au-dessus de Worthing puis de Littlehampton, localités situées à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Brighton. L’aérodrome de Ford, base du 174 Squadron, se trouve entre ces deux cités côtières. De Dieppe à Worthing, il y a environ 140 km à vol d’oiseau. Le Squadron Leader Fayolle n’a pas atterri à Ford.

    Trois Squadron Leaders ont été portés disparus en ce 19 août 1942. Les tombes du Squadron Leader A. Berry DFC, commandant le 3 Squadron et du Squadron Leader G.C. Hyde, C/O du 41 Squadron, se trouvent au cimetière anglo-canadien de Dieppe, à Hautot-sur-Mer. Dans ce même cimetière, l’auteur a trouvé, en 1980, la tombe d’un troisième Squadron Leader, tué ce jour-là, et dont la stèle portait l’inscription :

    AN AIRMAN
    OF THE
    1939-1945
    WAR
    A SQUADRON LEADER
    ROYAL AIR FORCE
    19TH AUGUST 1942

    L’auteur a longtemps pensé qu’il pouvait s’agir de celle du commandant Fayolle, abattu ou victime d’une panne de moteur. Il a pu tomber à la mer et son corps a pu dériver, au gré des violents courants du détroit du Pas-de-Calais, au point d’être rejeté sur les côtes de France et d’être inhumé par les Allemands comme Squadron Leader inconnu, les marques de son grade figurant de façon visible sur son uniforme. Il est un effet, peu probable que le commandant Fayolle ait porté sur lui une plaque ou un document quelconque indiquant son nom et sa nationalité française. Son camarade Labouchère portait un badge d’épaule « CANADA ».

    Interrogé sur la tenue portée par le commandant Fayolle ce 19 août 1942, son camarade de Squadron, Raymond Van Wymeersch, n’a pu que nous répondre dans une lettre en date du 16 octobre 1996 : « Je me creuse la tête pour essayer de me rappeler dans quelle tenue se trouvait François Fayolle ce matin du 19 août 42. Je nous vois tous en combinaison et bottes de vol et ne peux que me rappeler la tension qui existait parmi nous lors du briefing. »

    Pendant des années donc, l’hypothèse que la tombe du Squadron Leader inconnu, inhumé à la date du 19 août 1942 dans le cimetière de Dieppe, pouvait être celle d’Émile  » François  » Fayolle, est restée enfouie dans la mémoire de l’auteur jusqu’en 1997 où, grâce à l’aide de Madame Colette Vandeville, en service à la Commonwealth War Grave Commission de Beaurain, il a pu déposer un dossier destiné aux autorités britanniques, dossier demandant que cette tombe soit reconnue comme étant celle du pilote français.

    Les démarches furent longues, les autorités britanniques voulant s’assurer avec certitude que ce Squadron Leader inconnu était bien le Commanding Officer du 174 Squadron. Enfin, après plusieurs échanges de correspondances, les autorités françaises en la personne du délégué à la mémoire et à l’information historique du secrétariat d’État aux Anciens Combattants, Monsieur Claude Carlier, donnèrent leur accord en mai 1998. Et c’est ainsi, que le 19 août 1998, au cimetière d’Hautot-sur-Mer, une cérémonie eut lieu en présence de la famille dont la veuve, la fille et une sœur de François Fayolle. La stèle britannique fut remplacée par la traditionnelle croix française sur laquelle le nom du pilote fut inscrit 56 ans après sa disparition en ce matin du 19 août 1942.

    Le lendemain de la disparition du commandant Fayolle, Bernard Dupérier, le commandant du groupe de chasse Île-de-France, écrit dans son journal :

     » Ce matin je suis allé à Ford pour y voir de Soomer qui ne put, hélas ! que me confirmer ce qu’on nous avait dit hier au soir au téléphone. Fayolle, après avoir magnifiquement rempli sa mission, a été vu pour la dernière fois volant au-dessus de la côte dans un feu intense de la DCA et parmi les écrans de fumée où on l’a perdu de vue. De Ford, je gagnais tout de suite Westhampnett, notre ancien terrain. Là, aimablement, les Américains me prêtèrent une jeep pour aller à l’Old Ship, où se trouvent Mme Fayolle et la petite Chantal. François aurait été fier de voir avec quel chic et quel cran celle qu’il avait choisie pour compagne a reçu la terrible nouvelle. Cruellement éprouvée déjà par la guerre, Mme Fayolle perd maintenant un mari qu’elle adore et le père de Chantal, âgée de moins de trois mois. Mais ce n’était pas une femme effondrée que j’ai vue ce matin, c’était une femme de soldat sachant la valeur du sacrifice que l’on consent librement au pays, c’était la femme du commandant François Fayolle des forces aériennes françaises libres.  »

    © Aérostories, 2002

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