Les souvenirs de guerre de Gilles Collaveri

Gilles Collaveri m’a écrit ce matin et a partagé ce qui suit…

En cette période de confinement, conservons le lien grâce à la passion de l’aviation.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un seul avion anglais fut abattu sur Toulouse : Voici en PJ son histoire, mais aussi et surtout celle de son équipage ;Bonne lecture;Gilles Collaveri

Le Mois du Souvenir du No. 9 B&G School Mont-Joli – Février 1942

Mise à jour 23 mars 2021

Source des photos: Aviation royale canadienne (RCAF)


Souvenirs de guerre reprend encore son envol ce matin à bord d’un Fairey Battle imaginaire.

Ci-dessous nous sommes le 23 août 1940 au-dessus de la région de Trenton selon la description de la photo PL-1208 du Département de la Défense nationale.

23 August 1940
Lysander & Fairey Battle A/C port side, Trenton

Guy Fournier m’a envoyé plusieurs photos depuis celle-ci prise le 26 février 1942 au No. 9 B&G School à Mont-Joli.

Vingt et une recrues posent pour la postérité le 26 février 1942.

J’aurais bien aimé vous en parlez le 26 février 2021, car 16 ne reviendront pas de la guerre.

Sur la première rangée :

E.M. Merritt, St. Stephen N.B.;

https://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2048156?Edward%20Miles%20Merritt

E.G. More, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2202236?Eric%20Gordon%20More

F.H. Purchase, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2820401?Frederick%20Hugh%20Purchase

J.W. Loree, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2620015?James%20William%20Loree

A.W. Puffer, Toronto; 

F.E. Jackson, Montreal; 

F.W. Hall, Toronto

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2686110?Francis%20William%20Hall

Sur la deuxième rangée :

Beckett, Meaford On.; 

H.F. Longworth, Woodstock On;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2716185?Harold%20Francis%20Longworth

J.C. Laflamme, Ottawa;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2427340?Joseph%20Yves%20Camille%20Charles%20Laflamme

D.W. Warwick, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2046744?Douglas%20William%20Warwick

J.R. Gaudet;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/1082055?Joseph%20Raymond%20Gaudet

K.S. Gunning, Sherbrooke;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/1799005?Kenneth%20Stewart%20Gunning

F.A. Wile

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2046928?Floyd%20Alvin%20Wile

Sur la troisième rangée :

E.T. Spears, St. John;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2715001?Edmond%20Thomas%20Spears

R.N. McCleery, Ottawa;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2620018?Raymond%20Norman%20McCleery

R.W.Folkes, Toronto; 

C.F. Wattie, Barrie; 

J.R.A. Dugal, Montreal;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2200045?Joseph%20Jean%20Baptist%20Albert%20Dugal

R.H. Welsh, Sherbrooke;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/1531248?Ronald%20Hanson%20Welsh

R.M. Jupe, Montreal.

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2047736?Royden%20Martin%20Jupe


Voici une autre photo où on revoit 12 aviateurs de l’Ontario.

Voici la vignette qui accompagne la photo PL-8030
26 February 1942
#9 Bombing & Gunnery Mont Joli Qc.

A group of Ontario men who recently received the single Wing of an R.C.A.F. Observer is shown above following their graduation from No. 9 Bombing and Gunnery School, Mont Joli, Quebec.

They are as follows:
Front row, left to right: LAC J.C. LaFlamme, 1341/2 Nelson St., Ottawa; LAC D.W. Warwick, 293 Wright Ave., Toronto; LAC F.H. Purchase, 24 Cedar Ave., Toronto; LAC H.F. Longworth, Woodstock; LAC Francis W. Hall, 306 Sackville St., Toronto.
Back row: LAC Harry Beckett, Meaford; LAC A.W. Puffer, 204 High Park Ave., Toronto; LAC R.N. McGleery, Ottawa; LAC Eric G. More, 192 Dunvegan Road, Toronto; LAC James W. Loree, 97 Bastedo Ave., Toronto; LAC Charles F. Wattie, Barrie; LAC Reginald W. Folkes, 362 Bleecker St., Toronto.

À suivre sur Souvenirs de guerre… sur Fairey Battle.

Lysander & Fairey Battle A/C

Le Jour du Souvenir du No. 9 B&G School Mont-Joli

Mise à jour 23 mars 2021

Source des photos: Aviation royale canadienne (RCAF)


Souvenirs de guerre reprend son envol ce matin.

Guy Fournier m’a envoyé trois photos via Messenger samedi dernier. Elles furent prises le 26 février 1942 au No. 9 B&G School à Mont-Joli.

P.L. 8031

P.L. 8032

P.L. 8033

Je sais que nous ne sommes pas le 11 novembre 2021, mais j’ai peur de ne pas me souvenir d’honorer la mémoire de ces cinq aviateurs le 11 novembre prochain. Sur les cinq sur la photo de groupe, quatre aviateurs ne reviendront pas de la guerre.

Albert Dugal est à gauche. Son histoire a été écrite par son neveu il y a quatre ans. Albert se retrouve sur une autre photo prise le même jour avec Edmond Thomas Spears. Edmond Spears n’est pas sur la photo de groupe.

Albert est mort le 3 mars 1943 de retour d’un raid sur Hambourg. Il était bomb aimer, viseur de bombes si vous préférez. Edmond est mort le 28 août 1942 dans l’écrasement d’un Wellington lors d’un vol d’entraînement en Angleterre. Le Wellington a décroché et s’est écrasé.

Tous deux s’étaient entraînés à Mont-Joli à l’école de bombardement et de tir no 9. C’est là aussi que cette autre photo fut prise.

Nous revoyons Kenneth Stewart Gunning à gauche et Ronald Hanson Welsh à droite. Eux aussi ne reviendront pas. Le seul qui serait revenu est Jackson le 2e à droite à côté de Rowlen Martin Jupe.

Si je devance le Jour du Souvenir 2021, c’est que Edmond Thomas Spears est né le 2 mars 1922. J’aurais bien pu attendre à son 100e anniversaire de naissance en 2022 pour honorer sa mémoire, mais j’aurais eu peur de ne pas me souvenir de vous en parler.

Se souvenir c’est ce que je fais sur Souvenirs de guerre depuis septembre 2009 quand j’ai commencé à écrire l’histoire du naufrage de l’Athabaskan et la petite histoire de l’oncle de ma femme.

Je me demande toujours pourquoi je n’arrête pas de me souvenir sur Souvenirs de guerre.

Peut-être que Guy Fournier aurait la réponse…

Souvenirs de guerre d’un marin allemand – La suite

Mise à jour 28 septembre 2020

L’histoire de deux marins allemands du T24 se poursuit sur le blogue crée pour laisser la parole aux enfants de ces marins: Willi Küllertz et Manfred Kühn.

Voici la table des matières.

Table des matières/Table of Contents/Inhaltsverzeichnis


J’avais écrit ce billet en février 2019 suite à ma rencontre virtuelle avec le fils d’un marin allemand qui se trouvait sur le T24 le 29 avril 1944.


C’est en septembre 2009 que je commençais à écrire sur les souvenirs de guerre d’un marin canadien. C’était l’oncle de ma femme qui nous avait raconté lors d’une rencontre de famille qu’il se trouvait à bord du destroyer Athabaskan le 29 avril 1944. 

HMCS Athabaskan 11

Il était dans la salle des machines en train d’écrire à ses parents quand son prochain souvenir fut d’être rescapé par le destroyer Haida. L’Athabaskan avait été torpillé par le Torpedo Boat allemand T-24.

t-24-torpedo-boat1

Dans la salle des machines du T-24 se trouvait un autre marin.

Wilhelm Küllertz

Wilhelm Küllertz

Son fils Willi m’a raconté son histoire que je vais partager ici.


La semaine dernière Manfred m’a écrit un commentaire sur Souvenirs de guerre. Je lui ai demandé comment il avait trouvé mon blogue. Il cherchait tout simplement sur Internet à comparer la photo qu’il avait du capitaine du T24 dans les souvenirs de son père.

L’Athabaskan fut coulé par une torpille lancée par le T24. Le reste de l’histoire a été fort bien documenté dans le livre Unlucky Lady co-écrit par Émile Beaudoin et Len Burrow.

cover page 1

Émile Beaudoin on le voit à côté d’Alfred Kuhn, le père de Manfred.

Ce que l’histoire ne nous raconte pas par contre en détails c’est combien de marins de l’Athabaskan furent rescapés et sauvés d’une mort certaine dans les eaux glacés par l’équipage du T24 dont faisait partie Alfred Kuhn.

Souvenirs de guerre, tout comme Lest We Forget, sa version anglaise, est écrit pour honorer tous ces héros dont l’histoire ne parle jamais.

Son fils Manfred m’a raconté son histoire que je vais partager bientôt ici.

Adrien Tremblay, 17 décembre 1944

J’avais écrit ceci en le 11 novembre 2009. Je veux le remettre en ligne avec de légères modifications en ce jour du Souvenir.


C’est le jour du Souvenir…

Moi, je me souviens d’Adrien Tremblay.

Voici une photo d’Adrien Tremblay. Adrien c’est le cousin de mon père. Adrien est décédé en Hollande le 17 décembre 1944.

 

2008-08-27 Adrien Tremblay

Adrien Tremblay 1922-1944

J’avais parlé d’Adrien dans mon ancien blogue sur la généalogie aujourd’hui disparu comme Adrien. C’était mon article du 24 janvier 2009. J’avais retrouvé des descendants de mon arrière-grand-père Édouard Métayer, capitaine de pompier. Édouard Métayer est un responsable de mon blogue sur la généalogie et Adrien un peu responsable de mon blogue Souvenirs de guerre… C’est plutôt l’oncle de ma femme qui a mis le feu aux poudres.

L’histoire de la Deuxième Guerre mondiale est un peu responsable de mon intérêt pour l’histoire, de mes études en histoire et de ma carrière d’enseignant… que je poursuis depuis 2008 avec mes blogues.

Adrien Tremblay faisait partie des Fusiliers Mont-Royal.

Voici sa fiche sur le site du Mémorial virtuel de guerre du Canada.

À la mémoire du
soldat
JOSEPH ARTHUR ADRIEN  TREMBLAY

décédé le 17 décembre 1944

Service militaire :

Numéro matricule : D/139749
Âge : 22
Force : Armée
Unité : Les Fusiliers Mont-Royal, R.C.I.C.

Renseignements supplémentaires :

Fils de M. et Mme Aurèle Tremblay, de Montréal, province de Québec.

Voici une autre photo d’Adrien.

Adrien Tremblay janvier 1944

C’est la cousine de mon père qui m’avait envoyé des photos d’Adrien. 

J’avais appris qu’un oncle de ma femme faisait aussi partie des Fusiliers Mont-Royal. Cet oncle est le frère de celui qui aurait été sur l’Athabaskan et qui avait mis le feu aux poudres lors d’une réunion de famille en juillet 2009. Il avait dit que les gars de la marine les appelaient les « fous alliés » au lieu des fusiliers après avoir parlé un peu de son aventure sur le destroyer Athabaskan…

Son frère Jean avait été du débarquement de Normandie et avait  blessé. Sa mort en 1964 avait été une suite de ses blessures de guerre. Cet oncle Jean et Adrien ont dû se connaître.

J’ai trouvé des témoignages sur un blogue américain qui parle du débarquement de Normandie. Je cherchais des images sur le débarquement. C’est pas beau à lire…

Le  texte raconte sans doute ce qu’Adrien et l’oncle de ma femme ont dû vivre ensemble sur les plages de Normandie…

Je traduis ce texte pour vous en vous mettant des photos du vieil album d’Earl Silver. Elles avaient été partagées par son neveu. Je trouve que le hasard a bien fait les choses.

Traduction

Aujourd’hui votre tâche est tout ce qu’il y a de plus simple. D‘abord vous devez mettre sur vos épaules 40 à 50 livres d’équipement.

going over

Ensuite, vous devez descendre d’un filet en corde qui frappe sur le flanc en acier d’un bateau et sauter dans un rectangle d’acier qui se balance sur la surface de l’océan au-dessous de vous.

Going over the side

D’autres sont déjà à l’intérieur dans le bateau d’acier criant  et vous exhortant de vous dépêcher. Une fois sur le bateau, vous êtes debout avec des douzaines d’autres soldats alors que le bateau vous amène vers des côtes et des falaises à l’horizon sous une pluie torrentielle de balles et d’explosions.

Q boat with troops

going ashore

forming convoy 11

De temps en temps, des bateaux tout près sont frappés avec un obus et se désagrègent en une pluie rouge de chair humaine et de balles. L’odeur des soldats, qui se terrent au fond du bateau et qui se souillent près de vous, tandis que la crainte leur mord la nuque, se mélange avec l’odeur de cordite et d’algues.

Devant vous, au-dessus des casques d’acier des autres soldats, vous pouvez voir la surface plate de la rampe maintenue en place devant les vagues.

small landing craft

Vous entendez le bruit sourd et métallique des balles qui frappent la rampe. Le barreur crie et vous entendez le mégaphone alors que vous sentez la quille du LST frotter sur les roches et le sable des plages normandes.

Derrière vous, les gros obus des bateaux de l’armada sifflent et gémissent au-dessus de vos têtes. Les explosions tout autour augmentent avec intensité et les balles tirées des falaises secouent le bateau. Les soldats s’accroupissent plus bas et se penchent vers l’avant. Finalement la rampe s’abaisse et vous voyez la plage. Les soldats se lancent à l’assaut et vous les suivez. Vous pataugez dans les eaux froides de la Manche avançant vers le sable déjà trempé par la mort et vers des corps teintant de cramoisi les eaux du ressac.

C’est pire sur la plage. Les balles continuent à fouiller dans le sable en y creusant des trous à la recherche de votre corps. Elles en trouvent d’autres qui s’affaissent comme des quartiers de viande en coupant les cordes qui les relient au paradis. Vous courez vers l’avant, car qu’il y a que l’océan derrière et de en plus de morts. Puis… sans trop le savoir… vous atteignez un minuscule abri au bas des falaises. Il y a là d’autres soldats, confus et recroquevillés, pas prêt du tout à retourner dans cette tempête d’acier qui continue de s’abattre sur la plage.

Ensuite quelqu’un, quelque part tout près, vous dit d’aller vers l’avant, de continuer, peu importe, de quitter cette plage et d’aller sur les hauteurs. Comme vous ne savez pas quoi faire d’autre, vous vous levez et vous avancez, en mettant un pied après l’autre, pour commencer la reconquête de l’Europe.

Si vous avez de la chance, beaucoup de chance ce jour-là, vous marcherez jusqu’en Allemagne et la guerre sera finie. Vous irez rejoindre votre famille dans une ville quelque part, et vous ne parlerez pas beaucoup de ce jour ni d’aucun autre après celui-là, plus jamais.

Ils vous demanderont après ces longues années « ce que vous avez fait pendant la guerre. » Vous penserez à ce jour et vous ne saurez pas trouver la bonne réponse. C’est que vous savez combien vous avez été chanceux ce jour-là.

Si vous n’avez pas été chanceux, vous serez 65 longues années plus tard sous une des croix blanches plantées sur une grande pelouse.

Des politiciens médiocres et des bureaucrates bedonnants marmonneront des platitudes et de vides éloges au sujet de gestes qu’ils n’ont jamais posés et d’hommes dont ils ne pourront jamais suivre l’exemple. Vous les entendrez vaguement et loin des cavernes de votre long sommeil. Vous voudrez qu’ils partent et qu’ils vous laissent vous et les autres à votre profonde étude de l’éternité.

Soixante-cinq ans ? Ça paraît beaucoup pour les vivants. Mais ce n’est qu’un petit bout de temps. Laissez-nous tranquilles et et retournez à vos petites vies insignifantes.

Nous allons de l’avant, vous êtres faibles pomponnés et défilant au-dessus de nous, vous ne saurez jamais comment nous sommes morts ou comment nous avons vécu. Si nous pouvons encore vous entendre, vos miaulements nous font seulement dire entre nous, « Nous sommes morts pour quoi ? »

Politiciens médiocres et bureaucrates bedonnants taisez-vous et partez. Nous sommes un avec la mer et le ciel et le vent. Nous allons de l’avant.

Si j’avais traduit ce texte, c’est qu’il rejoint un peu ce que je pense…

J’avais aussi trouvé un livre écrit par Antony Beevor qui raconte une toute autre version, différente de l’histoire officielle de ce grand débarquement. 

Quant à la mère d’Adrien, la cousine de mon père m’avait dit que sa mère ne croyait pas que son fils était mort en Hollande. Elle espérait toujours le voir revenir…

À bien y penser, je me demande qui sont ces gens derrière ces historiens qui nous racontent à leur façon plein de choses sur les soldats morts pendant les guerres.

Pourquoi?

Pourquoi?

J’ai demandé à Nicolas de vous écrire suite à la mise en ligne de mon dernier billet

Soyez assuré que je ne mène pas ce combat pour rien. Trois raisons m’y poussent.

L’injustice, d’abord. Il faut écouter la vidéo pour bien comprendre qu’il y a une injustice envers Ross. Ceux qui ont fait le monument aux pilotes de Typhoon à Noyers-Bocage l’ont volontairement omis parce qu’il n’est pas mort les mains aux commandes de son avion. Ils ont jugé qu’il ne méritait pas de se retrouver auprès de ses frères d’armes. Sur la liste officielle dans l’église d’à-côté, il n’a pas été recensé non plus.

J’ai fait des démarches pour corriger le tir sur ce monument et j’ai essuyé un refus. Quelqu’un a même eu l’affront de prétendre que son dossier est un faux et que Ross était un mécanicien qui se costumait pour paraître sur les photos de l’escadron. Absurde et injuste.

Le sens du sacrifice, ensuite. Tant et aussi longtemps qu’on prend un nom sur une liste pour ce que cela semble être, soit un nom sur une liste de noms, on efface l’humanité que portait ce nom. Il y a une vie derrière ces hommes, et c’est mon travail de ramener ces vies à la nôtre.

Que signifie le nom de Napoléon Hattote sur un monument aux victimes de la Marine marchande, si on ne fait pas le lien avec son fils Lauréat, miraculé mais brisé psychologiquement par le même naufrage, et si on ne fait pas le lien avec son autre fils Émile, tué en Hollande?

Le transfert de la mémoire, finalement. Les jeunes générations ne répondent plus présents aux cérémonies traditionnelles. Les plaques commémoratives conventionnelles ne leur parlent pas. À mesure que les témoins s’effacent, il n’y a plus de moyen pour eux de comprendre ce qui s’est passé. Une œuvre sculpturale qui offre au regard le visage très symbolique de ce garçon mort tragiquement est à mes yeux une façon renouvelée de commémorer. C’est l’objectif de l’art : permettre aux gens de voir une chose sous un autre angle.

Flying Officer Ross Johnson and comrades in arms

Image colorisée par Pierre Lagacé

 

Ross Eveleigh Johnson from Doug Banks

Image colorisée par Doug Banks

Les dés sont sur le tapis

C’est le message du 5 juin 1944 à la Résistance.

http://histoire.normandie-dday.com/decouvrir-lhistoire/les-normands-dans-la-bataille/la-resistance/?i_k=macle2

Le débarquement…

http://histoire.normandie-dday.com/decouvrir-lhistoire/le-debarquement/?i_k=macle2

 

Photos de la collection de Earl Silver, partagées en 2009.

Souvenirs de guerre d’un marin allemand

Mise à jour 28 septembre 2020

L’histoire de deux marins allemands du T24 se poursuit sur le blogue crée pour laisser la parole aux enfants de ces marins: Willi Küllertz et Manfred Kühn.

Voici la table des matières.

Table des matières/Table of Contents/Inhaltsverzeichnis


C’est en 2009 que je commençais à écrire sur les souvenirs de guerre d’un marin canadien. C’était l’oncle de ma femme qui nous avait raconté qu’il se trouvait à bord du destroyer Athabaskan le 29 avril 1944. 

HMCS Athabaskan 11

Il était dans la salle des machines en train d’écrire à ses parents quand son prochain souvenir fut d’être rescapé par le destroyer Haida. L’Athabaskan avait été torpillé par le Torpedo Boat allemand T-24.

t-24-torpedo-boat1

Dans la salle des machines du T-24 se trouvait un autre marin.

Wilhelm Küllertz

Wilhelm Küllertz

Son fils m’a raconté son histoire que je vais partager ici.

Le devoir de mémoire d’un Français

Cliquez ici…

COMMUNE DE SANTEC

IN MEMORIAM ET PRO GLORIA

Le 19 avril 1944, le destroyer Canadien “HMCS ATHABASKAN” a été torpillé au large de cette côte, au cours d’un combat naval.

Des 251 marins alliés, 128 ont trouvé la mort pour la LIBERATION de la France et le retour à la PAIX.

91 d’entre eux reposent depuis en Terre Bretonne.

11 ont été inhumés à Santec.

“En leur mémoire, rappelons nous que Paix et Liberté ne sont jamais acquises”

Association “ATHABASKAN-BRETAGNE”

 

Suite…

Je suis Loïc, un jeune ingénieur originaire de Plounéour-Trez et basé à Roscoff.

Je vous écris car j’ai numérisé aujourd’hui une stèle commémorative de l’Athabaskan située à Santec, et en ai publié une version 3D accessible à cette adresse:

https://skfb.ly/6DuSn

Je pense que si vous n’êtes pas déjà familier de ces outils, le résultat pourra vous intéresser, et peut être aussi d’autres personnes intéressées par les « souvenirs de guerre ».

Je pense essayer de numériser d’autres monuments dans les mois à venir, n’hésitez donc pas à me contacter par mail si vous voulez me suggérer des monuments / objets dans le Finistère Nord qui pourraient présenter un intérêt patrimonial et historique pour vous ou certaines personnes avec qui vous seriez en contact, je serais curieux d’essayer mes techniques de numérisation / partage web sur d’autres monuments similaires !

N’hésitez pas non plus à me contacter pour simplement discuter si ce type de démarche vous semble pertinente 🙂

Je vous souhaite un agréable dimanche.

Cordialement,
Loïc Norgeot.

André Lauzon

André Lauzon

Attaque_de_l'aviation

Attaque par des Beaufighter

Beaufighter_atteint_de_balles_2

Dommage au Beaufighter

papa et pilote 404

André Lauzon et David Andrew

papa squadron 404

André Lauzon

Papa_et_autre_aviateur

André Lauzon et David Andrew

Photo_de_grouge
Royal_Canadian_Air_Force
La traduction du commentaire laissé sur un site Internet, maintenant disparu et qui rendait hommage à l’escadrille 404, nous en dit plus long sur les faits d’armes d’André Lauzon et de son frère d’armes le pilote David Andrew.

La page web de l’histoire du 404e Escadron est bien présentée. J’ai été membre de l’escadron d’avril 1943 à juillet 1944. Le compte rendu des événements du 1er mai 1943 devrait inclure le nom du pilote et du navigateur qui étaient David Andrew comme pilote et André Lauzon comme navigateur. Ils pilotaient le Beaufighter « B ». L’avion a été touché par plus de 100 balles de mitrailleuses. Aucun canon de 20 mm n’a été tiré; le pilote du Messerschmitt n’avait manifestement pas engagé ses canons… Cela pourrait expliquer pourquoi le Beau a pu revenir avec deux pneus à plat, le moteur bâbord qui fuyait, sans pression d’air et sans hydraulique.
Nous apprécierions que les noms des équipages soient mentionnés. Andrew et Lauzon terminent tous deux un tour de 38 opérations, qui se termine en juillet 1944.
Je joins une photo du pilote David Andrew et du navigateur André Lauzon, ainsi qu’une photo de B prise par moi-même avant que le Beau ne soit remorqué hors des limites du hangar.