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Souvenirs de guerre raconte ce que les anciens combattants (les vétérans comme ils s’appelent encore) n’ont jamais parlé. Une de vos connaissances y a peut-être confié son histoire. 

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Les souvenirs de guerre de Félix H. Turcotte

Voici ce que j’avais commencé à écrire hier matin avant que je fasse une belle rencontre virtuelle…


Les souvenirs de guerre de Félix H. Turcotte

J’aimerais beaucoup vous parler de lui ce matin, mais je n’en sais pas beaucoup plus à part ceci partagé ce matin par un lecteur passionné par l’histoire des Alouettes…

C’est une information tirée d’un article de l’édition du Soleil du mardi 23 juin 1942.

 

Félix-H Turcotte était un ancien élève de l’Académie Commerciale. Le Frère Nicéphore tenait à communiquer sa sixième liste provisoire de son tableau d’honneur.

J’ai ici une photo prise en Afrique du Nord avec l’équipage d’un F. H. Turcotte. Il est au centre.

crew North Africa

F. H. Turcotte était surnommé « Turk ».

« Turk » Turcotte’s crew, c’est comme ça que « Lucky Red » Lafoy avait écrit son nom à l’arrière de la photo. 

On revoit « Turk » sur une autre photo… Il est le 2e à droite et Lloyd Stanley Lafoy est au centre maintenant.

Ces deux photos font partie de la collection de « Lucky Red ». Son petit-fils « Che » Lafoy a partagé avec moi plus d’une centaine de photos de son grand-père durant le temps de la guerre. Il en avait quelques-unes prises en Afrique du Nord. Le grand-père  de « Che » a même volé comme rear gunner avec Hector Lucien Lecomte, le Wing Commander des Alouettes!

J’en aurais long à vous raconter sur toute ma recherche depuis deux semaines sur cet équipage composé de Jack Stokes, Ford et Tupper.

Ce qui m’amène à vous dire que je suis parti à la recherche des descendants de « Turk » afin d’en connaître plus et de partager le fruit de mes recherches.

C’est ce matin, refusant de lancer la serviette après plusieurs tentatives infructueuses la veille, que j’ai trouvé un Félix Turcotte, fils d’Henri-Paul Turcotte et de Béatrice Mercier. Henri-Paul Turcotte était un marchand de Québec et son père était Félix-Eugène Turcotte.

Félix Turcotte a marié Rose Côté, fille d’Edmond Côté et  d’Arsélie Corriveau, le 10 avril 1951 en la paroisse Notre-Dame de la Ville de Québec. 

Puis, j’ai trouvé que ce Félix Turcotte était décédé à l’âge de 59 ans en 1977. L’avis de décès disait qu’il avait eu deux enfants, une fille Lise et un fils Jean. Sa fille Lise est décédée en 1989 à l’âge de 37 ans. C’est avec l’avis de décès de Lise Turcotte que je suis entré en contact avec sa fille sur Messenger…

Je lui avais écrit ce message…

Bonjour,

Je me permets de vous écrire.
Retraité de l’enseignement, je suis maintenant généalogiste et historien amateur depuis 2007.

J’ai des photos de Félix H. Turcotte qui a été un pilote de l’escadron 425 Alouette. Je sais qu’il y a un Félix Turcotte qui a marié Rose Côté en 1951. Ils ont eu deux enfants, Lise Turcotte et Jean Turcotte. Lise Turcotte, qui était infirmière, et probablement née en 1952. Elle est décédée à 37 ans le 21 février 1989.

Son père Félix Turcotte (pilote?) est décédé en 1977 à l’âge de 59 ans. Je sais que Lise Turcotte a eu au moins deux enfants: Charles et Geneviève.

Êtes-vous cette Geneviève?

Je veux valider ceci afin de partager l’histoire de Félix Turcotte avec sa descendance. C’est la raison de ce message. Il n’est pas question ici d’argent, juste partager ma passion pour l’histoire et honorer la mémoire de ceux qui ont combattu pour la liberté.

Pierre Lagacé

Puis j’ai attendu…

Est-ce que j’avais trouvé le bon Félix H. Turcotte que le Frère Nicéphore voulait honorer le 23 juin 1942 et dont les journaux d’époque parlaient en juillet 1941?

 

Le Nouvelliste 1941-07-16_02Le Soleil 1941-07-22_09La Presse 1941-07-15

À suivre prochainement sur mon blogue dédié à l’escadrille Alouette, mais je pense que vous avez deviné déjà la suite.

 

 

Les souvenirs de guerre de Gilles Collaveri

Je connais virtuellement Gilles Collaveri depuis au moins 2011. Il m’avait écrit un commentaire sur un de mes blogues. Il faudrait que je fasse une petite recherche pour  retrouver son premier commentaire. En attendant, je vous mets un lien vers son site.

Ça vaut le détour.

https://aerocherche.fr/

L’histoire continue de s’écrire sur Souvenirs de guerre…

François Émile Fayolle est aujourd’hui un pilote oublié aux yeux de la France. Et pourtant cet Auvergnat de naissance qui a rejoint l’Angleterre dès le 13 juillet 1940 pour continuer le combat dès l’Armistice est devenu l’un des combattants les plus prestigieux de la France Libre. Ses affectations au sein de plusieurs Squadrons britanniques de…

via François Emile Fayolle, un Français fauché à son apogée — L’Echarpe Blanche

À propos du créateur de ce site consacré à l’Aviation française…

Le devoir de mémoire de Jean Houben

http://aviateurs.e-monsite.com/

Sa page d’accueil…

Bienvenue sur ce site consacré à l’Aviation française et réunissant des textes ou des illustrations concernant l’Armée de l’air, l’Aéronavale, l’Aviation Légère de l’Armée de terre, les Essais en vol, la Sécurité Civile, l’Aviation commerciale et les Aéro-clubs.

Pour beaucoup, l’Aviation française c’est Guynemer, Mermoz, Hélène Boucher, Antoine de Saint-Exupéry, d’autres encore …

Mais à part ces icônes de notre passé aéronautique, il y a les oubliés, qu’ils soient toujours en activité, qu’ils aient pris leur retraite ou bien qu’ils nous aient quittés. Je voudrais les sortir de l’oubli et c’est à eux que je dédie ce travail. Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont autorisé à reproduire leurs écrits ou présenter leurs documents, ainsi que les éditeurs qui m’ont également donné leur accord.

N’étant pas historien, je n’ai pas voulu, comme c’est trop souvent le cas dans ce domaine, réécrire de nouveaux textes à partir de la documentation à ma disposition. Il m’a paru plus « honnête » de conserver intégralement la rédaction initiale, de citer le nom de l’auteur et d’indiquer le titre du livre ou de la revue d’où était tiré le récit.

Cette façon de procéder n’a pas toujours pu être respectée et il m’est arrivé de faire appel à des sources dont l’origine m’est inconnue. Si certains auteurs reconnaissent leurs travaux, et s’ils ne désirent pas les voir figurer dans cette présentation, ou au contraire, s’ils souhaitent que leur nom apparaisse, qu’ils n’hésitent pas à me contacter.

Jean HOUBEN

Morts de soif dans le désert

La lecture du chapitre du colonel Pijeaud dans le livre Feux du ciel m’a amené à en savoir plus sur l’avion qu’il pilotait. C’est sur un Bristol Blenheim IV que le colonel Pijeaud s’est fait descendre. Selon Pierre Clostermann, ce serait par nul autre que l’as allemand Hans-Joachim Marseille.

J’ai cherché à valider cette dernière information, mais je n’ai rien trouvé.

Par contre, voici l’histoire d’un équipage du groupe de bombardement Lorraine qui sont morts de soif après s’être écrasé dans le désert.

http://aviateurs.e-monsite.com/pages/de-1939-a-1945/morts-de-soif-dans-le-desert.html

Extrait

Morts de soif dans le désert … et retrouvés 18 ans plus tard !

Le 24 décembre 1940, le GRB-1 est mis à la disposition du Col Leclerc pour appuyer la colonne qui doit attaquer Koufra et, si possible, l’occuper. Le 2 février tout le groupe s’envole pour bombarder Koufra. Le bombardement est parfaitement réussi. Mais les difficultés techniques, la persistance des vents de sable et aussi – il faut bien en convenir – l’expérience insuffisante des mécanos sur ces avions usagés, ne facilitent pas la mise en condition des appareils. C’est seulement quatre Blenheim sur les huit en compte qui décollent le 5 février pour aller bombarder Koufra. Au retour, il en manque trois : celui de Saint-Péreuse, commandant la formation, celui de Claron et celui d’Hirlemann. À court d’essence, retrouvé et dépanné par le Lysander du commandant Astier de Vilatte, celui d’Hirlemann rejoint le lendemain. Celui de Saint-Péreuse sera rejoint plus tard par les troupes terrestres et, ravitaillé, ralliera le terrain. Malgré toutes les recherches, l’avion de l’équipage du SLt Claron observateur, Sgc Devin radio-mitrailleur et Sgt Le Calvez pilote, reste introuvable. Il ne sera retrouvé que 18 ans plus tard, le 29 mars 1959, par des goumiers patrouillant au Nord du Tchad, près de la frontière libyenne. L’avion n’ayant pas été brisé, il est horrible d’imaginer comment sont morts les membres de cet équipage !… La position des corps, tels qu’ils ont été retrouvés, prouve que le SLt Claron a été enterré par ses deux camarades… et que le radio est mort le dernier.

Feux du ciel

L’écriture de Souvenirs de guerre a commencé en 1965 bien avant l’Internet.

Souvenirs de guerre trace ses origines par la lecture de ce livre.

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55 ans plus tard,  j’ai commencé à le relire.

Il y avait un chapitre sur Malte et Buzz Beurling. Je l’ai trouvé très intéressant, surtout avec des souvenirs très vivants de ce qui se passait à Malte. Tellement vivants en fait que j’ai été intrigué et que je voulais comparer les faits avec ce que j’avais déjà lu sur Buzz Beurling dans Sniper of the Skies, écrit par Nick Thomas.

Clostermann avait également écrit dans Feux du ciel qu’il avait rencontré Buzz Beurling en juillet1944 alors que tous deux étaient à la base RAF Catfoss. Il raconte comment Beurling s’était fait ramasser pas à peu près par Sailor Malan. Clostermann rajoute qu’il y avait même rencontré Richard Bong, l’as américain avec ses 40 victoires, et que Bong, Beurling et lui, avec Jacques Remlinger, étaient devenus des amis tellement inséparables qu’on les avait surnommés les quadruplés de Catfoss.

Puis je me suis mis à douter et j’ai trouvé ceci…

https://www.wikiwand.com/fr/Discussion:Pierre_Clostermann

C’est une page de discussion d’un texte hagiographique sur Pierre Clostermann, mon héros de jeunesse.

On y parle entre autres de name dropping.


Juste pour l’histoire du name dropping, il me semble évident que les ouvrages de Clostermann sont bourrés d’inexactitudes. Je vais me concentrer sur l’histoire de Beurling dans « Feux du ciel » – le palmarès évoqué dans la « première journée à Malte » ne correspond en rien au tableau de chasse officiel de Beurling. Il n’a jamais descendu de Ju87, et certainement pas 4 avions dans la même journée. Les noms de son flight leader et de son camarade Willie the Kid n’apparaissent nulle part dans sa biographie. L’ensemble de ce chapitre ressemble à une fiction arrangée qu’à un récit historique, en contradiction avec les affirmations de Clostermann qui parle de milliers de pages d’archives consultées pour écrire son livre.

– Beurling était au Canada à partir du 8 mai 1944, ce qui est indiscutable car il a été largement médiatisé, photographié et enregistré là-bas. On voit mal comment il aurait pu se retrouver à Catfoss avec Clostermann en juillet 1944, comme il est écrit page 64 de l’édition « J’AI LU » de 1968 de « Feux du ciel » :

« J’ai rencontré le sous-lieutenant George Beurling D.S.O., D.F.C., D.F.M. and Bar pour la première fois à Catfoss fin juillet 1944 ».

Beurling a bien été à la « Central Gunnery School » un an plus tôt (de mai à septembre 1943) mais à cette époque Clostermann n’y était évidemment pas.

Au passage, le chapitre sur Bataan est également très approximatif, en particulier l’insistance sur la présence de « zéros » A6M2 qui étaient en réalité des Ki 27, ce qui est largement établi par l’ordre de bataille de l’aviation de l’armée impériale japonaise (qui n’a jamais possédé le moindre zéro d’ailleurs, tout au plus des Ki 43 Hayabusa/Oscar qui n’étaient pas encore présents sur ce théâtre d’opération au moment de l’invasion des Philippines).

Juste un mot sur les raisons de mon intervention : j’ai lu la version simplifiée (Bibliothèque Verte !) du « Grand Cirque » vers 9 ou 10 ans avant de lire et relire l’édition originale de 1948 dont je possède encore un exemplaire, et je dois sans doute comme tant d’autres ma passion de l’aviation à M. Clostermann, mais je trouve ridicule le silence assourdissant sur les inexactitudes qui parsèment ses livres et une certaine tendance à enjoliver ses souvenirs ou à se donner un rôle d’expert que la plupart des sources historiques contredisent largement.

Ça n’enlève rien au respect que peut inspirer son engagement durant la guerre, mais à mon sens ce n’est pas respecter cet homme que de couvrir ses erreurs dans un souci hagiographique.

Ayant Sniper of the Skies sur la vie de Buzz Beurling…

J’ai pu valider ceci…

Beurling embarked for Canada on 30 April (1944), the Queen Elizabeth docking at port 8 May.

Beurling embarque pour le Canada le 30 avril (1944), le Queen Elizabeth accoste au port le 8 mai.

Si Clostermann n’a jamais rencontré Beurling, Bong et même Sailor Malan lorsqu’il a été affecté à RAF Catfoss en juillet 1944, aurait-il inventé d’autres anecdotes dans Feux du ciel ?

Pourquoi avoir inventé des anecdotes quand on est « Le Premier Chasseur de France et Grand Officier de la Légion d’Honneur » ?

Juste un mot sur les raisons de ce billet…

J’ai lu Le Grand Cirque vers 12 ou 13 ans. Je possède encore l’édition originale de 1948.

Je dois sans doute comme tant d’autres ma passion de l’aviation à Pierre Clostermann…

Ça n’enlève rien au respect que peut inspirer son engagement durant la guerre…

 

Dossier – Occupation allemande de la pointe de Grave – Gironde

Dossier secret

A sailor's story/Les souvenirs de guerre d'un marin/Eine Seemannsgeschichte

Ceci faisait partie de la collection des souvenirs de guerre d’Alfred Kühn. Il s’agit de l’occupation allemande de la pointe de Grave – Gironde. Les liens vers les PDFs sont tous ci-dessous avec les deux premiers exemples de ce que le document contient comme information. Il sera éventuellement converti en mode texte.

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Couverture Occupation allemande de la Pointe de Grave

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Plan d'ensemble

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Voir l’article original 61 mots de plus

Les souvenirs de guerre d’Alfred Kühn

Mise à jour 28 septembre 2020

L’histoire de deux marins allemands du T24 se poursuit sur le blogue crée pour laisser la parole aux enfants de ces marins: Willi Küllertz et Manfred Kühn.

Voici la table des matières.

Table des matières/Table of Contents/Inhaltsverzeichnis


Mise à jour 19 juillet 2020

Manfred, le fils d’Alfred Kühn, ajoute des détails au sujet de la photo d’une peinture. Elle a été bel et bien offerte par Émile Beaudoin. C’était lors du 40ème anniversaire de la perte au combat de l’Athabaskan à Brest (1984). C’est la seule fois où le père de Manfred a rencontré monsieur Beaudoin et qu’ils ont échangé leur sifflet. Les archives de son père contiennent un récit de 5 pages en anglais de M. Beaudoin et un autre de 2 ou 3 pages qu’il me fera parvenir. Ce sont des textes de commémoration où les anecdotes pourraient peut-être être intéressantes.

Fin de la mise à jour


Voici un des souvenirs de guerre d’Alfred Kühn, marin sur le T24.

Photo d'une toile Athabaskan

C’est la photo d’une toile.

La photo lui a été offerte par Émile Beaudoin probablement lors d’une des cérémonies commémoratives à Plouescat.

Journée commémorative franco-canadienne

Marin Kühn Alfred

Alfred Kühn

Extrait de l’histoire d’Alfred Kühn écrite par son fils Manfred

Dans la nuit du 28 au 29 Avril 1944, à 2h 58 est détecté sur les écrans radars deux torpedoboote (torpilleurs) allemands étant identifiée comme les T24 et T27. Ironie du sort, ces deux navires allemands ne sont autres que les T24 et T27 qui, trois nuits auparavant, se sont fait sérieusement étriller par les alliés dont le Haida au large des Sept-Îles. Au cours de cet engagement, la Kriegsmarine a même perdu son T29 tandis que les T24 et T27 se réfugiaient à Saint-Malo, assez sérieusement endommagés. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont repris la mer cette nuit du 28 au 29 avril et font route sur Brest, le seul port rapproché où ils trouveront la possibilité de réparer leurs avaries.

T24 torpedoboat 1

T24

Devant Brignogan et Plouescat les destroyers canadiens Haïda et Athabaskan engagent le combat contre les deux destroyers allemands.

hmcs_athabaskan_g07

HMCS Athabaskan

Soudain l’Athabaskan est touché, ravagé par le feu et les explosions, il coula en 10 minutes devant l’Aberwrac’h.

Haida

Image tirée du livre Unlucky Lady

Le Haïda recueille quelques survivants, d’autres seront faits prisonniers, d’autres encore s’échappent vers l’Angleterre à travers la zone minée. Quelques jours après la mer rejette des dizaines de cadavres de ces marins dont celui du commandant John Stubbs.

Lieutenant-Commander-John-Stubbs

Ils seront ainsi 59 à être recueillis et inhumés au cimetière de Plouescat.

cimetière

48 survivants ont été repêchés et sauvés par le T24, le bateau de mon père.

Quand il a reçu le message faisant état « d’hommes noirs » à la mer à l’endroit où Athabaskan a coulé, le Kapitänleutnant Wilhelm Meentzen a fait augmenter l’allure.

Capitaine T 24 Wilhen Meentzen

« Peu importe leur couleur, dit-il, ce sont des êtres humains et nous allons les sauver. »

Et lorsqu’il arrive sur les lieux, il découvre bien vite que ces « hommes noirs » ne sont en fait que des hommes englués de mazout. Le prompt retour des Allemands sur la zone du torpillage va permettre de sauver nombre de naufragés qui auraient péri dans l’heure suivante. Ils vont être faits prisonniers, c’est un fait, mais ils auront tous la vie sauve.

« Wilkommen Kameraden ! » « Bienvenue camarade »

C’est en ces termes que les Canadiens sont accueillis à bord des navires allemands. Entre marins, il existe toujours une solidarité qui se moque bien des pavillons. Et eux aussi, tout comme ceux du Haida, ils vont descendre le long des filets qui pendent à leurs coques afin d’aider les plus faibles. Pareille attitude porte un nom quand on fait la guerre ; cela s’appelle tout simplement chevalerie.

Suite du récit raconté par Alfred à son fils:

La flottille du T24 et T27 lors du passage de Saint-Malo à Brest entre minuit et 4 heures du matin, il y avait plusieurs bateaux américains, anglais et canadiens dans les parages et au début du combat nous ne savions pas quels navires approchaient pour nous attaquer. L’artillerie et les torpilles furent employées ; les torpilles lancées par le T27 passèrent près de nous et nous vîmes par la ligne de phosphore dans l’eau le mouvement des torpilles.

Le T27 qui était à côté de nous était touché et il brûlait sur le côté droit. Il est passé de nouveau à côté de nous.

Notre navire se tourna vers la mer…. vers 4 heures 15 nous vîmes une explosion, mais nous ne savions pas quel bateau avait été touché ; ça pouvait être un des nôtres ou un des leurs. Vers 5 heures trente, nous retournons sur les lieux du combat, il est 6 ou 7 h, nous vîmes des hommes en mer. Le Capitaine Lieutenant Wilhem Meentzen donna l’ordre de faire le sauvetage. Nous préparons donc le bateau pour le sauvetage, ce qui était difficile, car à ce moment-là nous étions seuls sur la mer, l’autre bateau, le T27 s’était échoué sur la côte. Lorsque nous nous approchons des naufragés, nous constatons qu’ils étaient noirs. Au début, nous crûmes qu’il s’agissait de personnage africains, mais nous réalisons que c’étaient des blancs recouverts de mazout. Nous leur avons d’abord nettoyé le visage, les mains et leur avons enlevé leurs vêtements. Nous leur avons aussi fait cracher le mazout qu’ils avaient avalé. Nous en avons rescapé 48, je suis sûr, qu’il y en avait un qui était malade, et un autre, un jeune est mort sur notre bateau.

Dans le cahier journalier du Lieutenant commandant Dunn Lantier du Destroyer Canadien Athabaskan rescapé et sauvé par le T24 est rapporté ce qui suit :

29 Avril 1944 :

Aux environs de 7 heures 15 je suis recueilli à bord d’un destroyer et emmitouflé dans une couverture. Nous sommes 48 rescapés. Nous nous frottons tous car nos habits étaient trempés. Les blessés graves étaient également emmitouflés dans des couvertures. Du café allemand, des cigarettes étaient distribuées, ces provisions étaient suffisant pour cette première heure. Dans la première demi-heure un des blessés décède, il nous est emmené sur une couverture. Les allemands soignent nos blessés du mieux qu’ils le peuvent, la plupart étaient brûlés, il n’y avait pas grand-chose à faire, ils résistaient à la douleur. Il faut souligner que nous étions tous sous le choc de la catastrophe puisque nous avions passé plus de deux heures dans l’eau glacé de la mer. Vers 11 h le capitaine du bateau nous apporta une bouteille d’alcool « weinbrand » pour les grands blessés, je leur ai donnés un grand coup à boire, et nous autre un petit pour goûter. Devant trois officiers Steve (Dick Stevenson) qui est gravement brûlé et a eu un grand coup à la tête. Nobby (Bill Clark) brûlé aux mains au 3ème degré et légèrement brûlure au visage. Moi également je suis blessé une coupure à un doigt, je réconfortais mes copains tout en sachant qu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Aux environs de 12 h 30 on nous apporta de la soupe et du pain. Vers 14h 30 on nous dit d’ouvrir les hublots, nous vîmes un remorqueur se rapprocher, et ils nous font savoir que dans une heure nous débarquons à Brest.

Dans cet affrontement le T27 après avoir était touché à trois reprises, va s’échouer sur les récifs de l’île de Batz !

Le 29 avril 1944, le destroyer canadien Athabaskan était coulé par les Allemands au large de l’Île Vierge (Finistère). 128 des 261 marins périrent. 85 survivants, dont le canonnier de 21 ans, Herman Sulkers, brûlé au visage, furent capturés par la Kriegsmarine et conduits à l’Aber-Wrac’h, plus les 48 survivants recueillis par le T24.

Herman Sulkers

Le voyage dans le passé d’Alfred Kühn – Chapitre 2

Le voyage dans le passé d’Alfred Kühn – Chapitre 2

Mise à jour 28 septembre 2020

L’histoire de deux marins allemands du T24 se poursuit sur le blogue crée pour laisser la parole aux enfants de ces marins: Willi Küllertz et Manfred Kühn.

Voici la table des matières.

https://willit24.home.blog/2020/05/31/table-des-matieres/


Chapitre 2: les souvenirs de guerre d’Alfred Kühn

A sailor's story/Les souvenirs de guerre d'un marin/Eine Seemannsgeschichte

Marin Kühn Alfred

Alfred Kühn

Le 26 avril 1944 le T24 est atteint par un obus sur le pont, la cabine radio est atteinte et prend feu, l’incendie  est  très vite maitrisé, mon père est blessé. Il y a 5 morts,  un des meilleurs copains  de mon père en faisait partie, un dénommé KURT HASEBRINK de Stuttgart.

Copain de la marine Kurt Hasebrink tué le 26 4 1944

Kurt Hasebrink

Lors de ce combat le T29 est coulé.

Dans la nuit du 28 au 29 Avril 1944, à 2h 58 est détecté sur les écrans radars deux torpedoboote (torpilleurs) allemands étant identifiée comme les T24 et T27. Ironie du sort, ces deux navires allemands ne sont autres que les T24 et T27 qui, trois nuits auparavant, se sont fait sérieusement étriller par les alliés dont le Haida au large des Sept-Îles. Au cours de cet engagement, la Kriegsmarine a même perdu son T29 tandis que les T24 et T27 se réfugiaient à Saint-Malo, assez…

Voir l’article original 977 mots de plus