Souvenirs de guerre de Corée – Émile Arsenault

Souvenirs de guerre de Corée – Émile Arsenault

Je ne sais pas grand chose sur la guerre de Corée.

Heureusement Luc Lépine, historien militaire, partage le fruit de ses recherches sur la guerre de Corée.

Dans le cadre de mes recherches sur Léo Major, je suis tombé sur le site Projet Mémoire qui recueille des témoignages de soldats canadiens. J’ai fait quelques extraits qui pourraient intéressés vos lecteurs.

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Émile Arsenault raconte…

Le lieutenant-colonel Jacques Dextraze, c’était tout un homme.

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On a fait un petit peu d’entraînement à Valcartier, et après ça ils nous ont shippés à Fort Lewis dans l’État de Washington aux États-Unis. Les officiers étaient durs en tabarouette! Ils étaient plus durs que les autres parce qu’il y avait les RCR, les soldats du Royal Canadian Regiment) qui étaient avec nous autres en même temps. Les soldats du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry étaient déjà partis eux autres, ils étaient déjà partis en Corée.

Pendant un mois, Dextraze nous a retenus dans le bois, puis il nous a fait creuser des tranchées dans le bois, des trous de terre. Là, on a eu un bon entrainement. On avait tous les habits noirs parce qu’on restait dans le bois, il fallait qu’on vive avec. Il y avait de gros camions qui venaient pour donner de la nourriture.

Dextraze, c’était un « tough », un dur à cuire, parce que quand on est revenu il a dit : « OK on marche. » C’était vingt-deux milles (33 kilomètres) à marcher du bois d’où nous étions jusqu’à notre camp. Dextraze a dit : « On marche jusqu’au camp, même si ça prend deux jours, on va prendre deux jours ». Il a commencé à mouiller, là on était détrempés, ça n’avait pas d’allure. Moi, je me souviendrais tout le temps de ça. Le camp était juste en avant de nous autres et là il fallait qu’on fasse une attaque pour l’entrainement. On voyait notre bâtisse et il fallait qu’on fasse une attaque dessus. Puis là, Dextraze a dit : « On a deux heures pour se reposer avant ». Moi je me souviens, on a arrêté, je me suis assoupi. Je me suis assoupi. Il y avait un peu d’eau dans un petit trou, l’eau était froide, mais je suis tombé et je suis tombé endormi. On a dormi à peu près une heure, puis là après ça on a fait l’assaut dessus. On était content de rentrer dans notre lit. Mais on avait… on s’habitue à l’inconfort. Un mois de temps à la course, à monter des montagnes. J’ai connu directement Dextraze, une fois on a fait une parade et j’avais un petit trou dans mes pantalons. Il dit : « Qu’est-ce que tu fais là? Tu n’as pas une aiguille pour raccommoder ces pantalons-là? » J’ai dit : « Oui monsieur! ».

Au front en Corée

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Source Internet

En premier, on avait été rencontrer des Américains (…) On a fait un tour de dix jours sur les montagnes, puis là, après dix jours, il y a un autre bataillon qui nous a remplacés, qui nous a reculés. Là, c’était juste avec les Américains, puis là les Américains nous parlaient. Il y a une sorte d’attaque que les Chinois faisaient. Ils disaient : « Watchez bien si quelqu’un… si les Chinois vous attaquent, vous allez entendre la trompette clairement. » Puis je l’ai entendu assez clairement une fois, c’est tout. Là, c’est quand les Canadiens ont perdu ce soir-là à peu près quarante-cinq soldats lors de la bataille de la colline 355 en novembre 1951. Tu ne peux pas oublier ça. On tirait partout, tu ne savais d’où ça venait. Des balles, des armes, ça volait partout parce que des bombes tombaient. Bien nous autres on tirait puis c’est tout.

Ce qui est arrivé, le lendemain matin, ils étaient venus chercher des groupes, des soldats pour aider parce que c’est la compagnie D qui était là et nous autres on était la compagnie B. Ils sont venus chercher les meilleurs hommes, non pas parce qu’on n’était pas bons, car j’y aurais été, mais tout simplement parce qu’ils ne m’ont pas demandé. Il y en a trois qui sont morts dans notre groupe, dans notre compagnie.

Un soir, notre sergent dit : « On s’en va sur une patrouille », on était dix-neuf gars. En Corée, c’est tout pareil, il pousse du riz en haut, il y a un petit chemin et ça descend chaque bord. Mais ce sergent-là, c’était un… il avait été à la Deuxième Guerre mondiale, puis là, il était là. Il était assez intelligent. Ce soir-là il mouillait, puis on a juste un petit peu… De temps en temps, les nuages passaient puis tout d’un coup il venait. Il a dit : « Couchez-vous » malgré qu’on avait les pieds trempes. « Restez de chaque bord, on va attendre ici ». Huit d’un bord et de l’autre bord on était onze. Puis là, il a dit d’attendre parce que c’était noir.

Puis là, tout d’un coup, on a eu trois soldats qui faisaient une patrouille. Bien les soldats chinois, la manière qu’ils marchaient c’était comme un « Batman » tranquillement. Puis quand ils sont arrivés là, il y en a un qui est parti avec un coup de fusil. Là, ça tout parti, mais on en a amené un avec nous autres qui était mort. Les deux autres se sont poussés dans le champ parce qu’il y en a un qui a lancé une grenade qui prend en feu. Les deux gars sont brûlés et ils sont tombés à terre. On a ramené un corps, mais c’était un gros homme. Ils ont dit après que c’était un «Manchurian», je pense un soldat manchou. D’habitude, ce sont de gros hommes qui sont dans ce pays-là. Ils voulaient avoir le corps pour savoir qui était devant nous autres. Est-ce des petits Chinois ou des Coréens? Mais lui c’était, je ne sais pas comment ils ont trouvé ça. C’était un «Manchurian». Je ne connais pas plus que ça. On faisait des patrouilles comme ça.

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En 1950, il est rappelé de sa carrière civile pour construire, former et commander le deuxième bataillon du Royal 22e Régiment. Rendu en Corée en 1951, il affronte seul avec son bataillon, durant quatre jours, l’assaut de 2 000 Nord-Coréens et Chinois. Il rentre au pays en décembre 1951 avec le titre d’officier de l’Ordre de l’Empire britannique (O.B.E.). Il est alors envoyé au Collège d’état-major de l’armée ou il est promu colonel et remplit divers postes dans la hiérarchie jusqu’en février 1962 alors qu’il est promu au grade de brigadier général et nommé commandant du secteur militaire de l’Est du Québec.
En 1963, il devient le premier Canadien à occuper le poste de chef d’état-major des forces de l’ONU au Congo. Les opérations de sauvetage qu’il commande en 1964 lui vaudront le titre de commandeur du Très Excellent Ordre de l’Empire britannique (C.B.E.). La décoration lui est décernée pour bravoure, ce qui explique que sur celle-ci sont superposées deux feuilles de chêne croisées. Le général Dextraze est alors le seul détenteur de cette décoration au pays.

Pilote de Mosquito

Pilote  de  Mosquito

Eugène Gagnon, pilote de Mosquito…?

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Le capitaine d’aviation Eugène Gagnon est un illustre inconnu. Toutefois, rares sont les inconnus qui peuvent revendiquer 150 heures de vol de nuit sur un Mosquito.

Le Mosquito, un bimoteur chasseur-bombardier fabriqué par de Havilland, était un des avions alliés parmi les plus prestigieux de la Deuxième Guerre Mondiale. Ses pilotes étaient réputés être les meilleurs au monde.

Aux commandes d’un Mosquito, Eugène Gagnon a effectué 33 missions en territoire ennemi, la plupart de nuit au-dessus des aérodromes allemands. Sa mission était de protéger les bombardiers de la RAF qui se faisaient descendre comme des mouches par la chasse allemande.

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Le 27 mars 1945, avec son fidèle navigateur Robert Harris, ils partent poser des fusées éclairantes pour guider les bombardiers anglais qui allaient mouiller des mines dans la rivière Elbe. En cours de route le moteur de tribord commence à vibrer pour finalement s’arrêter. Il devient difficile de maintenir l’altitude. À 4000 pieds, ils décident de larguer les deux réservoirs auxiliaires accrochés sous les ailes. Seul celui de droite décroche. Le deuxième moteur a des ratés à 90 milles de la côte anglaise. À 10 milles de la côte le deuxième réservoir finit par se détacher. Malgré tout, le Mosquito atteint sa base et atterrit sur le ventre. Les deux occupants s’en tirent indemnes. Cette mission permet à Eugène Gagnon de décrocher la Distinguished Flying Cross, une des décorations les plus convoitées dans la confrérie des pilotes.

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Les hostilités terminées, l’avenir s’annonçait prometteur. Il voulait demeurer au sein de l’Aviation royale canadienne, mais il fut refusé. Eugène Gagnon était très impliqué dans la communauté de Bromptonville. Il était d’ailleurs le président fondateur de la Jeune Chambre de commerce.

Hélas! le 21 octobre 1947, ce valeureux pilote connaît une fin tragique. Il transportait trois hommes d’affaires américains dans un avion amphibie lorsque l’unique moteur cesse de fonctionner. L’appareil s’écrase dans le bois de Windsor, près de Sherbrooke. Les trois passagers survivent. Après de grandioses funérailles militaires, Eugène Gagnon tombe rapidement dans l’oubli.

Toutes les recherches effectuées à ce jour tendent à démontrer que c’est la toute première fois qu’on honore la mémoire de ce héros inconnu et méconnu. Espérons que la cérémonie d’aujourd’hui aura des suites et contribuera à rendre justice à celui qui, comme de nombreux autres Québécois, s’est porté volontaire pour que nous puissions vivre dans un monde libre.

[Texte de Jacques Gagnon, neveu d’Eugène Gagnon]

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Ce matin, le 11 novembre 2016, au cimetière  Côte-des-Neiges, lors de la commémoration du jour du Souvenir organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Eugène Gagnon  recevra  à titre posthume  la médaille  de l’Assemblée nationale.

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Convergence…

Ce matin 11h11, je mettrai un autre billet sur Souvenirs de guerre…

Nos ancêtres

On parle beaucoup de convergence dans les médias par les temps qui courent…

Je vais donc sauter sur l’occasion et en profiter pour vous parler de la famille d’Eugène Gagnon, ce héros méconnu de Bromptonville dont je parle abondamment sur mon blogue Souvenirs de guerre et sur celui du No.23 Squadron l’escadrille de la RAF pour laquelle il a volé durant la guerre de décembre 1944 à mai 1945.

Si je vous en parle ici, c’est que je ne pourrai pas tout mettre ce que je sais dans mes articles sur mon autre blogue Souvenirs de guerre.

Voyez-vous, je m’attarde surtout à sa vie durant le guerre 1939-1945 dans mon autre blogue et j’essaie de trouver des gens qui l’auraient connu ou des gens qui auraient connu des gens qui l’ont connu.


Eugène Gagnon à St. Catharines en juillet 1941

C’est Marcel Bergeron, cet autre héros méconnu de Bromptonville

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Je me souviens – Collection Jean-Paul Paiement

Souvenons-nous en cette semaine du jour du Souvenir…

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RCAF 425 Les Alouettes

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Deux photos de la collection du grand-père de Mathieu Paiement.

Son grand-père Jean-Paul ne voulait pas trop parler de l’escadrille Alouettes. Il a plutôt garder pour lui les bons et les mauvais souvenirs.

En cette semaine du jour du Souvenir…

poppy

Souvenons-nous de son navigateur…

Alphonse Marcel Fournier

montage Alphonse Marcel Fournier

Tué en essayant de s’échapper des soldats allemands après avoir sauté en parachute

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