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Mise à jour le 3 avril 2021

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Souvenirs de guerre raconte ce que les anciens combattants (les vétérans comme ils s’appellent encore) n’ont jamais parlé. Une de vos connaissances y a peut-être confié son histoire.

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Philippe Rousseau, un héros inconnu et méconnu de Montmagny ?

Avec cet ajout de commentaire de Philippe GUILLEMINOT

Ce matin 17 septembre, accompagné de deux vétérans, nous avons déposé une gerbe de fleur au monument aux morts de Igney (France – Meurthe et Moselle) sur lequel est inscrit le nom du Lieutenant Joseph Maurice Rousseau, mort au combat à Igney le 17 septembre 1944 (date figurant sur le monument). https://mpierrela.files.wordpress.com/2021/07/wp-1626536846113.pdf

Souvenirs de guerre

Je ne vais pas réinventer la roue.

Je vais ajouter d’autres photos que j’ai trouvées, dont celle de la compagnie B du 1er bataillon canadien de parachutistes et  laisser notre jeune blogueuse ce matin vous parler de Philippe Rousseau…, mais quand j’aurai fini de parler des frères Rousseau, je vais vous parler d’elle.

Lieutenant Philippe Rousseau

2 mai 1921 – 6 juin 1944

Décédé à Gonneville-sur-Mer, Calvados, France

Philippe Rousseau est né à Montréal, mais demeurait à Montmagny, près de Québec. Il était le fils de Lacasse Rousseau, ingénieur-électricien et de Gabrielle Fafard.

Il venait d’une famille de 14 enfants, 12 garçons et 2 filles. Parmi ceux-ci se trouvait le Lieutenant Maurice qui faisait partie du Special Air Service (SAS), Jacques, directeur du Jardin Botanique de Montréal, et ses deux sœurs étudiantes en médecine, Pauline et Marie, sur cette photo prise après la guerre avec un ami de Philippe ou…

Voir l’article original 264 mots de plus

Il y a des photos… la suite

Il y a des photos comme celle-ci qui nous interpelle.

Texte d’un lecteur de Souvenirs de guerre (ci-dessous lien vers la version PDF)

Radio communications

Radio communications

Ce texte a été écrit des plus spontanément les 13 et 14 août 2021, suite à un rappel historique entendu à la radio matinale.

Quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, dans la nuit du 12 au 13 août 1961, 15 000 soldats en armes de la République Démocratique d’Allemagne encerclèrent la partie de la capitale berlinoise qui, à la Conférence de Yalta, fut attribuée aux pays occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni et France). Au matin de ce jour-là, des deux côtés de la ligne de partage entre « l’Est et l’Ouest », c’est en écoutant leur radio matinale que les Berlinoises et Berlinois apprirent que la frontière entre les deux territoires administratifs et politiques devenait définitivement close. Plus que nulle part dans le monde ce fut un choc brutal et la douleur de celui-ci dura jusqu’au 9 novembre 1989, Chute du Mur de Berlin.

Permettez-moi de vous raconter ici pourquoi cet événement historique se revêt d’un aspect particulier pour moi.

Le 7 octobre 1972, jour de mon seizième anniversaire, par respect de sa parole donnée autant que par prudence, en guise de cadeau sans emballage ni ruban, mon père eut l’idée de mettre sur la table de la cuisine une petite boîte transparente en plastique. Je la connaissais, bien que je ne l’avais jamais explorée. Par inadvertance, quelques années auparavant je l’avais trouvée un jour dans un tiroir « privé » de la maison, et ma mère m’en avait simplement dit qu’il s’agissait de photos du temps où il était « en Europe ». Mon père disait ainsi pour désigner ses années passées loin de Montréal, de 1940 à 1945. À son retour du travail, lui parlant de ma découverte de ce trésor, il m’avait simplement dit que lorsque je serais assez vieux pour comprendre certaines choses, nous en regarderions le contenu ensemble. Vous imaginez le contentement pour moi que le jour en question soit enfin venu !

Aussitôt le couvercle levé et la première photo sortie, mes questions se succédaient maladroitement. « C’était quand ? Tu avais quel âge ? C’était qui à côté de toi ? C’était où ? » et tutti quanti…

Mes questions se répétant selon mon envie pressante de savoir des choses, il m’apparaissait, à chacune qui se succédait, comme de plus en plus émotif dans ses réponses. Aujourd’hui j’ai compris que celles-ci l’ébranlaient. Heureusement, pour s’en ressaisir il avait presque à chaque fois la manière, les mots, l’explication par lesquels tout rentrait dans la norme.

Parmi ces photos qui motivaient mes questions, se trouvait celle-ci :

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Collection personnelle

Il me répondit qu’elle avait été prise à Berlin, au Reichstag. Faisant partie de la troupe canadienne qui s’y trouvait immédiatement après la guerre, son détachement avait reçu ordre de se placer face aux Russes à l’endroit qu’on voit. Et surtout, que si ceux-ci avançaient vers le bâtiment sans en avoir demandé la permission, ils devaient tirer… 

Le commandant leur avait dit que si la guerre contre les Allemands était bel et bien finie, il leur faudrait peut-être enlever aux communistes l’idée de s’emparer de toute la ville et que les choses pourraient très bien commencer au Parlement détruit de Berlin. Et pour finir, que certains généraux alliés comme Patton et d’autres aimeraient bien continuer la guerre pour les « repousser jusque chez eux ».

Je sentis alors mon père dans un drôle d’état, mélange de tristesse et de combativité, et en remettant alors tout dans la boîte, il annonça « Pis pour le reste, ce sera une prochaine fois. Allons manger au restaurant mon gars, il est passé six heures. »

Bien entendu, quelques occasions de discuter de cette époque se présentèrent encore au fil des années qui suivirent. Mais de cette photo précise, plus jamais il ne m’en a parlé.

À son décès, dix ans plus tard, je me suis mis en tête un jour d’en savoir plus de son périple à la guerre et, bien entendu, le jour arriva d’approfondir les choses pour cette photo. Photocopies en main, avec mon épouse comme complice, je me suis donc retrouvé en Allemagne en 2016. Et là, dès le premier jour de notre présence, j’ai eu confirmation que la photo avait bel et bien été prise en un endroit précis du Reichstag de Berlin. Nos efforts d’enquête trouvaient donc un premier aboutissement concret. Un premier, parce que nous n’en étions vraiment pas au bout de nos surprises.

Pendant plusieurs jours ensuite, nous avons donc sillonné Berlin et quelques victoires de plus, mais qui, désolé ne sont pas « au sujet du jour », suivirent. Revenus à la maison et depuis, les recherches continuent. Quelque temps passa et un autre fait étonnant nous vint au sujet du cliché de 1945. La photo de mon paternel montre l’endroit précis où, depuis le haut, fut prise la photo la plus connue du Reichstag en mai 1945 (pour être vraiment précis, je devrais dire la succession de photos prises entre le 1er et le 4 mai ). Soit, à l’aplomb exact l’une de l’autre.

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Photo Alamy

Statue de pierre, tramway en carcasse, débris au sol, clochetons, etc.

Mais ce n’est pas tout puisque depuis, des informations ont été livrées médiatiquement qui donne ici à poser une hypothèse aux historiens.

D’abord, il y a plus ou moins deux ans, a été révélé l’endroit précis où les Russes avaient installé leur base-radio de communication avec Moscou pendant et après la Bataille de Berlin qu’ils ont gagnée. Lieu, tenu jusque-là secret par le Kremlin, d’où toutes les informations militaires partaient pour Moscou et où tous les ordres de Moscou pour Berlin arrivaient. En un mot, là où était le centre de radio-transmission russe. Celui-là même qu’on voit sur la photo datée du 2 mai par les historiens et qui présente des débris dans son entrée, cliché où on distingue deux tanks russes placés autour de manière à pouvoir croiser leurs tirs vers l’angle de rue avoisinant celle-ci (celui de gauche fermant l’accès à la rue et celui de droite pointant vers le camion militaire qui s’en trouve proche…

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Et ensuite, il y a quelques mois, a été annoncé que depuis le tout début du mois de mai 1945, les Britanniques connaissaient si bien l’existence du point de communication russe en question que, sous le nez des Soviétiques, ils avaient installé un centre d’écoute secret doté du matériel le plus sophistiqué de l’époque dans une partie du Reichstag, directement en vis-à-vis de celui-ci. Ce qui aussi demeura secret jusque-là.

Lieu, s’il en est pour les Alliés, qui devaient certainement être protégés de toute découverte par les Russes. Et cela, sans doute peu importe la manière d’y parvenir…

Comme quoi plus de 75 ans après, non seulement il reste sans doute passablement de choses à découvrir de cette guerre qui défigura l’Europe et ravagea l’humanité toute entière, mais qu’il appartient à chacun-chacune de nous, modestes inconnus, et sans titre pour la plupart, d’y participer à la mesure de ce qu’il ou elle possède comme trace de ce passé.

Merci de votre lecture !

Et à une prochaine fois peut-être ici au plaisir de vous lire ?

Maurice Rousseau

Extrait

Si l’opération Loyton est bien documentée, notamment grâce à Gérard Villemin et son site
http://www.resistance-deportation.org/, l’opération indépendante dans la zone nord de Loyton l’est quant à
elle beaucoup moins.


« Le lieutenant Joseph Maurice Rousseau, du 1er bataillon parachutiste canadien, se porte volontaire et est rattaché au 2nd SAS le 05 septembre 1944 dans l’espoir de combattre. Il n’a pas à attendre longtemps et se voit confier, dans les jours suivants, le commandement d’une opération indépendante au nord de la zone de l’Opération Loyton dans l’Est de la France ».


En marge de l’opération, l’équipe sous commandement du Lieutenant canadien Joseph Maurice Rousseau est parachutée dans la nuit du 09 au 10 septembre 1944 au nord de la zone Loyton avec pour mission de saboter
dans le secteur de Blâmont – Lunéville, les voies de communication et de repli Nancy – Strasbourg des allemands : Route Nationale n°4 et voie ferrée. L’équipe agira indépendamment du groupe principal, et en dehors d’une implication locale. Après avoir traité leurs objectifs, ils doivent rejoindre la base principale de Loyton ou s’exfiltrer à travers les lignes…

Retour dans le passé – 1 juillet 1942

1 juillet 1942

Mont-Joli

Number 30 Squadron

PMR75-632 – Escadron 130, Mont-Joli, Québec, 1 juillet 1942

Les gens se souviennent encore…

Notes

Le commandant Jacques Chevrier pose pour la postérité le 1er juillet 1942. Il est le cinquième en partant de la gauche. Il trouve la mort le 6 juillet 1942.

Soixante-dix-neuf ans plus tard, moins cinq jours, la façon dont le commandant d’escadron Chevrier est mort reste un mystère…

Liens

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2622524

https://sadp.files.wordpress.com/2013/03/jmsl-17-09-09-6-des-aviateurs.pdf

http://www.bbm.org.uk/airmen/Chevrier.htm

Joseph Armand Jacques Chevrier naît à Saint-Lambert au Québec, le 7 octobre 1917. Il se joint à l’ARC le 4 juillet 1938, se rend en Angleterre en 1940 et est affecté au 1er Escadron à Wittering le 3 octobre, puis au 1er escadron (ARC) à Prestwick le 21. Chevrier est rapatrié au Canada le 9 janvier 1941.

Il est nommé ADC (aide de camp) de Son Excellence le Gouverneur général, le Comte d’Athlone, le 8 août et occupe cette fonction jusqu’au 31 mars 1942.

Chevrier est alors affecté au poste de premier commandant du 130e Escadron, dont il prend le commandement à Mont-Joli, au Québec, le 1er mai 1942.

Le 6 juillet 1942, l’escadron est envoyé à la recherche de U-boats après qu’un cargo ait été torpillé à 10 milles au large de Sainte-Anne-des-Monts.

Quatre Kittyhawk sont dépêchés. Plusieurs survivants du navire coulé sont localisés, mais aucun signe d’un U-boat.

L’avion de Chevrier tombe en panne de carburant lors du retour à Mont-Joli et Chevrier meurt lorsque son Kittyhawk AK915 amerrit dans le Saint-Laurent, juste à côté de Sainte-Anne-des-Monts.

Son corps n’a pas été retrouvé et il est commémoré sur le Mémorial d’Ottawa.


En 1952, son père se posait encore des questions sur la façon dont son fils était mort…

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J’ai trouvé plus de renseignements sur Internet…

https://aviation-safety.net/wikibase/205495

Plus de renseignements sur la bataille du Saint-Laurent ici…

https://www.veterans.gc.ca/pdf/publications/canada-remembers/RS_Battle_Gulf_e.pdf

La version officielle semble être la suivante…

Rapport

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L’avion de Chevrier tombe en panne de carburant lors du retour à Mont-Joli et Chevrier meurt lorsque son Kittyhawk AK915 amerrit dans le Saint-Laurent, juste à côté de Sainte-Anne-des-Monts.

Il est à espérer que nous saurons un jour comment Jacques Chevrier est mort lorsque des pièces du Kittyhawk qu’il pilotait le 6 juillet 1942 seront retrouvées.

En attendant, des gens à Mont-Joli se souviennent encore du commandant d’escadron Jacques Chevrier …

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Une demande – Le début de l’histoire

Bonjour
Je suis à la recherche d’un Canadien dont le prénom était Anthony. Il a séjourné plusieurs mois ou semaines dans ma famille (Glanard) près de Saint-André-de-l’Eure (Batigny). Il s’est écrasé dans un champ près du village. Il a été blessé à un bras, et a perdu sa montre. Mon oncle l’a retrouvée et la lui a rendue. Il l’avait réparée.
J’ai une photo.

famille Glanard août 1944

Aucune des personnes qui l’avaient aidé n’a oublié cet homme, mais elles sont toutes décédées maintenant.

Si quelqu’un a des renseignements sur le crash, ce serait bien. Je suppose qu’il est rentré en Angleterre en septembre 1944 lorsque Saint-André-de-l’Eure et Evreux ont été libérés à la fin du mois de septembre 44.

Merci d’avance

 

Le début de l’histoire… par Micka Perier

L’été 1944 ne devait pas être un été très tranquille à Saint André de l’Eure. C’est que les Alliés mettent la pression aux Allemands avec l’aérodrome.

Alors on se dépêche de faire ce qu’on a à faire à la ferme, histoire de ne pas tenter le diable et rentrer à l’abri.

Marcel Glanard, mon arrière grand père se dit bien qu’il préfèrerait aller boire un verre avec ses copains après le boulot mais il y a le foin à rentrer et il faut vite rentrer parce que là….ça pète fort à Saint André.

Alors qu’il est en route pour la ferme, un bruit d’avion se rapproche dangereusement et Marcel voit cet avion s’écraser dans le champ d’à côté.

Tant pis, il y va mais il se dit que…..ça va pas être joli…

Il en sort un pilote inconscient et blessé au bras. Il est lourd ce grand mec ! Il faut faire vite. En plus les « boches » ne vont pas tarder à arriver.

Une fois à la ferme, le Canadien a été soigné et caché dans le bâtiment d’en face, de l’autre côté de la cours. Au dessus des vaches.

Quand il est revenu à lui, le Canadien a commencé à parler. Il s’appelle Antony. Alors mon arrière grand-mère Marguerite et ma grand-mère Ginette lui apportent à manger. Bernard et Marie Rose (frère et sœur de ma grand-mère) viennent voir si le Canadien est réveillé.

La routine s’installe dans le plus grand secret. Si les Allemands l’apprennent tout le monde va y passer. Attention aux voisins aussi…Y a des collabos dans le coin.

Tous les jours, Ginette apporte les repas. On soigne son bras aussi. De toute façon, mieux vaut rester caché parce que les Nazis tournent beaucoup en ce moment et ils sont nerveux….surtout les saloperies de SS ! Ils ont failli fusiller Bernard l’autre jour parce qu’il revenait à vélo et qu’ils le suspectaient d’être un résistant….Quelle drôle d’idée !…Les soldats de la Wehrmacht, ils sont plus normaux. Des pauvres gars fermiers comme ici.

Bernard doit retourner sur le site du crash parce qu’Antony a perdu sa montre. Cette montre, c’est son père qui lui a offert avant de partir pour la guerre en Europe. Il y tient mais il ne veut pas abuser. Bernard lui, ça l’amuse ce genre de choses alors il y retourne…et puis, il aime bien provoquer les Allemands aussi…

Et bien il l’a retrouvée ! Incroyable. Antony est tellement heureux et reconnaissant ! Bernard lui a même réparé le bracelet.

Les combats font rage et on commence à dire que les Allemands vont partir de Saint André et même d’Evreux. L’automne arrive pour les Nazis.

Antony peut partir rejoindre les siens.

Ginette a le cœur serré. La famille Glanard a rempli sa mission en attendant une autre.

Bien des années après, sur le marché de Saint André, dans les années 80, Ginette pense l’avoir revu. Ce vieil homme ressemble à l’aviateur. C’est un étranger parmi d’autres vétérans. Elle n’ose pas aller lui parler. Certains secrets sont tenaces. Certains héros sont discrets.

Une demande

Bonjour
Je suis à la recherche d’un Canadien dont le prénom était Anthony. Il a séjourné plusieurs mois ou semaines dans ma famille (Glanard) près de Saint-André-de-l’Eure (Batigny). Il s’est écrasé dans un champ près du village. Il a été blessé à un bras, et a perdu sa montre. Mon oncle l’a retrouvée et la lui a rendue. Il l’avait réparée.
J’ai une photo.

famille Glanard août 1944

Aucune des personnes qui l’avaient aidé n’a oublié cet homme, mais elles sont toutes décédées maintenant.

Si quelqu’un a des renseignements sur le crash, ce serait bien. Je suppose qu’il est rentré en Angleterre en septembre 1944 lorsque Saint-André-de-l’Eure et Evreux ont été libérés à la fin du mois de septembre 44.

Merci d’avance

HMCS Athabaskan, 29 avril 1944… Épilogue

Ici se termine l’histoire du naufrage de l’Athabaskan écrite il y a 12 ans. Je n’ai pas encore trouvé dans les médias canadiens un article qui souligne cet événement.

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L’original suit…

Voici que la cousine de ma femme m’avait écrit dans un courriel en réponse à une question…

Son père préfère ne pas parler du naufrage de l’Athabaskan.

Je m’en doutais bien. Les vétérans parlent rarement de leurs souvenirs de guerre…

Voici son courriel…

Mon père parle très peu de cette période, sinon pour l’amour des bateaux, de la mer…
Je savais qu’il avait fait deux fois naufrage, qu’il avait connu aussi la faim. À l’autre naufrage, il m’a déjà confié qu’il avait été plusieurs jours dans une chaloupe avant d’être repêché.
Mais en lisant l’article sur l’Athabaskan, j’ai été renversée, je ne savais pas qu’il y avait eu tant de morts, de prisonniers de guerre… Papa n’a jamais été volubile. Je lui ai fait part de ton message, il me confirme qu’effectivement il faisait partie des 45 personnes sauvé par l’Haida.
Quand je lui ai demandé comment il avait été secouru, voici ce qu’il m’a répondu :
L’humain est très bien fait, il oublie ses souffrances, ses misères… Il ne se rappelle que des belles choses, des moments précieux et de ses joies…
Un peu plus tard dans la conversation, il a rajouté :
Ce sont de vieux souvenirs et à te dire franchement, je ne tiens pas à y replonger.
C’est mon père… et je l’aime profondément.

Pour terminer, si l’histoire et la généalogie vous intéresse ou vous passionne…

Allez visiter ce site

Et surtout l’histoire de cet homme

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Jean-Marie Abalea

Il était aussi un marin et a servi la France durant la Première et la Deuxième Guerre mondiale.

Jean-Marie, volontaire pour se battre sur les mers pour son pays en 1917… Son père lui va mourir de ses blessures à Verdun en 1918…

Voici l’histoire de son père…

Juillet 1917 – Michel se bat à Verdun pendant que son fils embarque sur un croiseur

Un véritable tour du monde et un véritable cours d’histoire.


J’ai découvert ce site, par hasard, au fil de mes recherches sur l’histoire de l’Athabaskan en cherchant des informations sur la rade de Brest.

Finalement, j’ai aussi trouvé ceci sur l’Haida. Voici le lien direct vers le site Internet.

Voici une vue satellite du musée à Hamilton. Vous savez sans doute ce que je vais faire… en septembre…

Il y a aussi un autre musée… à Hamilton. Mais l’aviation, ça c’est une autre histoire.

Hamilton est tout près de Niagara Falls… Ça aussi c’est une autre histoire…

Samedi, une autre façon de voir la dernière des « bonnes guerres »… Puis lundi, on continue l’histoire des marins survivants du naufrage. Quant à moi, j’ai écrit à plein de gens qui ont eu des proches qui ont servi sur l’Athabaskan comme l’oncle de ma femme.

Si vous avez des souvenirs de guerre de vos ancêtres que vous souhaitez partager, cliquez ici pour m’écrire.

HMCS Haida, 29 avril 1944… prisonniers

Voici la suite de l’histoire du naufrage de l’Athabaskan écrite il y a 12 ans.

Mac Lure a lui aussi aperçu les Allemands et il lui faut abandonner le sauvetage pour fuir vers le Nord, vers l’Angleterre qui se trouve à plus de cent milles derrière l’horizon. Un aviso les prend en chasse mais, à leur grand soulagement, il vire de bord peu après.

demi-tour

Quand il a reçu le message faisant état « d’hommes noirs » à la mer à l’endroit où Athabaskan a coulé, le Kapitänleutnant Wilhelm Meentzen a fait augmenter l’allure.

en chasse

– Peu importe leur couleur, dit-il, ce sont des êtres humains et nous allons les sauver !

Et lorsqu’il arrive sur les lieux, il découvre bien vite que ces « hommes noirs » ne sont en fait que des hommes englués de mazout. Le prompt retour des Allemands sur la zone du torpillage va permettre de sauver nombre de naufragés qui auraient péri dans l’heure suivante. Ils vont être faits prisonniers, c’est un fait, mais ils auront tous la vie sauve.

sauvetage par les Allemands

« Wilkommen Kameraden ! »

C’est en ces termes que les Canadiens sont accueillis à bord des navires allemands. Entre marins, il existe toujours une solidarité qui se moque bien des pavillons. Et eux aussi, tout comme ceux de Haida, ils vont descendre le long des filets qui pendent à leurs coques afin d’aider les plus faibles. Pareille attitude porte un nom quand on fait la guerre ; cela s’appelle tout simplement chevalerie.

C’est ainsi qu’Émile Beaudoin se retrouve sur un aviso où il lui est donné la possibilité de prendre une douche chaude. Après la douche, ils recevront chacun une épaisse couverture ainsi qu’une paire de bottes de caoutchouc. Cette distribution faite, il leur est servi un plat de macaronis avec des pruneaux, du pain noir et de la confiture.

Pourtant, ni Beaudoin, ni ses camarades ne touchent à cette nourriture ?

N’auraient-ils pas faim ?

Mais tout à coup, un marin allemand comprend la raison de leur manque d’appétit. Alors, il prend une tartine de pain, la beurre de confiture, y ajoute un pruneau et commence aussitôt à mordre dedans à belles dents suivi quelques instants plus tard par les Canadiens dont le visage s’illumine à présent d’un large sourire.

Le retour de la flottille vers Brest sera mouvementé car elle sera attaquée par les avions du Coastal Command. Sans grand dommage d’ailleurs. Le T 24 quant à lui heurtera une mine dans le chenal du Four mais bien que sérieusement endommagé, il rejoindra sa base par ses propres moyens sans avoir perdu aucun de ses naufragés canadiens.

Dans l’après-midi, les prisonniers seront débarqués et conduits dans la salle du patronage de Kerbonne tandis que les blessés seront dirigés vers l’hôpital de Brest. Pour ces hommes commence une captivité qui va durer un an et prendra fin en Allemagne. Émile Beaudoin en profitera pour apprendre l’allemand et c’est en ami que près de trente années plus tard, il sera reçu avec beaucoup d’émotion chez les survivants du T 27.

Quant à la vedette de Haida, après bien des difficultés, elle parviendra à traverser la Manche et sera repérée en fin d’après-midi, à 25 milles dans le sud du cap Lizard. Une embarcation de sauvetage dirigée vers elle en recueillera les occupants qui seront débarqués vers minuit à Penzance.

Haida pour sa part passera les jetées de Plymouth seul en fin de matinée et à la traditionnelle question du sémaphore qui lui demandera s’il a des naufragés ou des blessés à bord, il répondra :

« Affirmatif ! J’en ai 44 ! »

Affirmatif

La perte d’Athabaskan aura coûté la vie à 129 marins dont 59 d’entre eux, rejetés à la côte par la mer, viendront reposer en terre bretonne, dans le cimetière de Plouescat.

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HMCS Haida, 29 avril 1944… troisième épisode

Voici la suite de l’histoire du naufrage de l’Athabaskan écrite il y a 12 ans.

Se fondant dans la grisaille de l’aube naissante, la silhouette de Haida s’estompe rapidement.

Stubbs nage jusqu’au radeau d’Émile Beaudoin où on le hisse, sous les acclamations de ses hommes.

radeau

– Content de vous retrouver les gars !

Puis, s’éclaircissant la voix, il entonne le célèbre chant de la Marine Royale Canadienne.

« Roll along wavy Navy, roll along… »

Aussitôt, même les plus faibles reprennent en chœur derrière lui et c’est un spectacle bien étrange que ces malheureux transis de froid et englués de mazout qui au fond de leur détresse, se mettent à chanter parce que lui, leur Commandant, il chante !

Pendant ce temps, la vedette laissée par Haida poursuit sa difficile tâche qui consiste à mettre en sécurité les plus touchés et aussi malheureusement à faire un choix entre ceux qui ont une chance de s’en tirer et ceux qui n’en ont pas. Le choix est parfois terrible car aucun parmi eux n’a la moindre notion de médecine. Avec le quartier maître Mac Lure pour patron, l’armement de cette vedette va au cours des heures à venir, faire preuve d’un courage remarquable et d’une volonté de réussir qui ne faiblira pas un instant.

Dans la lueur blafarde de l’aube, alors que plusieurs blessés étaient embarqués ainsi que les deux matelots de Haida qui étaient tombés des filets, ils aperçoivent un homme qui fait la planche et semble assez mal en point.

homme seul à la dérive

– C’est le patron torpilleur, murmure l’un d’eux. Il n’a pas bonne mine le pauvre !

En effet, le maître torpilleur d’Athabaskan a bien mauvaise mine. Ayant été précipité à la mer quand le navire a coulé, il a essayé de trouver une place sur un radeau mais tous étaient déjà bien surchargés. Il a alors continué à nager en direction de Haida qu’il n’a pas pu rejoindre tant était grande

la force du courant et il s’est retrouvé seul avec pour tout bien un gilet de sauvetage. Epuisé par cette nage forcée, il s’est mis sur le dos et, s’engourdissant progressivement dans cette douce torpeur qui précède la mort de froid, il s’est abandonné à son destin. Lorsqu’on le tire enfin hors de l’eau, il reprend vaguement conscience.

vedette sauvetage

-Mais qui diable êtes-vous ?

-La vedette de Haida !

– Ah brave Haida ! J’avais bien raison de croire qu’il ne nous laisserait pas tomber…

vedette sauvé

Et sur ces dernières paroles, il sombre à nouveau dans l’inconscience tandis que sur ses lèvres, un sourire persiste.

Mais revenons vers ceux des radeaux.

Cela fait maintenant deux heures qu’ils sont dans l’eau et le froid a fait de nouvelles victimes. Le Commandant Stubbs a glissé à l’eau et coulé, mais nul ne se souvient plus trop bien quand. Les chants ont fini par s’éteindre et dans le silence glacé qui a succédé chacun de ces malheureux a continué de puiser au plus profond de son être pour que la volonté ne faiblisse pas. Imaginez un instant ce que représentent deux heures dans les eaux de la Manche au mois d’avril. Ajoutez à cela la douleur des blessures même légères que la mer et le mazout irritent en permanence sans oublier la morsure de ce même mazout dans les yeux et sur les muqueuses. Pire encore, il y a ceux qui ont avalé l’infect liquide noir et qui à présent souffrent terriblement d’épouvantables vomissements. Ceux-là ne survivront pas bien longtemps.

hommes laissés

Il fait grand jour lorsqu’une heure plus tard apparaissent à l’horizon sud trois navires. Venant de cette direction, il ne peut s’agir que d’Allemands ! Qu’importe après tout, ami ou ennemi, cela ne fait à présent plus aucune différence car le pont d’un navire, quel qu’il soit, est désormais leur seule chance de salut.

La fin demain…

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