Maurice Rousseau

Extrait

Si l’opération Loyton est bien documentée, notamment grâce à Gérard Villemin et son site
http://www.resistance-deportation.org/, l’opération indépendante dans la zone nord de Loyton l’est quant à
elle beaucoup moins.


« Le lieutenant Joseph Maurice Rousseau, du 1er bataillon parachutiste canadien, se porte volontaire et est rattaché au 2nd SAS le 05 septembre 1944 dans l’espoir de combattre. Il n’a pas à attendre longtemps et se voit confier, dans les jours suivants, le commandement d’une opération indépendante au nord de la zone de l’Opération Loyton dans l’Est de la France ».


En marge de l’opération, l’équipe sous commandement du Lieutenant canadien Joseph Maurice Rousseau est parachutée dans la nuit du 09 au 10 septembre 1944 au nord de la zone Loyton avec pour mission de saboter
dans le secteur de Blâmont – Lunéville, les voies de communication et de repli Nancy – Strasbourg des allemands : Route Nationale n°4 et voie ferrée. L’équipe agira indépendamment du groupe principal, et en dehors d’une implication locale. Après avoir traité leurs objectifs, ils doivent rejoindre la base principale de Loyton ou s’exfiltrer à travers les lignes…

J’ai beaucoup écrit…

J’ai beaucoup écrit sur les frères Rousseau que je n’ai pourtant jamais rencontrés. Mes recherches pour le compte d’un vétéran aviateur m’avait amené à découvrir plein d’informatione  sur les frères Rousseau.

Photo de Philippe et Maurice

Je pense que mon vétéran aviateur ne les avait jamais rencontrés et avait inventé toute son histoire.

Voici ce que j’avais écrit suite à mes recherches sur Souvenirs de guerre le 17 mars 2010...

***

Une de mes lectrices m’a envoyé ceci…

Proclamation affichée à la base militaire de Petawawa (Ontario) 6 juin 1982

« Les lieutenants Philippe et Maurice Rousseau, deux frères originaires de Montmagny, Québec, étaient officiers dans le 1er Bataillon de parachutistes canadiens. Les membres de cette unité de frappe étaient confiants et fiers de leurs bérets marron et de leurs bottes brunes haute forme. C’était une force d’élite constituées d’individus supérieurs.

Le lieutenant Philippe Rousseau a perdu la vie lors du jour J, le 6 juin 1944, lorsque lui-même et son peloton tombèrent dans une embuscade allemande, après avoir été parachutés quinze milles de l’endroit prévu. Son frère, le lieutenant Maurice Rousseau, perdit la vie quand il commandait un groupe de dix hommes qui furent parachutés derrière les lignes allemandes en septembre 1944, avec pour mission de détruire des installations ferroviaires.

Attaqué par un ennemi de beaucoup supérieur en nombre, Maurice Rousseau parvint à tenir tête à environ 30 soldats allemands, ce qui permit à la plupart de ses hommes de s’enfuir. Atteint au cou par un projectile, il combattit jusque ce qu’il soit à court de munition. Comme il s’apprêtait à lancer sa dernière grenade, il fut atteint une autre fois et mourut quelques instants plus tard.

Ces deux officiers furent par la suite enterrés au cimetière de Ranville, France.

Les frères Rousseau faisaient partie d’une troupe d’élite. Ils étaient remarquablement entraînés et leur moral était inébranlable. Ils étaient forts, braves, disciplinés et fiers.

Ils étaient paras.

C’est avec fierté que le 1er Commando en ce sixième jour de juin de l’an mille neuf cent quatre-vingt deux leur rend hommage en leur dédiant cette caserne. »


Blessent mon coeur d’une langueur monotone… – 7 juin 2014

Mis à jour le 13 mars 2022

Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire ce que le fils de Georges-Henri Moffatt a écrit sur son père.

Georges-Henri Moffatt


Note

J’avais écrit sur ce blogue une série de billets sur les frères Rousseau de Montmagny.

1944 Maurice RousseauTombe provisoire de PhilippeRousseauPhilippe Rousseau parachutiste 1

Philippe Rousseau

Maurice Rousseau

Maurice Rousseau

 

Pauline Philippe et Marie Rousseau

 

famille de Lacasse Rousseau et Gabrielle Fafard

Ce qui suit a été écrit en  2010, et commémore le souvenir de Philippe Rousseau.

Je voulais l’éditer, car il comportait quelques erreurs.

C’était avant le commentaire de Marie Madeleine qui a découvert un des billets sur Philippe Rousseau.

Elle m’a laissé ce commentaire des plus touchants…

Bonjour je suis très touchée par vos récits je suis originaire de Douville en Auge et ma mère bientôt âgée de 81 ans était à Douville aussi avec sa famille. Elle se rappelle bien de ce qui s’est passé au moment du 6 juin 1944 avec les Canadiens. C’était non loin de Gonneville-sur-Mer et Grangues. C’était au lieu dit la maison blanche sur la commune de Douville en Auge, d’ailleurs aujourd’hui 7 juin 2014 je vais me rendre à Gonnevile-sur-Mer déposer des fleurs devant la plaque de ces soldats à qui nous devons la liberté. Je suis âgée de 38 ans et avant c’était mon père qui déposait des fleurs. Il est décédé l’année dernière. Donc à moi sa fille de faire un geste pour ces soldats.

Voici donc en rappel ce qui devait être mon dernier article sur Philippe Rousseau.

Début

Dernier article sur le lieutenant Philippe Rousseau, héros inconnu ou méconnu, je ne sais plus trop…

« Blessent mon coeur d’une langueur monotone… »

C’est le signal qui annonçait à la Résistance l’imminence du débarquement de Normandie…

On s’était quitté comme ceci lundi dernier…

Alors que ses hommes tentaient aussi bien que mal de se regrouper, le lieutenant Rousseau menait à bien la mission secrète qui lui avait été confiée, tout comme à deux autres hommes, l’ordonnance James George Broadfoot et le Caporal Boyd Anderson.

Le caporal Anderson explique ainsi leur mission :

[Traduction]

Le lieutenant Rousseau nous expliqua que la ville de Dozulé se trouvait à environ une dizaine de milles de notre zone de parachutage. Nos services de renseignements ne savaient que très peu de choses de cette commune. Elle était située sur une route principale menant vers la ville de Caen. Le nom du maire de Dozulé s’appelait aussi Rousseau, le même que mon officier. On pensait que le maire était sympathique à notre cause.

Le plan consistait à ce que le lieutenant Rousseau, l’ordonnance Broadfoot, et moi-même nous nous rejoignions le plus rapidement possible dans la zone de parachutage. Nous devions éviter tout combat et nous rendre immédiatement par quelque moyen que ce soit à Dozulé pour trouver le maire Rousseau. Par la suite, nous devions lui parler dans l’espoir de gagner sa confiance afin de savoir la position des troupes allemandes dans la région.

Le lieutenant Rousseau était très enthousiasmé à l’idée de cette mission, tout comme moi d’ailleurs, tout heureux d’avoir été choisi pour cette mission tâche dangereuse mais inhabituelle. Comme le lieutenant Rousseau, j’étais motivé pour la mener à bien. Ce que je ne savais pas par contre, c’est que lors de la première journée, le lieutenant serait tué aux premières lueurs du jour et que Broadfoot giserait mort dans le fossé l’après-midi suivant à quelques pieds derrière la haie où je me trouverais.

(Boys of the Cloud)


Ayant sauté en dernier de l’avion, le lieutenant Rousseau ne trouva que quatre de ses hommes, et il n’arriva à retrouver ni le soldat Broadfoot, ni le caporal Anderson. Il se dirigea immédiatement vers la maison la plus proche pour prendre des repères, et il s’aperçut en parlant avec ses habitants qu’il avait été parachuté à plus de vingt kilomètres à l’est de son objectif.

Cela ne le démina pourtant pas puisqu’il avait été parachuté plus près de son objectif que prévu. Le lieutenant pris alors immédiatement la direction de Dozulé pour remplir sa mission accompagné des soldats rencontrés.

Deux heures plus tard, les cinq hommes furent pris dans un feu croisé avec des soldats allemands et le lieutenant Rousseau et le soldat Oxtoby périrent sur le coup.

« Il est très possible que si le lieutenant Rousseau avait pris sa place dans le rang comme l’aurait fait tout autre officier, il n’eut pas été tué, mais comme d’habitude, il prenait soin de ses hommes avant tout et marchait à la tête de la petite troupe » raconte le soldat Irwin Willsey.

Les balles atteignirent les grenades à phosphore que portait le lieutenant Rousseau à sa ceinture et celles-ci s’enflammèrent.

Toutefois, les opinions divergent à savoir s’ils périrent des brulures ou des tirs ennemis. Deux des soldats les accompagnant réussirent à s’en tirer indemnes, alors que le troisième fut blessé et fait prisonnier peu après.

« Le lieutenant Rousseau était, je le répète un vrai soldat, un homme d’honneur, discipliné et je suis convaincu qu’il fit le maximum pour mener à bien sa mission sur Dozulé. S’il n’avait pas eu cet ordre, il serait resté dans les parages dans le but de retrouver le reste du groupe. »

Caporal Anderson (Gonneville-sur-Mer 1939-1944)

D’après mes recherches, il n’est donc pas certain si le lieutenant Rousseau a réussi à accomplir sa mission.

Comment le caporal Broadfoot l’a-t-il su ?

 


Selon le caporal Anderson, Philippe Rousseau serait mort le 6 juin, mais il n’était plus avec lui, car ils avaient été séparés lors du parachutage.

J’ai poursuivi mes recherches et j’ai trouvé un site Internet.

C’est celui de la commune de Dozulé en France, et une de leurs sections est dévouée à Dozulé et la guerre.

J’y ai trouvé cette page…


J’ai écrit deux fois à la mairie, mais je n’ai pas encore eu de réponse.

Je cherche aussi en entrer en contact avec la jeune guide pour valider toute l’histoire de la mort de Philippe Rousseau. De qui tient-elle toutes ses informations ?

Je n’ai pas encore eu de réponse.

Fin du billet…

À suivre?


Mis à jour le 9 mars 2020 avec ceci…

Hi there,

I wanted to thank you for the great page you have so kindly dedicated to my great uncles Philippe and Maurice Rousseau.

I grew up hearing their valiant stories which always remain with me.

Regarding the picture in which you originally believed to be Philippe (with his 2 sisters) was actually a soldier in Philippe’s division called Moffat (I have never seen the name spelled and I do not know much about him)

After Philippe was killed and the fighting died down, the rest of the platoon was captured including Mr. Moffat. He came by the family residence to tell the story of Philippe.

Interesting tidbit, Moffat and the rest of the platoon were moved to a prison camp in the mountains where they remained for quite some time. One of the German guards was looking for a skiing buddy and Moffat was his man. He spent a portion of his internment skiing. The German officer did say that if he tried to escape, he would be shot. Nevertheless, Mr. Moffat was able to tell our family of the heroism of Philippe.

The story I had been told was that Philippe’s battalion had been dropped at the wrong place. All of the soldiers were frightened as they eventually figured they were behind enemy lines. Philippe insisted on leading the platoon. That is when a German ambush killed him. 

With regards to Maurice, I have heard various accounts of what had happened. His mission was to meet up with a Maquis agent also named Rousseau who would have been a distant relative. They never had the chance to meet as the Maquis agent had already been killed by the time Maurice arrived.

The story about the priest showing the room to the German soldiers, I had been told that Maurice was hiding behind the door that the priest had just opened. He had his knife in hand. The Germans had checked several rooms and had asked about the one that Maurice would be in. The priest insisted on showing the Germans the room in question. Due to the instance of the priest, the Germans only took a peek inside the room instead of the more thorough verifications that had been done in other rooms.

In any event, I heard that Maurice died while providing cover to other allied soldiers. Another story I heard was that he did not die  but was wounded and captured. He would have been likely tortured for info and would have been executed as part of Hitler’s “Commando order”. However, I do not know if this is true, just what I have heard and read.

On a side note, both men were against the draft as they thought no-one should be forced to go to war. They were volunteers.

In any event, it is nice to see these young brave men remembered and honored. Me and my family truly appreciate this.

Have a wonderful day.

Best regards,

Daniel

 


Hi Pierre,

Thank you for your response.

No credit is needed, but you can if you want.

How would I find your blog, I just stumbled on your web page when looking up my great uncles?

In any event, I attached a picture of Philippe with my mom and uncle. While there is no year for the picture, this I am told, may have been one of the last times that my mom would have seen her uncle. I have been told that this may have been taken shortly before Philippe’s final departure to Europe.

Last tid-bit;

My mom remembers waking up one morning to find her dad (Philippe’s older brother Jacques) crying. He was holding 2 letters, which would have been from the military. The 1st letter was the news that Philippe had been killed in combat. The 2nd letter stating that Maurice was missing and the worst was feared. My poor grandfather found out that he lost 2 brothers in a single day. It was one of the most striking moments of my mom’s life as my grandfather was not at all prone to publicly emoting.

Among my mom’s things are the silver “Airborne” division wings pin. This was one of my mom’s most precious belongings. 

Again, thank you for your work 

Have a fantastic day.

Kindest regards,

Daniel