Eugène Gagnon et George Beurling se sont-ils rencontrés en 1947?

Texte de Jacques Gagnon

Il est presque impossible qu’Eugène Gagnon et George Beurling ne se soient pas rencontrés en 1947 alors que tous les deux pilotaient pour la même compagnie, soit Sherbrooke Airways.

Voilà la conclusion à laquelle j’en arrive après m’être livré à un petit exercice qui n’est que pure spéculation mais qui comporte quand même une certaine dose de probabilité. Laissons donc l’imaginaire vagabonder.

Tous les deux étaient des pilotes exceptionnels et tous les deux se sont tués dans des accidents d’avion, Gagnon le 21 octobre 1947 et Beurling le 20 mai 1948. Tous les deux étaient âgés de 26 ans.

Eugène Gagnon - portrait quand il était un cadet de l'air

Eugène Gagnon
collection Jacques Gagnon

PORTRAIT

Beurling, de Verdun, en banlieue de Montréal, était l’as des as des pilotes de chasse canadiens de la Deuxième Guerre mondiale, avec 31 1/3 victoires aux commandes du Vickers-Supermarine Spitfire.

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Gagnon, originaire des Cantons de l’Est (Weedon), s’était illustré en effectuant 33 missions nocturnes en territoire ennemi aux commandes du bimoteur de Havilland Mosquito.

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Tous deux portaient le grade de Flight Lieutenant (Capitaine d’aviation) et tous deux furent abondamment médaillés. Gagnon : Étoile France-Allemagne (France and Germany Star), Étoile de 1939-1945 (1939-45 Star), Médaille canadienne du volontaire avec barrette (Canadian Volunteer Service Medal and Clasp), Croix du Service distingué dans l’Aviation (Distinguished Flying Cross). Beurling: Ordre du Service distingué (Distinguished Service Order), Croix du Service distingué (Distinguished Flying Cross), Médaille du Service distingué dans l’Aviation avec barrette (Distinguished Flying Medal and Bar).

Leurs missions étaient différentes mais leurs montures étaient considérées parmi les plus racées et leurs pilotes parmi les meilleurs. Autre distinction : Gagnon était dans l’Aviation canadienne (RCAF) et Beurling dans l’Aviation britannique (RAF), la Force canadienne l’ayant refusé, ce qu’il considérait comme une humiliation qu’il n’a jamais oubliée.

Revenons à Sherbrooke Airways. Dans la biographie de Beurling publiée en 1981 sous le titre de HERO The Buzz Beurling Story, on peut lire à la page 132, qu’il a agi comme instructeur pour cette compagnie de mai à octobre 1947.

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Il parlait d’ailleurs très bien français. Gagnon pilotait pour la même société à la même époque. Elle était la propriété de l’homme d’affaires Eddy Blouin. Leur base était l’ancien aéroport militaire de Saint-François-Xavier-de-Brompton, un minuscule village en banlieue de Sherbrooke. Il n’existe plus aujourd’hui aucune trace de cette base.

Windsor Mills 1947

aéroport de Saint-François-Xavier-de-Brompton

Comme toutes les activités aériennes des environs étaient concentrées à Saint-François, on peut facilement penser qu’à un moment ou un autre les deux héros se soient au moins croisés. La fin de la guerre était encore toute récente, les deux pilotes s’étaient illustrés et tous deux étaient passionnés par les machines volantes. Ils étaient également l’objet de nombreuses légendes. Autant de motifs pouvant les rapprocher si jamais ils s’étaient retrouvés un devant l’autre.

Poussons la réflexion un cran plus loin. George Beurling pouvait ignorer qui était Eugène Gagnon, mais ce dernier devait inévitablement connaître la vedette adulée qu’était devenu le chasseur même avant la fin des Hostilités. Et puis, Eddy Blouin devait se vanter dans son entourage d’avoir embauché le plus célèbre des pilotes canadiens. Rien de plus légitime.

Enfin, ajoutons un clin d’œil. Certaines photos permettent de croire que Gagnon, tout comme Beurling, attirait les jolies femmes.

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collection Jacques Gagnon

Après Sherbrooke, Beurling s’est dirigé vers la Nouvelle-Écosse, toujours comme instructeur.

Le 21 octobre 1947, Gagnon transporte trois hommes d’affaires américains dans un Seabee tout neuf que Sherbrooke Airways avait acheté quelques mois auparavant.

Eugene Gagnon Sea Bee

L’avion amphibie connaît des problèmes de moteur et il s’écrase dans le bois à Windsor Mills, à quelques milles seulement de Saint-François. Le pilote se tue mais ses passagers survivent.

Eugene Gagnon crash

collection Jacques Gagnon

Le 20 mai 1948, Beurling teste un Norseman, un avion de brousse canadien, à l’aéroport de Urbe, près de Rome, en Italie. Il est accompagné d’un autre pilote, Leonard J. Cohen, un Juif britannique. L’avion de brousse canadien s’enflamme peu avant d’atterrir et explose. Les deux pilotes sont tués sur le coup. Leur avion, et deux autres semblables étaient destinés à l’aviation clandestine d’un nouveau pays, Israël. La thèse du sabotage a été évoquée, car Beurling était considéré comme un mercenaire au service d’Israël. Le mystère reste entier.

Beurling crash

Pour Beurling, c’était son dixième crash. Quant à Gagnon, l’atterrissage sur le ventre de son Mosquito, au retour d’une mission en mars 1945, lui a valu sa Distinguished Flying Cross.

Avoir défié la mort pendant des centaines d’heures de vol en temps de guerre pour périr dans deux banals vols de routine aux commandes de petits avions civils. Mince consolation, les deux héros eurent droit à des funérailles grandioses. À Bromptonville, c’était le traitement militaire pour Gagnon.

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collection Jacques Gagnon

À Rome, le cercueil de Beurling avait été déposé dans un élégant fourgon mortuaire remorqué par une paire de chevaux noirs. Un cortège d’un millier de personnes suivait derrière en direction du cimetière.

Jacques GAGNON

Le croiseur Colbert – Prise 3

Écrit en 2009, ce sont surtout les commentaires laissés par d’anciens marins à la suite du billet original qui sont intéressants à lire.

Cliquez ici pour ensuite vous rendre dans la section des commentaires.

Pour les autres qui se demandent de quoi je parle, vous pouvez lire ce qui suit…

Billet original

Je ne veux surtout pas relancer le débat…, mais un de mes lecteurs m’a écrit. Il a été marin dans la Marine nationale et a servi sur le Colbert.

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Et, qui dit Colbert, dit nécessairement général de Gaulle.

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Ce marin n’était pas à bord cependant quand le général est venu ici en 1967.

C’est mon lecteur qui m’a appris ce petit fait historique de l’histoire du Québec, et je voulais partager avec vous.

Voici donc cette petite capsule d’histoire. Elle dure 6 minutes, mais ça vaut la peine de se retremper dans l’atmosphère des années 60.

Cette vidéo est prise sur le site des Archives de Radio-Canada. Je mets le texte qui accompagne, car il est révélateur…

Cliquez ici

Vive le Québec libre!

Date de diffusion : 24 juillet 1967

Lorsque le général de Gaulle arrive à Montréal, le 24 juillet 1967, il est au Québec depuis la veille et gagne Montréal en suivant le Chemin du Roy.

Il doit ensuite poursuivre sa visite à Hull et à Ottawa, mais son discours et, surtout, son « Vive le Québec libre! » écourteront son périple.

Il reprend l’avion le 26 juillet, sans avoir rencontré le chef du gouvernement fédéral, Lester B. Pearson.

S’est-il laissé emporter par sa verve ou bien a-t-il sciemment lancé ce cri qui semble entériner le désir d’indépendance des Québécois?

Selon Alain Peyreffite, homme politique gaulliste, la phrase fatidique n’a pas été le fait d’une improvisation, pas plus, ajoute-t-il, que l’appel du 18 juin 1940 incitant les Français à résister à l’occupation allemande.

Il est venu, affirme Peyreffite, à Montréal en 1967 afin d’exhorter les Canadiens français à préserver leur identité française. « L’appel à la liberté, lancé le 24 juillet, n’eut rien de fortuit », avance-t-il.

En lançant son « Vive le Québec libre! », de Gaulle confirme les liens particuliers qu’il tisse depuis le début des années 1960 entre le Québec et la France, en cette période où le nationalisme québécois s’affirme. Ses relations avec le Canada resteront marquées par son voyage de l’été 1967.

Deux annotations du général sont significatives. Sur un télégramme reçu d’Ottawa et daté du 22 décembre 1967, de Gaulle écrit en marge : « Il faut soutenir le Québec. » Sur un autre télégramme, daté du 10 avril 1968, il affirme : « Nous n’avons aucune concession, ni même aucune amabilité, à faire à M. Trudeau, qui est l’adversaire de la chose française au Canada. »

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Voici ce que j’ai appris sur le Colbert.

C’est sur ce site.

L’histoire du croiseur Colbert


Le croiseur Colbert à son arrivée dans le port du Havre (1962).

1. De la construction à la grande refonte

Bâtiment de défense anti-aérienne assurant la protection, soit d’une force aéronavale, soit des communications maritimes face à la menace aérienne envisageable pour les années 60, le croiseur Colbert fut inscrit au budget de 1953.

Mis en chantier à l’arsenal de Brest le 17 mai 1954, il y fut lancé le 24 mars 1956. Après les essais et mises au point ainsi que la traditionnelle croisière d’endurance, il fut admis au service actif le 5 mai 1959:

A l’époque de sa mise en service le croiseur antiaérien Colbert est armé de 8 tourelles doubles de 127 mm et 10 affûts doubles de 57 mm antiaérien. Son effectif comprend 70 officiers, 159 officiers mariniers et 748 quartiers-maîtres et matelots.

Bâtiment amiral de l’escadre de la Méditerranée début novembre 1959, le Colbert à toutes les activités habituelles de l’escadre. Il assure également des missions particulières : fin avril 1961 il ramène les cendres du maréchal Lyautey de Casablanca à Toulon. Le 29 septembre 1964 le général de Gaulle prend passage à bord à Arica (Chili) pour un voyage en Amérique latine.

Le 15 juillet 1967, le chef de l’Etat et son épouse embarque à nouveau à Brest. Le croiseur appareille et arrive à Québec le 23 juillet suivant. Le 24 le général prononçant son fameux « Vive le Québec libre » interrompt prématurément son séjour à bord, mais le bâtiment poursuit son programme en faisant escale à Montréal jusqu’au 30 juillet.


Arrivée dans le port de Tarente, Italie (1968 – auteur inconnu)

2. De la grande refonte au désarmement

Compte tenu des progrès rapides des performances des avions et de leurs armes, le Colbert, étant donné sa date de conception, se retrouve dix ans après son lancement, obsolète en considération de son armement. La coque et les appareils propulsifs n’ayant rien perdu de leur valeur, une modernisation complète des armes et équipements est décidée en 1969.

Les travaux débutèrent en avril 1970 après un débat houleux entre le chef d’état-major de la marine et le ministre de la défense nationale de l’époque. Ce dernier l’emporta bien évidemment et, pour des raisons budgétaires, la refonte fut moins complète que prévue. Ainsi les six tourelles de 100 mm qui devaient constituer l’artillerie principale furent réduite à deux. La mise en place de six rampes de lancement de missiles MM 38 Exocet fut reportée et l’installation d’un sonar de coque à dôme hissable fut abandonnée. La modernisation fut également moins poussée pour ce qui concerne la détection, la guerre électronique et l’habitabilité.

Réadmis au service actif en juillet 1973, le Colbert dispose d’un nouvel armement comprend :

– deux canons de 100 mm antiaérien en tourelles simples,
– six affûts doubles de 57 mm antiaérien (reliquat de l’armement d’origine),
– un système lance-missiles Masurca avec rampe double de lancement.

Le croiseur lance-missiles Colbert a désormais un effectif de 25 officiers, 208 officiers mariniers et 329 quartiers-maîtres et matelots.

En 1980, le bâtiment est équipé de quatre missiles MM 38 Exocet qui prennent place sur un emplacement resté disponible sur le roof avant. Enfin en 1982, le Colbert est le premier bâtiment de la marine nationale à être doté du système de transmissions par satellite Syracuse : sa silhouette s’enrichi de deux radômes de 2,50 mètres de diamètre disposés sur l’arrière de la passerelle.


Au mouillage à Monaco (juin 1986).

Après sa réadmission au service actif, le CLM Colbert devient le bâtiment amiral de l’escadre de l’Atlantique. La vie en escadre reprend donc, semblable à celle vécue en Méditerranée. Fin 1976, après une participation aux célébrations du bicentenaire de l’indépendance des Etats-Unis et conformément au plan de redéploiement des forces navales dicté par la montée des crises sur le théâtre méditerranéen, le Colbert repart pour Toulon.

Après une période d’activités diverses, le 6 août 1988, le croiseur appareille pour une mission de quatre mois qui le conduira en Australie pour représenter la France aux festivités du bicentenaire de ce pays. Le 16 mai 1990, nouvel appareillage pour une nouvelle mission de représentation dont le but est la reprise des relations avec la marine soviétique. Le bâtiment est à Sébastopol du 22 mai au 26 mai.

Le 13 août 1990 marque le début de l’opération « Salamandre ». Le Colbert repasse le canal de Suez pour une mission opérationnelle de protection du porte-avions Clemenceau qui achemine les hommes et les matériels qui vont constituer l’embryon de la division « Daguet ».

La dernière escale a lieu à Venise du 12 au 19 avril 1991. Le 24 mai 1991, le croiseur Colbert est retiré du service actif.


Arrivée à Brest (4 juin 2006).

3. La fin du Colbert

Le Colbert échappe heureusement à la fin peu glorieuse de la plupart des bâtiments de la marine pour venir s’amarrer à Bordeaux où il est transformé en musée flottant. Il a ouvert au public le 12 juin 1993.

Mais avec le temps, il voit sa fréquentation chuter. De 100 000 visiteurs par an, à ses débuts, à 35 000 visiteurs en 2005. La société qui gère le croiseur-musée ne parvient plus à maintenir l’équilibre financier nécessaire à l’entretien du bâtiment.

En juillet 2006, la fin est proche. Pour le maire de Bordeaux, Hugues Martin, « Le moment est venu de se débarrasser du Colbert ». Pour l’association « Coulons le Colbert », le départ du croiseur sera l’occasion « de faire la fête », assure son président Jean-Bernard Duboscq ! (A lire le communiqué de l’association des amis du Colbert). Constatant les difficultés financières des gestionnaires du bâtiment musée, la ville de Bordeaux demande au ministère de la défense le départ du Colbert. le ministre y répond favorablement le 14 septembre 2006.

Le 31 mai 2007, l’ex croiseur lance-missiles Colbert quitte la ville de Bordeaux. Remorqué par l’Argonaute, le Buffle, le Rari, puis de l’Abeille Bourbon, il rejoint le port militaire de Brest le 4 juin. Il est emmené le 25 juin au cimetière marin de Landévennec, où il stationne jusqu’à sa démolition prévue vers 2010.

La coque de l’ex croiseur Colbert quitte le port militaire de Brest pour rejoindre le cimetière de bateaux de Landévennec (25 juin 2007).



En reprise – HMCS Athabaskan, 29 avril 1944 – Prologue

Note

Écrit en 2009, suite à la rencontre avec le petit Pierre.

Pierre, Jacques et Jean

Voici l’histoire du naufrage de l’Athabaskan.

L’oncle de ma femme a été chauffeur à bord du destroyer Athabaskan et travaillait dans la salle des machines.

Le premier navire qui porta le nom d’Athabaskan fut lancé le 8 novembre 1941 et entra en service en 1943.

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Vers la fin d’août 1943, en tant que navire commandant un groupe de destroyers patrouillant dans le golfe de Gascogne, l’Athabaskan fut endommagé par un missile aérien lancé par un des bombardiers allemands qui attaquaient simultanément.

L’Athabaskan retourna au port par ses propres moyens bien qu’une de ses chaudières et deux réservoirs à carburant aient été inondés.

En février 1944, l’Athabaskan, le Huron et l’Haida rejoignirent la 10e flottille de destroyers basée à Plymouth en Angleterre.

Pendant une patrouille dans la Manche dans la nuit du 29 avril, l’Athabaskan et l’Haida rencontrèrent des destroyers ennemis de la classe Elbing.

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Des salves répétés de canons touchèrent les navires ennemis et un des destroyers ennemis s’échoua. Pendant la bataille l’Athabaskan fut torpillé et coula.

Le commandant, dix de ses officiers et 100 hommes d’équipage perdirent la vie; cinq officiers et 80 hommes d’équipage furent faits prisonniers. Un officier et 45 marins furent sauvés par l’Haida et revinrent en Angleterre.

J’ai trouvé le récit de la bataille sur Internet.

Si vous avez des souvenirs de guerre de vos ancêtres que vous souhaitez partager, vous pouvez m’écrire ici…

Je ne suis pas un historien…

J’avais écrit ce billet en juillet dernier. J’avais tardé à le publier, car la colère n’est jamais bonne conseillère. Un historien m’avait écrit pour me demander mon aide.

Je ne suis pas un historien loin de là.

J’écris seulement ce qu’on me raconte. J’ai une formation en enseignement de l’histoire tout au plus. Elle date des années 60. Ma passion pour l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale s’est transformée radicalement au fil des années.

Elle avait été influencée par les films d’Hollywood et la construction de modèles réduits. Il fallait bien commencer par quelque chose en 1958. Puis ma rencontre de l’oncle de ma femme a changé ma vision de la guerre et m’a amené à créer ce blogue, puis une série d’autres tant en langue française qu’en langue anglaise.

Souvenirs de guerre a enfanté 425 Alouette qui est devenu 425 Les Alouettes. Les Alouettes c’est comme ça que les vétérans appelaient l’escadrille 425 Alouette qui était en réalité un escadron.

Compliqué?

Ce n’est pas grave.

Compliqué, c’est de lire mes blogues sur la Deuxième Guerre mondiale. En fait il ne faut pas les lire, mais les découvrir comme l’a fait Sharon Tremblay dont j’ai raconté l’histoire de son beau-père Georges Tremblay sur 425 Les Alouettes. Les découvrir comme Ti-Mick qui a bien voulu collaborer en partageant ses réflexions et ses photos sur le débarquement de Normandie.

Le débarquement, on en a écrit des choses, des vertes et des pas mûres.

Les sanglots longs des violons de l’automne?

Pas tout à fait.

Ce serait les dés sont sur la table qui était le message codé!

Ce n’est pas grave, le débarquement a quand même eu lieu.

Si je vous radote tout ceci, c’est que dans l’histoire de famille de ma conjointe, son autre oncle aurait été blessé sur les plages de Normandie. Il était dans les Fusiliers Mont-Royal. Il ne pouvait avoir été sur les plages, car ce régiment n’y était pas le Jour le plus long.

Je me suis fait avoir!

Ce n’est pas grave, il a été blessé après le débarquement et il est mort en 1964 des séquelles de sa blessure.  

Si je vous radote tout ceci encore c’est qu’on ne sait jamais toute la vérité sur le débarquement. Des vétérans en ont raconté des vertes et des pas mûres sur leur participation. Des livres ont été écrits. On doit se fier à la parole des vétérans ou bien les démasquer. Mais à quoi cela servirait-il à moins bien sûr de relater ces faits d’armes de nouveau sans vérifier les sources.

Bonne réflexion…

Les plages de Normandie

Un texte écrit de la plume d’un lecteur. Il écrit sous le pseudonyme de Ti-Mick.

Pour un Québécois, il y a plusieurs manières de visiter les plages de Normandie.
En allant du sud au nord, ou du nord au sud ? Ou en choisissant selon qu’elles sont de Débarquement états-uniens, anglais ou canadiens ? Ou encore, en procédant au hasard des Commémorations et des événements, lorsque le 6 juin est proche.

Mais toutefois, il n’y a que deux alternatives pour les aborder : celle-là du touriste qui a pour but de faire les plages du Débarquement parce qu’elles sont sur son itinéraire ou bien celle autre, d’une personne qui a le sens du sacré. Mais alors, c’est d’abord le temps qui prend une toute autre valeur.

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A chaque fois que je me retrouve sur une de ces plages, celles-ci incluant celle de Dieppe, je suis visité par l’arrivée toute en douceur de milliers de jeunes hommes dans la vingtaine qui émergent de la Manche.

En tenues de combat, ils marchent lentement vers le dur en sortant peu à peu et tout naturellement d’une eau calme. Exactement comme si rien ne pouvait perturber leur avancée.

Armes en bandoulières, lentement ils progressent vers une foule de plus en plus imposantes d’hommes âgées qui ne sont plus en armes depuis longtemps, leur nombre s’accompagnant de plusieurs femmes du même âge qui se trouvent dispersées au travers.

Mais le plus étonnant de tout cela n’est pas pour moi cette vision. Le plus étonnant, c’est qu’au fur et à mesure que rencontrent ces jeunes qui sortent des flots et ces anciens qui les accueillent, comme par évanescence, ils disparaissent ensemble lorsqu’ils se rejoignent et se sourient.

A chaque fois que je me trouve sur l’une de ces plages de sable ou de galet, c’est la même scène qui me revient.

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Et alors, deux questions m’angoissent.

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Lorsque seront morts tous ceux qui, jeunes, ont survécu aux jours sombres de cette guerre, continueront-ils à venir sur ces plages le 6 juin de chaque année, pour accueillir symboliquement leurs jeunes frères en liberté qui eux, n’auront pas connu l’outrage de vieillir ?

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Parce que s’ils ne le font plus, comment alors continuerons-nous de croire que nous le ferons encore nous-mêmes ?

Blessent mon coeur d’une langueur monotone… – 7 juin 2014

Note

J’avais écrit sur ce blogue une série de billets sur les frères Rousseau de Montmagny.

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Ce qui suit a été écrit en  2010, et commémore le souvenir de Philippe Rousseau.

Je voulais l’éditer, car il comportait quelques erreurs.

C’était avant le commentaire de Marie Madeleine qui a découvert un des billets sur Philippe Rousseau.

Elle m’a laissé ce commentaire des plus touchants…

Bonjour je suis très touchée par vos récits je suis originaire de Douville en Auge et ma mère bientôt âgée de 81 ans était à Douville aussi avec sa famille. Elle se rappelle bien de ce qui s’est passé au moment du 6 juin 1944 avec les Canadiens. C’était non loin de Gonneville-sur-Mer et Grangues. C’était au lieu dit la maison blanche sur la commune de Douville en Auge, d’ailleurs aujourd’hui 7 juin 2014 je vais me rendre à Gonnevile-sur-Mer déposer des fleurs devant la plaque de ces soldats à qui nous devons la liberté. Je suis âgée de 38 ans et avant c’était mon père qui déposait des fleurs. Il est décédé l’année dernière. Donc à moi sa fille de faire un geste pour ces soldats.

Voici donc en rappel ce qui devait être mon dernier article sur Philippe Rousseau.

Début

Dernier article sur le lieutenant Philippe Rousseau, héros inconnu ou méconnu, je ne sais plus trop…

« Blessent mon coeur d’une langueur monotone… »

C’est le signal qui annonçait à la Résistance l’imminence du débarquement de Normandie…

On s’était quitté comme ceci lundi dernier…

Alors que ses hommes tentaient aussi bien que mal de se regrouper, le lieutenant Rousseau menait à bien la mission secrète qui lui avait été confiée, tout comme à deux autres hommes, l’ordonnance James George Broadfoot et le Caporal Boyd Anderson.

Le caporal Anderson explique ainsi leur mission :

[Traduction]

Le lieutenant Rousseau nous expliqua que la ville de Dozulé se trouvait à environ une dizaine de milles de notre zone de parachutage. Nos services de renseignements ne savaient que très peu de choses de cette commune. Elle était située sur une route principale menant vers la ville de Caen. Le nom du maire de Dozulé s’appelait aussi Rousseau, le même que mon officier. On pensait que le maire était sympathique à notre cause.

Le plan consistait à ce que le lieutenant Rousseau, l’ordonnance Broadfoot, et moi-même nous nous rejoignions le plus rapidement possible dans la zone de parachutage. Nous devions éviter tout combat et nous rendre immédiatement par quelque moyen que ce soit à Dozulé pour trouver le maire Rousseau. Par la suite, nous devions lui parler dans l’espoir de gagner sa confiance afin de savoir la position des troupes allemandes dans la région.

Le lieutenant Rousseau était très enthousiasmé à l’idée de cette mission, tout comme moi d’ailleurs, tout heureux d’avoir été choisi pour cette mission tâche dangereuse mais inhabituelle. Comme le lieutenant Rousseau, j’étais motivé pour la mener à bien. Ce que je ne savais pas par contre, c’est que lors de la première journée, le lieutenant serait tué aux premières lueurs du jour et que Broadfoot giserait mort dans le fossé l’après-midi suivant à quelques pieds derrière la haie où je me trouverais.

(Boys of the Cloud)


Ayant sauté en dernier de l’avion, le lieutenant Rousseau ne trouva que quatre de ses hommes, et il n’arriva à retrouver ni le soldat Broadfoot, ni le caporal Anderson. Il se dirigea immédiatement vers la maison la plus proche pour prendre des repères, et il s’aperçut en parlant avec ses habitants qu’il avait été parachuté à plus de vingt kilomètres à l’est de son objectif.

Cela ne le démina pourtant pas puisqu’il avait été parachuté plus près de son objectif que prévu. Le lieutenant pris alors immédiatement la direction de Dozulé pour remplir sa mission accompagné des soldats rencontrés.

Deux heures plus tard, les cinq hommes furent pris dans un feu croisé avec des soldats allemands et le lieutenant Rousseau et le soldat Oxtoby périrent sur le coup.

« Il est très possible que si le lieutenant Rousseau avait pris sa place dans le rang comme l’aurait fait tout autre officier, il n’eut pas été tué, mais comme d’habitude, il prenait soin de ses hommes avant tout et marchait à la tête de la petite troupe » raconte le soldat Irwin Willsey.

Les balles atteignirent les grenades à phosphore que portait le lieutenant Rousseau à sa ceinture et celles-ci s’enflammèrent.

Toutefois, les opinions divergent à savoir s’ils périrent des brulures ou des tirs ennemis. Deux des soldats les accompagnant réussirent à s’en tirer indemnes, alors que le troisième fut blessé et fait prisonnier peu après.

« Le lieutenant Rousseau était, je le répète un vrai soldat, un homme d’honneur, discipliné et je suis convaincu qu’il fit le maximum pour mener à bien sa mission sur Dozulé. S’il n’avait pas eu cet ordre, il serait resté dans les parages dans le but de retrouver le reste du groupe. »

Caporal Anderson (Gonneville-sur-Mer 1939-1944)

D’après mes recherches, il n’est donc pas certain si le lieutenant Rousseau a réussi à accomplir sa mission.

Comment le caporal Broadfoot l’a-t-il su ?



Selon le caporal Anderson, Philippe Rousseau serait mort le 6 juin, mais il n’était plus avec lui, car ils avaient été séparés lors du parachutage.

J’ai poursuivi mes recherches et j’ai trouvé un site Internet.

C’est celui de la commune de Dozulé en France, et une de leurs sections est dévouée à Dozulé et la guerre.

J’y ai trouvé cette page…


J’ai écrit deux fois à la mairie, mais je n’ai pas encore eu de réponse.

Je cherche aussi en entrer en contact avec la jeune guide pour valider toute l’histoire de la mort de Philippe Rousseau. De qui tient-elle toutes ses informations ?

Je n’ai pas encore eu de réponse.

Fin du billet…

À suivre?