En reprise – HMCS Athabaskan, 29 avril 1944 – Prologue

Note

Écrit en 2009, suite à la rencontre avec le petit Pierre.

Pierre, Jacques et Jean

Voici l’histoire du naufrage de l’Athabaskan.

L’oncle de ma femme a été chauffeur à bord du destroyer Athabaskan et travaillait dans la salle des machines.

Le premier navire qui porta le nom d’Athabaskan fut lancé le 8 novembre 1941 et entra en service en 1943.

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Vers la fin d’août 1943, en tant que navire commandant un groupe de destroyers patrouillant dans le golfe de Gascogne, l’Athabaskan fut endommagé par un missile aérien lancé par un des bombardiers allemands qui attaquaient simultanément.

L’Athabaskan retourna au port par ses propres moyens bien qu’une de ses chaudières et deux réservoirs à carburant aient été inondés.

En février 1944, l’Athabaskan, le Huron et l’Haida rejoignirent la 10e flottille de destroyers basée à Plymouth en Angleterre.

Pendant une patrouille dans la Manche dans la nuit du 29 avril, l’Athabaskan et l’Haida rencontrèrent des destroyers ennemis de la classe Elbing.

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Des salves répétés de canons touchèrent les navires ennemis et un des destroyers ennemis s’échoua. Pendant la bataille l’Athabaskan fut torpillé et coula.

Le commandant, dix de ses officiers et 100 hommes d’équipage perdirent la vie; cinq officiers et 80 hommes d’équipage furent faits prisonniers. Un officier et 45 marins furent sauvés par l’Haida et revinrent en Angleterre.

J’ai trouvé le récit de la bataille sur Internet.

Si vous avez des souvenirs de guerre de vos ancêtres que vous souhaitez partager, vous pouvez m’écrire ici…

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Matelot de 2e classe Lionel Sénécal, 29 avril 1944

J’avais écrit le début de cet article le 10 septembre 2009

Je viens de recevoir un courriel d’un membre de la famille.

Je suis en attente de la permission de mettre les photos que cette personne m’a envoyées.

Lionel est mort à 19 ans pour libérer la France et l’Europe.

À la mémoire du
matelot de 2e classe
JEAN GEORGE LIONEL  SENECAL

décédé(e) le 29 avril 1944

Service militaire :

Numéro matricule : V/15272
Âge : 19
Force : Marine
Unité : Réserve des volontaires de la Marine royale canadienne
Division : H.M.C.S. Athabaskan

Renseignements supplémentaires :

Fils de Albert J. Senecal et Amelia Senecal, de St. Vincent-de-Paul, Laval Co., Province de Québec, Canada.

Informations sur le lieu d’inhumation :

Cimetière :
PLOUESCAT COMMUNAL CEMETERY
Finistere, France

Informations sur la sépulture : Row A. Grave 4.

Cliquez pour agrandir l’image

Le naufrage du Charybdis, deuxième partie

La déception est grande chez ceux qui espéraient profiter de cette nuit au mouillage pour pouvoir descendre à terre car ce soir toutes les permissions seront annulées et dans quelques heu­res, le croiseur aura repris la mer. Pour quelle destination ? L’équipage n’en sait encore rien, mais quelques uns toujours bien informés parlent déjà d’une intervention en Manche et la nouvelle se propage très vite dans tout le bord.

HMS Charybdis

HMS Charybdis

Placer le navire en état d’appareillage, cela signifie pour les hommes du pont non de quart, disposer sous les ordres du bosco, un maximum d’espars de bois sur les roufs. C’est là une vieille habitude qu’avait prise le Commander Whitfield alors qu’il était le second de Voelcker et qui, bien qu’il ait quitté le navire depuis quelque temps, a été conservée. Malgré leur lassitude, les hommes effectuent de bonne grâce et dans la bonne humeur cette opération dont ils n’ignorent pas qu’elle est avant tout destinée en cas de naufrage à sauver un maximum de vies. Et puis, comme partout, il y a le comique de service, celui qui en toutes circonstances sait trouver le mot qui fera rire. Le matelot Johnson est l’un de ceux-là.

– Hé bosco, voila votre espar !

Ernest Pryke, le bosco que vient d’interpeller le matelot se retourne et voit au milieu de l’hilarité générale, ce farceur de Johnson déposer cérémonieusement un bois d’allumette sur le bord du rouf. D’autres encore, inscrivent en riant leur nom sur ces espars qui le plus souvent sont de grandes planches.

– Celui-là m’est réservé ! Vous voudrez bien me faire la poli­tesse de me demander la permission avant de l’utiliser !

De plaisanterie en plaisanterie, le temps passe et voici bientôt le croiseur prêt à prendre la mer. Silencieux dans son coin, le quartier-maître John Howard ne semble pourtant pas apprécier la gaieté de ses camarades. Kenneth Taylor, un mate­lot qui le connaît bien s’avance vers lui.

– Eh bien Johnny ! Tu en fais une tête ! Une peine de coeur, je parie !

– Oh non, même pas ! Rien qu’un coup de cafard ! Je ne sais pas pourquoi, mais cet appareillage ne me dit rien qui vaille. J’ai comme un pressentiment…

– Allons, c’est ridicule ! On en a déjà vu bien d’autres, non ? Tiens, souviens toi, les convois de Malte. Et les débarquements en Italie. C’était tout de même autre chose de plus risqué que ce que nous faisons depuis le retour en Angleterre ! Allez, t’en fais pas, tout ira bien !

Pas convaincu, Howard tourne le dos à son ami et poursuit son travail en silence.

T 23, Brest, 18 heures.

– L’équipage aux postes de manoeuvre !

T 23

T23

En quelques minutes, une équipe de marins rejoint la plage avant où se trouve déjà un officier qui attend les ordres de la passerelle.

 » A virer ! »

Dans un raclement sourd, la chaîne remonte lentement dans l’écubier, rincée par un jet d’eau douce et surveillée par le maître de manoeuvre penché au-dessus des filières.

– A pic !

Friedrich Paul n’attendait que cette information pour donner ses ordres à la machine.

Paul

Kplt Friedrich Paul

– Les deux bords en avant demi !

Dans la salle des machines du torpilleur, une sonnerie re­tentit tandis que l’aiguille du transmetteur d’ordres s’immobilise sur « Halbe« . Un long frémissement parcourt le T 23 qui arbore en tête de mât le guidon de Chef de Flottille tandis qu’à l’ar­rière, l’eau brassée par les deux puissantes hélices se met à bouillonner comme le torpilleur commence à prendre de la vi­tesse. Dans son sillage viennent se placer le T 26 du Kapitän­leutnant Quedenfeld, puis le T 27, Kapitänleutnant Verlohr, Hans Blöse et son T 22 et enfin, le T 25 de Wirich von Gartzen.

Un quart d’heure plus tard, alors que les maisons de Brest s’estompent dans les dernières lueurs du couchant, la flottille sort de la rade et met le cap à vingt noeuds vers la haute mer. Le sort en est jeté !  Les adversaires de l’un des combats les plus meurtriers qu’allait connaître la Manche sont désormais en route l’un vers l’autre. Le vent est faible, la mer peu agitée et la visibilité bonne.

La bataille de l’Île Vierge… 6e épisode

En grondant, les deux canadiens virent très court. L’Al­lemand a disparu derrière ses fumigènes. Cette rencontre aussi soudaine qu’inattendue laisse pantois les équipages de part et d’autre. Les uns comme les autres pensaient bien avoir affaire à l’un des leurs!

Dès que ses pièces sont à nouveau battantes, Haida ouvre un feu nourri en direction du navire allemand. Privé d’une con­clusion décisive un peu plus tôt, de Wolf espère bien cette fois-ci accrocher un résultat.

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– Transmettez au Tartar: « Suis au contact de l’ennemi. Vous rejoindrai plus tard. »

Mais le Z 32 car c’est de lui qu’il s’agit, a su mettre à profit le temps perdu en virement de bord par les canadiens et en route au sud-ouest, il donne toute sa puissance. Sans perdre un ins­tant, von Berger fait ouvrir le feu sur ses poursuivants et pen­dant une dizaine de minutes, les deux adversaires se canonnent en limite extrême de portée de leurs pièces. Tir bien évidem­ment très imprécis, d’autant que le Z 32 évolue fréquemment pour dérouter le tir canadien. Du temps et beaucoup de muni­tions perdues ! Le premier, Haida cesse le feu. Il est alors 3 heures 17. On ne peut avoir cet insaisissable allemand que par la ruse. Sur sa passerelle, de Wolf explique le plan par lequel il compte bien prendre son adversaire au piège.

– Si j’étais à sa place, affirme de Wolf, ayant laissé suppo­ser que je regagnais Brest, je ferais alors demi-tour pour me rendre à ma destination prévue à l’origine. Si tel est le cas et je crois que c’est bien là ce qu’il va faire, nous n’avons plus qu’à nous placer sur cette route pour l’intercepter. Gouvernez au 70 !

Une nouvelle fois, le silence retombe sur les passerelles des deux Tribals canadiens qui jouent là leur dernier atout. Penché sur la carte, le Commandant calcule soigneusement la route d’interception en tenant compte de tous les facteurs qu’il connaît. L’éclairage blafard de la table à cartes accentue davan­tage les profondes rides que de longues nuits sans sommeil ont creusé sur un visage osseux. A l’extérieur, officiers et marins ont repris la veille et tentent de percer le mur opaque de la nuit tandis que des torrents d’écume courent le long de la coque de Haida lancé à 25 noeuds.

HCMS Haida

HMCS Haida

Mais voici que tout-à-coup, un matelot, puis un autre, puis à son tour un officier, hument l’air.

– Ca pue le mazout, lieutenant !

– Des naufragés dans le gisement 20 !

En effet, à quelques dizaines de mètres, apparaît un groupe pitoyable de survivants qui se débattent dans une eau visqueuse de mazout. Les petites lampes fixées à leurs gilets de sauvetage dansent sur les vagues. A demi nus, les malheureux tentent d’attirer l’attention des canadiens.

« Hilfe ! Hilfe ! A l’aide ! »

Le son strident d’un sifflet déchire la nuit.

Un instant, Jack de Wolf hésite à s’arrêter pour les repê­cher mais la destruction du Z 32 lui parait prioritaire et, la mort dans l’âme, il abandonne ces pauvres diables qui font partie des rescapés du ZH1 à leur triste sort. La dure loi de la guerre prend le pas sur la traditionnelle chevalerie maritime.

Rendu particulièrement excité par le fracas de la canon­nade et la tension du combat, le matelot canonnier Bunker qui lui aussi a aperçu les naufragés sort de la tourelle Y et se pré­cipite le long des filières en proférant des menaces, à leur en­contre semble-t-il. Un second maître tente de le calmer, mais Bunker emporté par son accès de folie saute par dessus bord. Dans quel but ? Nul ne le saura jamais car tout comme les nau­fragés du ZH1, il ne survivra pas. L’homme lorsqu’il est soumis à de rudes épreuves psychologiques, a parfois de bien singu­lières réactions !

Le silence troublé quelques instants par l’évènement est retombé, plus pesant que jamais sur la passerelle de Haida où de Wolf continue de s’interroger. Et s’il s’était trompé sur les intentions de l’adversaire ? Quel dommage ce serait de laisser échapper pareille proie, surtout que ce choix il l’a fait au détri­ment de vies humaines. De toutes façons le sort en est jeté et il n’y a plus à espérer que son raisonnement s’avère juste.

Quatre heures du matin. Le radar enregistre des échos dans le nord. Ce sont les destroyers de la 2e division. Si les calculs de Jack de Wolf sont exacts, le Z 32 ne devrait plus être loin à présent. Mais il faut avant tout le surprendre et si possible tirer le premier car le bougre a de bons canons et il sait s’en servir.

4 heures 22…

– Echo sur tribord avant !

– Bon Dieu, c’est lui ! exulte de Wolf.

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« Alerte ! Artillerie au gisement d’attente 90 ! »

Illuminant violemment le ciel, un éclairant dépote juste au-dessus des canadiens. Le Z 32 a lui aussi repéré son adversaire. Il se trouve entre les alliés et la côte et vient de révéler sa posi­tion avec ce tir d’éclairants.

Faisant feu de toutes ses pièces, l’Allemand vire cap au sud et monte rapidement en allure. Son but est clair : il va se placer sous la protection de l’artillerie côtière à longue portée. Un écran épais de fumigènes se répand dans son sillage. Pour les canadiens, c’est maintenant ou jamais.

– Ouvrez le feu ! Vitesse 30 noeuds !

Labourant la mer de leurs étraves, les deux Tribals par­viennent à concentrer leur feu sur le Z 32 qui réplique spora­diquement et soudainement changeant de cap, vient encore plus a portée des canons adverses. Pour quelle raison ce changement de cap ? On n’en sait trop rien. Peut-être von Berger a-t-il trou­vé des mines devant son étrave.

Une fois encore, le vacarme de l’artillerie roule jusqu’à l’horizon tandis que le ciel s’embrase d’obus éclairants. Le spectacle de ces trois navires se canonnant à grande vitesse est véritablement dantesque.

Peu après, le Z 32 revient en route au sud. Tout autour de lui, les obus continuent à s’abattre mais, malheureusement pour von Berger, la côte de Bretagne est bientôt terriblement proche et il ne lui reste plus beaucoup d’espace pour manoeuvrer.

Z-32

Z 32

4 heures 59. Une nouvelle fois, le Z 32 change de cap et vient se réfugier dans son nuage de fumigènes alors que les ca­nadiens n’ont plus d’obus éclairants. De Wolf en jure de dépit. Cet insaisissable allemand va-t-il lui échapper encore une fois tant sont grands sa maîtrise et son art de l’esquive.

La bataille de l’Île Vierge… 4e épisode

Voici le 4e épisode du récit écrit par Yves Dufeil.

Sur la passerelle du Tartar, le Captain Jones ruisselle des embruns qui l’ont douché lors de plusieurs coups qualifiés de « near miss » et qui l’ont man­qué de peu. Conservant le sang-froid qui le caractérise, il possède une vue assez nette de l’ensemble de la situation. Sans dommages, il vient de croiser le navire de tête de la formation allemande qui n’est autre que son homologue, le Z 32 et aussitôt il décide de revenir bord à bord avec lui afin poursuivre le combat.

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HMS Tartar

– A gauche toute ! Venez au cap inverse !

Obéissant à sa barre, mais emporté par la force centrifuge, le Tartar prend une forte gite sur tribord au cours de ce vire­ment de bord dans lequel l’Ashanti s’engage à son tour. Voici le Z 32 et le ZH1 bord à bord avec les Anglais. Le tir un instant interrompu par l’évolution brutale, reprend de plus belle et cette fois à courte distance.

Soudain, un éclair fulgurant jaillit sur le ZH1. But ! C’est l’Ashanti qui vient d’ouvrir le score en plaçant une salve dans les machines du contre-torpilleurs.

Ashanti

HMS Ashanti

Mais l’avantage ne reste pas longtemps dans le camp anglais car c’est maintenant le Z 32 qui d’une torpille, vient de toucher le Tartar.

Z-32

Z 32

Semblable à un boxeur sonné, le destroyer fait une brutale embardée sur tribord et perd de la vitesse.

Aussitôt, l’Ashanti tout en continuant à tirer sporadi­quement sur les deux Allemands, évolue pour se porter au se­cours de son Chef de Flottille, ce qui laisse quelque répit au Z 32 et lui permet de mettre le plus grand nombre de tours d’hé­lice entre son poursuivant et lui. Pendant ce temps, courant en­core à faible vitesse sur son erre, le ZH1 que l’explosion de cet obus dans sa chaufferie a privé de propulsion, s’offre aux pro­chains coups de l’ennemi.

Destroyer DH1

ZH1

Un répit lui est pourtant accordé, car la torpille qui vient de frapper le Tartar a mis ce dernier K.O. pour quelque temps et Ashanti a fort à faire pour protéger son leader d’une nouvelle attaque. A vrai dire, de part et d’autre, on a besoin après ces folles minutes de reprendre son souffle.

L’avarie est sérieuse sans aucun doute, mais le Tartar n’est pas en danger de mort  tant la vitalité de ce type de destroyers est étonnante. Un paillet d’obstruction bien placé et sous peu, il pourra reprendre le combat. Aussi, laissons pour l’instant l’infortuné ZH1 stoppé et ravagé par l’incendie, le Z 32 qui continue à s’éloigner, persuadé d’avoir le ZH1 dans son sillage, pour rejoindre maintenant les canadiens Haida et Huron aux prises avec les Z 24 et T 24.

z24

Z 24

De leur côté, les Canadiens ont fait du bon travail. Après quelques coups de réglage, les canonniers ont dès le début de l’engagement trouvé la bonne hausse et le tir est à présent d’une précision diabolique. Coup sur coup, deux obus frappent de plein fouet  le Z 24, mettant hors de combat la tourelle avant de 150 mm, tandis que le second explose dans l’abri de navigation. Puis quelques instants plus tard, de nouveaux projectiles font explosion endommageant la cheminée ainsi qu’une soute à ma­zout et détruisant plusieurs affûts de DCA. Deux minutes se sont écoulées depuis le début de l’affrontement. Désemparé, gouvernant à peine, privé de radio et de ses transmissions inté­rieures, voici que le Z 24 est déjà pratiquement réduit à l’état d’épave.

Fortement commotionné, Heinz Birnbacher qui se trouvait sur la passerelle reste quand même lucide. Des incendies font rage sur la plage avant qui avec la passerelle, est la partie ayant encaissé les coups les plus sévères. Dans la lueur infernale du brasier que ses hommes tentent de combattre, il aperçoit des corps inertes que l’on soustrait à grand peine aux flammes. Son navire est définitivement hors de combat et tout sera bientôt perdu s’il ne parvient pas à le soustraire au feu des Canadiens.

– Emission de fumigènes ! Signalez les avaries !

Fort heureusement, malgré les avaries, la machine intacte peut encore propulser le navire à bonne vitesse. Atout capital dans son état et dont on ne se prive pas pour accélérer. Soudain, sur bâbord avant, se profile une ombre. Un navire de guerre !

– A droite toute !

De justesse la collision est évitée et l’ombre identifiée. Ce n’est autre que le ZH1 en avarie de gouvernail et incapable de se diriger. Quelques secondes plus tard, happé par la nuit, le contre-torpilleur a disparu.

La bataille de l’Île Vierge… 3e épisode

Voici l’ordre de bataille que j’ai trouvé sur un site…

Forces britanniques
Capt. B. Jones

10th Flotilla

19th Division
Capt. B. Jones
HMS Tartar (F)—Capt. B. Jones
HMS Ashanti—Lt.Cmdr. J.R. Barnes
HMCS Haida—Cmdr. H.G. DeWolf
HMCS Huron—Lt.Cmdr. Rayner

20th Division
Cmdr. K. Namiesniowski

ORP Blyskawica (F)—Cmdr. K. Namiesniowski
ORP Piorun—Lt.Cmdr. T. Gorazdowski
HMS Eskimo—Lt.Cmdr. E.N. Sinclair
HMS Javelin

Forces allemandes
Capt. Theodor Freiherr von Bechtolsheim

8th Flotilla
Z-32*(F)—Cmdr. Heinrich Gerlach
Z-24—Cmdr. Hainz Birnbacher
ZH-1*—Cmdr. Klaus Barckow
T-24—Lt.Cmdr. Wilhelm Meentzen

*coulé

Sources:
J. Pertek, « Wielkie dni malej floty »,1987
C. Bekker, « Verdammte See », 1971

Le T-24, le destroyer qui aurait coulé l’Athabaskan, est de la bataille avec le Lt.Cmdr. Wilhelm Meentzen.

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Wilhelm Meentzen

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T-24

Le commandant DeWolf et l’Haida sont aussi de la bataille…

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Harry DeWolf

IPOS-3

HMCS Haida

Voici la suite du récit d’Yves Dufeil.

Mais, revenons à bord des navires alliés qui, menés à bonne allure, effectuent un balayage d’est en ouest afin d’inter­cepter la 8-ZF. Les radars n’ont encore rien détecté mais les conditions de propagation ne sont guère propices. Cependant, le Captain Jones, rompu à ce genre de situation flaire que les Allemands ne doivent plus être bien loin désormais. A la mon­tre d’habitacle, il est 1 heure 15 en ce matin du 9 juin. Trois jours après le débarquement, même si une tête de pont parait bien établie en Normandie, la victoire n’est pas encore acquise, de beaucoup s’en faut et ainsi que le pense Jones, il suffit que ces quatre navires allemands parviennent à gagner Cherbourg pour qu’un risque supplémentaire vienne peser sur l’avenir.

Au même moment, von Berger infléchit légèrement la route de la 8-ZF vers le sud, afin de passer malgré tout aussi près que possible de la côte. Soudain, alors que la flottille vient de pren­dre ce nouveau cap, la voix de l’opérateur du S-Gerät le fait sur­sauter.

– Echo de mines droit devant !

Rien à faire de ce côté. Les Alliés ont mouillé de nouvelles mines. Il faut absolument passer plus au large. Von Berger a le désagréable sentiment que le piège est en train de se refermer…

– A toute la flottille ! Par la gauche, venir au cap 85 !

Sur le journal de bord du Z 32, l’officier de quart porte ce nouveau changement de cap en regard de l’heure à laquelle il a été effectué : 1 heure 20.

Z-32

Z 32

En quelques minutes, la 8-ZF est revenue sur sa route ini­tiale tandis que l’attente se poursuit, angoissante dans l’opacité environnante. Sur l’aileron bâbord, la veille a été renforcée car c’est sans doute de ce côté là que surgiront les navires ennemis. D’ailleurs, depuis quelques instants, un matelot scrute fixement un point précis de l’horizon. Il est alors 1 heure 23.

– Navires ennemis sur bâbord avant !

En effet, dans les jumelles de nuit, on peut maintenant distinguer la flottille ennemie. A première vue, on peut compter cinq ou six navires. Croiseurs ? Destroyers ? Difficile à dire mais cela ne fait plus aucun doute, les Allemands sont au contact de la force d’interception.

– A toute la flottille : vitesse maximum ! Navires ennemis au gisement 340 ! Tir de quatre torpilles en gerbe ! ordonne von Berger par UK. Venir en route au Nord !

L’ordre est promptement exécuté à bord des navires de la 8-ZF et se traduit sur le Z 32 par quatre sifflements d’air chassé sous haute pression, accompagnés de quatre « ploufs » sonores. Dans ces instants de tension extrême, tous les bruits prennent une résonance particulière.

Du côté allié, on ne reste pas inactif non plus car, depuis 1 heure 18, le contact radar a été obtenu par Haida qui en a aussi­tôt avisé Tartar son leader. Froidement calculateur, Jones at­tend l’ultime seconde pour se découvrir en ouvrant le feu, per­suadé qu’il est que la détection allemande est bien inférieure à la sienne. Mais à présent cet instant est très proche ; il est même imminent.

– Sillages de torpilles sur bâbord avant !

– Exécution Tartar et Ashanti ! A gauche toute ! Tir d’éclairants ! Feu à vue !

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HMS Tartar

Good Jesus ! il s’en est fallu de peu !

En moins de temps qu’il n’en a fallu pour le dire, le bosco du Tartar pressentant l’urgence de la manoeuvre a mis sa barre toute à gauche. Dans ces quelques instants que dure l’évolution et au cours de laquelle les Anglais offrent leur flanc aux tor­pilles, chaque seconde semble durer une éternité.

Mais, une chance insolente sert les Britanniques qui, en­cadrés par les torpilles, n’en encaissent aucune. Le combat a maintenant pris un nouvel aspect et ne laisse plus aux exécu­tants, de quelque bord qu’ils soient, un seul instant pour réflé­chir. Il faut agir vite, mécaniquement, par réflexe. Dans un fra­cas de tonnerre, les premiers coups de 120 viennent de partir et de longues flammes orangées sortent des tubes des tourelles A et B. Malheureusement, le plafond est bas et les obus éclairants dépotant bien au-dessus de la base des nuages ne sont vraiment efficaces que durant les dernières secondes de leur chute. C’est peu, mais suffisant néanmoins pour les canonniers de part et d’autre, d’autant que la lueur de départ des salves illumine celui qui tire. Un véritable duel d’artillerie s’engage entre la 8-ZF et les des­troyers Tartar et Ashanti bientôt rejoints par les autres. Les coups sont imprécis, mais certaines gerbes inondent les passe­relles, d’un côté comme de l’autre. Ce sont huit monstres de feu et d’acier qui se ruent les uns vers les autres, crachant la mort par toutes leurs pièces battantes. Dans un instant, les adversai­res lancés à plus de trente noeuds vont défiler à contre bord et là, les coups pourraient bien porter.

HMS Ashanti

HMS Ashanti

Pourtant, ni de part ni d’autre, les équipages grisés par le vacarme, l’odeur âcre de la cordite et les coups manqués de peu ne songent un instant au coup fatal tant ils sont absorbés par leurs tâches respectives. Surtout dans les tourelles où la ca­dence de tir est infernale, les servant ruissellent sans savoir si c’est l’effet de la chaleur ou de l’excitation qui masque la peur car en pareils instants, alors que la seconde que vous vivez est peut-être la dernière, personne n’a le temps d’analyser ses sen­timents.

Herm Sulkers et Frank Sampson

J’avais trouvé ce site au tout début de mes recherches sur l’Athabaskan…

Cette personne parle d’Herm Sulkers…

Je vous traduis ce qu’elle raconte.


Il y a de ça quelques années, ma famille n’avait que peu de détails sur ce qui était arrivé à mon grand-oncle Frank lors du naufrage du HMCS Athabaskan, le 29 avril 1944. Jusqu’en 2000, ma famille était sous l’impression qu’il n’existait pas d’informations sur le sort de mon grand-oncle, et que son corps n’avait jamais été retrouvé.

C’est avec un grand étonnement que beaucoup de nouvelles informations ont surgi en regardant un documentaire intitulé The Unlucky Lady, The Life And Death Of HMCS Athabaskan. Le documentaire était diffusé sur History Television au Canada. Ayant perdu un membre de ma famille à bord de l’Athabaskan, j’ai toujours été intéressé par l’histoire de ce qu’il lui était arrivé. Et c’est avec un grand intérêt je me suis assis pour regarder ce documentaire un soir.

Rendu au beau milieu du documentaire, un ancien marin, Herm Sulkers, a commencé à décrire un incident survenu après le naufrage du navire. Il raconte qu’il avait essayé à trois reprises de sauver un marin, Frank « Sammy » Sampson.

Inutile de dire j’étais complètement abasourdi, ému et tout excité tout en même temps. J’avais sous les yeux quelqu’un que je ne connaissais pas qui décrivait ses efforts héroïques pour sauver la vie de mon grand-oncle. J’essayerais bien ici de répéter son histoire, mais l’angoisse qu’on pouvait lire sur le visage de cet homme qui avait assisté à la mort de mon grand-oncle ne peut qu’être regardé dans ce documentaire. Je vous suggère fortement de visionner ce document.

Il est difficile de croire ce que tous ces hommes ont enduré.

En raison de ses efforts, Herm Sulkers est devenu un de mes héros. Non seulement pour avoir tenté de sauver mon grand-oncle, mais aussi pour l’angoisse subie toutes ces années. Je considère aussi tout l’équipage comme mes héros personnels pour leur sacrifice.

Vous pouvez visiter le site du petit-neveu de Frank Sampson. Il a mis des photos de son grand-oncle.

Frank Sampson

À la mémoire du
matelot de 2e classe
FRANCIS LEONARD  SAMPSON

décédé le 29 avril 1944

Service militaire :

Numéro matricule : V/174
Âge : 27
Force : Marine
Unité : Réserve des volontaires de la Marine royale canadienne
Division : H.M.C.S. Athabaskan

Cimetière :
CIMETIÈRE COMMUNAL DE PLOUESCAT

Finistère, France

Informations sur la sépulture : Rangée B. Tombe 21.

Frank Sampson est enterré dans le même cimetière que Louis Ledoux et Syd Cottrell.

Il y a quelques années, ma famille n’avait que peu de détails sur ce qui était arrivé à mon grand oncle Frank, lors du naufrage du HMCS Athabaskan, le 29 avril 1944. Jusqu’en 2000, ma famille était sous l’impression qu’il n’existait pas d’informations au sujet du sort de mon grand oncle et que son corps n’avait jamais été retrouvé.

C’est avec un grand étonnement que beaucoup de nouvelles informations ont vu le jour en regardant un documentaire intitulé The Unlucky Lady, The Life And Death Of HMCS Athabaskan. Le documentaire était sur History Television au Canada. Ayant perdu un membre de famille à bord de l’Athabaskan j’ai toujours été intéressé par l’histoire de ce qu’il lui était arrivé. Et c’est avec intérêt je me suis assis pour regarder ce documentaire un soir.

Rendu au beau milieu du documentaire, un ancien marin, Herm Sulkers, a commencé à décrire un incident survenu après le naufrage du navire. Il avait essayé à trois reprises de sauver un marin, Frank « Sammy » Sampson. Inutile de dire j’étais complètement abasourdi, ému et tout excité en même temps. J’avais sous les yeux quelqu’un que je ne connaissais pas qui décrivait ses efforts héroïques pour sauver la vie de mon grand-oncle. J’essayerais bien de répéter son histoire ici, mais l’angoisse qu’on pouvait lire sur le visage de cet homme qui avait assisté à la mort de mon grand-oncle ne peut qu’être regardé dans ce documentaire. Je vous le suggère fortement. Il est difficile de croire ce que tous ces hommes ont enduré.

En raison de ses efforts Herm Sulkers est devenu un de mes héros. Non seulement pour avoir tenté de sauver mon grand-oncle, mais aussi pour l’angoisse il a subi toutes ces années. Je considère aussi tout l’équipage comme mes héros personnels pour leur sacrifice.

De nouveau j’ai utilisé mon petit talent connu de concevoir et lier une mouche de pêche. Il a été conçu sur le Jour du souvenir, 2006. J’ai estimé que la mouche a été nécessaire pour compléter le jeu d’Appui les mouches de Troupes que j’ai liées pour l’Armée{*les Militaires*}. C’est aussi dans l’honneur de Grand Oncle Frank, Herm Sulkers, l’équipage de l’Athabaskan G07 et tous les vétérans, mais inspiré par les efforts héroïques de l’Athabaskan G07 et son équipage. Essayez de lier celui vous-même. Le modèle peut être trouvé sur mon Saumon des Pages de Mouche Humides.