Profil de courage – Bataille d’Angleterre : le lieutenant-colonel d’aviation Jean-Paul Joseph Desloges

Profil de courage – Bataille d’Angleterre : le lieutenant-colonel d’aviation Jean-Paul Joseph Desloges

Collection Réal St-Amour

Archivé sur Internet

http://www.rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/article-modele-standard.page?doc=profil-de-courage-bataille-d-angleterre-le-lieutenant-colonel-d-aviation-jean-paul-joseph-desloges/icxhjvfv

1er Escadron de l’Aviation royale canadienne

Jean-Paul Joseph Desloges naît à Gatineau (Québec), le 25 avril 1913, mais il passe une grande partie de sa vie de l’autre côté de la rivière, à Ottawa. C’est un athlète doué, et il donne l’impression d’être né avec des patins aux pieds. Sa passion pour le hockey l’amène à poursuivre ses études à l’Université d’Ottawa, car cela lui permet de jouer dans la ligue universitaire. Une fois son diplôme obtenu, il entreprend une carrière dans la Gendarmerie royale du Canada (au sein de laquelle il joue au hockey), mais comme bon nombre de ses contemporains, il est attiré par l’envoûtant monde de l’aviation. En octobre 1937, par conséquent, à l’âge vénérable de 24 ans, il s’enrôle dans l’Aviation royale du Canada (ARC) à titre de sous-lieutenant d’aviation stagiaire.

Il termine son entraînement avec succès à Borden et à Trenton (Ontario) et il reçoit son brevet de pilote en novembre 1938. Pendant les quelque 18 mois suivants, Desloges vole chaque fois qu’il en a l’occasion, mais en mai 1940, il se retrouve au sein d’un 1er Escadron (de chasse) renforcé (il avait absorbé le personnel du 115e Escadron), à Dartmouth (Nouvelle‑Écosse). Il ne demeurera que peu de temps dans les Maritimes, car il s’embarquera le 8 juin 1940 avec ses camarades d’escadron à bord du paquebot à vapeur Duchess of Atholl en partance pour l’Angleterre.

Sous le commandement du commandant d’aviation E.A. McNab, Desloges et le reste des Canadiens s’entraînent avec ardeur pour se préparer à affronter les pilotes beaucoup plus expérimentés de la Luftwaffe. Déclaré prêt aux opérations le 17 août, le 1er Escadron (ARC) [ainsi désigné pour qu’on ne le confonde pas avec le 1er Escadron de la Royal Air Force (RAF)] est transféré à un aérodrome à Northolt, à la périphérie ouest de la région métropolitaine de Londres. Les Canadiens ont alors hâte d’aller au combat.

La bataille d’Angleterre fait alors rage depuis plus d’un mois, et les avions allemands font presque tous les jours des incursions dans le ciel de l’Angleterre. Pendant ce stade de la bataille, l’ennemi attaque les aérodromes de la RAF avec beaucoup de succès. Les Canadiens sont dépêchés à plusieurs reprises pour aller intercepter les appareils ennemis, mais ils ne réussissent pas à s’en rapprocher. On peut facilement imaginer l’impatience mêlée de nervosité qui anime alors les pilotes, conscients des combats acharnés ayant cours partout autour d’eux. Bien entraînés, les Canadiens veulent faire leur part, mais ils savent aussi que des aviateurs alliés sont tués tous les jours, et cela refroidit leur ardeur. L’adrénaline leur brûle les veines et ils ont les nerfs à vif quand ils décollent de nouveau en catastrophe le 24 août, des appareils ennemis ayant été signalés approchant de l’Angleterre.

Ce jour-là, les combats font découvrir à Desloges et au reste de l’escadron les tragiques réalités de la guerre. Alors qu’ils sont en patrouille à 10 000 pieds à la verticale de l’aérodrome de Tangmere, les Canadiens repèrent plus bas trois avions bimoteurs qui se dirigent vers Portsmouth, objectif d’un grand raid allemand. Les Canadiens, répartis en deux sections, amorcent leur piqué pour attaquer. McNab constate que les avions « allemands » sont en fait des bombardiers Blenheim de la RAF, de sorte que sa section interrompt aussitôt son attaque, avant d’ouvrir le feu, mais les autres Hurricane poursuivent la leur. Les lieutenants d’aviation A.D. Nesbitt, A. Yuile et W.P. Sprenger déclareront avoir endommagé un Junkers 88 et les capitaines d’aviation G.R. McGregor et Desloges diront en avoir abattu un autre. Après avoir atterri, leur exultation se transforme très vite en consternation quand ils apprennent qu’ils ont en fait descendu deux avions de la RAF, dont l’un s’est écrasé en mer en entraînant dans la mort les trois membres d’équipage. McNab traduira les sentiments de Desloges et du reste de l’unité quand il décrira la tragédie comme ayant été « le pire moment de ma vie ».

L’intensité grandissante des attaques allemandes prive tout le monde d’une longue période de réflexion sur cette erreur tragique, car le 1er Escadron (ARC), basé désormais à North Weald, est jeté au cœur de la mêlée. Pendant sa deuxième patrouille, le 26 août, l’escadron prend à partie un groupe de bombardiers allemands Dornier 215. Les chasseurs d’escorte ennemis ayant été attirés au loin par un autre escadron de la RAF, les Canadiens foncent sur les avions de la Luftwaffe laissés seuls. Très vite, trois appareils ennemis sont détruits et quatre autres sont endommagés, mais les pertes ne sont pas unilatérales : en effet, des tirs défensifs précis atteignent trois Hurricane canadiens et causent ainsi la mort d’un des pilotes, le lieutenant d’aviation R.L. Edwards. L’avion de Desloges est lourdement endommagé, mais ce dernier réussit à se poser en catastrophe; il s’en tire indemne mais désormais très conscient des ressources mordantes des bombardiers allemands.

Cinq jours plus tard, le 31 août 1940, la bataille d’Angleterre prend abruptement fin pour lui, pendant que l’escadron livre son deuxième combat de la journée. Le premier affrontement a été nettement au désavantage des Canadiens : en effet, des chasseurs allemands les ont durement malmenés en abattant trois des leurs. Fort heureusement, les pilotes s’en tirent, mais sont blessés. Au début de la soirée, Desloges et le reste des pilotes canadiens prennent part, au‑dessus de Douvres, à l’interception d’un groupe nombreux de bombardiers allemands escortés par des chasseurs qui refusent de se laisser entraîner au loin. Dans la mêlée qui s’ensuit, les Canadiens détruisent ou endommagent plusieurs appareils allemands. Le chasseur de Desloges est le seul à être abattu : un obus ennemi démolit la verrière de l’appareil et arrache au pilote son casque, ses lunettes et son masque à oxygène. Bien qu’étourdi, alors que son avion est en feu, Desloges réussit à s’extirper du cockpit, mais ce faisant, il subit des brûlures graves, surtout aux mains.

Il lui faut des mois pour se remettre de ses blessures. Après un séjour à l’hôpital, en Angleterre, il retourne au Canada pour y terminer sa réadaptation. Desloges survit à la bataille d’Angleterre, mais comme tant d’autres, il ne survivra pas à la guerre. Le 8 mai 1944, le lieutenant‑colonel d’aviation Desloges, qui fait partie d’une délégation canadienne travaillant avec les Français en Afrique, exécute une visite des établissements d’entraînement aérien français quand l’avion à bord duquel il se trouve s’écrase au décollage, à Rabat (Maroc), tuant tous ses occupants. Desloges est enterré au cimetière militaire britannique de Dely Ibrahim, en Algérie.


Autres photos prises sur Internet

 

PL-1000 10-12-1940 MAN IN HOSPITAL BED, F/O DESLOGES

Dans la mêlée qui s’ensuit, les Canadiens détruisent ou endommagent plusieurs appareils allemands. Le chasseur de Desloges est le seul à être abattu : un obus ennemi démolit la verrière de l’appareil et arrache au pilote son casque, ses lunettes et son masque à oxygène. Bien qu’étourdi, alors que son avion est en feu, Desloges réussit à s’extirper du cockpit, mais ce faisant, il subit des brûlures graves, surtout aux mains.

Il lui faut des mois pour se remettre de ses blessures. Après un séjour à l’hôpital, en Angleterre, il retourne au Canada pour y terminer sa réadaptation.

PL-2486
22 January 1941
Portrait Fight Lieutenant J.P.J. Desloges (Later Wing Commander #1 Squadron R.C.A.F.)
PL-3003
10-12-1940
F/O DESLOGES, CLOSE-UP, IN FRONT OF A/C
PL-3245
01-APRIL-1941
FLIGHT LIEUTENANT J.P.J. DESLOGES SPEAKING AT OTTAWA UNIVERSITY
PL-3658
11 JUNE 1941
S/L J.P. DESLOGES EXPLAINS BROWNING MACHINE GUN TO TRAINEES
# 3 A.T.C., MONTREAL, P.Q.

Joseph Desloges

Était-il vraiment sur le destroyer le 29 avril 1944?

Était-il vraiment sur le destroyer le 29 avril 1944?

C’est la question que je me pose depuis le mois de juillet 2009, et que je pose encore sur Souvenirs de guerre depuis le mois d’août 2009.

Était-il vraiment sur le destroyer?

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Cette question, je la pose aussi en anglais depuis septembre 2009 sur la version anglaise de ce blogue…

Lest We Forget


Pierre Bachant est né le 14 janvier 1928. Il est le fils de Lucien Bachant et de Cécile Archambault. Il a 16 ans, 4 mois et 15 jours le 29 avril 1944. Un petit Canadien français parti à la guerre défendre la « Mère Patrie »…

En juillet 2009, lors d’une réunion de famille, il laisse échapper ce souvenir de guerre.

Marin sur l’Athabaskan…

Âgé de 16 ans sur l’Athabaskan?

Il ment sur son âge, las de l’autorité de son père qu’il surnomme encore « le bonhomme ».

Je le laisse parler…

Il s’ouvre pour la première fois sans doute.

Il a 81 ans depuis le 14 janvier 2009. On parle tout bonnement des histoires de famille. Son frère Jean blessé sur les plages de Normandie. Il fait partie des « Fous alliés » de Montréal comme il le se plait à le raconter. 

« Fous alliés » c’était les Fusiliers Mont-Royal dont je savais peu de choses.

Le petit Pierre, 16 ans, 4 mois et 15 jours est dans la salle des machines en train d’écrire une lettre à sa famille. 

Puis…

KABOUM!

Depuis le 29 avril 1944 il n’a jamais plus oublié ce souvenir de guerre.

La caméra  de Gérard  

C’est avec cette caméra que le sergent de section Gérard Pelletier a documenté ses souvenirs de guerre. 

200 photos et plusieurs lettres pour faire revivre un jour ses souvenirs et son passé.


Il s’était fait photographier avec ce pilote. Je voulais en savoir plus sur William  Moncur. Il n’était  pas finalement un pilote français mais écossais. Ce serait long à tout vous expliquer. Je le ferai plutôt sur le blogue dédié à Gérard au fil de mes recherches sur les gens que l’on voit sur les photos de son album.


En hommage au capitaine d’aviation William K. Moncur

Sergent de section Gérard Pelletier et le sergent Bill Moncur

Si  je connais presque tout maintenant du sergent de section Gérard Pelletier grâce à sa nièce qui a numérisé entièrement l’album de son oncle, je volais en plein brouillard pour trouver sur Internet des informations sur Bill Moncur que l’on voit sur des photos.

aviateurs du 624 Squadron au dispersal de la base de West Malling

Rien sur un Bill Moncur. Mais avec une longue recherche en utilisant William Moncur j’avais trouvé ceci. Un message laissé sur un forum en 2006.


LISTE DES PILOTES FRANCAIS AYANT PARTICIPE A LA BATAILLE D’ANGLETERRE

(Affectés entre le 9 septembre et le 31 octobre 1940)

– Didier Beghin : affecté au squadron 245 le 15 octobre 1940. Tué le 26 novembre 1944 au-dessus de la Hollande. Compagnon de la Libération.

– Pierre Blaize : squadron 111. Tué en opérations aériennes le 14 avril 1941.

– Yves Brière : affecté au squadron 232 le 14 septembre 1940. Tué en opérations aériennes le 13 mai 1941.

– Henri Bouquillard : affecté au squadron 245 le 12 septembre 1940. Tué en opérations aériennes le 11 mars 1941.
Il fut le premier Compagnon de la Libération des FAFL.

– Maurice Choron : affecté au squadron 64 le 11 octobre 1940. Disparu en opérations aériennes le 10 avril 1942. Trois victoires homologuées et cinq probables. Compagnon de la Libération.

– Jean-François Demozay : squadron 1. Colonel à la fin de la guerre. DSO (Distinguished service order et DFC and bar (Distinguished flying cross). Vingt-deux victoires. Tué en service aérien le 19 décembre 1945. Compagnon de la Libération.

– François Fayolle : affecté au squadron 85 (celui de Peter Townsend) le 12 septembre 1940. Disparu le 19 août 1942 lors du débarquement de Dieppe à la tête du squadron 174. (Compagnon de la Libération. DFC.

– Charles Guérin : affecté au sqadron 232 le 14 septembre 1940. Tué en opérations aériennes le 3 mai 1941.

– François de La bouchère : affecté au squadron 85 le 12 septembre 1940. Disparu en opérations aériennes le 5 septembre 1942. Compagnon de la Libération. DFC.

– Henri Lafont : affecté au ssquadron 245 le 11 septembre 1940. Colonel (ER).

– Xavier de Montbon : affecté au squadron 64 le 16 septembre 1940. Tué en service aérien en 1949.

– René Mouchotte : affecté au squadron 245 le 11 septembre 1940. Disparu en opérations aériennes le 27 août 1943 comme commandant du groupe de chasse « Alsace ». Compagnon de la Libération. DFC.

– Georges Perrin : affecté au squadron 615 le 19 septembre 1940. Capitaine (ER).

– Philippe de Scitivaux : affecté au squadron 245 le 16 octobre 1940. Il commanda le groupe de chasse « I le de France ». Vice-amiral d’escadre en retraite.

– William Moncur (?) : affecté au squadron 65 le 14 octobre 1940.


Il me restait à valider ces informations, et parlait-on du même pilote?

À suivre

En hommage au Sergent de section Gérard Pelletier

En hommage au Sergent de section Gérard Pelletier

Le début de l’hommage à un aviateur disparu le 3 septembre 1942

Les souvenirs de guerre de Gérard Pelletier

À la mémoire du

Sergent de section

Jean Gérard Pellettier

3 septembre 1942

J’ai eu un peu de difficulté à trouver l’oncle de Chantal sur le Mémorial virtuel de guerre du Canada.

Pellettier…

Un « t » de trop. J’ai écrit au site pour leur demander de faire le changement et pour leur envoyer ensuite une photo de Gérard. Des fois les responsables du site ne répondent pas. Probablement trop débordés par les demandes.

Je ne suis pas un proche parent de Gérard, probablement un cousin fort éloigné sur une de mes branches dans mon arbre généalogique. Pourquoi alors écrire sur le sergent de section Gérard Pelletier? 

Pour se souvenir…

Sergent de section Gérard Pelletier

Gérard est disparu le 3 septembre 1942. On n’a jamais retrouvé son corps ni celui de son pilote polonais.

Sowinski… 

Je ne partirai pas à la recherche de son pilote aussi disparu, car j’ai trop de choses…

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