Souvenirs de guerre

Souvenirs  de  guerre

J’en savais  beaucoup  sur la Deuxième  Guerre  mondiale  en juin 2009, mais  pas autant  que  j’en sais maintenant.

Depuis  ma rencontre avec l’oncle  de  ma femme  en juillet  2009, je n’ai pas  cessé d’écrire sur la Deuxième Guerre mondiale en commençant par Souvenirs  de  guerre, puis  sa version  anglaise Lest We  Forget pour mes collaborateurs  et collaboratrices de langue  anglaise.

Ces deux blogues ont fait des « petits » au fil des ans. Assez pour que les gens  se demandent pourquoi j’écris tant.

To forget  is  not  an  option.

Oublier n’est pas une option.

Pas du moins  dans le monde  où  nous  vivons présentement.

Les frères Rousseau, s’ils  avaient  survécu à la guerre, s’interrogeraient sur les sacrifices  de toute  une génération.

famille de Lacasse Rousseau et Gabrielle Fafard

Oublier n’est pas une option.

Article paru dans La Vigile du Québec en août 2012

Et moi qui posait juste une petite question sur mon blogue Souvenirs de guerre…

Dieppe 1942

Mes recherches m’ont guidé vers Soeur Agnès Marie…

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Les 18, 19 et 20 août 2012, dans la ville portuaire de Dieppe et dans les communes se trouvant dans sa proximité atlantique, se déroulaient les cérémonies commémoratives de la dramatique opération alliée « Jubilee ».

Le court texte qui suit est celui d’une personne qui s’y trouvait : Soeur Agnès Marie. En 1942, à peine âgée de 25 ans, elle débutait une exceptionnelle carrière d’infirmière. Toujours aujourd’hui en possession d’une vigueur intellectuelle exceptionnelle, d’un bon sens remarquable et d’une conscience de fraternité hors du commun, elle est sans doute une des personnalités les plus aimées de Normandie. Elle fait partie de la Communauté des Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, celle-ci ayant monastère à quatre kilomètres de Dieppe, lieu duquel plusieurs religieuses partirent un jour de 1637 pour aller fonder, et faire fonctionner, le premier établissement de santé d’Amérique du Nord : l’Hôtel Dieu de Québec.

Ses paroles ne manqueront pas de vous toucher ; je crois. Je vous les adresse à chacune et chacun en vous laissant deviner les silences et les émotions et réactions des quelques Québécois et Acadiens qui ce jour-là, ne se trouvaient pas par hasard en cet endroit sacré.

Voici son allocution publique :

Les années écoulées depuis 70 ans n’effaceront jamais de la mémoire de votre doyenne, le rappel du 19 août 1942.

Des chiffres, des lettres gravées sur les pierres blanches de ce cimetière des Vertus dévoilent la présence d’une jeunesse fauchée avant le temps. Ils sont des centaines à reposer sur cette terre qu’ils ont à peine foulée, tombés à l’assaut de Dieppe le 19 août ou un autre jour de cette guerre si lointaine et pourtant si proche.

La folie meurtrière des hommes n’a pas d’âge. Le temps du souvenir, pas de limite, et quand, 70 ans plus tard, l’heure du recueillement sonne encore, comment ne pas penser, le coeur serré, à ces soldats, venus du Canada ou d’ailleurs, s’échouer sur les plages normandes de la Côte d’Albâtre.

Ils étaient père, époux, frère, jeune ou âgé avant d’être entraînés dans la spirale d’un conflit mondial, bouleversant le cours de leur existence. Auparavant, n’avaient-ils pas goûté au sel de la vie ? Hélas ! Lancés dans un raid hasardeux, ils n’ont pu atteindre leur objectif, mais ils ont conquis l’éternité bienheureuse.

Avant de vous quitter, chers amis, permettez-moi de rendre vivantes les paroles de trois d’entre eux exprimées avant de mourir.

Quand, tard dans la nuit du 20 août, dès deux heures du matin et à quatre heures, deux ambulances avançaient dans la nuit noire, à cause des bombardements, franchissant la grille de l’Hôtel Dieu de Rouen où une antenne chirurgicale était tenue par les Allemands. A l’ouverture des portes de l’ambulance, un grand blessé s’écriait « Oh ! des soeurs comme au Québec ! », un second, « la France, il fallait qu’on l’aime pour tenter pareille aventure » et le troisième « la France, on vous la rendra ! ».

Effectivement, Dieppe a été libéré le 1er septembre 1944 à 10 heures du matin par la 2ème division canadienne sous le commandement du Général Roberts.

Ces grands blessés ont été soignés en toute urgence, mais hélas par des moyens très précaires. Nous devions d’abord les réchauffer, n’étaient-ils pas dépouillés de tous leurs habits à leur arrivée ? A même le sol, sur des brancards de fortune, nous leur donnions les soins nécessaires à leur état. Des malades allongés dans les couloirs attendaient que nous les soulagions au plus vite, il fallait sauver le plus de vies humaines. Tel était l’objectif pour qu’ils regagnent au plus tôt les camps de prisonniers en Allemagne. Nous les encouragions de notre mieux, leur promettant notre indéfectible soutien et nous nous engagions à tenir bien haut le flambeau de la mémoire de ceux qui n’ont pu survivre si nombreux hélas !

Je termine mon propos sur une note d’espérance : Dormez en paix, chers frères d’armes, ces galets sur lesquels vous êtes tombés ont été vos linceuls de pierre, nous les foulons avec respect et le roulement que la mer leur imprime sera toujours là pour nous rappeler de porter votre deuil.

Soeur Agnès Marie.

Le petit Pierre

Le petit Pierre a quitté ce monde le 14 février 2010.

Pierre, Jacques et Jean

Il a apporté avec lui ses souvenirs de guerre.

Il n’est pas le seul à avoir caché ses souvenirs de guerre. Souvent des lecteurs et des lectrices me disent la même chose de leur père, leur oncle ou leur grand-père.

C’est pour eux que j’écris tant depuis.

Si on croit à la réincarnation (je n’y crois pas), j’ai dû m’endormir sur les plages de Dieppe le 19 août 1942.

Scène du débarquement de Dieppe.Année: 1942. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.
Scène du débarquement de Dieppe.Année: 1942. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.

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Pourquoi écrire sur Souvenirs de guerre?

Pourquoi écrire sur Souvenirs de guerre?

Pour partager, histoires, anecdotes et photos. Je vous permets d’utiliser ma plate-forme WordPress et mon « expertise » comme rédacteur.

Après plus de 470 billets publiés sur Souvenirs de guerre, je pense pouvoir m’octroyer le titre de rédacteur en chef.

Vous écrivez et je publierai.

On ne s’enfargera pas dans les fleurs du tapis… sauf si vous cherchez à mousser votre gloire personnelle.

En attendant vous pouvez aller lire Pilote de Spitfire et mon dernier billet sur le cousin de Georges Nadon.

Souvenirs de guerre – Épilogue

Je ne pense pas que ce lecteur avait inventé cette histoire.

Mon père, qui a survécu au naufrage de la corvette Louisbourg en Méditerranée en 1943, n’avait pas de très bons souvenirs de la façon méprisante et injuste dont furent traités les marins québécois sur leurs navires et même après la guerre. Ainsi, mon père, blessé à la colonne vertébrale et les poumons affectés par les fumées toxiques de l’incendie de son bateau, ce médaillé canadien-français n’a jamais reçu de pension de vétéran et nous avons vécu dans la pauvreté jusqu’à ce que nous venions vivre à Sept-Îles qui vivait alors un boom de développement industriel et domiciliaire.

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Je ne saurai jamais si l’oncle de ma femme avait inventé l’histoire de l’Athabaskan quand il en avait parlé juste un peu en 2009.

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Avait-il inventé cette histoire parce qu’on avait parlé de son frère Jean blessé en Normandie?

Il persistera toujours un doute.

Par contre, je n’ai aucun doute de ce que j’ai appris depuis 2009 au fil de mes écrits. Des vétérans ont inventé des histoires tirées de leurs souvenirs de guerre, et des gens, sans aller vraiment vérifier leurs dires, s’en sont servi à leurs propres fins… .

Et ils continueront de le faire.

Je vous laisse avec cette conclusion.

Quant à moi, je suis maintenant ailleurs avec Souvenirs de guerre, je suis sur Pilote de Spitfire.

 

Je ne suis pas un historien…

J’avais écrit ce billet en juillet dernier. J’avais tardé à le publier, car la colère n’est jamais bonne conseillère. Un historien m’avait écrit pour me demander mon aide.

Je ne suis pas un historien loin de là.

J’écris seulement ce qu’on me raconte. J’ai une formation en enseignement de l’histoire tout au plus. Elle date des années 60. Ma passion pour l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale s’est transformée radicalement au fil des années.

Elle avait été influencée par les films d’Hollywood et la construction de modèles réduits. Il fallait bien commencer par quelque chose en 1958. Puis ma rencontre de l’oncle de ma femme a changé ma vision de la guerre et m’a amené à créer ce blogue, puis une série d’autres tant en langue française qu’en langue anglaise.

Souvenirs de guerre a enfanté 425 Alouette qui est devenu 425 Les Alouettes. Les Alouettes c’est comme ça que les vétérans appelaient l’escadrille 425 Alouette qui était en réalité un escadron.

Compliqué?

Ce n’est pas grave.

Compliqué, c’est de lire mes blogues sur la Deuxième Guerre mondiale. En fait il ne faut pas les lire, mais les découvrir comme l’a fait Sharon Tremblay dont j’ai raconté l’histoire de son beau-père Georges Tremblay sur 425 Les Alouettes. Les découvrir comme Ti-Mick qui a bien voulu collaborer en partageant ses réflexions et ses photos sur le débarquement de Normandie.

Le débarquement, on en a écrit des choses, des vertes et des pas mûres.

Les sanglots longs des violons de l’automne?

Pas tout à fait.

Ce serait les dés sont sur la table qui était le message codé!

Ce n’est pas grave, le débarquement a quand même eu lieu.

Si je vous radote tout ceci, c’est que dans l’histoire de famille de ma conjointe, son autre oncle aurait été blessé sur les plages de Normandie. Il était dans les Fusiliers Mont-Royal. Il ne pouvait avoir été sur les plages, car ce régiment n’y était pas le Jour le plus long.

Je me suis fait avoir!

Ce n’est pas grave, il a été blessé après le débarquement et il est mort en 1964 des séquelles de sa blessure.  

Si je vous radote tout ceci encore c’est qu’on ne sait jamais toute la vérité sur le débarquement. Des vétérans en ont raconté des vertes et des pas mûres sur leur participation. Des livres ont été écrits. On doit se fier à la parole des vétérans ou bien les démasquer. Mais à quoi cela servirait-il à moins bien sûr de relater ces faits d’armes de nouveau sans vérifier les sources.

Bonne réflexion…

Dieppe 1942

Écrit cet été…

Où trouver la vérité sur les raisons de cette opération?

Ici?

Ici?

Ici?

Extrait

À ce jour, les historiens sont en désaccord quant à l’utilité de cette opération. Pour certains, il ne s’agit que d’un massacre sanglant et insensé qui utilisa les soldats canadiens comme de la chair à canon. Presqu’aucune des installations visées n’a été atteinte et seulement une faible proportion de la force de débarquement a pu être évacuée. La liste des pertes est longue: 3600 hommes, 106 avions, 1 destroyer, 30 chars d’assaut et 33 chalands de débarquement sont perdus. Les Allemands, eux, n’ont perdu que 600 hommes et environ une cinquantaine d’avions.

Difficile de partager entre les faits et la propagande.

On a tous sa petite idée sur Dieppe 1942.