Blessent mon coeur d’une langueur monotone… – 7 juin 2014

Mis à jour le 13 mars 2022

Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire ce que le fils de Georges-Henri Moffatt a écrit sur son père.

Georges-Henri Moffatt


Note

J’avais écrit sur ce blogue une série de billets sur les frères Rousseau de Montmagny.

1944 Maurice RousseauTombe provisoire de PhilippeRousseauPhilippe Rousseau parachutiste 1

Philippe Rousseau

Maurice Rousseau

Maurice Rousseau

 

Pauline Philippe et Marie Rousseau

 

famille de Lacasse Rousseau et Gabrielle Fafard

Ce qui suit a été écrit en  2010, et commémore le souvenir de Philippe Rousseau.

Je voulais l’éditer, car il comportait quelques erreurs.

C’était avant le commentaire de Marie Madeleine qui a découvert un des billets sur Philippe Rousseau.

Elle m’a laissé ce commentaire des plus touchants…

Bonjour je suis très touchée par vos récits je suis originaire de Douville en Auge et ma mère bientôt âgée de 81 ans était à Douville aussi avec sa famille. Elle se rappelle bien de ce qui s’est passé au moment du 6 juin 1944 avec les Canadiens. C’était non loin de Gonneville-sur-Mer et Grangues. C’était au lieu dit la maison blanche sur la commune de Douville en Auge, d’ailleurs aujourd’hui 7 juin 2014 je vais me rendre à Gonnevile-sur-Mer déposer des fleurs devant la plaque de ces soldats à qui nous devons la liberté. Je suis âgée de 38 ans et avant c’était mon père qui déposait des fleurs. Il est décédé l’année dernière. Donc à moi sa fille de faire un geste pour ces soldats.

Voici donc en rappel ce qui devait être mon dernier article sur Philippe Rousseau.

Début

Dernier article sur le lieutenant Philippe Rousseau, héros inconnu ou méconnu, je ne sais plus trop…

« Blessent mon coeur d’une langueur monotone… »

C’est le signal qui annonçait à la Résistance l’imminence du débarquement de Normandie…

On s’était quitté comme ceci lundi dernier…

Alors que ses hommes tentaient aussi bien que mal de se regrouper, le lieutenant Rousseau menait à bien la mission secrète qui lui avait été confiée, tout comme à deux autres hommes, l’ordonnance James George Broadfoot et le Caporal Boyd Anderson.

Le caporal Anderson explique ainsi leur mission :

[Traduction]

Le lieutenant Rousseau nous expliqua que la ville de Dozulé se trouvait à environ une dizaine de milles de notre zone de parachutage. Nos services de renseignements ne savaient que très peu de choses de cette commune. Elle était située sur une route principale menant vers la ville de Caen. Le nom du maire de Dozulé s’appelait aussi Rousseau, le même que mon officier. On pensait que le maire était sympathique à notre cause.

Le plan consistait à ce que le lieutenant Rousseau, l’ordonnance Broadfoot, et moi-même nous nous rejoignions le plus rapidement possible dans la zone de parachutage. Nous devions éviter tout combat et nous rendre immédiatement par quelque moyen que ce soit à Dozulé pour trouver le maire Rousseau. Par la suite, nous devions lui parler dans l’espoir de gagner sa confiance afin de savoir la position des troupes allemandes dans la région.

Le lieutenant Rousseau était très enthousiasmé à l’idée de cette mission, tout comme moi d’ailleurs, tout heureux d’avoir été choisi pour cette mission tâche dangereuse mais inhabituelle. Comme le lieutenant Rousseau, j’étais motivé pour la mener à bien. Ce que je ne savais pas par contre, c’est que lors de la première journée, le lieutenant serait tué aux premières lueurs du jour et que Broadfoot giserait mort dans le fossé l’après-midi suivant à quelques pieds derrière la haie où je me trouverais.

(Boys of the Cloud)


Ayant sauté en dernier de l’avion, le lieutenant Rousseau ne trouva que quatre de ses hommes, et il n’arriva à retrouver ni le soldat Broadfoot, ni le caporal Anderson. Il se dirigea immédiatement vers la maison la plus proche pour prendre des repères, et il s’aperçut en parlant avec ses habitants qu’il avait été parachuté à plus de vingt kilomètres à l’est de son objectif.

Cela ne le démina pourtant pas puisqu’il avait été parachuté plus près de son objectif que prévu. Le lieutenant pris alors immédiatement la direction de Dozulé pour remplir sa mission accompagné des soldats rencontrés.

Deux heures plus tard, les cinq hommes furent pris dans un feu croisé avec des soldats allemands et le lieutenant Rousseau et le soldat Oxtoby périrent sur le coup.

« Il est très possible que si le lieutenant Rousseau avait pris sa place dans le rang comme l’aurait fait tout autre officier, il n’eut pas été tué, mais comme d’habitude, il prenait soin de ses hommes avant tout et marchait à la tête de la petite troupe » raconte le soldat Irwin Willsey.

Les balles atteignirent les grenades à phosphore que portait le lieutenant Rousseau à sa ceinture et celles-ci s’enflammèrent.

Toutefois, les opinions divergent à savoir s’ils périrent des brulures ou des tirs ennemis. Deux des soldats les accompagnant réussirent à s’en tirer indemnes, alors que le troisième fut blessé et fait prisonnier peu après.

« Le lieutenant Rousseau était, je le répète un vrai soldat, un homme d’honneur, discipliné et je suis convaincu qu’il fit le maximum pour mener à bien sa mission sur Dozulé. S’il n’avait pas eu cet ordre, il serait resté dans les parages dans le but de retrouver le reste du groupe. »

Caporal Anderson (Gonneville-sur-Mer 1939-1944)

D’après mes recherches, il n’est donc pas certain si le lieutenant Rousseau a réussi à accomplir sa mission.

Comment le caporal Broadfoot l’a-t-il su ?

 


Selon le caporal Anderson, Philippe Rousseau serait mort le 6 juin, mais il n’était plus avec lui, car ils avaient été séparés lors du parachutage.

J’ai poursuivi mes recherches et j’ai trouvé un site Internet.

C’est celui de la commune de Dozulé en France, et une de leurs sections est dévouée à Dozulé et la guerre.

J’y ai trouvé cette page…


J’ai écrit deux fois à la mairie, mais je n’ai pas encore eu de réponse.

Je cherche aussi en entrer en contact avec la jeune guide pour valider toute l’histoire de la mort de Philippe Rousseau. De qui tient-elle toutes ses informations ?

Je n’ai pas encore eu de réponse.

Fin du billet…

À suivre?


Mis à jour le 9 mars 2020 avec ceci…

Hi there,

I wanted to thank you for the great page you have so kindly dedicated to my great uncles Philippe and Maurice Rousseau.

I grew up hearing their valiant stories which always remain with me.

Regarding the picture in which you originally believed to be Philippe (with his 2 sisters) was actually a soldier in Philippe’s division called Moffat (I have never seen the name spelled and I do not know much about him)

After Philippe was killed and the fighting died down, the rest of the platoon was captured including Mr. Moffat. He came by the family residence to tell the story of Philippe.

Interesting tidbit, Moffat and the rest of the platoon were moved to a prison camp in the mountains where they remained for quite some time. One of the German guards was looking for a skiing buddy and Moffat was his man. He spent a portion of his internment skiing. The German officer did say that if he tried to escape, he would be shot. Nevertheless, Mr. Moffat was able to tell our family of the heroism of Philippe.

The story I had been told was that Philippe’s battalion had been dropped at the wrong place. All of the soldiers were frightened as they eventually figured they were behind enemy lines. Philippe insisted on leading the platoon. That is when a German ambush killed him. 

With regards to Maurice, I have heard various accounts of what had happened. His mission was to meet up with a Maquis agent also named Rousseau who would have been a distant relative. They never had the chance to meet as the Maquis agent had already been killed by the time Maurice arrived.

The story about the priest showing the room to the German soldiers, I had been told that Maurice was hiding behind the door that the priest had just opened. He had his knife in hand. The Germans had checked several rooms and had asked about the one that Maurice would be in. The priest insisted on showing the Germans the room in question. Due to the instance of the priest, the Germans only took a peek inside the room instead of the more thorough verifications that had been done in other rooms.

In any event, I heard that Maurice died while providing cover to other allied soldiers. Another story I heard was that he did not die  but was wounded and captured. He would have been likely tortured for info and would have been executed as part of Hitler’s “Commando order”. However, I do not know if this is true, just what I have heard and read.

On a side note, both men were against the draft as they thought no-one should be forced to go to war. They were volunteers.

In any event, it is nice to see these young brave men remembered and honored. Me and my family truly appreciate this.

Have a wonderful day.

Best regards,

Daniel

 


Hi Pierre,

Thank you for your response.

No credit is needed, but you can if you want.

How would I find your blog, I just stumbled on your web page when looking up my great uncles?

In any event, I attached a picture of Philippe with my mom and uncle. While there is no year for the picture, this I am told, may have been one of the last times that my mom would have seen her uncle. I have been told that this may have been taken shortly before Philippe’s final departure to Europe.

Last tid-bit;

My mom remembers waking up one morning to find her dad (Philippe’s older brother Jacques) crying. He was holding 2 letters, which would have been from the military. The 1st letter was the news that Philippe had been killed in combat. The 2nd letter stating that Maurice was missing and the worst was feared. My poor grandfather found out that he lost 2 brothers in a single day. It was one of the most striking moments of my mom’s life as my grandfather was not at all prone to publicly emoting.

Among my mom’s things are the silver “Airborne” division wings pin. This was one of my mom’s most precious belongings. 

Again, thank you for your work 

Have a fantastic day.

Kindest regards,

Daniel

 

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3 réflexions sur “Blessent mon coeur d’une langueur monotone… – 7 juin 2014

  1. Les émotions ces temps-ci sont bien fortes. Nous reconnaissons le courage de nos héros, la base de notre démocratie.

    1. Je sais que revivre pour toi ce jour le plus long doit être difficile.
      Imagine ceux qui l’ont vécu.
      On comprend que les vétérans ne parlent pas.
      Ceux qui en parlent font preuve d’un énorme courage ou alors nous racontent des histoires inventées ou s’approprient les souvenirs de guerre des autres vétérans.

      Ce faisant, ils trahissent leurs frères d’armes.

  2. On ne saura vraiment jamais ce qui s’est passé. Le temps efface les souvenirs même de ceux qui ont été des témoins de la mort de ces soldats.
    La lectrice qui a écrit un commentaire m’a promis qu’elle essayerait d’en savoir plus en interrogeant les gens de son village.

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