Toujours une petite gêne…

J’ai toujours une petite gêne de vous écrire sur les anciens combattants. Toujours, car les raisons qu’on leur a données pour aller combattre et mourir pour la patrie seraient assez gênantes à écrire.

Scène du débarquement de Dieppe.Année: 1942. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.
Scène du débarquement de Dieppe.Année: 1942. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.

 

Toujours une petite gêne aussi de dire que j’ai écrit plus qu’un blogue qui traite de la Deuxième Guerre mondiale, tant en français qu’en anglais.

Toujours une petite gêne aussi de passer mon temps à vous parler d’Eugène Gagnon, un petit gars de Bromptonville, ce héros méconnu dont on tarde toujours à rendre hommage. On a tellement partagé depuis 2010 à son sujet.

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Je vais maintenant partager les souvenirs de guerre du petit Pierre, le premier vétéran que j’ai rencontré dans ma vie. Ceux-ci datent de juillet 2009 et certains sont encore tout frais dans ma mémoire.

Pierre, Jacques et Jean

Devoir de mémoire oblige.

Le petit Pierre avait-il inventé ses souvenirs de guerre? Né en 1928, il aurait menti sur son âge et se serait enrôlé dans la Marine canadienne avant ses 18 ans. Il en avait assez de l’autorité du « bonhomme » comme il avait traité son père devant moi, cet après-midi de juillet 2009.

Il n’a pas parlé beaucoup de la guerre, juste assez… pour piquer ma curiosité.

Il se retrouve dans la salle des machines de l’Athabaskan la nuit du 29 avril 1944. Il est en train d’écrire une lettre… à sa famille, si je me souviens bien, mais ce détail je n’en suis pas certain.

Puis…

Athabaskan touche 1

Athabaskan touche

Son prochain souvenir est qu’il est rescapé par un autre vaisseau.

HMCS Haida

Il n’en dit pas plus…

J’aurais bien aimé lui demander le nom de ce navire.

Que s’est-il passé la nuit du 29 avril à bord du HMCS Haida?

Source

À la rescousse des survivants de l’ Athabaskan

À la fin d’avril, durant une patrouille sur la Manche, le Haida a coulé un destroyer allemand. Un peu plus tard, le 29 avril, le hasard a placé deux autres destroyers allemands, partis des côtes de France, sur la route du Flotilla . L’Athabaskan et le Haida, se sont lancés à leur poursuite. Malheureusement, une torpille a heurté l’Athabaskan. Une explosion extraordinaire s’en est suivie et il a commencé à couler. Continuant sa poursuite, le Haida a poussé un des destroyers sur la côte et a chassé l’autre pour ensuite retourner sur les lieux du naufrage de l’Athabaskan.

Le déplacement des blessés
Le déplacement des blessés
© Gracieuseté de Parcs Canada

Le capitaine du Haida, Harry DeWolf a alors ordonné la mise à l’eau de toutes les chaloupes dans l’espoir de rescaper le plus grand nombre possible de naufragés. On a jeté de lourds filets de sauvetage sur les côtés du bateau et les marins du Haida ont commencé à monter à bord les hommes épuisés et couverts d’huile de l’Athabaskan.

DeWolf a annoncé : « encore 15 minutes »…… le compteur martelait les tics-tacs.

Quatorze. Le capitaine de l’ Athabaskan, John Stubbs, un homme très courageux s’est mis à crier du milieu des eaux : « Sauvez-vous Haida, dégagez! »

Quinze. L’aube se levait.

Seize. Les chaloupes mises à l’eau devaient être vides, mais trois hommes du Haida ont sauté dans le patrouilleur motorisé espérant tirer d’autres hommes de l’eau.

Dix-sept. Un voyage périlleux attendait les trois marins, un voyage au grand jour, sur la Manche, en quête d’abri, alors que le Haida les avait oubliés par inadvertance.

Finalement, Harry est resté dix-huit minutes et quand le Haida a lentement commencé à prendre de la vitesse, abandonnant l’Athabaskan, il avait 47 rescapés à son bord. Le patrouilleur motorisé en a sauvé six de plus. L’entrée du Haida dans Plymouth s’est faite sous les acclamations joyeuses de toute la flotte. La marine canadienne venait d’atteindre sa majorité.

Le Haida est reparti pour aller venger le naufrage de son navire-parent. Il s’est distingué en participant aux événements du jour J et par la suite en réussissant à bloquer les Allemands dans le golfe de Gascogne. Il s’est mérité les honneurs de guerre à la Manche, en Normandie et dans le golfe de Gascogne avant de regagner Halifax, en septembre 1944, pour profiter d’un repos bien mérité et se faire radouber. La guerre s’est terminée sensiblement comme elle avait commencé : escorte de convois à Mourmansk et participation à la libération de la Norvège à la fin des hostilités.

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2 réflexions sur “Toujours une petite gêne…

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