Partout ils furent chez eux

Si je prends une pause cet été, je me devais quand même de mettre en ligne les derniers écrits de mon collaborateur.

Cette année, il m’a semblé que sans être des plus criante, la présence québécoise aux Commémorations du 6 juin fut plus marquée que d’habitude.

Par-ci, par-là, des drapeaux. Ici et là, en discussion, des Québécois avec des Acadiens. Des Québécois avec des Normands. Des Québécois avec d’autres Français aussi. Des Québécois avec des Anglais, des Écossais, des Irlandais, des Polonais… Et même, parfois, avec des 100 % Canadiens pas du tout Québécois.

C’est dire qu’il y en eut donc plus d’un !

A Courseulles-Sur-Mer, bien entendu, ils y ont été. Dans les cimetières, de même. Mais ailleurs aussi, sur des coins de rues; sur des plages conquises; au feu d’artifices; dans les musées, les mémoriaux…

Enfin bref, plus que jamais, partout ils furent chez eux.

D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, en Normandie, comment pourrait-il en être autrement ?

Surtout en commençant par là où s’y est tout terminé ?

À Chambois…

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Note…

Chambois, c’est la commune natale du premier pionnier de la Côte de Beaupré : Étienne de Lessard (la particule en question disparut assez vite en Nouvelle-France, cela donnant la famille Lessard…). Les trois premières églises de la Côte ont été construites sur des terres qu’il a donné à cette fin. Il fut seigneur de l’Ile-aux-Coudres et co-seigneur de Lanoraie.

 

Les Diables rouges

Je suis parti trop vite en vacancces hier…

Autre texte de la plume de Ti-Mick.

Pour que le Débarquement du 6 juin soit une réussite, il aura fallu construire et faire voler une multitude d’engins de mort.

Mais au travers de ceux-ci, quelques appareils très différents furent de la première importance. Ceux-là, je les appellerai" les engins de la pure liberté". Les seules victimes qu’ils firent, furent les passagers et les pilotes eux-mêmes de ces appareils fait en contre-plaqué. Lorsqu’ils glissaient malheureusement sur un obstacle, ils se déchiraient. Et lorsqu’il frappaient un mur ou un véhicule, ils éclataient tout simplement.

Côté U.S., ils portaient le nom de WACO. Côté anglais, ils s’appelaient les HORSA.
Le Waco CG-4 faisait à peu près la moitié en taille du Horsa. Le premier pouvant transporter 15 hommes de troupes commandos aéroportés et un jeep, le deuxième, le double. Ces planeurs étaient au départ remorqués à la vitesse de 150 à 200 km/h avant d’être décrochés au-dessus de la Manche. Ils devaient alors voler librement jusqu’à destination, à environ 30 kilomètres de leur largage par un avion motorisé.

C’est donc dans la nuit de pleine lune du 5 au 6 juin 44, ne volant qu’à vue et avec très peu d’instruments de mesure, que quelques dizaines de ces deux appareils firent leurs preuves absolues. Quelques heures avant le Débarquement, pour un effet de surprise total, des avant-troupes aéro-transportées eurent la mission de s’emparer des deux endroits militairement les plus stratégiques de Normandie. Ils avaient à les tenir coûte que coûte, jusqu’à ce que les troupes aéroportées plus nombreuses, les parachutistes, les y rejoignent en force. Les avant-troupes états-uniennes usant des Wacos pour le Cotentin, autour et sur Saint-Mère-Eglise, les anglaises, dont un certain nombre de Canadiens des deux langues, faisant de même entre les villages de Ranville et Bénouville.

Pour moi, ces deux opérations furent sans doute le symbole le plus significatif de la proximité constante des deux particularités humaines nécessaires pour abattre le nazisme en Europe: la folie apparente des idées techniques et l’intelligence totale obligatoire à leur réussite.

D’ailleurs, ne connaissons-nous pas tous les deux récits de ces exploits ? Eux qui ont été racontés par le vétéran Cornelius Ryan dans "Le Jour le plus long" ? Et qui furent repris en 1961 lors du tournage du film du même nom, celui-ci plus romancé que le livre… Avec l’image du parachutiste US qui était accroché au clocher de l’église de Sainte-Mère-Eglise et le pont sur lequel un cornemusier qui ainsi deviendra célèbre traversa. Structure d’acier qui fut ensuite rebaptisé "Pegasus Bridge", en raison de l’épaulière à l’effigie de Pégase qui orne leurs uniformes des parachutistes anglais (l’autre, moins célèbre, prenant le nom de "Horsa Bridge").

Voici donc quelques photos prises en Normandie de ces deux appareils, pour Souvenirs de guerre. Et quelques autres du véritable pont et surtout, je m’en excuse, de quelqu’un pour qui j’ai cultivé un attachement profond depuis mon enfance. Ce dont je parlerai sans doute un jour, mais seulement lorsque le moment de le faire sera venu…

D’abord, quelques-unes d’un Waco CG-4 qui a presque entièrement été refait à l’identique par une bande de Vendéens furieux sous la gouverne de Monsieur Arnaud Villalard. Le groupe de Vendéens qui a refait le Waco CG-4 se nomme "Les Diables Rouges". Les deux responsables qui sont tant à l’origine du projet que les motivateurs de troupe sont Arnaud Villalard (ce nom je l’avais) et Michel Praud (celui-ci me manquait) et ils sont de Saint-Jean-des-Monts.

Ils tiennent ainsi à rendre hommage à ces hommes qui eurent la mission d’utiliser ce moyen de déplacement pour, une fois toujours vivant arrivé au sol, si toujours vivants, prendre d’assaut et tenir quelques positions des plus déterminantes qui se trouvaient, bien entendu, en plein coeur du système défensif allemand du Cotentin.

Tout de la recherche de ces "reconstituteurs", de leur travail, du déplacement de l’appareil et aussi de leurs dépenses, vient d’une implication entièrement bénévole pour cette tâche qu’ils ont fait leur. Ils se font connaître sous le nom de "   ". Détail qui n’est pas qu’une anecdote, l’appareil est baptisé du prénom de l’agricultrice âgée qui a prêté sa veille grange à ces originaux géniaux qui ont osé se lancer dans cette affaire, sans ne rien y connaître au départ : Odile.

Tout cela, question peut-être de nous faire plutôt chanter "J’en reviens pas de la Vendée…" ?

 

Le Pegasus Bridge de 1944. Il est conservé au Mémorial Pegasus depuis son remplacement pour un plus large, de manière à  faciliter la circulation automobile plus intense qu’autrefois.

IMG_2919Le cornemusier de Lord Lovat : Bill Millin. Lord Lovat, témoin lui-même et preuve irréfutables qu’est fausse l’affirmation fréquente "d’historiens", que personne ayant été du Raid de Dieppe en 1942 ne se trouva à  débarquer le 6 juin 44 en Normandie…

IMG_2893La cornemuse de l’homme, percée de deux balles, et ses attributs militaires de 1944.

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Sur l’actuel pont de Bénouville, le 5 juin 2014. N’entendez-vous pas les cornemuses ?

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No. 53 Canadian Army (Basic) Training Centre – Lauzon – Prise 2

Commentaire laissé suite à cet article.

Pour répondre à votre question, oui, il semble à première vue que cette photo a été prise au centre d’entraînement de Lauzon. La géographie à droite et le baraquement à gauche correspondent à ceux de Lauzon. La Fondation du mémorial des militaires perpétue la mémoire de ces militaires et de ce lieu historique qui a servi de lieu de rassemblement depuis le régime français jusque dans les années 1950.

memoriallevis@hotmail.ca

ou

https://www.facebook.com/memorialdelevis?fref=nf

 

Article en question

Nous trouvons très peu d’information sur le No. 53 Canadian Army (Basic) Training Centre – Lauzon

Ici…

Source

Canadian Army Training Centres of WWII

QUEBEC

Officer Training Centre – Three Rivers
Canadian Officer Cadet and Basic Training Centre – St Jerome

No. 41 Canadian Army (Basic) Training Centre – Huntingdon
No. 43 Canadian Army (Basic) Training Centre – Sherbrooke
No. 45 Canadian Army (Basic) Training Centre – Sorel
No. 47 Canadian Army (Basic) Training Centre – Valleyfield
No. 48 Canadian Army (Basic) Training Centre – St. Johns
No. 51 Canadian Army (Basic) Training Centre – Chicoutiimi
No. 53 Canadian Army (Basic) Training Centre – Lauzon
No. 54 Canadian Army (Basic) Training Centre – Montmagny
No. 55 Canadian Army (Basic) Training Centre – Rimouski

No. 42 Canadian Army Educational (Basic) Training Centre – Joliette

No. 1 Canadian Woman’s Army Corps Advanced Training Centre – St. Annes

A12 Canadian Infantry Training Centre – Camp Farnham
A13 Canadian Infantry Training Centre – Camp Valcartier
A17 Canadian Machine Gun Training Centre – Three Rivers

Est-ce que cette photo aurait été prise à Lauzon?

Unité

Autre information sur cette unité d’entraînement.

Source

Designation (1 Jul 43): No 53 Cdn Army (Basic) Training Centre Lauzon, PQ.

Location (1 Jul 43):

Date Placed on Active Service 15 Feb 41

Remarks: Changes in designation, etc., up to 31 Dec 43.
Also particulars of organization prior to being placed on Active Service if applicable.

NPAM Training Centre from 9 Oct 40 to 14 Feb 41. Disbanded 1 Sep 43

Débarquement du 6 juin 1944

Un autre texte de Ti-Mick, le surnom de son père quand il était avec les Fusiliers Mont-Royal.

Voilà, le Débarquement du 6 juin 1944 fut enfin une réussite.

Mais son prix et celui de la Libération européenne fut grand pour tous les pays "normalement constitués" et tous les peuples, politiquement libres d’eux-mêmes ou pas, qui ne se laissèrent pas bercer par les solutions grossières et d’apparence facile du nazisme…

Nazisme en abrégé français, Nationalsozialismus et National-Socialisme en versions originales allemande et française.

Quelle duperie tragique que celle-là !

Duperie contre laquelle plusieurs, comme mon propre paternel, partis d’un autre continent, payèrent une bêtise politique qui pourtant n’était pas la leur, jusqu’à leur mort. Bêtise politique qui pourtant n’était pas la leur et pour laquelle, aussi et surtout, plusieurs autres, trop, beaucoup trop, infiniment trop d’autres, perdirent de leur jeune vie.

Sans parler de toutes ces victimes civiles qui périrent sous les bombardements et les combats.

Je n’en dirai pas plus, cela ne servirait à rien.

Il vaut mieux que je vous laisse tout simplement regarder quelques-unes de mes photos.

Cimetière de Colleville-Sur-Mer, le 4 juin dernier.

 

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Cimetière de Colleville-Sur-Mer

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Cimetière de Colleville-Sur-Mer

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Cimetière de Colleville-Sur-Mer

Cimetière de Cintheaux, le 5 juin dernier.

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Cimetière de Cintheaux

 

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 Cimetière de Cintheaux

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Cimetière de Cintheaux

Et là, deux drapeaux comme deux colonnes d’honneur.

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A l’entrée de l’allée qui mène au Cimetière, stèle en mémoire du plus jeune soldat allié tué au combat lors de la Seconde Guerre Mondiale.

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Celui qu’ils appelaient leur "petit gars", était de la même unité que mon père.

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Et pour finir aujourd’hui, quelques coquelicots de Normandie pour tous ceux et celles qui, bien qu’ils ne peuvent pas s’y rendre, ont tout de même à cœur de cultiver notre "Je me souviens".

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Les plages de Normandie

Un texte écrit de la plume d’un lecteur. Il écrit sous le pseudonyme de Ti-Mick.

Pour un Québécois, il y a plusieurs manières de visiter les plages de Normandie.
En allant du sud au nord, ou du nord au sud ? Ou en choisissant selon qu’elles sont de Débarquement états-uniens, anglais ou canadiens ? Ou encore, en procédant au hasard des Commémorations et des événements, lorsque le 6 juin est proche.

Mais toutefois, il n’y a que deux alternatives pour les aborder : celle-là du touriste qui a pour but de faire les plages du Débarquement parce qu’elles sont sur son itinéraire ou bien celle autre, d’une personne qui a le sens du sacré. Mais alors, c’est d’abord le temps qui prend une toute autre valeur.

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A chaque fois que je me retrouve sur une de ces plages, celles-ci incluant celle de Dieppe, je suis visité par l’arrivée toute en douceur de milliers de jeunes hommes dans la vingtaine qui émergent de la Manche.

En tenues de combat, ils marchent lentement vers le dur en sortant peu à peu et tout naturellement d’une eau calme. Exactement comme si rien ne pouvait perturber leur avancée.

Armes en bandoulières, lentement ils progressent vers une foule de plus en plus imposantes d’hommes âgées qui ne sont plus en armes depuis longtemps, leur nombre s’accompagnant de plusieurs femmes du même âge qui se trouvent dispersées au travers.

Mais le plus étonnant de tout cela n’est pas pour moi cette vision. Le plus étonnant, c’est qu’au fur et à mesure que rencontrent ces jeunes qui sortent des flots et ces anciens qui les accueillent, comme par évanescence, ils disparaissent ensemble lorsqu’ils se rejoignent et se sourient.

A chaque fois que je me trouve sur l’une de ces plages de sable ou de galet, c’est la même scène qui me revient.

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Et alors, deux questions m’angoissent.

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Lorsque seront morts tous ceux qui, jeunes, ont survécu aux jours sombres de cette guerre, continueront-ils à venir sur ces plages le 6 juin de chaque année, pour accueillir symboliquement leurs jeunes frères en liberté qui eux, n’auront pas connu l’outrage de vieillir ?

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Parce que s’ils ne le font plus, comment alors continuerons-nous de croire que nous le ferons encore nous-mêmes ?