Rabbit’s Stew

Pierre Lagacé:

Avant de le faire connaître à mon lectorat francophone…

Originally posted on Lest We Forget:

Jacques Lamontagne 004

Scanned yesterday.

This picture is part of this man’s collection of WWII memorabilia.

Jacques Lamontagne 005

Logbook and all!

Next time, I will pay homage to this wireless air gunner.

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Tibé en permission à Bromptonville – Prise 2

Cet article écrit en 2011 prend tout son sens à la suite de ce commentaire que je viens de recevoir de Florence…

Merci de partager ces photos et leur histoire avec le reste du monde.
Mon grand-père, 

Ces photos étaient jusqu’à maintenant inconnues de mon père – et fort probablement de mes oncles et tantes.
Je n’ai malheureusement pas pu le connaître alors chaque petit morceau me permettant d’en apprendre un peu plus sur lui me sont chers.
Merci

Billet original

Tel que promis, je suis de retour.

Tibé est revenu quelquefois à Bromptonville durant la guerre.

Son neveu a de superbes photos durant ses congés. Mario, un de mes lecteurs, sera fort ravi de voir des gens de Bromptonville… Jacques m’en a identifié quelques-uns.

C’est le visage de Tibé qui m’intéresse surtout avec son air sérieux et militaire sur deux des trois photos.

On voit dans ses yeux beaucoup de fierté à servir son pays et à défendre la liberté.

Une petite tranche d’histoire de l’histoire de Bromptonville durant la Deuxième Guerre mondiale.

Je me dis que les gens de Bromptonville ont dû être fier de Tibé sans parler des filles qui ont dû être en pâmoison  en voyant cette jeune recrue aviateur.

Tibé n’a probablement jamais parlé de la guerre à son retour comme tant de vétérans d’ailleurs. En fait je suis certain qu’il n’en jamais parlé.

Ce long silence sur ses 33 missions n’a duré que 2 ans.

Pour d’autres vétérans, le silence continue encore après 66 ans.

Je le sais, j’en ai rencontrés et ils me l’ont confié.

Pour terminer sur une note plus gaie, cette photo prise après avril 1942, car Tibé porte maintenant ses ailes de pilote.

Il déguste une bonne Frontenac avec deux amis.

Je me suis pas un expert en bière…

C’est Jacques Gagnon qui m’a dit la sorte de bière que les gars buvaient.

Pis Tibé… l’entraînement militaire…

Fin du billet original

Adonia Nadeau, 3e homme à genoux

 l’homme à l’arrière au centre

3e homme sur la gauche

Le cercueil volant

Pierre Lagacé:

Le Wellington

Originally posted on RCAF 425 Les Alouettes:

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Son surnom est bien mérité selon monsieur Corbeil qui a volé sur Wellington lors de son entraînement en Angleterre. Il n’a pas été surpris quand j’en ai glissé un mot hier après-midi.

On a aussi parlé de DFC, celle que Jean-Paul Michaud n’a jamais eu.

DFC

30 missions sur Wellington!

Vickers-Wellington-RAF-crashed-01

Il aurait dû en avoir une.

J’ai montré à monsieur Corbeil cet article dans La Presse.

La Presse 1944-11-28

Intéressant à lire entre les lignes.

La Presse Novembre 1944

Attendre patiemment…

Jean-Paul Michaud attend toujours une médaille pour son courage.

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Flight Sergeant J. J-B. Albert Dugal, membre de l’Escadron 425 Les Alouettes

Je voudrais vous parler de mon oncle le Flight Sergeant J. J-B. Albert Dugal, membre de l’Escadron 425 Les Alouettes lors de la dernière guerre mondiale. Il est mort le 3 mars 1943 au cours d’une mission de bombardement sur Hambourg, il était le « bomb aimer » lors de cette sortie.

Bomb Aimer

Je n’ai jamais connu oncle Albert, je suis né 11 mois après son décès. Toutefois son souvenir m’a toujours été présent car entretenu par ma grand-mère et ma mère sa sœur. Pour moi il était ce brave héros qui avait sacrifié sa vie pour la patrie et la liberté. Mais qui était-il vraiment?

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J’ai donc décidé de m’investir sérieusement dans cette aventure fascinante et partir à la découverte de mon héros d’enfance. Ici je veux saluer et remercier M. Pierre Lagacé et son réseau de contacts, pour l’aide précieuse qu’ils m’ont apportée. Sans Pierre, je me serais facilement découragé.

Je me suis mis à l’œuvre en revisitant mes vieilles boîtes de photos et de lettres que ma mère m’avait léguées à sa mort. Aussi j’ai pu questionner ma tante Claire la seule personne vivante et capable de répondre à mes nombreuses questions. Elle était heureuse de m’aider à faire revivre le souvenir de son grand frère mort à la guerre il y a très longtemps. Merci à vous tante Claire.

 

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Le Flight Sergeant Albert Dugal est né à Montréal le 5 mai 1913. Il était le fils de Rose-Anna Godin et Albert Dugal Sr. Il était l’aîné d’une fratrie de 10 enfants. Sa sœur Claire me dit qu’il était très respectueux et doux envers ses parents. Je lui ai demandé de me le décrire en tant que frère et elle me confirme qu’Albert agissait de la même façon avec eux.

En juillet 1940, à 27 ans, il décide de joindre la RAF. Il s’y prendra par deux fois avant d’être accepté le 5 mai 1941, journée où il signe les documents d’engagement. Il a obtenu le grade de  Sergent observateur en mars 1942 à la 9e école de bombardement et de tir de Mont-Joli.
Le 1 avril 1942 il prend pour épouse sa belle Irlandaise Hélène Patricia McMenamin.

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Ils vivront ensemble maritalement seulement 13 jours, car Albert prendra le train pour Halifax le 14 avril suivant. L’embarquement pour l’Angleterre se fera le 30 avril et il touchera le sol anglais le 13 mai 1942.

Lors de la formation de l’escadron 425 Alouette en juin 1942,  mon oncle le Sergent Albert Dugal était parmi les premiers « airmen » sélectionnés. Toutefois au cours de l’entraînement, il a subi une sévère blessure au pied gauche. Cette blessure l’a tenu à l’écart jusqu’au début novembre 1942. Sa première mission fut le 11 novembre 1942 (gardening). Il en fit 8 autres avant la 10e et fatidique sortie le 3 mars 1943 sur Hambourg.

La dernière mission

Le matin du 3 mars, après le « briefing » usuel, il a dû faire sa préparation pour la mission. Comme pour chaque sortie il a certainement écrit une belle lettre d’amour à sa douce Irlandaise Hélène. Il a dû lui redire comme à chaque sortie combien il l’aimait et combien elle lui manquait énormément et surtout de ne pas s’inquiéter.  Souvenons-nous qu’ils ont vécu maritalement à peine deux semaines avant son départ pour le combat. Ensuite il a écrit une dernière lettre à sa sœur Pauline ma mère.

J’inclus ici l’intégral de la lettre.

    lettre1  lettre2lettre3

 

425 squadron

March 3

Pauline,

Just received your letter of Feb 1 and although it took a long time to come, I was very pleased to hear from you. I am glad that you both are well and working, and that everything is fine with you.

I am in good health and still kicking around. We are quite busy flying and it is quite exciting. So far I’ve been very lucky and I hope it continues.

The weather is very nice, there is no snow and we go out without a greatcoat, there is grass everywhere.

Tell Paul that when I’ll come back, I’ll need more then one stein of Black Horse. Best of luck to him.

Tell mammy that I didn’t receive any parcels and cigs for the last 2 months, so I guess there is some lost.

Give my regards to everybody and tell everybody to write.

Cheerio,

Albert

 

Pour cette mission sur Hambourg, ils étaient 9 Wellingtons MkIII au départ. Le premier Wellington décolla à 18h08 et le dernier à 18h20. Le KW-B de mon oncle décolla à 18h18h en 7e position sur la piste. Les rapports disent qu’ils se sont rendus à destination et que la mission fut accomplie. Seul le KW-B fut abattu par la flak au-dessus de Schenefeld, aucun survivant. Malheureusement, cette nuit-là une boule noire avec KW-B inscrit dessus tomba du boulier.

425 45e 021 Wellington

Tous les autres Wellingtons sont entrés à Dishforth.

J’ai longuement réfléchi sur ce qu’ont été les derniers moments de l’équipage. Ont-ils eu connaissance de la tragédie qui se tramait? Et mon oncle Albert à sa position de bomb aimer dans le nez du Wellington, il devait voir très clairement les obus éclatés autour de l’avion. Ont-ils eu peur? Oui certainement. Ont-ils souffert? J’espère que non.

En ce 11 novembre 2014, je tiens à me rappeler le sacrifice de l’équipage du KW-B: le pilote Sgt J.L.Gauthier, le 2nd pilot Sgt.J.E.Audy, le navigateur Sgt.J.I.Glassberg, le wireless air gunner Sgt.W.C.Forbes, le mitrailleur arrière F/S J.W. Maurice Edmond Lanctin, et le bomb aimer, mon oncle, le Sgt. J.B.A.Dugal.

cimetière

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R-I-P

Le 2 Mars 1946

À l’occasion du 3e anniversaire du décès de son époux, Mrs. Helene Patricia McManemin a fait publier un très touchant poème dans le journal The Montreal Star du 2 mars 1946. Ce petit poème exprime bien son chagrin et il m’a beaucoup ému. Je vous le partage.

In Memoriam 1

In Memoriam

Dugal: In proud and loving memory of my darling husband,

W/O 2 Albert Dugal, R.C.A.F., Alouette Squadron, officially presumed killed March 3rd 1943. Interment took place in Hamburg. Germany.

« There is not a day do I forget you,
In my heart you are always near,
I who loved you, sadly miss you,
As it dawns another year,
Oft and oft my thoughts do wonder,
To that grave so far away,
Where they laid my darling husband,
Three years ago today. »

Always remembered by his loving wife, Helen.

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To that grave so far away,
Where they laid my darling husband,

Victime collatérale

Quelques semaines après l’annonce du décès de son fils, mon grand-père Albert Dugal Sr, le père du Flt Sgt Albert Dugal, a pris le lit et il est décédé d’une maladie du cœur (cœur brisé). Ma grand-mère a donc perdu en quelques semaines son fils et son mari bien-aimés.

Prologue

Sur les cinq gradués de l’école de Mont-Joli, quatre n’ont pas survécu douze mois.

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Mission accomplie

Voilà mon oncle! j’ai finalement accompli ma mission oncle Albert, toi qui est mort pour la liberté.
J’ai appris plus de détails sur toi et ton parcours dans la RAF que quiconque dans notre famille. Grâce à Pierre et son réseau, et avec tout ce que j’ai découvert sur toi, il y aura une transmission de données qui assura et nourrira ainsi ton souvenir pour l’éternité.

De ton neveu Jacques au nom de tous tes neveux et de toutes tes nièces qui ont du sang Dugal

L'homme et l'avion

À propos de… Écrit en août 2009

Qui je suis?

Enseignant avec une formation en histoire, je suis est né à Montréal, mais je réside à Ste-Anne-des-Plaines depuis 1981. Passionné de généalogie dans mes temps libres, j’ai un autre blogue consacré à la généalogie.

C’est cette passion qui m’a amené à créer ce nouveau blogue sur les souvenirs de guerre des membres ma famille.

J’ai appris que mon grand oncle Adrien Tremblay est mort le 17 décembre 1944 en Hollande. Il faisait partie des Fusiliers Mont-Royal. Deux des oncles de ma femme sont allés en Europe. Un a été blessé sur les plages de la Normandie et l’autre a été marin à bord de l’Athabaskan qui a coulé le 29 avril 1944.

Ce dernier ne voulait pas en parler comme tant de vétérans d’ailleurs, alors j’ai décidé d’en parler pour lui.

Puis au fil des jours et des semaines, des gens m’ont confié les souvenirs de guerre de leurs proches pour que je vous en parle.

J’en parle pour eux pour continuer à se souvenir…

Dans ce blogue, on ne glorifie pas la guerre, on parle des hommes et des femmes qui ont servi leur patrie. Peu de ces vétérans veulent en parler. Je le fais à leur place, tout comme les gens dont je mets les liens vers leur site.

490 billets plus tard…

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Le croiseur Colbert – Prise 3

Écrit en 2009, ce sont surtout les commentaires laissés par d’anciens marins à la suite du billet original qui sont intéressants à lire.

Cliquez ici pour ensuite vous rendre dans la section des commentaires.

Pour les autres qui se demandent de quoi je parle, vous pouvez lire ce qui suit…

Billet original

Je ne veux surtout pas relancer le débat…, mais un de mes lecteurs m’a écrit. Il a été marin dans la Marine nationale et a servi sur le Colbert.

photo01

Et, qui dit Colbert, dit nécessairement général de Gaulle.

photo13

Ce marin n’était pas à bord cependant quand le général est venu ici en 1967.

C’est mon lecteur qui m’a appris ce petit fait historique de l’histoire du Québec, et je voulais partager avec vous.

Voici donc cette petite capsule d’histoire. Elle dure 6 minutes, mais ça vaut la peine de se retremper dans l’atmosphère des années 60.

Cette vidéo est prise sur le site des Archives de Radio-Canada. Je mets le texte qui accompagne, car il est révélateur…

Cliquez ici

Vive le Québec libre!

Date de diffusion : 24 juillet 1967

Lorsque le général de Gaulle arrive à Montréal, le 24 juillet 1967, il est au Québec depuis la veille et gagne Montréal en suivant le Chemin du Roy.

Il doit ensuite poursuivre sa visite à Hull et à Ottawa, mais son discours et, surtout, son « Vive le Québec libre! » écourteront son périple.

Il reprend l’avion le 26 juillet, sans avoir rencontré le chef du gouvernement fédéral, Lester B. Pearson.

S’est-il laissé emporter par sa verve ou bien a-t-il sciemment lancé ce cri qui semble entériner le désir d’indépendance des Québécois?

Selon Alain Peyreffite, homme politique gaulliste, la phrase fatidique n’a pas été le fait d’une improvisation, pas plus, ajoute-t-il, que l’appel du 18 juin 1940 incitant les Français à résister à l’occupation allemande.

Il est venu, affirme Peyreffite, à Montréal en 1967 afin d’exhorter les Canadiens français à préserver leur identité française. « L’appel à la liberté, lancé le 24 juillet, n’eut rien de fortuit », avance-t-il.

En lançant son « Vive le Québec libre! », de Gaulle confirme les liens particuliers qu’il tisse depuis le début des années 1960 entre le Québec et la France, en cette période où le nationalisme québécois s’affirme. Ses relations avec le Canada resteront marquées par son voyage de l’été 1967.

Deux annotations du général sont significatives. Sur un télégramme reçu d’Ottawa et daté du 22 décembre 1967, de Gaulle écrit en marge : « Il faut soutenir le Québec. » Sur un autre télégramme, daté du 10 avril 1968, il affirme : « Nous n’avons aucune concession, ni même aucune amabilité, à faire à M. Trudeau, qui est l’adversaire de la chose française au Canada. »

-30-

Voici ce que j’ai appris sur le Colbert.

C’est sur ce site.

L’histoire du croiseur Colbert


Le croiseur Colbert à son arrivée dans le port du Havre (1962).

1. De la construction à la grande refonte

Bâtiment de défense anti-aérienne assurant la protection, soit d’une force aéronavale, soit des communications maritimes face à la menace aérienne envisageable pour les années 60, le croiseur Colbert fut inscrit au budget de 1953.

Mis en chantier à l’arsenal de Brest le 17 mai 1954, il y fut lancé le 24 mars 1956. Après les essais et mises au point ainsi que la traditionnelle croisière d’endurance, il fut admis au service actif le 5 mai 1959:

A l’époque de sa mise en service le croiseur antiaérien Colbert est armé de 8 tourelles doubles de 127 mm et 10 affûts doubles de 57 mm antiaérien. Son effectif comprend 70 officiers, 159 officiers mariniers et 748 quartiers-maîtres et matelots.

Bâtiment amiral de l’escadre de la Méditerranée début novembre 1959, le Colbert à toutes les activités habituelles de l’escadre. Il assure également des missions particulières : fin avril 1961 il ramène les cendres du maréchal Lyautey de Casablanca à Toulon. Le 29 septembre 1964 le général de Gaulle prend passage à bord à Arica (Chili) pour un voyage en Amérique latine.

Le 15 juillet 1967, le chef de l’Etat et son épouse embarque à nouveau à Brest. Le croiseur appareille et arrive à Québec le 23 juillet suivant. Le 24 le général prononçant son fameux « Vive le Québec libre » interrompt prématurément son séjour à bord, mais le bâtiment poursuit son programme en faisant escale à Montréal jusqu’au 30 juillet.


Arrivée dans le port de Tarente, Italie (1968 – auteur inconnu)

2. De la grande refonte au désarmement

Compte tenu des progrès rapides des performances des avions et de leurs armes, le Colbert, étant donné sa date de conception, se retrouve dix ans après son lancement, obsolète en considération de son armement. La coque et les appareils propulsifs n’ayant rien perdu de leur valeur, une modernisation complète des armes et équipements est décidée en 1969.

Les travaux débutèrent en avril 1970 après un débat houleux entre le chef d’état-major de la marine et le ministre de la défense nationale de l’époque. Ce dernier l’emporta bien évidemment et, pour des raisons budgétaires, la refonte fut moins complète que prévue. Ainsi les six tourelles de 100 mm qui devaient constituer l’artillerie principale furent réduite à deux. La mise en place de six rampes de lancement de missiles MM 38 Exocet fut reportée et l’installation d’un sonar de coque à dôme hissable fut abandonnée. La modernisation fut également moins poussée pour ce qui concerne la détection, la guerre électronique et l’habitabilité.

Réadmis au service actif en juillet 1973, le Colbert dispose d’un nouvel armement comprend :

– deux canons de 100 mm antiaérien en tourelles simples,
– six affûts doubles de 57 mm antiaérien (reliquat de l’armement d’origine),
– un système lance-missiles Masurca avec rampe double de lancement.

Le croiseur lance-missiles Colbert a désormais un effectif de 25 officiers, 208 officiers mariniers et 329 quartiers-maîtres et matelots.

En 1980, le bâtiment est équipé de quatre missiles MM 38 Exocet qui prennent place sur un emplacement resté disponible sur le roof avant. Enfin en 1982, le Colbert est le premier bâtiment de la marine nationale à être doté du système de transmissions par satellite Syracuse : sa silhouette s’enrichi de deux radômes de 2,50 mètres de diamètre disposés sur l’arrière de la passerelle.


Au mouillage à Monaco (juin 1986).

Après sa réadmission au service actif, le CLM Colbert devient le bâtiment amiral de l’escadre de l’Atlantique. La vie en escadre reprend donc, semblable à celle vécue en Méditerranée. Fin 1976, après une participation aux célébrations du bicentenaire de l’indépendance des Etats-Unis et conformément au plan de redéploiement des forces navales dicté par la montée des crises sur le théâtre méditerranéen, le Colbert repart pour Toulon.

Après une période d’activités diverses, le 6 août 1988, le croiseur appareille pour une mission de quatre mois qui le conduira en Australie pour représenter la France aux festivités du bicentenaire de ce pays. Le 16 mai 1990, nouvel appareillage pour une nouvelle mission de représentation dont le but est la reprise des relations avec la marine soviétique. Le bâtiment est à Sébastopol du 22 mai au 26 mai.

Le 13 août 1990 marque le début de l’opération « Salamandre ». Le Colbert repasse le canal de Suez pour une mission opérationnelle de protection du porte-avions Clemenceau qui achemine les hommes et les matériels qui vont constituer l’embryon de la division « Daguet ».

La dernière escale a lieu à Venise du 12 au 19 avril 1991. Le 24 mai 1991, le croiseur Colbert est retiré du service actif.


Arrivée à Brest (4 juin 2006).

3. La fin du Colbert

Le Colbert échappe heureusement à la fin peu glorieuse de la plupart des bâtiments de la marine pour venir s’amarrer à Bordeaux où il est transformé en musée flottant. Il a ouvert au public le 12 juin 1993.

Mais avec le temps, il voit sa fréquentation chuter. De 100 000 visiteurs par an, à ses débuts, à 35 000 visiteurs en 2005. La société qui gère le croiseur-musée ne parvient plus à maintenir l’équilibre financier nécessaire à l’entretien du bâtiment.

En juillet 2006, la fin est proche. Pour le maire de Bordeaux, Hugues Martin, « Le moment est venu de se débarrasser du Colbert ». Pour l’association « Coulons le Colbert », le départ du croiseur sera l’occasion « de faire la fête », assure son président Jean-Bernard Duboscq ! (A lire le communiqué de l’association des amis du Colbert). Constatant les difficultés financières des gestionnaires du bâtiment musée, la ville de Bordeaux demande au ministère de la défense le départ du Colbert. le ministre y répond favorablement le 14 septembre 2006.

Le 31 mai 2007, l’ex croiseur lance-missiles Colbert quitte la ville de Bordeaux. Remorqué par l’Argonaute, le Buffle, le Rari, puis de l’Abeille Bourbon, il rejoint le port militaire de Brest le 4 juin. Il est emmené le 25 juin au cimetière marin de Landévennec, où il stationne jusqu’à sa démolition prévue vers 2010.

La coque de l’ex croiseur Colbert quitte le port militaire de Brest pour rejoindre le cimetière de bateaux de Landévennec (25 juin 2007).



Toujours une petite gêne…

J’ai toujours une petite gêne de vous écrire sur les anciens combattants. Toujours, car les raisons qu’on leur a données pour aller combattre et mourir pour la patrie seraient assez gênantes à écrire.

Scène du débarquement de Dieppe.Année: 1942. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.

Scène du débarquement de Dieppe.Année: 1942. © nd Auteur: inconnu. Commanditaire: Canada Wide. Référence: Canada Wide.

 

Toujours une petite gêne aussi de dire que j’ai écrit plus qu’un blogue qui traite de la Deuxième Guerre mondiale, tant en français qu’en anglais.

Toujours une petite gêne aussi de passer mon temps à vous parler d’Eugène Gagnon, un petit gars de Bromptonville, ce héros méconnu dont on tarde toujours à rendre hommage. On a tellement partagé depuis 2010 à son sujet.

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Je vais maintenant partager les souvenirs de guerre du petit Pierre, le premier vétéran que j’ai rencontré dans ma vie. Ceux-ci datent de juillet 2009 et certains sont encore tout frais dans ma mémoire.

Pierre, Jacques et Jean

Devoir de mémoire oblige.

Le petit Pierre avait-il inventé ses souvenirs de guerre? Né en 1928, il aurait menti sur son âge et se serait enrôlé dans la Marine canadienne avant ses 18 ans. Il en avait assez de l’autorité du « bonhomme » comme il avait traité son père devant moi, cet après-midi de juillet 2009.

Il n’a pas parlé beaucoup de la guerre, juste assez… pour piquer ma curiosité.

Il se retrouve dans la salle des machines de l’Athabaskan la nuit du 29 avril 1944. Il est en train d’écrire une lettre… à sa famille, si je me souviens bien, mais ce détail je n’en suis pas certain.

Puis…

Athabaskan touche 1

Athabaskan touche

Son prochain souvenir est qu’il est rescapé par un autre vaisseau.

HMCS Haida

Il n’en dit pas plus…

J’aurais bien aimé lui demander le nom de ce navire.

Que s’est-il passé la nuit du 29 avril à bord du HMCS Haida?

Source

À la rescousse des survivants de l’ Athabaskan

À la fin d’avril, durant une patrouille sur la Manche, le Haida a coulé un destroyer allemand. Un peu plus tard, le 29 avril, le hasard a placé deux autres destroyers allemands, partis des côtes de France, sur la route du Flotilla . L’Athabaskan et le Haida, se sont lancés à leur poursuite. Malheureusement, une torpille a heurté l’Athabaskan. Une explosion extraordinaire s’en est suivie et il a commencé à couler. Continuant sa poursuite, le Haida a poussé un des destroyers sur la côte et a chassé l’autre pour ensuite retourner sur les lieux du naufrage de l’Athabaskan.

Le déplacement des blessés
Le déplacement des blessés
© Gracieuseté de Parcs Canada

Le capitaine du Haida, Harry DeWolf a alors ordonné la mise à l’eau de toutes les chaloupes dans l’espoir de rescaper le plus grand nombre possible de naufragés. On a jeté de lourds filets de sauvetage sur les côtés du bateau et les marins du Haida ont commencé à monter à bord les hommes épuisés et couverts d’huile de l’Athabaskan.

DeWolf a annoncé : « encore 15 minutes »…… le compteur martelait les tics-tacs.

Quatorze. Le capitaine de l’ Athabaskan, John Stubbs, un homme très courageux s’est mis à crier du milieu des eaux : « Sauvez-vous Haida, dégagez! »

Quinze. L’aube se levait.

Seize. Les chaloupes mises à l’eau devaient être vides, mais trois hommes du Haida ont sauté dans le patrouilleur motorisé espérant tirer d’autres hommes de l’eau.

Dix-sept. Un voyage périlleux attendait les trois marins, un voyage au grand jour, sur la Manche, en quête d’abri, alors que le Haida les avait oubliés par inadvertance.

Finalement, Harry est resté dix-huit minutes et quand le Haida a lentement commencé à prendre de la vitesse, abandonnant l’Athabaskan, il avait 47 rescapés à son bord. Le patrouilleur motorisé en a sauvé six de plus. L’entrée du Haida dans Plymouth s’est faite sous les acclamations joyeuses de toute la flotte. La marine canadienne venait d’atteindre sa majorité.

Le Haida est reparti pour aller venger le naufrage de son navire-parent. Il s’est distingué en participant aux événements du jour J et par la suite en réussissant à bloquer les Allemands dans le golfe de Gascogne. Il s’est mérité les honneurs de guerre à la Manche, en Normandie et dans le golfe de Gascogne avant de regagner Halifax, en septembre 1944, pour profiter d’un repos bien mérité et se faire radouber. La guerre s’est terminée sensiblement comme elle avait commencé : escorte de convois à Mourmansk et participation à la libération de la Norvège à la fin des hostilités.