HMCS Haida, 29 avril 1944

Voici la suite de l’histoire du naufrage de l’Athabaskan écrite il y a 12 ans.

naufrage

Haida, 4 heures 30.

2009-08-19 Harry_DeWolfHarry DeWolf

C’est bien à regret que Jack DeWolf a dû abandonner à son triste sort son valeureux compagnon d’armes mais, les nécessités de la guerre priment hélas sur bien des considérations humanitaires. Aussi, est-ce avec l’énergie que seule peut donner la fureur, que ses canonniers chargent et tirent à une cadence infernale. Le T 27 étant le plus proche, c’est sur lui qu’ils concentrent un feu qui devient de plus en plus précis. Soudain, une voix angoissée annonce :

– Court-circuit dans les soutes ! Nous n’avons plus de lumière !

Manquait plus que cela ! Si par la faute de ce court-circuit qui entrave l’approvisionnement des tourelles, la cadence de tir doit diminuer notablement, Haida va se trouver très vite en délicate posture.

Sur la passerelle, on guette anxieusement le rythme de départ des coups…

Chance !

Il ne faiblit pas !

2009-08-19Tribal class firing

 

Tout en bas, à plusieurs mètres sous les pieds du commandant, les soutiers gardent un moral d’acier et malgré la quasi obscurité dans laquelle ils doivent évoluer, ils continuent à approvisionner les tourelles qui dévorent douilles et obus à un rythme infernal. Braves marins, songe DeWolf, braves parmi les braves qui savent pourtant bien qu’au cas où le navire prendrait une torpille, ils n’ont à l’endroit où ils se trouvent pas l’ombre d’une chance d’en sortir vivants.

Il est impossible aux hommes du Haida de dire depuis combien de temps dure cet enfer de coups de canon, mais la conclusion approche. Une lueur orangée vient de jaillir sur le T 27.

Touché !… Touché !… Touché !…

Cette fois, les canonniers tiennent la bonne distance et la cadence de tir semble s’accélérer encore.

2009-08-19 Tribal class

Sérieusement atteint, le T 27 ralentit, file sur son erre puis stoppe. En vain, le T 29 tente de le protéger derrière un écran de fumée mais doit rompre le combat à son tour. La distance séparant Haida de sa victime, décroît rapidement et maintenant presque tous les coups font but.

– Récifs droit devant !- À gauche 30 ! ordonne De Wolf.

Voila donc pourquoi le T 27 a stoppé si vite. En réalité, il est échoué sur les récifs de l’île de Batz !

En cours de giration, toutes pièces battantes, Haida achève d’écraser son adversaire sous un déluge d’acier et en moins d’une minute, le T 27 est en feu de la proue à la poupe. Quant au T 29, il est à présent hors de portée, à l’abri des batteries côtières.

T-27 hors de combat

Mission accomplie !

Maintenant, Haida peut foncer au secours de son camarade.

C’est hélas déjà bien tard car c’est au moment où il vire pour mettre le cap sur lui qu’Athabaskan disparaît.

Du haut de sa passerelle, le cœur brisé par l’émotion, DeWolf aperçoit une immense lueur qui projette haut dans le ciel ses volutes rouge-orangé tandis que quelques secondes plus tard, se répercutant aux quatre coins de l’horizon, lui parvient le grondement de l’explosion.

-Adieu Attaboy, farewell ! murmure tristement un matelot.

Lundi prochain, l’Haida au secours des marins de l’Athabaskan. Vous pouvez m’écrire.

HMCS Athabaskan, 29 avril 1944… troisième partie

Voici la suite de l’histoire du naufrage de l’Athabaskan écrite il y a 12 ans.

Athabaskan touche

« Athabaskan is hit ! »

Athabaskan touche 1

 

À ce cri, tout le monde sur la passerelle de Haida s’est détourné vers l’Athabaskan. De sa poupe, s’élance dans le ciel une immense langue de feu orange qui illumine les superstructures du destroyer. Durant son changement de cap pour parer d’éventuelles torpilles, le destroyer en a pris une en plein dans les hélices et le gouvernail…

HMCS Athabaskan, 4 heures 17.

L’explosion de la torpille est si violente que tout comme dans une ruade gigantesque, l’arrière se soulève littéralement hors de l’eau tandis que partout dans le navire, hommes, matériel mobile et objets divers sont précipités au sol. Les tourelles X et Y se taisent, suivies quelques instants plus tard par les tourelles A et B. Sur le destroyer blessé, le fracas de l’explosion fait place quelques instants plus tard à un silence terrifiant qui n’est plus troublé que par les hurlements de douleur et d’angoisse des blessés. Embardant brutalement sur bâbord, Athabaskan choqué, ralentit puis s’arrête. L’eau et le feu commencent à prendre possession du navire.

Passé le premier moment de stupeur, les tourelles A et B reprennent le feu de façon sporadique et imprécise. Par Dieu, Athabaskan se battra jusqu’au bout ! Sur la passerelle, John Stubbs commotionné, se relève pour apercevoir Haida qui masque son navire derrière un écran de fumigènes.

Au moins sera-t-il ainsi à l’abri pendant quelque temps des canons allemands…

Peine perdue hélas, car voici que dans un fracas d’apocalypse, une salve d’artillerie s’abat sur la plage avant.

2009-08-20 batterie-allemande-longues-07

Du gros calibre !

Sans doute ce sont les batteries côtières dont on n’est guère distant qui viennent de placer ce coup au but. Cette fois-ci, les deux tourelles avant se taisent définitivement.

Tout ceci s’est déroulé en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire et Athabaskan qui, une minute plus tôt était encore un redoutable combattant, n’est plus maintenant qu’un blessé agonisant, ravagé par les flammes des incendies qui se sont déclarés en plusieurs endroits.

Les nouvelles qui viennent de l’arrière sont particulièrement alarmantes.

– La poupe s’enfonce de plus en plus, Sir !

– Préparez-vous à abandonner le navire ! ordonne Stubbs.

Se préparer seulement ! John Stubbs est un vieux marin fort de quatre années de guerre sans merci dans l’Atlantique Nord et il sait bien par expérience, qu’il ne faut pas condamner trop tôt le bateau.

JohnStubbs

Cinq minutes se sont à présent écoulées depuis le torpillage. Dans les environs, Haida que l’on ne voit pas mais dont on entend distinctement les salves d’artillerie, continue le combat.

Tous les hommes valides conjuguent leurs efforts pour sauver leur cher bateau. A grand peine et au prix de bien des souffrances, on est parvenu à traîner jusqu’à la plage arrière la pompe à incendie qui a un débit de 70 tonnes à l’heure. C’est en effet l’arrière qui est le plus touché et c’est par là que la mer envahit le navire. En hâte, on procède à l’assemblage des flexibles et beaucoup pensent que le bâtiment peut encore être sauvé.

C’est alors que de nouveau, dans un vacarme de fin du monde, une deuxième salve s’abat sur le malheureux Athabaskan et cette fois, c’est le coeur même du navire qui est atteint. Les chaufferies explosent, tuant tout le personnel qui s’y trouvait encore. Par les tuyauteries crevées, des jets de vapeur s’échappent en un sifflement strident qui déchire les oreilles, brûlant les quelques uns que l’explosion avait épargnés, mettant un terme aux souffrances des autres, couvrant les cris des blessés. Mais, venu des fonds du navire, audible seulement de certains, monte un bruit sinistre de déchirement. Cette fois, le coup est fatal et Athabaskan commence à se casser en deux.

torpille

« Aux postes d’abandon ! »

Le quartier-maître Émile Beaudoin reçoit l’ordre à son poste dans le PC Radio et s’exécute sans plus attendre. Ce n’est qu’en parvenant sur le rouf qu’il découvre avec stupeur l’étendue des ravages. En maints endroits, des incendies font rage ; les ponts sont jonchés de blessés qui gémissent ou appellent à l’aide ; partout où se pose la main, il y a du sang et par dessus cet indescriptible chaos, le sifflement suraigu de la vapeur qui continue de s’échapper. Beaudoin sent sous ses pieds le navire qui commence à se coucher.

Il faut faire vite !

À quelques mètres de là, William Mitchell, grièvement blessé aux jambes appelle au secours. Il se dirige vers lui mais lorsqu’il va enfin l’atteindre, survient un autre camarade qui dégage le blessé de dessous un tas de cordages, le soulève à bout de bras et le jette à la mer en criant :

– C’est tout ce que je peux faire pour toi !

Ce sera suffisant pour lui sauver la vie…

Après, tout va très vite et tout-à-coup, Émile Beaudoin se retrouve dans l’eau sans trop savoir comment il y est arrivé. Bon nageur, il s’éloigne vigoureusement de l’épave devenue un piège mortel.

Ayant parcouru quelques dizaines de mètres et s’estimant alors en sécurité, il se retourne pour regarder une dernière fois son bateau dont l’arrière a déjà disparu. Lentement, l’étrave sort de l’eau jusqu’à se dresser verticalement, mur noir sur le fond obscur du ciel.

Un affreux gargouillis, râle d’un navire qui meurt, l’épave qui s’enfonce maintenant très vite, trois vivats poussés par les survivants à l’adresse de leur bateau, un peu d’écume, un grand remous. C’est fini ! Douze minutes après avoir reçu le premier coup, HMCS Athabaskan a succombé.

naufrage

Demain, l’Haida à la rescousse.

Source du texte : http://www.histomar.net/Manche/htm/selection.htm

Source des dessins : http://www.pc.gc.ca/apprendre-learn/prof/itm2-crp-trc/pdf/haidabrochure_f.pdf

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HMCS Athabaskan, 29 avril 1944… deuxième partie

Voici la suite de l’histoire du naufrage de l’Athabaskan écrite il y a 12 ans. 

Il est très précisément 3 h 07 lorsque le Haida reçoit un message destiné aux deux Canadiens et qui leur enjoint de prendre un cap sud-ouest afin d’intercepter deux navires allemands qui ont été repérés à hauteur des Roches-Douvres,

Phare Roches-Douvres

en route à 20 nœuds, cap à l’ouest.

Ironie du sort, ces deux navires allemands ne sont autres que les T 24 et T 27 qui, trois nuits auparavant, se sont fait sérieusement étriller par les Alliés dont le Haida au large des Sept-Îles.

Destroyer de la classe Elbing

Au cours de cet engagement, la Kriegsmarine a même perdu son T 29 tandis que les T 24 et T 27 se réfugiaient à Saint Malo, assez sérieusement endommagés. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont repris la mer cette nuit et font route sur Brest, le seul port rapproché où ils trouveront la possibilité de réparer leurs avaries.

À bord des destroyers canadiens, ce message aussitôt répercuté vers Athabaskan a eu pour effet de placer les équipages déjà aux postes de combat dans un stade d’alerte tel que l’étape suivante sera l’ouverture du feu.

Veilleurs et radaristes explorent attentivement l’horizon dans un secteur allant d’est en ouest et passant par le sud. Mais voici qu’une antenne de radar s’immobilise, revient un peu en arrière et s’immobilise à nouveau. Cela peut nous paraître étrange à nous qui n’avons jamais vu les antennes radar autrement qu’en rotation permanente, mais rappelons-le, nous sommes en 1944 et ce radar est encore bien loin de ce qu’il sera bientôt. Enfin, quoi qu’il en soit, si cette antenne vient de s’immobiliser dans une direction bien précise c’est à l’évidence parce que l’opérateur a un écho.

L’identification n’en est ni longue, ni douteuse.

– Échos ennemis dans le 133. Distance 14 milles !

Il est tout juste 4 heures.

– Artillerie au gisement d’attente 270 ! Approvisionnez la tourelle A avec trois éclairants !

Dans le faible ronronnement de leurs moteurs de pointage, les trois tourelles pivotent et pointent leurs six tubes dans la direction approximative du but. Dans le poste central d’artillerie ainsi que dans le central torpilles, les calculateurs qui ont été alimentés avec les paramètres fournis par le radar élaborent les corrections qui vont permettre aux armes de commencer le feu avec le maximum d’efficacité. La distance quant à elle, décroît régulièrement.

Les équipages des deux navires allemands sont eux aussi aux postes de combat mais, avec leurs radars hors service depuis le dernier engagement, ils n’ont pas encore pu déceler les Canadiens et la nuit est bien trop noire pour permettre une détection optique à pareille distance.

Huit mille yards… Un peu plus de quatre milles. 7500 yards… Le moment approche. Tendus comme on peut l’être avant un combat imminent, les Canadiens retiennent leur souffle… 7000 yards…

C’est le moment !

-Tourelle A, tir de trois éclairants sur bâbord !

À quelques secondes d’intervalle, trois obus quittent en grondant les tubes de 120 de la tourelle et entament leur course parabolique qui s’inscrit sous forme d’un mince trait lumineux sur le fond noir du ciel. Mais nul ne songe à apprécier la parfaite régularité géométrique de la figure car tous les regards, ceux des télémétristes en particulier sont braqués sur cette partie d’horizon où vont exploser les obus.

Un… deux… trois… Tour à tour, les trois obus dépotent et le magnésium enflammé illumine la surface de la mer jusqu’à l’horizon.

– Rouge 50 ! Deux torpilleurs classe Elbing !

– Tourelles B et C ! Feu continu !

Pas un mot superflu n’a été prononcé. Chacun sait parfaitement ce qu’il a à faire et aussitôt les canons tonnent dans un terrible fracas qui ébranle le navire de la quille à la tête du mât. Une forte odeur de cordite envahit l’atmosphère.

Haida a également ouvert le feu et les salves se succèdent à un rythme élevé, se faisant de plus en plus précises. En limite de portée, les Allemands tirent à leur tour des éclairants puis ouvrent le feu.

– L’ennemi fait de la fumée et met le cap à l’est !

Un veilleur, on ne sait pas trop lequel dans l’obscurité qui enveloppe la passerelle, a observé la manœuvre. Le capitaine de frégate DeWolf, commandant Haida réfléchit rapidement au but de la manœuvre de ses adversaires : il est probable qu’au cours de ce virement de bord ils vont effectuer un tir de torpilles. Pour avoir un maximum de chances de les éviter, la meilleure solution est de leur présenter une silhouette aussi mince que possible et donc de venir en route droit sur elles.

– À gauche 20 ! Exécution Athabaskan !

Au sein de la flottille, c’est Haida qui porte la marque du Senior Officer, le commander DeWolf, chef de flottille et qui à ce titre, a autorité sur le Lieutnant Commander Stubbs, maître de l’Athabaskan. Cette situation par ailleurs normale en soi, résulte essentiellement de la nécessité d’avoir, au combat surtout, un commandement unique.

Pour exécuter l’ordre, les deux destroyers entament donc un virage serré destiné à les amener pratiquement cap au sud, tandis que les tourelles pivotent progressivement afin de rester pointées sur leur objectif. Très vite d’ailleurs, les tourelles arrière qu’on appelle X et Y arrivent en butée et se

taisent.

À présent, l’objectif se trouve devant les navires mais les tourelles A et B poursuivent le tir sans désemparer. Entre deux salves, on perçoit nettement ce sifflement grave que font les obus allemands lorsqu’ils tombent trop long en formant d’impressionnants geysers à faible distance du bord.

Car, ne nous méprenons pas, bien qu’en situation d’infériorité du fait des avaries précédentes, les deux torpilleurs adverses demeurent redoutables.

Les équipages sont combatifs et leur armement n’a rien à envier à celui des Canadiens. Même si, profitant de la surprise, les Alliés ont pris l’avantage, l’issue de l’affrontement demeure encore très incertaine.

Soudain, c’est le drame.

Source du texte : http://www.histomar.net/Manche/htm/selection.htm

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HMCS Athabaskan, 29 avril 1944… le début de l’histoire

Écrit il y a 12 ans…

Voici le récit du naufrage de l’Athabaskan tel que raconté par Yves Dufeil.

athabaskan1-1

Le récit vient du livre suivant…

1850-1950, Cent ans d’histoires de mer dans la Manche d’Yves Dufeil.

J’ai écrit à monsieur Dufeil et il me permet d’utiliser son texte. Monsieur Dufeil a un site incroyable sur l’histoire de la marine

Les dessins viennent d’une brochure que l’on retrouve sur le site de Parcs Canada…

À l’occasion, je mettrai des hyperliens.

Le chapitre sur l’Athabaskan s’intitule…

ROLL ALONG WAVY NAVY, ROLL ALONG…


29 Avril 1944

Plymouth, 28 avril 1944, sept heures du matin.

« Identification… Identification… »

Là-bas sur la jetée, le signal lumineux du poste de guet sémaphorique interroge les deux ombres de navires qui se profilent à quelques encablures, presque noyées dans l’aube grise.

À bord des navires, on a aussitôt déchiffré le traditionnel signal de reconnaissance et l’un d’eux répond à son tour.

« Destroyers Haida et Athabaskan. »

athabaskan1-1

Le guetteur accuse réception et à nouveau, les éclairs lumineux du projecteur interrogent.

« Avez-vous des naufragés ou des blessés ? »

« Négatif »

L’accusé de réception vient immédiatement et les deux navires canadiens virent pour s’engager entre les jetées tandis qu’un vieux remorqueur poussif ouvre le filet pare-torpilles en crachant une épaisse volute de fumée noire, lourde de scories.

À faible allure, Haida et Athabaskan remontent maintenant la rivière Devon pour regagner leur poste de mouillage habituel. Sur ses rives, s’éveille une population qui s’acharne à survivre malgré les bombardements répétés de la Luftwaffe dont les ruines que l’on aperçoit en sont le sinistre témoignage.

Ce petit matin blême avec en arrière plan tous ces squelettes de constructions calcinées a quelque chose d’inquiétant. C’est un peu comme si l’on pénétrait dans un univers fantomatique où chaque chose, chaque ruine, évoque le cauchemar d’une guerre qui n’en finit pas. Il est vrai aussi que pour ces équipages qui passent la plupart de leurs nuits en patrouille dans la Manche et qui, comme ce fut le cas voici tout juste deux jours, se heurtent aux forces allemandes dans des accrochages dont la brièveté n’a souvent d’égal que la violence, ces randonnées épuisantes ont tout du cauchemar.

Dans la pâle clarté du soleil timide de cette matinée de printemps, Haida et Athabaskan qui viennent de ravitailler le long du pétrolier qui les attendait, ont maintenant pris leur poste de mouillage sur ces coffres qui leur sont devenus désormais familiers. Cette fois encore, les marins exténués n’auront pas le loisir d’aller à terre, car mouiller en rivière tout en conservant les feux allumés dans la machine ne signifie que trop clairement que ce soir encore, il faudra une fois de plus affronter la mer, l’obscurité et peut-être aussi l’ennemi.

Après un déjeuner frugal, une distribution de courrier amène un peu d’animation à bord des navires puis, c’est à nouveau le silence qui s’installe tandis que les équipages mettent ces quelques heures à profit pour prendre un peu de repos.

destroyers au mouillage 3

Dix sept heures.

La vedette du Haida reconduit à leur bord les deux commandants qui rentrent du briefing au Quartier général avec dans leur sacoche, les ordres de route pour leurs navires. Cette nuit, ce sera la Manche occidentale et plus exactement la côte bretonne avec la protection d’une opération de mouillage de mines.

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John Stubbs

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Harry DeWolf

Cette opération a pour nom de code Hostile 26.

Dix sept heures trente.

Le sifflet du bosco appelle l’équipage à souper. Le temps qui jusqu’à présent s’était écoulé lentement semble soudain accélérer. Tout le navire sort de sa torpeur ; le souper est rapidement expédié et à sept heures moins dix, on rappelle aux postes d’appareillage. Dix minutes plus tard, les hélices des deux destroyers entament leurs premiers tours. Pour tous ces marins dont la plupart n’ont pas 25 ans, une longue nuit de veille commence. Une nuit dont tous ignorent encore ce qu’elle apportera.

Derrière les sillages qui grossissent, l’île Drake s’évanouit dans les dernières lueurs du couchant tandis que le sifflet du maître de manœuvre rappelle aux postes de combat de vérifications.

Profitons de ce moment pour faire un tour rapide des deux bâtiments.

Haida et Athabaskan ainsi que nous l’avons vu, sont deux destroyers. En tous points identiques, ils appartiennent tous deux à la classe des “tribus”. Ce sont des Tribals comme on les baptise dans la Navy.

Bien armés, puissants et rapides, ils sont bien adaptés à la plupart des missions qui leur sont confiées. Côté artillerie, on trouve en avant de la passerelle, deux tourelles doubles de 100 mm, les deux autres étant placées à l’arrière. Sur le rouf arrière sont disposés les affûts quadruples de 40 mm, de redoutables canons anti-aérien à tir rapide. Cet armement est complété par sept mitrailleuses de 12,7 placées pour l’essentiel autour de la passerelle. A tout cela s’ajoutent quatre tubes lance-torpilles. Ces destroyers sont montés par des équipages d’environ 250 hommes chacun qui avant d’être intégrés en escadre, ont subi un entraînement intensif tout au long de dures semaines d’école.

Tous les organes des navires ont été vérifiés. Tout fonctionne, tout va bien. Ordre est donné de rompre des postes de combat et d’obscurcir les feux car la nuit est maintenant tombée. Ce dernier ordre ne souffre aucun manquement. Vus de l’extérieur, les bâtiments ne doivent laisser filtrer aucune lumière, pas même un feu de navigation. Guerre oblige ! Dans les postes et les coursives, l’éclairage blanc fait place à l’éclairage rouge.

À 22 heures, c’est la distribution de chocolat chaud et de sandwiches qui comme à l’accoutumée, est agréablement accueillie. Vingt minutes plus tard, retentit la sirène d’alerte rappelant aux postes de combat.

La nuit tout en étant belle est sombre, d’autant plus que la lune est à présent couchée. Tant mieux aussi, car l’obscurité contribue beaucoup à la protection en ces temps où le radar est encore balbutiant. A bord des deux navires, les hommes du service sécurité commencent leur ronde, inspectant tous les compartiments tranche après tranche, s’assurant que tous les orifices sont bien obturés, toutes les portes étanches fermées et toutes les consignes respectées. Il y va de la survie du bateau et partant de celle de son équipage c’est pourquoi, rares sont les rondes où ils doivent intervenir pour corriger quelque chose. Ce soir d’ailleurs, la ronde de sécurité s’achève sur un laconique

« Rien à signaler ! Tout est OK ! »

Ainsi s’avance la nuit, heure après heure et il semble bien que celle-ci ne sera qu’une nuit de routine de plus car les mouilleurs de mines qui ont achevé leur mission font maintenant route au nord et d’ici une heure, ils seront hors de portée des forces de surface allemandes. Les destroyers pourront alors prendre le chemin de l’Angleterre à leur tour. Mais le hasard va en décider autrement…

On continue le récit demain…

Source du texte : http://www.histomar.net/Manche/htm/selection.htm

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HMCS Athabaskan, 29 avril 1944 Introduction

Écrit il y a 12 ans sur Souvenirs de guerre…

Lundi le 17 août 2009

Je voulais commencer à parler des guerres mondiales à partir de 2014…

Sauf que la rencontre avec l’oncle de ma femme m’a fait changer d’idée. Son oncle a été (stoker) chauffeur à bord du destroyer Athabaskan et il s’occupait de la salle des machines. Il ne voulait pas en parler plus…

Je vais donc en parler pour lui.

Athabaskan1

HCMS Athabaskan G07

Ce qui m’a aussi fait changer d’idée, c’est quand j’ai demandé à mon fils s’il connaissait l’histoire de l’Athabaskan…

Il m’a répondu : « Mes toasts viennent de sortir… » C’est là que je lui ai dit que son grand oncle avait été marin sur le destroyer Athabaskan… Il a commencé à vouloir en savoir plus… et c’est là que j’ai eu cette idée d’un 2e blogue.

Voici maintenant l’introduction de l’histoire du naufrage de l’Athabaskan.

Le premier navire qui porta le nom d’Athabaskan fut lancé le 8 novembre 1941 et entra en service en 1943.

Note:

HMCS Athabaskan

Vers la fin d’août 1943, en tant que navire commandant un groupe de destroyers patrouillant dans le golfe de Gascogne, l’Athabaskan fut endommagé par un missile aérien lancé par un des bombardiers allemands qui attaquaient simultanément. L’Athabaskan retourna au port par ses propres moyens bien qu’une de ses chaudières et deux réservoirs à carburant aient été inondés.

En février 1944, l’Athabaskan, le Huron et l’Haida rejoignirent la 10e flottille de destroyers basée à Plymouth en Angleterre. Pendant une patrouille dans la Manche dans la nuit du 29 avril, l’Athabaskan et l’Haida rencontrèrent des destroyers ennemis de la classe Elbing. Des salves répétés de canons touchèrent les navires ennemis et un des destroyers ennemis s’échoua. Pendant la bataille l’Athabaskan fut torpillé par le destroyer T-24 et coula.

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destroyer de la classe Elbing

Le commandant, dix de ses officiers et 100 hommes d’équipage perdirent la vie; cinq officiers et 80 hommes d’équipage furent faits prisonniers. Un officier et 45 marins furent sauvés par l’Haida et revinrent en Angleterre.

J’ai trouvé plein de photos et le récit de la bataille sur Internet. Voici la photo du capitaine du destroyer Athabaskan…

JohnStubbs

le capitaine John Stubbs

J’ai la permission de l’auteur, monsieur Dufeil, d’utiliser son texte. Il a même un site que je vous invite à visiter. Si vous fouinez comme il faut, vous trouverez le récit.

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Voici la liste des marins décédés que j’ai trouvée sur plusieurs sites Internet :

Adams, John C. – AB

Agnew, John – AB

Allison, Albert E. – AB

Amiro, Irvin V. – Tel

Annett, Robert I.L. – SLt (E)

Armstrong, George A. – AB

Ashton, Percy G. – AB

Barrett, Arthur E – AB

Bell, Donald A – Sto

Berkley, Alfred G. – OS

Bertrand, Laurent J.L. – CPO

Bianco, Anthony D. – AB

Bieber, Edgar E. – Sto.PO

Blinch, Harry C. – AB

Brandson, Thomas L. – Lt(S)

Brighten, Victor H. – ERA

Burrow, William O. – LS

Chamberland, Paul H.A. – AB

Cookman, Edgar A. – LS

Cooney, Stewart R. – Stwd

Corbiere, Vincent G. – AB

Corkum, Gordon F. – AB

Cottrell, Sydney A. – AB

Croft, Mayle H. – AB

Cross, Alfred T. – O.Tel

DeArmond, Gordon, L. – LS

Dillen, Stewart C. – Stwd

Dion, A. Jean G. – L.Sto

Edhouse, Donald W. – Sto

Fleming, Harold L. – AB

Forron, Jack E.A. – Sto

Fralick, Earl I. – AB

Frith, William A. – AB

Fuller, Eugene M. – AB

Gaetano, Valentino J. – AB

Gibbons, Marshall L. – AB

Goldsmith, T.H. – C.Yeo.Sig

Gordon, Lloyd M. – AB

Goulet, Robert J. – Sto

Grainger, Roy J. – LSA

Guest, Carlton G. – AB

Hayes, Christopher – OS

Heatherington, John T. – Sto

Henry, Robert J. – AB

Houison, George D. – L.Wrtr

Hurley, Micheal P. – Sto

Irvine, Leonard C. – AB

Izard, Theodore D. – Lt(E)

Jarvis, Edmund A. – LS

Johnson, Elswood S.- AB

Johnson, Richard R. – L.Sto

Johnston, Lawrence R. – AB

Kelly, Lionel D. – Stwd

Kobes, John R. – LS

Lamoureux, Andre – LS

Lawrence, Ralph M. – Lt

Lea, Eric E. – Sto

Ledoux, Louis – AB

Lewandowski, Stan S. – Sto

Lind, Mekkel G. – StoPO

Love, Walter M. – ERA

Lucas, Donald O. – Sto

MacAvoy, Gerald W. – PO.Cook

MacDonald, Ashley K. – AB

MacKenzie, Alexander – AB

Maguire, John W. – L.Sto

Mahoney, John D. – Lt(SB)

Manson, John L. – Cook

Matthews, George H. – AB McBride, John L. – AB

McCarroll, Thomas G. – Sto

McCrindle, William D. – AB

McGregor, William – L.Sto

McLean, Daniel H. – AB

McNeill, John J. – Sto

Meadwell, Richard G. – AB

Mengoni, Eric J. – AB

Metcalfe, Donald I. – Elec.Art

Millar, Victor – AB

Mills, Ernest G. – C.ERA

Mumford, Leonard K. – ERA

Nash, Robert A. – SLt

Nicholas, Joseph R. – L.Sto

Ouellette, Joseph E.V. – AB

Peart, Hubert J. – AB

Phillips, John D. – AB

Pike, Brenton J. – AB

Pothier, Charles L. – AB

Rennie, John E. – PO

Riendeau, Joseph A.L. – AB

Roberts, John C. – ERA

Roberts, Raymond L. – AB

Robertshaw, Eric – AB

Robertson, Ian A. – AB

Robertson, William – Sto

Roger, Leo A. – Sto

Rolls, Raymond B. – AB

Ryan, Norman V. – AB

St. Laurent, Joseph L.M. – AB

Sampson, Francis L. – AB

Sanderson, Earl H. – AB

Senecal, Jean G.L. – AB

Sherlock, Albert V. – Stwd

Sigston, George D. – Gnr

Singleton, John C. – AB

Skyvington, Francis G. – SBA

Sommerfeld, Samuel W. – AB

Soucisse, Paul E. – Coder

Stevenson, Elmer H. – Sto

Stewart, John L. – AB

Stewart, William G. – Sig

Stockman, Ernest O. – Lt (E)

Stubbs, John H. – LCdr

Sutherland, John W. – AB

Sweet, Charles C. – CPO

Thompson, Harry – Sto

Tupper, Allister R. – Ord.Art

Vair, James A. – L.Stwd

Veinotte, Joseph V.W. – Sy.PO

Waitson, Maurice – AB

Wallace, Peter W. – AB

Ward, Leslie – Lt (SB)

Watson, Reginald J. – Tel

Williams, Kenneth W. – ERA

Wood, John A. – AB

Yeadon, Robert L. – AB

À demain pour le début de l’histoire.

Source du texte : http://www.histomar.net/Manche/htm/selection.htm

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HMCS Athabaskan, 29 avril 1944 Prologue

Il y a 77 ans, 128 marins allaient entrer dans l’histoire de la Marine royale canadienne.

Depuis août 2009, je n’ai pas cessé d’écrire sur Souvenirs de guerre.

Voici le tout premier billet…


Voici l’histoire du naufrage de l’Athabaskan.

L’oncle de ma femme aurait été chauffeur (stoker) à bord du destroyer Athabaskan et travaillait dans la salle des machines.

Le premier navire qui porta le nom d’Athabaskan fut lancé le 8 novembre 1941 et entra en service en 1943.

athabaskan1-1

Vers la fin d’août 1943, en tant que navire commandant un groupe de destroyers patrouillant dans le golfe de Gascogne, l’Athabaskan fut endommagé par un missile aérien lancé par un des bombardiers allemands qui attaquaient simultanément le groupe. L’Athabaskan retourna au port par ses propres moyens bien qu’une de ses chaudières et deux réservoirs à carburant aient été inondés. En février 1944, l’Athabaskan, le Huron et l’Haida rejoignirent la 10e flottille de destroyers basée à Plymouth en Angleterre. Pendant une patrouille dans la Manche dans la nuit du 29 avril, l’Athabaskan et l’Haida rencontrèrent des destroyers ennemis de la classe Elbing.

2009-08-19 T_35

Des salves répétés de canons touchèrent les navires ennemis et un des destroyers ennemis s’échoua. Pendant la bataille l’Athabaskan fut torpillé et coula. Le commandant, dix de ses officiers et 114 hommes d’équipage perdirent la vie; cinq officiers et 85 hommes d’équipage furent faits prisonniers. Un officier et 41 marins furent sauvés par l’Haida et revinrent en Angleterre.

J’ai trouvé le récit de la bataille sur Internet.

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Les souvenirs de guerre de Gilles Collaveri

Gilles Collaveri m’a écrit ce matin et a partagé ce qui suit…

En cette période de confinement, conservons le lien grâce à la passion de l’aviation.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un seul avion anglais fut abattu sur Toulouse : Voici en PJ son histoire, mais aussi et surtout celle de son équipage ;Bonne lecture;Gilles Collaveri

Le B-24 de Saint-Donat

J’avais déjà entendu parler du B-24 de Saint-Donat, mais quatre photos ont ravivé mes souvenirs de l’histoire du B-24 de la montagne Noire. Je n’avais pas pris ces photos après avoir gravi la montagne Noire. Elles avaient été plutôt envoyées cette semaine par Julie qui les avait partagées.

Julie avait gravi la montagne Noire. Je me demande bien pourquoi.

À suivre…

Gardiens du Liberator

Mis à jour le 9 avril 2021

Pour en savoir plus…

https://www.ledevoir.com/societe/534044/les-secrets-de-la-montagne-noire

https://www.ledevoir.com/societe/537779/morts-au-retour-du-combat

http://www.societehistoriquesaint-donat.ca/Liberator-Harry

https://liberator-harry.ca/

http://www.guidesaintdonat.ca/histoire.html

Les 24 aviateurs qui périrent ce jour-là en 1943, dans le pire accident de l’aviation militaire canadienne, étaient…

Flight Lieutenant Joseph Alfred Raymond POIRIER,

Flying Officer Stephen Andrew SANDERSON,

Flight Lieutenant Robert Frank FISHER ,

Flying Officer Jay Syver JOHNSTON,

Warrant Officer 2nd Class Joseph Alexander BARABONOFF,

Warrant Officer 1st Class Franklin Elwood JENKINS,

Warrant Officer 1st Class Jacob SILVERSTEIN,

Warrant Officer 1st Class Wilfred I. HOWLETT,

Pilot Officer James LAMONT,

Pilot Officer Robert William MacDONALD,

Sergeant Eric Morgan FINN,

Sergeant William Gordon MacNAUGHTON,

Sergeant Raymond Frank WARE,

Sergeant Franklin Hicks ELLIOTT,

Corporal Harold David BEATTIE

Leading Aircraftman Charles Laurie DYNES,

Corporal Alec Clare JOHNSTON,

Sergeant Stanley Albert WOOD,

Leading Aircraftman Joseph Achille Jean Paul VIELLEUX,

Leading Aircraftman Guy Ridgewood PATTERSON,

Corporal Howard Kenneth HAMBLY,

Corporal Ronald Douglas MARR,

Leading Aircraftman Edwin William READ

Leading Aircraftman Albert James RADCLIFFE.

Le Mois du Souvenir du No. 9 B&G School Mont-Joli – Février 1942

Mise à jour 23 mars 2021

Source des photos: Aviation royale canadienne (RCAF)


Souvenirs de guerre reprend encore son envol ce matin à bord d’un Fairey Battle imaginaire.

Ci-dessous nous sommes le 23 août 1940 au-dessus de la région de Trenton selon la description de la photo PL-1208 du Département de la Défense nationale.

23 August 1940
Lysander & Fairey Battle A/C port side, Trenton

Guy Fournier m’a envoyé plusieurs photos depuis celle-ci prise le 26 février 1942 au No. 9 B&G School à Mont-Joli.

Vingt et une recrues posent pour la postérité le 26 février 1942.

J’aurais bien aimé vous en parlez le 26 février 2021, car 16 ne reviendront pas de la guerre.

Sur la première rangée :

E.M. Merritt, St. Stephen N.B.;

https://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2048156?Edward%20Miles%20Merritt

E.G. More, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2202236?Eric%20Gordon%20More

F.H. Purchase, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2820401?Frederick%20Hugh%20Purchase

J.W. Loree, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2620015?James%20William%20Loree

A.W. Puffer, Toronto; 

F.E. Jackson, Montreal; 

F.W. Hall, Toronto

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2686110?Francis%20William%20Hall

Sur la deuxième rangée :

Beckett, Meaford On.; 

H.F. Longworth, Woodstock On;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2716185?Harold%20Francis%20Longworth

J.C. Laflamme, Ottawa;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2427340?Joseph%20Yves%20Camille%20Charles%20Laflamme

D.W. Warwick, Toronto;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2046744?Douglas%20William%20Warwick

J.R. Gaudet;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/1082055?Joseph%20Raymond%20Gaudet

K.S. Gunning, Sherbrooke;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/1799005?Kenneth%20Stewart%20Gunning

F.A. Wile

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2046928?Floyd%20Alvin%20Wile

Sur la troisième rangée :

E.T. Spears, St. John;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2715001?Edmond%20Thomas%20Spears

R.N. McCleery, Ottawa;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2620018?Raymond%20Norman%20McCleery

R.W.Folkes, Toronto; 

C.F. Wattie, Barrie; 

J.R.A. Dugal, Montreal;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2200045?Joseph%20Jean%20Baptist%20Albert%20Dugal

R.H. Welsh, Sherbrooke;

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/1531248?Ronald%20Hanson%20Welsh

R.M. Jupe, Montreal.

https://www.veterans.gc.ca/eng/remembrance/memorials/canadian-virtual-war-memorial/detail/2047736?Royden%20Martin%20Jupe


Voici une autre photo où on revoit 12 aviateurs de l’Ontario.

Voici la vignette qui accompagne la photo PL-8030
26 February 1942
#9 Bombing & Gunnery Mont Joli Qc.

A group of Ontario men who recently received the single Wing of an R.C.A.F. Observer is shown above following their graduation from No. 9 Bombing and Gunnery School, Mont Joli, Quebec.

They are as follows:
Front row, left to right: LAC J.C. LaFlamme, 1341/2 Nelson St., Ottawa; LAC D.W. Warwick, 293 Wright Ave., Toronto; LAC F.H. Purchase, 24 Cedar Ave., Toronto; LAC H.F. Longworth, Woodstock; LAC Francis W. Hall, 306 Sackville St., Toronto.
Back row: LAC Harry Beckett, Meaford; LAC A.W. Puffer, 204 High Park Ave., Toronto; LAC R.N. McGleery, Ottawa; LAC Eric G. More, 192 Dunvegan Road, Toronto; LAC James W. Loree, 97 Bastedo Ave., Toronto; LAC Charles F. Wattie, Barrie; LAC Reginald W. Folkes, 362 Bleecker St., Toronto.

À suivre sur Souvenirs de guerre… sur Fairey Battle.

Lysander & Fairey Battle A/C