Philippe Rousseau, un héros inconnu et méconnu de Montmagny ?

Ce commentaire a été ajouté ce matin à ce billet écrit en 2010.

Bonjour je suis très touchée par vos récits je suis originaire de Douville en Auge et ma mère bientôt âgée de 81 ans était à Douville aussi avec sa famille. Elle se rappelle bien de ce qui s’est passé au moment du 6 juin 1944 avec les Canadiens. C’était non loin de Gonneville-sur-Mer et Grangues. C’était au lieu dit la maison blanche sur la commune de Douville en Auge, d’ailleurs aujourd’hui 7 juin 2014 je vais me rendre à Gonnevile-sur-Mer déposer des fleurs devant la plaque de ces soldats à qui nous devons la liberté. Je suis âgée de 38 ans et avant c’était mon père qui déposait des fleurs. Il est décédé l’année dernière. Donc à moi sa fille de faire un geste pour ces soldats.

Original

Je ne vais pas réinventer la roue.

Je vais ajouter d’autres photos que j’ai trouvée, dont celle de la compagnie B du 1er bataillon canadien de parachutistes et  laisser notre jeune blogueuse ce matin vous parler de Philippe Rousseau…, mais quand j’aurai fini de parler des frères Rousseau, je vais vous parler d’elle .

Lieutenant Philippe Rousseau

2 mai 1921 – 6 juin 1944

Décédé à Gonneville-sur-Mer, Calvados, France

Philippe Rousseau est né à Montréal, mais demeurait à Montmagny, près de Québec. Il était le fils de Lacasse Rousseau, ingénieur-électricien et de Gabrielle Fafard.

Il venait d’une famille de 14 enfants, 12 garçons et 2 filles. Parmi ceux-ci se trouvait le Lieutenant Maurice qui faisait partie du Special Air Service (SAS), Jacques, directeur du Jardin Botanique de Montréal, et ses deux sœurs étudiantes en médecine, Pauline et Marie, sur cette photo prise après la guerre avec un ami de Philippe ou de Maurice.

Philippe Rousseau intègre le Régiment de la Chaudière à Lévis avant de s’enrôler dans le Premier Bataillon de parachutistes dès sa création en juillet 1942. Il est déjà officier, ayant gradué du Royal Military College de Kingston avec Maurice. Il se qualifie comme parachutiste à Ringway en Angleterre à la fin de 1943, peu après son frère. Sur la photo, Philippe est à gauche et Maurice à droite, alors tous deux membres du Premier Bataillon de parachutistes canadiens.

Philippe et Maurice Rousseau

Durant l’hiver 1944, il succède à son frère Maurice comme officier de la section 4 de la compagnie B.

Compagnie B


Il ne parle alors que peu l’anglais mais apprend très rapidement. Il parlera toujours dans des élans passionnés que ses hommes n’oublieront jamais.

Maurice s’est quant à lui engagé dans le SAS, le Special Air Service, abandonnant son grade de capitaine pour redevenir lieutenant.

« Il avait hâte d’en découdre avec l’ennemi et il n’avait aucun moyen de savoir quand le débarquement aurait lieu. » (A Rising of courage)

Le SAS est une unité de parachutistes britanniques faisant partie de commandos spéciaux. Leurs missions sont toujours périeuses et consistent à effectuer du sabotage, à voler les banques pour fournir de l’argent allemand aux alliés ou encore à attaquer des convois, le tout derrière les lignes ennemies et coupé de tout renfort. Les SAS nuisent tellement aux Allemands qu’Hitler a ordonné que tout membre du SAS fait prisonnier soit immédiatement abattu.

À lundi prochain…

Les sanglots longs des violons de l’automne.

Fin du billet original

Je vais écrire à Madeleine afin d’en savoir plus sur le lieutenant Rousseau et sur le devoir de mémoire de cette famille française.

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Souvenirs de guerre…

Mario Hains m’a dit qu’on lui avait dit que son oncle Fernand n’avait peur de rien…

Voici quelques-unes des nombreuses photos que Mario m’a envoyées.

Elles ont été prises en 1943.

Ce n’est pas tout le monde qui voulait s’enrôler dans l’armée canadienne à cette époque et les tensions étaient grandes dans la population.



parade du régiment de la Chaudière ou des Fusiliers de Sherbrooke
sur la rue Queen à Sherbrooke


parade du régiment de la Chaudière ou des Fusiliers de Sherbrooke
sur la rue Queen à Sherbrooke


Fernand est mort à la Mare d’Anguerny le 6 juin.

Il n’était pas seul.

Et cette commune s’en souvient encore…

Cliquez le lien ci-dessus pour le livre en format PDF

Livre d’Anguerny du 60e


Fernand Hains mort au champ d’honneur

Ça tombe bien comme coïncidence si je peux m’exprimer ainsi.

On est le 7 juin. J’ai vu le soleil se lever ce matin…

Voyez-vous, le 7 juin est une date importante dans la vie de Fernand Hains.

On a tous des dates importantes comme ça dans notre vie.

Fernand était un petit gars de Bromptonville.

Il s’était porté volontaire pour aller combattre Hitler et le nazisme…

Jean-Louis Fernand Hains

1915-1944

Fernand était un soldat du régiment de la Chaudière. Il était caporal.

Fernand1

Bromptonville 1943

Fernand n’a pas d’école en son nom à Bromptonville et n’en aura jamais d’ailleurs.

On ne nommera pas aussi de cabane à sucre en sa mémoire.

Tout juste un autre oublié qui n’a que son nom sur un monument…

Monument en hommage aux anciens combattants de Bromptonville

Oublié, sauf pour son neveu Mario.

Le mois dernier, Mario m’avait envoyé tellement de photos et de documents sur Fernand que je ne savais pas par où commencer l’histoire de Fernand.

Voyez-vous, le 7 juin 1944 est une date importante dans la vie de Fernand. Tout comme des centaines et des centaines de civils de la Normandie, tout comme le lieutenant Philippe Rousseau, un petit gars de Montmagny, Fernand n’aura jamais vu le soleil se lever sur la Normandie le 7 juin 1944.

Le 6 juin 1944, Philippe Rousseau fut tué à Gonneville-sur-Mer et Fernand Hains fut tué à la Mare d’Anguerny.

Stèle en hommage aux soldats morts à Anguerny

Mario connait toute l’histoire de son oncle Fernand,

On se revoit lundi prochain.

J’espère que tous les soldats canadiens en Afghanistan verront le soleil se lever… Cliquez ici pour la liste des soldats tués en Afghanistan.

Je ne sais par où commencer…

Mario m’a envoyé toute sa documentation ramassée au fil des ans sur son oncle Fernand.

Je viens de lui écrire, car je ne sais pas par où commencer.

Je vais vous mettre cette photo.

On est le 5 juillet 1946.

Voici le verso de la photo…

Je vous reviens lundi avec le prochain article, car j’ai tant de choses à lire… et à dire…

Vendredi je vous parle d’une photographie qu’un de mes lectrices m’a envoyée.

Le neveu de Fernand

Mario Hains demeure à Bromptonville.

J’ai fait sa connaissance avec l’histoire d’Eugène Gagnon, pilote de Mosquito.

Mario m’a parlé de son père qui a aussi été soldat.

Mais ça c’est une autre histoire que je vais vous raconter une autre fois.

C’est surtout l’histoire de Fernand dont je veux vous parler, car elle démontre comment l’histoire s’écrit souvent au détriment des soldats qui sont allés servir en Europe.

Fernand faisait partie du régiment de la Chaudière.

Le même que celui d’Émilien Dufresne dont la fille se dit fière d’être sa fille.


Fernand n’a jamais eu de fille pour être fière de lui…

Il est un autre soldat dont l’histoire est restée dans l’ombre des souvenirs de guerre de ceux qui sont revenus.

Si vous connaissez Fernand Hains ou si vous connaissez quelqu’un qui l’a connu, cliquez ici pour m’écrire…

La prochaine fois je vous présente des gens qui l’ont connu en France…

À la mémoire du soldat Fernand Jean-Louis Hains

La plupart des soldats morts au champ d’honneur n’ont que ceci pour qu’on se souvienne de leur sacrifice…

À la mémoire du soldat
Fernand Jean Louis Hains
décédé le 6 juin 1944

Service militaire :
Numéro matricule : D/124725
Âge : 28
Force : Armée
Unité :  Le Régiment de la Chaudière, R.C.I.C.

Renseignements supplémentaires :
Date de naissance : le 27 septembre 1915

Fils de Donat et Alice Lambert Hains, de Bromptonville, Québec.

Informations sur le lieu d’inhumation :
Cimetière :
CIMETIÈRE DE GUERRE CANADIEN DE BÉNY-SUR-MER
Calvados, France
Informations sur la sépulture : II. E. 2.