Norman G. Dawber DFC

Norman G. Dawber DFC se trouve sur la même photo que Ross Eveleigh Johnson.

J’ai retrouvé hier la même photo avec la vignette suivante.

Quatre pilotes du 438e escadron en 1943 : le sous-lieutenant R.E. Johnson est sur l’aile; puis, de gauche à droite : le lieutenant R.F. Reid, le lieutenant H.E. Dawber et le lieutenant R.M. McKenzie. Johnson et McKenzie ont été tués au combat, respectivement le 15 et le 18 juillet 1944.
Service d’imagerie de la Défense nationale, PL 22802.

La photo se trouvait sur le site Le Projet Mémoire que je mets ici. On en apprend beaucoup sur ce pilote et aussi sur Rossie qui aurait pu se faire descendre dans son avion au lieu de mourir d’un éclat d’obus en allant chercher du bois avec ses frères d’armes.

Témoignages d’anciens combattants: Norman Dawber

Forces aériennes

Journal de bord de Norman G. Dawber, montrant les vols de 1939 à 1945.

Escadron 438, pilotes de la RCAF et un Hawker Hurricane.

Escadron 438, pilotes de la RCAF en salle d’opérations.

Bien, je suis né le 23 juillet 1920, à Toronto. Ça fait que j’ai 89 ans aujourd’hui. Il y a bien longtemps que je suis né mais j’ai eu une très belle vie de famille. Nous étions une famille de quatre : mon frère aîné qui avait six ans de plus que moi, ma mère et mon père. C’est seulement à l’époque de la Deuxième Guerre mondiale que les choses ont commencé à changer ; il y avait plus d’argent. L’argent était plus facile d’accès et ils avaient besoin des gens dans les forces armées. Et, mon frère et moi, nous avons servi dans l’Aviation. Et, nous avons tous les deux traversé cette période, une période de six ans ; nous l’avons traversée sans se faire tuer, c’est certain. Et, nous en sommes très reconnaissants. Et, moi, j’ai obtenu le grade d’officier pilote. Et, ils m’ont envoyé – au lieu de m’envoyer là où je voulais aller, c’est-à-dire, outre-mer piloter des Spitfires – ils m’ont envoyé en Alaska. Je pilotais des chasseurs américains contre les Japonais. Mais, les Japonais étaient trop éloignés de nous alors nous pourchassions leurs sous-marins qui pourraient s’approcher du Canada. Ce chasseur américain était l’équivalent d’un Spitfire. Très bel avion, bâti comme un Cadillac. Et, il comportait cinq, six canons de 50 millimètres. Et, ça, c’est beaucoup dire ! (Il rit.) Mais, il est certain, qu’on aurait pu détruire un sous-marin en surface. Alors, on partait à leur recherche, si jamais il y en avait qui se pointaient dans les environs. Par la suite, les Japonais on quitté les îles, les îles qu’ils occupaient là-bas et ils sont rentrés au Japon. Alors, notre escadron a été renvoyé à Vancouver avec l’avion américain. Nous les avons échangés ces avions et, nous sommes partis, en groupe, outre-mer, en Grande-Bretagne. Dès lors, nous étions basés en Grande-Bretagne et nous divisions notre temps entre la Grande-Bretagne et le continent. Nous suivions l’armée et supportions l’armée britannique selon leur besoins en services de pilotes de chasse. Plusieurs missions comportait des vols en basse altitude et des activités intenses. Nous avons perdu plusieurs hommes mais, en revanche, l’armée a été très bien servie. Si vous disiez aux gars de l’armée que vous pilotiez des Typhoons, ils répondaient, ‘’Mon Dieu, oui, laisse-moi te serrer la main.’’ C’est un sentiment formidable. Pendant une mission, nous avons bombardé en piqué un pont qui traversait la rivière Rhin. Et, l’armée n’était pas particulièrement contente de perdre ce pont mais, en revanche, cela a empêché les Allemands de revenir avec leurs tanks et tout ça de l’autre côté de la rivière. Alors, nous devions bombarder ce pont et c’était une tâche très difficile. Nous subissions des dommages des tirs antiaériens. Lors de mon troisième voyage là-bas, mon moteur a été atteint d’un obus de 88 millimètres. Le moteur s’est enflammé et il fallait que je balance les bombes que j’avais à bord. Nous avions sur ce chasseur, nous avions des bombes de 2,000 livres. C’est un gros chiffre ! Et nous en avions plusieurs, vous savez. Nous pouvions probablement détruire le pont avec des bombardements soutenus. Mais, il a fallu que je me sauve après avoir lancé mes bombes. Je suis allé aussi loin que possible vers l’ouest en espérant rejoindre les Britanniques qui étaient postés quand même assez loin. Je suis parvenu au-dessus d’un lieu où je pouvais observer des combats alors j’ai préparé l’avion, j’en suis sorti, j’ai sauté en parachute et j’ai tiré sur la corde d’ouverture. Je flottais vers le sol et j’entendais les canons et les mitrailleuses. Mais, de tout ça, les oiseaux, les oiseaux pépiaient et chantaient comme des fous. Je n’arrivais pas à le croire. Mais c’est vrai. C’est la seule chose qui déclenche mes souvenirs de ces moments-là, vous savez, parce que c’est quelque chose de particulier, quelque chose d’inattendu. En tous cas, lorsque j’ai atterri, deux soldats britanniques sont sortis de leur avant-poste et m’ont envoyé un signal. Je voyais bien qu’ils portaient des casques britanniques alors j’ai accouru dans leur direction. Je les ai rejoints et nous avons tous regagné leur cachette à la course. Nous avons couru sur une bonne distance. Et, j’étais, je ne m’étais pas rendu compte que j’étais en train de me faire mitraillé par les troupes allemandes, mais qu’ils avaient manqué leur cible. Dieu merci !

© 2019 Le Projet Mémoire, tous droits réservés

On retrouve quelques information erronées à mon avis. Je les ai mises en caractères gras. Mais ce n’est pas le but de mon propos ce matin.

Un autre pilote a été tué: le lieutenant R.M. McKenzie.

Il est à droite sur la photo du Hurricane. L’escadron 438 s’entraîne sur le Hurricane afin de se convertir sur le Typhoon. Rossie a fait quelques opérations sur le Typhoon avant de se faire tuer par des éclats d’un obus de 88 mm tiré par les Allemands le 15 juillet 1944.

Nicolas Paquin raconte son histoire à qui veut bien l’entendre.

Soyez assuré que je ne mène pas ce combat pour rien. Trois raisons m’y poussent.

L’injustice, d’abord. Il faut écouter la vidéo pour bien comprendre qu’il y a une injustice envers Ross. Ceux qui ont fait le monument aux pilotes de Typhoon à Noyers-Bocage l’ont volontairement omis parce qu’il n’est pas mort les mains aux commandes de son avion. Ils ont jugé qu’il ne méritait pas de se retrouver auprès de ses frères d’armes. Sur la liste officielle dans l’église d’à-côté, il n’a pas été recensé non plus.

J’ai fait des démarches pour corriger le tir sur ce monument et j’ai essuyé un refus. Quelqu’un a même eu l’affront de prétendre que son dossier est un faux et que Ross était un mécanicien qui se costumait pour paraître sur les photos de l’escadron. Absurde et injuste.

Le sens du sacrifice, ensuite. Tant et aussi longtemps qu’on prend un nom sur une liste pour ce que cela semble être, soit un nom sur une liste de noms, on efface l’humanité que portait ce nom. Il y a une vie derrière ces hommes, et c’est mon travail de ramener ces vies à la nôtre.

Que signifie le nom de Napoléon Hattote sur un monument aux victimes de la Marine marchande, si on ne fait pas le lien avec son fils Lauréat, miraculé mais brisé psychologiquement par le même naufrage, et si on ne fait pas le lien avec son autre fils Émile, tué en Hollande?

Le transfert de la mémoire, finalement. Les jeunes générations ne répondent plus présents aux cérémonies traditionnelles. Les plaques commémoratives conventionnelles ne leur parlent pas. À mesure que les témoins s’effacent, il n’y a plus de moyen pour eux de comprendre ce qui s’est passé. Une œuvre sculpturale qui offre au regard le visage très symbolique de ce garçon mort tragiquement est à mes yeux une façon renouvelée de commémorer. C’est l’objectif de l’art : permettre aux gens de voir une chose sous un autre angle.

Qu’en est-il du Lieutenant McKenzie, qu’en savons-nous et qui honore sa mémoire?

Un site Internet en mémoire des pilotes de Typhoon.

http://www.thetyphoonproject.org

Et pour R.M. McKenzie?

438 Squadron

Robert Melne McKenzie was the son of widower, Robert McKenzie, of Belle River, Ontario. He had three sisters. One of his sisters was in the RCAF and at #5 Radio School. He attended Essex High School and played on their basketball team. Prior to enlistment, he was a hardware clerk. He was married to Frances May (nee Heatherington) on September 23, 1943, in Los Angeles. She was from Los Angeles.

In September 1941, he was assessed as « keen, stable, above average material. Good average pilot. Has worked diligently on course. Has excellent voice and manner. Will make good instructor with experience. » October 1941, he was at #10 SFTS, where he fractured his left wrist. He was at 118 Squadron, Sea Island, BC before heading overseas in October 1943.

On July 18, 1944, Typhoon MN707, piloted by F/Lt ‘Mac’ McKenzie left base at 0705 hours to carry out a dive bombing attack on a bridge over the River Orne, France. While approaching the target after starting its dive bombing run, the aircraft was hit by flak and went into a spiral spin and crashed into the ground. Nothing was seen of the pilot. The Typhoon was found in the immediate vicinity where McKenzie went missing. His body was buried near the River Orne, Map Reference J975585; it was possible to identify him by personal effects found. « Lone grave in field near wreckage of aircraft. In same area a few hundred yards distant a lone grave — spot called ‘Champ du Puit’ ‘Un Soldat Anglais.' » In another report, « Whilst sweeping in the canton of Evrely, I found on a spot called ‘La Butte Maison Des Champs » Amaye Sur Orne, a very small remnant of the wreckage of a Typhoon. No aircraft or engine number was to be found. I managed to obtain the following cannon numbers: F23579, D10449, D19125. Alongside the wreckage was the grave of the pilot, marked with a cross bearing the following inscription: RCAF F/L R.M. McKenzie, J11317, 17-7-44. The grave did not bear any trace of having been registered. Arrangements are being made for the human remains to be transferred to a Military Cemetery and you will be informed as soon as this is done. » Signed F/L H. P. Masse. An epaulet showing rank of F/L, part of the Canadian Flying Badge, ronson lighter, similar to the one carried by F/L McKenzie, ammunition pouch with his name on it was discovered in the grave.

McKenzie’s remains were reinterred at the Ranville War Cemetery, Calvados, France.

LINKS:

http://www.thetyphoonproject.org/438/Robert Melne-McKenzie.html

 


 

Traduction libre

438e Escadron

Robert Melne McKenzie était le fils du veuf Robert McKenzie, de Belle River, en Ontario. Il avait trois soeurs. Une de ses sœurs était dans l’ARC à l’école radio no 5. Il a fréquenté l’école secondaire Essex et a joué dans leur équipe de basket-ball. Avant de s’enrôler, il était commis à une quincaillerie. Il était marié à Frances May (née Heatherington) le 23 septembre 1943 à Los Angeles. Elle était de Los Angeles.

En septembre 1941, on l’a qualifié comme étant  » alerte, stable, au-dessus de la moyenne « . Bon pilote moyen. A travaillé assidûment pour maintenir le cap. A une excellente voix et d’excellentes manières. fera un bon instructeur avec de l’expérience. » En octobre 1941, il se trouvait à la SFTS no 10, où il s’est fracturé le poignet gauche. Il était au 118e Escadron, à Sea Island (C.-B.) avant de partir outre-mer en octobre 1943.

Le 18 juillet 1944, le typhon MN707, piloté par le lieutenant d’aviation Mac McKenzie, quitte la base à 7 h 5 pour effectuer un bombardement en piqué sur un pont au-dessus de l’Orne, en France. Alors qu’il s’approchait de la cible après avoir commencé sa course de bombardement en piqué, l’avion a été touché par des tirs d’artillerie et s’est mis en vrille en spirale pour s’écraser au sol. On n’a rien vu du pilote. Le Typhoon a été retrouvé dans les environs immédiats où McKenzie a disparu. Son corps a été enterré près de l’Orne, référence cartographique J975585 ; il a pu être identifié par les effets personnels trouvés. « Une seule tombe dans un champ près de l’épave d’un avion. Dans le même secteur, à quelques centaines de mètres d’une tombe isolée, au lieu-dit’Champ du Puit »Un Soldat Anglais.' » Dans un autre reportage, « En balayant le canton d’Evrely, j’ai trouvé sur un site appelé’La Butte Maison Des Champs’ Amaye Sur Orne, un très petit vestige de l’épave d’un Typhon. Aucun numéro d’avion ou de moteur n’a été trouvé. J’ai réussi à obtenir les numéros de canon suivants : F23579, D10449, D19125. À côté de l’épave se trouvait la tombe du pilote, marquée d’une croix portant l’inscription suivante : F/L de l’ARC R.M. McKenzie, J11317, 17-7-44. La tombe ne portait aucune trace d’avoir été enregistrée. Des dispositions sont prises pour que les restes humains soient transférés dans un cimetière militaire et vous en serez informé dès que cela sera fait. » Signé le capitaine d’aviation H. P. Masse. Une épaulette représentant le grade de capitaine d’aviation, qui fait partie de l’insigne canadien de l’aviation, un briquet ronson, semblable à celui que portait le capitaine d’aviation McKenzie, une poche de munitions portant son nom a été découverte dans la tombe.

La dépouille de McKenzie a été inhumée de nouveau au cimetière de guerre de Ranville, dans le Calvados, en France.

Pourquoi?

Pourquoi?

J’ai demandé à Nicolas de vous écrire suite à la mise en ligne de mon dernier billet

Soyez assuré que je ne mène pas ce combat pour rien. Trois raisons m’y poussent.

L’injustice, d’abord. Il faut écouter la vidéo pour bien comprendre qu’il y a une injustice envers Ross. Ceux qui ont fait le monument aux pilotes de Typhoon à Noyers-Bocage l’ont volontairement omis parce qu’il n’est pas mort les mains aux commandes de son avion. Ils ont jugé qu’il ne méritait pas de se retrouver auprès de ses frères d’armes. Sur la liste officielle dans l’église d’à-côté, il n’a pas été recensé non plus.

J’ai fait des démarches pour corriger le tir sur ce monument et j’ai essuyé un refus. Quelqu’un a même eu l’affront de prétendre que son dossier est un faux et que Ross était un mécanicien qui se costumait pour paraître sur les photos de l’escadron. Absurde et injuste.

Le sens du sacrifice, ensuite. Tant et aussi longtemps qu’on prend un nom sur une liste pour ce que cela semble être, soit un nom sur une liste de noms, on efface l’humanité que portait ce nom. Il y a une vie derrière ces hommes, et c’est mon travail de ramener ces vies à la nôtre.

Que signifie le nom de Napoléon Hattote sur un monument aux victimes de la Marine marchande, si on ne fait pas le lien avec son fils Lauréat, miraculé mais brisé psychologiquement par le même naufrage, et si on ne fait pas le lien avec son autre fils Émile, tué en Hollande?

Le transfert de la mémoire, finalement. Les jeunes générations ne répondent plus présents aux cérémonies traditionnelles. Les plaques commémoratives conventionnelles ne leur parlent pas. À mesure que les témoins s’effacent, il n’y a plus de moyen pour eux de comprendre ce qui s’est passé. Une œuvre sculpturale qui offre au regard le visage très symbolique de ce garçon mort tragiquement est à mes yeux une façon renouvelée de commémorer. C’est l’objectif de l’art : permettre aux gens de voir une chose sous un autre angle.

Flying Officer Ross Johnson and comrades in arms

Image colorisée par Pierre Lagacé

 

Ross Eveleigh Johnson from Doug Banks

Image colorisée par Doug Banks

Jour J pour Rossie

Message de Nicolas Paquin

Ross Eveleigh Johnson est un jeune pilote du Québec qui fait la Seconde Guerre mondiale. Le 15 juillet 1944, il est tué par un tir allemand. Il est oublié pendant des décennies, et aucun monument ne lui rend hommage en Normandie.

Cette campagne de sociofinancement servira à ériger un monument à sa mémoire. Une oeuvre d’art visuelle témoignant de l’inutilité des guerres et du gaspillage de vies qu’elles représentent.

Contribuez dès maintenant à la hauteur que vous le souhaitez. Que vous le pouvez. Quant à moi, qui ai choisi de mener à terme ce projet, j’enverrai mon petit recueil d’histoires de soldats de chez-nous, Le Nerf de la guerre, à tous ceux qui auront donné 25$ ou plus.

Merci!

Cliquez ici pour être dirigé sur le site gofundme.

Ross Eveleigh Johnson from Doug Banks

Image colorisée par Doug Banks

Je me souviens

Après plus de 750 billets, je me demande si je devrais arrêter d’écrire Souvenirs de guerre.

On se souvient de quoi finalement sur Souvenirs de guerre que j’écris depuis 2009…

Rares sont les écrits qui racontent ce que les anciens combattants québécois ont réellement vécu. Cela explique le peu d’intérêt pour les souvenirs de guerre des anciens combattants après leur retour à la vie civile. Quand Léo Major est revenu de la guerre, il a demandé à sa mère où étaient ses vêtements.

Je les ai vendus parce que je ne pensais pas que tu reviendrais vivant.

Ce ne sont peut-être pas les paroles exactes, mais Léo avait compris le message. Il avait également compris le message quand on lui a offert une job comme commissionnaire à Longue-Pointe.

C’est à la lecture de la biographie de Léo Major écrite par l’historien militaire Luc Lépine que nous comprenons pourquoi les anciens combattants ont peu parlé de leurs souvenirs de guerre.

Luc Lépine réussit admirablement à faire parler Léo Major dans Léo Major, un héros résilient.

J’ai assisté vendredi dernier au lancement du livre au Manège militaire de Lévis. J’y ai rencontré plein de personnes intéressantes donc Nicolas Paquin. Nicolas m’a pris en photo et a immortalisé la dédidace de ma copie du livre de Luc Lépine.

Je ne sais pas si c’était volontaire comme le fut l’engagement de Léo Major…

Cette autre photo nous montre les enfants de Léo avec leurs enfants. On pouvait voir toute la fierté d’assister au lancement du livre.

Plusieurs personnes ont pris la parole dont Hélène, la fille de Léo Major. Elle a voulu rendre hommage à son frère Jocelyn décédé, lui qui avait tant voulu faire connaître aux Québécois les exploits de son père.

Les exploits de Léo, eux, sont bien connus en Hollande. Léo est un héros national ayant libéré à lui seul la ville de Zwolle.

Léo Major

Un moment inoubliable fut le touchant témoignage de madame Willeke Pierik Blanchet, née à Zwolle et ex-consule des Pays-Bas au Québec.

Je me souviendrai longtemps de son témoignage.  

 

Léo Major, partie 3 – le libérateur de Zwolle

Léo Major, partie 3 – le libérateur de Zwolle

Léo Major, partie 3 – le libérateur de Zwolle

Autour du poêle à bois

Partie 1
Partie 2

Si ça avait été dans les vues, c’est là qu’une grosse toune
épique serait partie à jouer, avec les tambours pis toute le kit, tandis que
Léo Major fonçait vers Zwolle comme une armée d’un seul homme. Y savait que
Willy aurait pas voulu qu’y soit pogné pour arvirer d’bord à cause de lui,
faique y’allait faire la mission, tout seul, jusqu’au boutte.

Léo suivit le chemin de fer jusqu’à la gare, comme le fils
des Van Gerner lui avait expliqué tantôt. Rendu là, il vit un hôtel avec une
Kübelwagen, un genre de p’tit char militaire allemand, de parqué en avant.
Y’avait un gars à bord, pis y’avait l’air d’attendre après quequ’un.

Léo se faufila, pis arriva drette à côté du gars, qui fit un
astie de saut en voyant c’t’espèce de crinqué avec yinque un œil pis une
mitraillette dans chaque main. Léo y’enleva…

Voir l’article original 1 252 mots de plus

En attendant de lire le livre sur Léo Major – partie 2

En attendant de lire le livre sur Léo Major – partie 2

En attendant de lire le livre sur Léo Major – partie 2

Autour du poêle à bois

Partie 1

Quelques mois après son exploit de malade, Léo faisait le tour d’un champ de bataille avec le padré de son bataillon dans un Bren Carrier, une espèce de p’tit blindé léger avec le dessus ouvert. C’te combat-là avait été particulièrement épouvantable; mais là, les balles avaient arrêté de siffler, les roquettes avaient fini de péter pis y régnait littéralement un silence de mort.

Ça sentait comme un méchoui dans’cour du yâble. Y’avait des
Allemands carbonisés éparpillés un peu partout: une roquette avait fessé
drette dans leur char d’assaut, pis y’avaient r’volé comme des catins en
guénille. Y’avait aussi quelques soldats canadiens morts, qui s’étaient
retrouvés à la mauvaise place quand c’tait pas le temps.

«Faudrait les ramasser pour les ramener au régiment», dit le padré.

Léo alla tusuite chercher les cadavres pour les mettre dans
le Bren. Quand y’eut fini, le chauffeur pis le padré s’assirent en avant…

Voir l’article original 1 322 mots de plus

À lire – Léo Major

Né en 1921, Léo Major grandit à Montréal durant la Grande Dépression. Aîné d’une famille nombreuse, il développe une relation conflictuelle avec son père et quitte la maison à 14 ans. Son père lui dit qu’il ne fera jamais rien de bon dans la vie: Léo va lui prouver le contraire.

En 1940, il s’enrôle dans le Régiment de la Chaudière. Après un entraînement long et exigeant, il participe au débarquement de Normandie. Dès son arrivée en sol français, il multiplie les actions d’éclat. Même après avoir perdu l’usage d’un œil près de Caen, Léo continue à faire la guerre comme tireur d’élite.

Aux Pays-Bas, Léo accomplit de nouveaux exploits, mais subit une autre grave blessure. En avril 1945, il réalise son exploit le plus fameux, libérant à lui seul Zwolle, une ville de 50 000 habitants. Il s’attire ainsi la vive reconnaissance des Néerlandais, qui le considèrent encore aujourd’hui comme un héros national.

En 1950, Léo Major se joint au Royal 22e Régiment et participe à la guerre de Corée, dirigeant une compagnie de soldats d’élite. Son incroyable sang-froid là-bas, entre autres sur la colline 355, lui vaudra une deuxième DCM (Distinguished Conduct Medal). Seuls trois autres soldats dans le monde ont reçu cette médaille lors de deux conflits différents.

Son retour à la vie civile est difficile: Léo affronte les troubles posttraumatiques de la guerre sans jamais se départir de la plus grande discrétion sur ses prouesses militaires. Cet ouvrage est la première biographie consacrée à ce diable d’homme, dont le courage et la détermination laisseront le lecteur pantois.

Léo Major

Lien vers le site des Éditions Hurtubise