Bourg Léopold – L’équipage du P/O Carman Vincent ROSS

Pour les rendre disponible sur les moteurs de recherche, voici la suite de la reconnaissance de caractères optiques de ces pages tirées du document de Nicolas Clinaz.

L’équipage du P/O Carman Vincent ROSS

Expérience opérationnelle
Pour l’équipage du P/O ROSS nous ne possédons qu’une source de renseignements : l’Operational Record Book du 429 Squadron (12), par ailleurs fort incomplet. Le nombre des vols d’entraînement réalisés nous est inconnu. Néanmoins, on peut remarquer que « nos » deux équipages participent à quelques missions communes. ROSS et ses équipiers arrivent à Leeming le 29 mars en provenance de la 61 Base.

Une source, malheureusement invérifiable, mentionne un vol d’une distance de
146 miles effectué le 21 mai 1944 de Leeming à Woodbridge. Information issue d’un
cahier (?) portant le nom de BAILEY et retrouvé après la collision au Longchamp par
feu Monsieur Pol Tournay (13)

La première mission, le 20 avril : les voies et les ateliers de réparation de la gare de Lens (Pas-de-Calais). Durée du vol de 21h31 à 02h17. Halifax III (numéro de série LK972 ou LV972 ?). Bonne attaque.

La 2e mission, le 22 avril : la ville de Düsseldorf. De 23h15 à 04h35. Halifax III LV989. Concentration de fusées éclairantes.

La 3e mission, le 24 avril : la ville de Karlsruhe. De 21h50 à 05h41. Halifax III LK792. Raid très difficile à cause du givrage et des conditions météo.

La 4e mission, le 9 mai : des batteries côtières à Saint-Valéry-en-Caux. Décollage le 10 mai à 01h10. Retour à 04h54. Halifax III MZ288. Attaque probablement bonne mais l’équipage ramène une de ses dix bombes de 500 lb à la maison. L ‘appareil emportait aussi trois bombes MG de 1000 lb.

Bourg-Léopold 001 équipage RossL’équipage du P/O Carman ROSS probablement photographié à Leeming (de g. à d.)
ROSS, BAILEY, RABOVSKY, DUNLOP, HORNBY, COLTMAN et KIRTON. (Greg KOPCHUK)

La 5e mission, le 11 mai : le réseau ferroviaire de Boulogne. De 22h39 à 02h16. Halifax III MZ285. Quelques bombes sont vues toucher (l’objectif), mais d’autres tombent tout près.

La 6e mission, le 12 mai : la gare de Louvain. De 22h03 à 03h03. Halifax III LW139. Semble être une bonne attaque.

La 7e mission, le 19 mai : des batteries côtières à Le Clipon. De 23h37 à 03h14. Dérouté sur Tuddenham à cause du temps. Vol retour à la base le 20 mai dans la journée.

La 8e mission, sur le réseau ferroviaire du Mans le 23 mai. De 0h04 à 04h35. Halifax III MZ295. Attaque semble être bonne.

La 9e mission, le 24 mai : le réseau des voies de chemins de fer d’Aix-la-Chapelle. Halifax III MZ295. L ‘attaque est un succès.

La 10e et dernière mission de l’équipage est le camp militaire de Beverlo, le 27 mai. L’équipage décolle à 23h47. Pour son dernier vol, le Halifax III « Y » MZ295 emporte seize bombes de 500 lb.

Le pilote : Carman Vincent ROSS (23 ans)
Né le 1er mai 1921 à Assiniboia (Saskatchewan), Carman est le fils du docteur Gordon Winiford ROSS et de Alice M. BALLARD. Il a une soeur, Winnifred Mary Jones. Nous disposons de peu de renseignements au sujet de sa scolarité. De descendance écossaise, le jeune Carman aurait suivi des études en mécanique automobile.

Il semble entamer la High School à Washington (au Canada ?). Entre juillet et novembre 1940, il travaille comme contrôleur dans une usine d’emballage. Par après, il est engagé comme ouvrier en tôlerie à la Boeing Aircraft C° de Vancouver. Il exerce cette profession de juillet 1941 à janvier 1942. Ses sports préférés sont le ski, le hockey, le tennis, le base-ball et le basket-ball.

Carman ROSS lors de son engagement. (C002283086, National Archives of Canada)
Le 14 mai 1942, il s’engage dans la R.C.A.F. pour suivre une formation de pilote-
observateur. A cette époque, il semble être domicilié à Frontier (Saskatchewan). Son
père décède le 3 septembre 1942, alors qu’il est élève à la 7 I. T.S. à Saskatoon (du 30
août au 21 novembre 1942). Carman rejoint la 23 E.F.T.S à Davidson le 22 novembre 1942 et y demeure jusqu’au 23 janvier 1943. Il passe ensuite à la 10 S.F.T.S. à Dauphin qu’il quitte le 28 mai 1943, non sans avoir été récompensé par ses ailes de pilote (acquises le 14 mai). Il lui reste exactement un an à vivre. Il embarque à Halifax le 22 juin et pose pied en Angleterre le 1er juillet. Carman rejoint la 15 (P) A.F. U. en date du 20 juillet 1943.
Le 2 novembre, il est versé à la 22 0. T U Il y rencontre ses futurs équipiers.

Ensemble, ils passent à la 61 Base le 24 février. Entre le 24 février et le 3 mars,
l’équipage effectue un stage à la Battle School. Ils y apprennent des tactiques
d’évasion en cas de chute en territoire ennemi. Ils sont versés au 429 Squadron, leur
ultime affectation, en date du 29 mars 1944.

Le navigateur : Elmer Lincoln BAILEY (28 ans)
Elmer BAILEY, familièrement connu sous le diminutif de « Linc » ou Lincoln, naît à Pickering (Ontario) le 10 avril 1916. Il est le fils de George Francis BAILEY (mort en 1928), charpentier de profession, et d’Emily Sophia WILKINS (décédée en 1954). Il a deux frères : Delbert Franklin (surnommé « Red », 1917-1976) et Russell Howard (né en 1922). Tous vivent à Toronto.

Bourg-Léopold 003 Bailey familyLa famille BAILEY réunie à Toronto en 1942 (de g. à d.) : Mme Emily WILKINS, Elmer Lincoln, Delbert Franklin et Russell Howard BAILEY. (Russell H. BAILEY)

Elmer est élève successivement à la Givins Public School et à la Bloor Collegiate
Institute de Toronto. Il entame une formation professionnelle en secrétariat entre
1936 et 1937.

Bourg-Léopold 003 BaileyElmer Lincoln BAILEY photographié en 1939 à Toronto. (Russell H. BAILEY)

Entre 1937 et 1942, Elmer est employé comme comptable dans différentes firmes. Pour donner de l’ambition à sa profession, il suit même des cours par correspondance à la prestigieuse International Accountants Society en 1941. Sportif multidisciplinaire, Elmer est éducateur physique en lutte.

Le 9 juin 1942, il se porte volontaire dans la R. C.A.F. Elève pendant plusieurs mois à la 1 I. T.S. à Toronto, il rej oint la 4 A. O. S. à London le 7 février 1943. Il y reçoit son aile de navigateur le 25 juin 1943 et quitte l’école le 9 juillet 1943. Elmer embarque à Halifax le 21 juillet. Après 8 jours de navigation, il débarque en Angleterre. Il est versé à la 6 (0)A.F. U. le 7 septembre. En date du 19 octobre 1943, il gagne la 22 0. T U Deux jours avant sa mort, il est commissionné P/O.

Son frère Russell rejoint le Coastal Command. A bord d’un hydravion Canso, il effectue de longues patrouilles maritimes depuis le Québec et l’Islande dans la lutte anti-sous-marine et la protection des convois ravitaillant la Grande-Bretagne.

Bourg-Léopold 004 Bailey groupLa promotion 54 photographiée à la 22 O.T.U. de Wellesbourne Mountford  (Warwickshire) à l’automne ’43. Elmer Lincoln BAILEY figure au 3e rang, 8e à gauche.
On croit reconnaître Lloyd KIRTON (1er rang, 2e à gauche). (Russell H. BAILEY)

Le bombardier : Moses RABOVSKY (26 ans)
Nathan RABOVSKY et Gertrude CADESKY émigrent au Canada vers 1908. Ce couple de juifs orthodoxes fuit les pogroms anti-sémites sévissant alors en Russie tsariste. De leur union, naît Moses, leur cinquième enfant, le 29 novembre 1917 à Owen Sound (Ontario). Au total, ils seront sept frères et soeurs, dont Mike (né en 1923) et Bertha (née en 1914), seuls encore en vie en 2002. La famille s’intègre parfaitement au Canada, terre d’accueil de nombreux immigrés. Moses y suit une scolarité normale.

Mike RABOVSKY nous décrit son frère, soixante ans après sa mort : « Il était agile et ne pesait pas très lourd. Il jouait volontiers au badminton, au tennis et pratiquait la randonnée et le ski. C’était un très bon nageur et il a même sauvé un jour notre neveu de la noyade. Lorsqu’il était au Royaume-Uni, ma famille lui envoyait des colis de nourriture avec des cigarettes. Nous correspondions régulièrement. La première fois, il fut rejeté de l’armée (la R.C.A.F.), parce qu’il n’était pas assez corpulent » (Lettre du 3 mars 2002 de Mr Mike RABOVSKY à l’auteur). Moses débute son service militaire le 8 août 1935 et sert dans l’Irey Regiment à Owen Sound. Il retrouve une occupation civile en 1938. Entre novembre 1940 et juillet 1941, il travaille dans une tannerie et ensuite dans un dépôt de ferraille
jusqu’en 1942. Il suit une formation à la W.E.P. T et semble intéressé par la R.C.A.F.
qu’il intègre le 9 juin 1942, lorsqu’il signe son engagement.

Bourg-Léopold 005 RabovskyMoses RABOVSKY en uniforme de sortie rehaussé de son insigne de bombardier. (Mike RABOVSKY)

Moses entame une formation de pilote et passe par plusieurs écoles (notamment
la 3 I.T.S. à Victoriaville, du 27 septembre 1942 au 9 janvier 1943). Malheureusement, il est recalé pour des raisons médicales (sa corpulence chétive est incompatible avec la fonction de pilote). Néanmoins, il peut poursuivre une formation de bombardier à la 4 B.G.S. à Fingal du 21 mars au 12 juin 1943. Il se lie d’amitié avec deux compatriotes : James STEELS et Gordon PARKER. Le trio restera lié pendant toute la durée de l’écolage. Ils reçoivent leur aile de bombardier le 23 juillet 1943 au cours d’une cérémonie (pour la promotion 78) se déroulant à la 4 A.O.S. à London.

James STEELS, vétéran de la R. C.A.F., se souvient de cette époque :
« J’ai rencontré pour la première fois Moses à la 4e école de bombardement et
d’artillerie à Fingal (Ontario), située sur la rive nord du lac Erie à environ 50 km de
Londres. De là, nous avons été postés à la 4′ école d’observateur de Londres. Nous
avons reçu une commission et nous fûmes envoyés outre-Atlantique comme P/O.
Après une permission, nous avons rejoint Halifax puis l’Europe sur le Queen Mary
(embarquement le 26 août 1943). Ce fut un voyage en zig-zag à travers l’Atlantique,
de 4 jours et demi, pour éviter les sous-marins allemands.

Nous avons débarqué à Gourock en aval de Glasgow. Ce fut alors un long voyage en train nous menant au centre de réception du personnel de la R. C.A.F. à Bournemouth sur la côte sud de l’Angleterre. Après deux ou trois semaines, nous avons été postés à la 2e unité d’écolage avancé pour observateur (en date du 14 septembre 1943) à Millom Cumberland, dans le nord-ouest du pays. Notre affectation suivante fut la 22e unité d’entraînement opérationnel (le 2 novembre 1943) à Wellesbourne Warickshire près de Stratford on Avon. Sur cette base, nous avons été associés à des pilotes, navigateurs, radios et mitrailleurs et nous avons commencé les vols avec les autres membres d’équipage. C’est alors que nous avons été séparés. De Moses, je me souviens d’un petit gars bien calme » (Lettre du 20 avril 2002 de Mr James STEELS à l’auteur).

Bourg-Léopold 006 Rabovsky

Un trio d’amis que seule la mort séparera : James STEELS, Gordon PARKER et Moses RABOVSKY (de g. à d.) photographiés à Bournemouth (G-B) en 1943. (James STEELS)

James STEELS sera versé au 419 (Moose) Squadron (basé à Middleton St. George) et accomplira un tour opérationnel de 30 missions, comme bombardier, à bord d’un Lancaster X piloté par son skipper, John ANDERSON. Il participe d’ailleurs au bombardement du camp de Beverlo, le 28 mai 1944.

Gordon PARKER aura moins de chance. Dès sa première mission, sur la gare de Montzen (du 27 au 28 avril 1944), son Halifax III (MZ588, codé QO-W) est attaqué par Heinz SCHNAUFER, le redoutable pilote de chasse de nuit allemand, Kommandeur du IV. /NJG 1 de Saint-Trond, qui remporte ainsi sa 61e victoire.

L’appareil s’écrase à 01 h40 près de Verviers, tuant six membres d’équipage, dont Gordon PARKER (14). Ces aviateurs, appartenant au 432 (Leaside) Squadron (basé à East Moor), reposent aujourd’hui à Héverlé. Les deux survivants sont faits prisonniers.

Bourg-Léopold 007 RabovskyMoses RABOVSKY en 1943. (James STEELS)

Moses ne survivra qu’un mois à la mort de son ami, avec le grade de F/O préalablement obtenu le 23 janvier 1944.

Le mécanicien de bord : Norman HORNBY (19 ans)
Fils de John William et Edith HORNBY, Norman est originaire de Leeds (Yorkshire), ville sidérurgique du nord de l’Angleterre. Il s’engage dans la R.A.F. et, à l’issue de son instruction de mécanicien de bord, il rejoint la 22 O. T U. à l’automne 1943, où il est intégré à un équipage canadien. Il meurt à 19 ans, âge relativement jeune, même pour un aviateur. Nous ne disposons pas de renseignements supplémentaires sur sa personne.

Notons que les aviateurs de la R.C.A.F. « bénéficient » d’un grade plus élevé à titre posthume. En fonction de leurs états de service ante mortem, ils peuvent recevoir
une commission d’officier. Ce genre de promotion est relativement rare pour les
membres de la R.A.F.

Le radio : Bruce DUNLOP (20 ans)
Le 1″ août 1923 voit la naissance de Bruce DUNLOP à Victoria (Colombie britannique). Son père, Douglas Vernon DUNLOP, est marié à Phyllis GILBERTSON. Il a une soeur : Gillian. Il reçoit une instruction militaire à la King School des Cadets Corps de
Canterbury (en Angleterre) de 1937 à 1940. Le soldat DUNLOP quitte l’école et revient au pays. Bruce semble suivre brièvement (pendant 3 mois) une formation, en cours du soir, à la Baines technical school. De septembre à décembre 1941, il travaille comme aide d’atelier en cale sèche.

Bourg-Léopold 008 DunlopBruce DUNLOP est photographié alors qu’il est titulaire de son brevet d’opérateur radio-mitrailleur. (0002283089, National Archives of Canada)

Le 14 mai 1942, il signe son engagement à la R.C.A.F. dans un bureau de recrutement de Vancouver. Il rejoint la 2 W.S. à Calgary le 18 juillet 1942 et y termine sa formation de radio le 5 février 1943. Bruce complète son écolage par un passage à la 8 B.G.S. à Lethbridge (Alberta), du 6 février au 2 avril 1943. Il y reçoit son insigne de radio/mitrailleur le 24 mars 1943. Il rejoint la 32 O.T U. à Patricia Bay le 3 avril et y demeure jusqu’au 7 août. Bruce embarque le 26 août, à Halifax, pour arriver en Grande-Bretagne après une traversée de 7 jours. Il gagne la 22 O.T U. le 3 novembre 1943. Sa commission de P/O est approuvée trois jours avant sa mort.

Le mitrailleur supérieur : Paul Everett COLTMAN (19 ans)
Paul COLTMAN naît le 8 septembre 1924 à Trenton, Ontario. Il est le fils unique d’Everett COLTMAN et d’Edith Marjorie STATIA habitant à Brighton (Ontario). Paul connaît une enfance sans histoires. Comme sports, il apprécie le hockey, le base-ball et la natation. Il pratique assidûment le tir. Il est élève à Brighton de 1930 à 1938. De 1938 à 1940, il étudie à la Trenton High School. Il travaille ensuite à la ferme familiale. Alors que son père reprend du service au sein de la R.C.A.F., Paul semble vouloir suivre les traces de son patriarche. Il s’engage comme simple soldat dans un régiment local de fusiliers, le 7 mai 1942.

Bourg-Léopold 009 ColtmanPaul Everett COLTMAN, déjà breveté mitrailleur, pose avec son père Everett. (Gail WILD)

Il y sert jusqu’en août. Peu après, il aurait suivi des cours de dactylographie (!) pendant trois mois, car à l’époque la R. C.A.F. recrute ce type de fonctionnaire. De plus, ce serait déjà « un pied dans l’étrier » en vue d’une future carrière d’aviateur. Son intérêt pour le tir (il « shoote » souvent au calibre .303) va naturellement l’orienter vers une formation de mitrailleur.

Bourg-Léopold 009 Coltman 1Le sergent Paul Everett COLTMAN, mitrailleur (Air Gunner) de la R.C.A.F. (Lynda HILL)

Paul s’engage le 4 novembre 1942 à Ottawa. Le 26 mars 1943, il intègre la 9 B.G.S. à Mont Joli. Il rejoint ensuite le 9 P.A.E. à Montréal le 3 mai 1943. Paul est versé à la 1 A.G.G. T.S., le 12 juin. Pour une raison inconnue, il retourne à la 9 B.G.S. le 8 août 1943 ; doit-il parfaire son entraînement ? Il reçoit finalement son insigne de mitrailleur le 17 septembre 1943. Durant l’écolage, son dossier militaire mentionne plusieurs hospitalisations. Il embarque finalement à Halifax le 8 octobre à destination du Vieux continent. Le 16 novembre 1943, Paul rejoint la 22 O.T.U. et y rencontre ses coéquipiers. Sa commission de P/O est approuvée deux jours avant sa mort.

Bourg-Léopold 010 ColtmanLloyd KIRTON, Paul Everett COLTMAN (remarquez le haut-de-forme, a kind of joke ?)
et, très probablement, Norman HORNBY (de g. à d.). Ils sont sans doute photographiés sur la base de Leeming au printemps ’44. (Gail WILD)

Le mitrailleur arrière : Lloyd KIRTON (20 ans)
Né le 11 novembre 1923 (une autre source indique le 7) à Owen Sound (Ontario), Lloyd est le fils aîné de Robert Fenrick KIRTON et Alice Maud BRALEYS, fondateurs d’une famille nombreuse comptant trois autres garçons et cinq filles. Lloyd, surnommé familièrement « Red » (rouquin), grandit à Bajeros (Ontario), paisible bourgade rurale. Il semble habiter au lieu-dit Proton Station. La crise économique minant les campagnes, la famille s’installe à Toronto et gère une petite épicerie, au 920 Gerard Street, dans laquelle Lloyd sert les clients. Il travaille ensuite dans un dépôt de charbon, sur la Pape Avenue, en chargeant et livrant du minerai dans la région. Lloyd termine sa scolarité à la Pape School de Toronto.
Comme sports, il pratique le hockey, le base-ball et le rugby. Il s’adonne aussi à la photographie. De 1939 à 1942, Lloyd effectue plusieurs boulots pour subvenir aux besoins de la famille et pour, probablement aussi, financer ses cours du soir en architecture ; en effet, il semble que le dessin soit sa passion, de même que l’aviation. En 1942, il travaille encore comme messager dans une banque de la Nouvelle-Écosse avant d’accomplir son rêve.

Notre Canadien concrétise son intérêt pour l’aviation en s’engageant dans la R.C.A.F. le 29 octobre 1942. Il suit une formation de mitrailleur à la 9 B.G.S. de Mont-Joli, du 26 mars au 2 mai 1943. Il passe ensuite brièvement à la 9 P.A.E. à Montréal (du 3 au 28 mai). La 1 A.G.G.T.S à Québec l’accueille du 29 mai au 10 juillet 1943. Il retourne à l’école de Mont-Joli (pour une raison qui nous est inconnue) jusqu’au 3 septembre. Lloyd y reçoit son aile de mitrailleur le 20 août 1943.

Il embarque le 13 septembre 1943 à destination du Vieux continent ; la traversée durant sept jours. Il est versé à la 22 O.T.U. le 5 octobre 1943. Deux jours avant sa mort, il est commissionné au grade de P/0. Sa mort est ressentie comme un terrible drame au sein de la famille.

Bourg-Léopold 011 KirtonLloyd KIRTON (accroupi, 2e à g.) pose avec sa classe lors de sa formation de mitrailleur.
L’avion monomoteur en arrière plan (un Harvard ?) est probablement utilisé pour tracter des cibles aériennes. (Gail Browning)

Gail Browning, la soeur de Lloyd, n’a jamais connu son frère. Née après la guerre, elle a vécu dans son souvenir et le mystère entourant sa mort : « Mes parents ne semblent pas avoir conservé les effets personnels de Lloyd qui devaient leur avoir été renvoyés. Il n ‘y a même pas de trace de son aile de mitrailleur. Ma mère était très en colère quand elle reçut la nouvelle et ne parla jamais de ce qui était advenu à Lloyd : je pense qu’elle détruisit tout ce qu’elle avait reçu (.. .). La seule chose que j’ai retrouvée c’est la photo de l’endroit où il est enterré (Baisy-Thy). La photo est abîmée par le fait que ma mère l’a portée constamment sur elle pendant 35 ans ». (Lettre du 30 novembre 2002 de Mme Gail Browning à l’auteur). Lloyd KIRTON.(Gail Browning)

Bourg-Léopold 012 Kirton

Bourg-Léopold 013 cimetière

La tombe de Lloyd Kirton au cimetière de Baisy-Thy en 1944 est abondamment fleurie par la population reconnaissante. Ce cliché a été pris par Charles Rembold et envoyé à la famille. (Gail Browning)

« J’aurais souhaité que mes parents soient encore en vie pour qu ‘ils apprennent enfin ce qui est arrivé à leur fils aîné. La raison pour laquelle nous ne savons pas beaucoup de choses à propos de Lloyd c ‘est, qu ‘après l’envoi du télégramme du Gouvernement, ils (les parents) n ‘ont jamais évoqué ce qui lui était arrivé, ni même sa vie. Je pense que cela les faisait trop souffrir ». (Lettre du 30 juillet 2002 de Mme Gail Browning à l’auteur).

Après une telle épreuve, puissent les parents de Lloyd Kirton reposer en paix. Nous clôturons ici les biographies des quatorze aviateurs, infimes bribes de leur courte existence. Avec l’avancée continuelle de nos recherches et grâce à l’appui sans cesse encourageant des familles, nous espérons les compléter le plus précisément possible malgré les lacunes et le temps qui passe, effaçant de tristes et trop lointains souvenirs.

12 AIR 27/1853.

13 Communication personnelle de Michel Simon.

14 CHORLEY W.R., Royal Air Force Bomber Command Losses of the Second World War, p. 200.

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2 réflexions sur “Bourg Léopold – L’équipage du P/O Carman Vincent ROSS

    1. As I said, I wish I could translate that document. But the message get across.
      More from the scanned document later.
      This is my way to remember on Rememberance Day November 11.

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