Bourg Léopold – Les faits

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Bourg-Léopold 001

Bourg-Léopold 002

(Auteur du document: Nicolas Clinaz)

Les faits
Trois mois avant le débarquement des forces alliées en Normandie (le 6 juin 1944), le Bomber Command se voit confier la mission de neutraliser les voies de communication situées dans les pays occupés, essentiellement en France et en Belgique. Ces raids de bombardement tactique s’inscrivent dans le cadre de la Transportation Campaign.
Jusqu’alors l’activité principale des bombardiers de la R.A.F. consiste à attaquer des objectifs stratégiques (villes industrielles) pour la plupart localisés en Allemagne.
Après le tristement célèbre raid de Nuremberg (nuit du 30 au 31 mars 1944), la quasi
totalité des missions du Bomber Command est constituée de raids tactiques dont les
cibles potentielles (gares de triage, voies de communication, camps d’entraînement,
dépôts, aérodromes, etc.) se situent à faible portée des bases britanniques. Ces
objectifs sont également moins bien défendus par la Flak. Pour les équipages des
bombardiers lourds, c’est un soulagement !

Les raids sur Berlin lors de l’hiver 1943-1944 avaient entraîné de lourdes pertes en hommes et en appareils, atteignant un summum catastrophique de 95 bombardiers
abattus (sur 795 engagés) lors du raid sur Nuremberg. Entre avril et juin 1944, de nombreux objectifs tactiques en Belgique reçoivent la visite du Bomber Command. Des centres ferroviaires comme Ottignies, Haine-Saint-Pierre, Gand-Merelbeke, Louvain essuient des attaques souvent dévastatrices. Ces objectifs se situent à proximité immédiate de zones résidentielles populeuses. A cette époque, les bombardements alliés de haute altitude (tant américains que britanniques) sont parfois (souvent ?) imprécis et la dispersion des bombes dans un large périmètre se révèle mortelle pour la population civile. Pour améliorer la précision des attaques et minimiser les dommages collatéraux, l’altitude de bombardement est diminuée (aux environs de 3000 m) et le marquage des objectifs est confié à des unités appelées Pathfinder et généralement équipées de Mosquito. Malgré ces mesures, les pertes civiles sont souvent importantes.

La nuit du 27 au 28 mai 1944
Devant la multitude des objectifs à attaquer, le Bomber Command investit toutes ses forces opérationnelles. C’est le cas durant la nuit du 27 au 28 mai 1944 au cours de laquelle 17 opérations de diverses envergures sont prévues. Cette nuit, les équipages effectuent pas moins de 1111 sorties! (1)

Les principaux objectifs attaqués cette nuit-là sont les suivants :

Le camp militaire de Beverlo (près de Bourg-Léopold) en Belgique, cible désignée
pour une force de 331 appareils des 1er, 4e, 6e et 8e Groups (totalisant 267
Halifax, 56 Lancaster, 8 Mosquito).

Le réseau ferroviaire de Rothe Erde près d’Aix-la-Chapelle, visé par 162 Lancaster et 4 Mosquito des 1er , 2e et 8e Groups.

Les installations ferroviaires de la ville de Nantes, ciblées par 100 Lancaster et 4 Mosquito du 5e Group.

L’aérodrome militaire de Saint-Jacques près de Rennes, attaque de 78 Lancaster et
5 Mosquito du 8e Group.

Au moins 5 positions de batteries côtières sur le littoral français, attaquées par 272 appareils (208 Lancaster, 49 Halifax, 15 Mosquito).

D’autres missions mineures, à effectifs réduits, tels que des raids de diversion, des
mouillages de mines, des largages pour la Résistance, etc.

Le camp militaire de Beverlo (Bourg-Léopold)
Situé dans la province de Limbourg, près de la ville de Bourg-Léopold (Leopoldsburg), le camp de Beverlo abrite une importante garnison de soldats allemands. C’est aussi un endroit de repos pour de nombreux militaires et notamment ceux de la Kriegsmarine.

Le camp avait déjà fait l’objet d’une première attaque, la nuit du 11 au 12 mai 1944 (2), au cours de laquelle participaient 190 Lancaster et 8 Mosquito du 5e Group (appuyés par 3 Mosquito Pathfinder du 8e Group). La brume épaisse rencontrée sur l’objectif ne permit pas un marquage précis. Le raid en cours fut annulé – tardivement – par crainte d’éventuels dégâts collatéraux. Malheureusement, 94 Lancaster s’étaient délestés, entre-temps, de leur cargaison sur le camp. Les bombes frappaient principalement la Zuidstraat à Beverlo et tuaient 84 civils dans le bombardement manqué (3). De plus, cette mission avortée entraîna la perte inutile de six quadrimoteurs. Important dépôt, le camp de Beverlo reste une cible de choix pour le Bomber Command surtout à quelques jours du Débarquement. Une seconde attaque est planifiée pour le 28 mai 1944 avec un effectif de bombardiers plus important.

Bourg-Léopold Halifax 425 Alouette

Sur le taxiway de la base de Tholthorpe (Yorkshire), le Halifax III MZ620 s’apprête à décoller. Cet appareil, du 425 (Alouette) Squadron, participe au bombardement du camp de Beverlo, le 28 mai 1944. A cette occasion, il est piloté par le talentueux Wing Commander franco-canadien Joe LECOMTE. (PL41610, Canadian Forces Imagery Centre)

1 MIDDELBROOK, Martin & EVERITT, Chris, The Bomber Command War Diaries, p. 515-516.

2 MIDDELBROOK, Martin & EVERITT, Chris, The Bomber Command War Diaries, p. 509.

3 LONCKE, Peter, Leopoldsburg 12 & 28 May 1944: Bomber Command for your freedom and yours.

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