Un Chevalier de l’Air issu d’une famille de soldats

Voici la retranscription d’un article que le fils de Pierre Lecoq m’a envoyé la semaine dernière.

Un Chevalier de l’Air issu d’une famille de soldats

Le Capitaine Pierre LECOQ

Savoyard d’origine et héros de l’aviation canadienne

La presse a abondamment parlé, ces derniers temps des exploits des F.F.I. Elle a chanté leurs louanges, et ils le méritaient.

Nous voudrions aujourd’hui rendre un juste hommage à une glorieuse famille de soldats qui tire ses origines des environs même de Bonneville et dont tous les membres, ou presque, se sont distingués dès le début des hostilités, toujours comme volontaires et toujours aux postes les plus exposés dans diverses formations aériennes et navales des troupes alliées.

Cette famille est la famille Lecoq. Le père, qui avait émigré au Canada, y est mort il y a une dizaine d’années, des suites de blessures reçues sur le front français au cours de la campagne 1914-18. Il est inhumé à Montréal. Après le décès du chef de famille, sa veuve, Madame Lecoq, est revenue au pays natal et s’est fixée à Bonneville avec ses quatre plus jeunes enfants, laissant au Canada son fils aîné, Pierre. Elle se dévoue activement pour les œuvres sociales de la localité, assurant notamment, avec une remarquable activité, les fonctions de secrétaire générale de l’Entr’Aide. Resté au Canada après le départ de sa mère, Pierre Lecoq comprit dès 1940 que son devoir l’appelait au secours de la patrie pour laquelle son père avait donné sa vie. Il s’engagea donc âgé d’à peine vingt ans comme volontaire dans la Royal Canadian Air Force. Tout d’abord élève-pilote, il attira l’attention de ses chefs par une vive intelligence, et manifesta d’emblée ces belles qualités viriles d’audace réfléchie et de sang-froid qui sont l’apanage des véritables aviateurs. Sa conduite lui valut d’être promu rapidement pilote, puis de devenir un des plus jeunes instructeurs de l’aéronautique américaine. Il se vit confier le poste particulièrement délicat d’instructeur de tactique en action, c’est-à-dire de moniteur chargé d’inculquer aux jeunes aviateurs la théorie de la guerre dans les airs. Ceci dura jusqu’en mai 1943.

À cette époque, le commandement demanda des volontaires pour venir se battre en Europe. Pierre Lecoq se présenta et fut affecté à une unité de chasseurs de la R.C.A.F. stationnés en Angleterre. Il avait entretemps gravi régulièrement les grades successifs qui devaient faire de lui un capitaine à 24 ans.

Vint le mois de juin 1944. Notre jeune capitaine, toujours plus impatient de servir pour la France, passa dans une des plus fameuses escadrilles, celle des Loups, et participa aux opérations de débarquement dans les forces protectrices des parachutistes. Puis il prit part à !a campagne de Normandie aux harcèlements des Allemands en retraite et à l’attaque des avions de la Luftwaffe.

S’il abattit plusieurs avions ennemis, Pierre Lecoq frôla aussi plusieurs fois la mort. S’il en réchappa ce fut par son habileté et aussi peut-être par une intuition qui semble protéger certaines natures prédestinées. Et nous voudrions, à ce propos, citer deux anecdotes qui émaillent sa carrière militaire.

Chacun sait que tout pilote a un avion qui lui est personnellement affecté, dont il a bien l’habitude, et dont il est seul à se servir. Pierre Lecoq reçut un jour la visite d’un de ses camarades d’escadrille qui lui demanda de lui prêter son avion pour participer à un raid. Il le lui refusa, disant : « Je t’assure que si tu le prenais, tu ne reviendrais pas.» L’autre insista. Pierre Lecoq, à contrecœur céda. Son camarade n’est jamais rentré…

Une autre fois, avant de s’envoler, il eut le pressentiment qu’il ne reviendrait pas. À tel point qu’il remit toutes ses affaires à son mécanicien et lui donna ses dernières instructions. Il rentra tout de même, mais avec un avion criblé de balles et complètement anéanti, n’ayant lui-même jamais compris comment il avait pu se tirer d’une situation véritablement désespérée. Son intuition l’avait trompé, mais de bien peu.

Après cette glorieuse campagne sur le front français. Pierre Lecoq sur l’ordre formel de ses chefs, dut rentrer en Angleterre pour reprendre ses fonctions d’instructeur. Les instructeurs de valeur sont plus rares que les pilotes de chasse et leur rôle, quoique plus ingrat, n’en contribue pas moins avec une efficacité plus grande encore à la victoire prochaine.

Il participa d’ailleurs, tout en faisant l’instruction à la défense contre les V-1. Ajoutons pour terminer qu’il est titulaire de plusieurs décorations.

Maintenant que nous avons assez longuement parlé de ta belle figure de Pierre Lecoq, disons quelques mots des autres membres de sa famille.

Ses deux frères, Jean et Yvon, que tous les Bonnevillois connaissent bien, veulent marcher sur ses traces et ils attendent en travaillant à l’ambassade du Canada à Paris de pouvoir s’engager dans l’armée canadienne.

Mme Lecoq mère compte également d’autres parents luttant pour la même cause commune: l’officier de marine Georges Lecoq, son beau-frère, engagé volontaire dans la marine canadienne au cours de la guerre 1914-18, engagé volontairement dans la marine américaine depuis 1941, combat avec les forces navales qui attaquaient les Japonais sur le Pacifique; l’officier aviateur André Glorieux, son neveu, fait partie d’une escadrille de bombardement en Angleterre; l’officier de marine André Ligot, son cousin, volontaire depuis juin 1940 dans la marine des forces du général de Gaule. Il est affecté sur une corvette et se trouve actuellement en Angleterre. Un autre de ses neveux, Raymond Glorieux, est tombé à 27 ans, au cours du premier raid sur Cologne. Son bombardier fut abattu en combat et il a été inhumé à Cologne.

À une époque où la France sort de son cauchemar et efface les dernière traces d’une servitude que certains eussent trop docilement acceptée, il nous a paru utile de citer le bel exemple d’une famille dont tous les membres donnèrent le signal de ce redressement moral qui permit à la patrie de se réveiller et de reprendre dans le monde la place qui lui revient.

Dans un prochain article, je vous montrerai les photos exclusives qu’il m’a envoyées. Si vous lisez l’anglais, cliquez ici pour lire mes articles sur Pierre Lecoq.

3 réflexions sur “Un Chevalier de l’Air issu d’une famille de soldats

  1. Okay, now you went and did it and I have to re-read my research on Japanese weaponry before I can put your link in. (LOL) That post had to be done soon – thanks to you I have more info.

    1. Hi Gail,

      I did not read the whole thing, but this document is so informative that I had to share it with you.
      I found it while looking for a strange Japanese word in a post… meaning octupus.
      When you read this document you have a better understanding of what these soldiers went through.
      No piece of cake!

      Pierre

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