L’histoire continue à s’écrire…

J’ai eu des nouvelles du Centre Juno Beach mardi matin. Je vais vous en reparler. Je sais maintenant tout ce qui s’est passé.

Voici en attendant un témoignage étonnant trouvé par une de mes lectrices. Ce soldat a connu Philippe Rousseau.

C’est sur le site des vétérans.

Voici le lien

http://vac-acc.gc.ca/souvenir/sub.cfm?source=collections/heros/details&media_id=3293

Jean Charles Bertrand Forbes

Né d’une famille d’industrialiste à Matane en mars 1921, Charles Forbes fait ses études chez les frères du Sacré-Cœur à Victoriaville.

Il se découvre une vocation de soldat grâce au prêtre du village.

Après un an au Collège Militaire Royal de Kingston en Ontario, il s’engage pour service actif en novembre 1941 et complète sa formation d’officier.

Après divers stages comme instructeur, il s’embarque pour l’Angleterre en décembre 1942.

Il est assignée au Régiment de Maisonneuve qui débarque en Normandie le 6 juillet 1944. Il participe à plusieurs campagnes à la tête de son peloton jusqu’à son rapatriement vers l’Angleterre en décembre 1944 à la suite d’une blessure subie à Groesbeek, en Hollande près de la frontière allemande.

À la suite d’un acte de bravoure exceptionnel lors de la capture du barrage reliant le Beveland du Sud à l’île de Walcheren en Hollande il est sacré Chevalier Militaire de l’Ordre de Guillaume par la reine Wilhelmine de la Hollande.

C’est la plus haute décoration de bravoure accordée par les Pays-Bas.

De retour au Canada au printemps de 1945, il est démobilisé en novembre 1945, mais se réengage pour participer à la guerre de Corée avec le 2e bataillon du Royal 22e Régiment.

Il quittera définitivement l’armée en 1965.

Une partie de son témoignage…

« Ils vont se faire descendre comme des canards »

M. Forbes est au camp militaire en Angleterre afin de compléter sa formation de colonel. Deux de ses amis lui proposent alors de se joindre à eux pour un bataillon de parachutistes.

Transcription

Nous sommes arrêtés à London, à Londres, et puis après Londres, nous sommes partis pour le camp.

Et là, nous avons continué l’entraînement.

Des officiers. On n’a pas de peloton.

Nous sommes des pelotons d’officiers, des pelotons de lieutenants.

Chacun notre tour, un lieutenant va commander le peloton.

À tous les jours, on change de commandant de peloton.

Il y en a un qui va jouer le rôle de sergent, trois qui vont jouer les rôles de caporaux, on a des effectifs de pelotons d’infanterie, trente-deux hommes, trente-trois hommes, trente-quatre hommes, et puis à tous les jours c’était un nouveau commandant de peloton.

Et là, on va s’entraîner à faire du battle drill, à faire du déploiement dans le champ, field craft, et tout ça.

Et là je découvre qu’il y a des instructeurs qui sont là en Angleterre, qui avaient été de mes élèves.

Puis c’est eux qui vont m’enseigner le battle drill.

C’est eux qui vont m’enseigner le field craft.

Alors, on se retrouve, on s’embrasse (rire), il dit, un lieutenant, entre autres, il m’a dit :

« lieutenant Forbes, il dit, ce que je vais vous enseigner, c’est ce que vous m’avez montré (rire). »

C’est la farce.

J’ai la visite de mon ami Philippe, Philippe Rousseau.

Il arrive avec des ailes de parachutiste.

Je viens tout croche.

« Philippe! Qu’est-ce qui se passe? »

Il dit : « Maurice et moi sommes maintenant avec le premier bataillon de para. On a laissé La Chaudière. On a une compagnie qui parle français. Maurice va être le second en commandement comme capitaine.

On t’attend! On t’a gardé une place. »

Eh! C’est l’équipe, mon vieux. C’est fantastique! L’énervement.

Je va voir l’adjudant, il écrit à Londres, CMHQ, on envoie mes papiers.

Le commandant du CIRU, c’est le colonel Billy Morgan. Ex-quatorze-dix-huit, croix militaire. Il a devant moi mes papiers. Je passe devant lui. Il me parle avec son accent français, franc-anglais :

« pourquoi voulez-vous aller au bataillon de parachutiste ».

J’ai dit : « mon colonel, je suis tanné. Je vais vous dire, il y a une farce qui se produit ici, savez-vous qui sont mes instructeurs? Mes anciens élèves. C’est un non sens. Présentement je suis attendu au bataillon de parachutistes parce que j’ai mes camarades qui sont mes anciens collègues du collège militaire de Kingston : Philippe et Maurice Rousseau. Je veux aller rejoindre mes amis. »

« Je vais vous dire ce que j’en pense. La guerre ne sera jamais gagnée à partir des descentes faites par des parachutistes sur la terre. Vous me comprenez? La guerre va se gagner à terre.

Ils vont tous être descendus comme des canards.

Il y a une période d’exposition aux feux de l’ennemi à l’intérieur des zones ennemie qui leur permettra de ne jamais accomplir rien de conséquent. »

Il m’ébranle, moi je vois les médailles.

Billy Morgan. Quand on parle de Billy Morgan, on parle d’un héro de 14-18.

On parle pas d’un enfant d’école, puis il l’a fait.

Il voit que je suis dépiné, débiné, il prend le téléphone.

Je vais vous envoyer dans un régiment, un bon régiment.

Je vais vous envoyer là.

Il prend le téléphone.

« Le fort? »

Le fort, Bisaillon, commandant du régiment de Maisonneuve (inaudible).

« Je t’envoie un officier. »

Le fort hurle : « j’en ai pas besoin!

J’en ai de trop. Renvoie en un, puis je t’envoie celui-là.

C’en est un bon! »


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