« OK […], tu rêves. Descends de ce bureau. »

J’ai reçu ce courriel au mois de septembre dernier…

La personne qui m’avait écrit ne m’a jamais réécrit pour permettre d’en parler.

Je vais vous en parler, mais je vais enlever tout indice pouvant reconnaître de qui on parle, car ce n’est pas l’identité de la personne dont je veux parler, mais ce qu’elle raconte sur son père.


Bonjour,

Je suis le fils de monsieur […], j’ai […] ans et je suis né à […].

Mon père est né le […] 1918, à […] au Québec et il est décédé le […], à […], suite à un «AVC » qu’il a subi le […].

Celui-ci fut impliqué dans la Guerre ’39-’45 dans les Royal Canadian Engineers… où il était «constructeurs de ponts »

Le but premier de celui-ci dans la dite guerre, était de laisser passer les troupes de Québécois ou autres dans la traverse de rivières en construisant des  ponts et par la suite de les démonter et poursuivre la route vers l’avant jusqu’au prochain obstacle, etc.

source Centre Juno Beach

Il fut grandement impliqué personnellement dans cette guerre et en revenant de celle-ci, il décida de s’installer dans la ville de […], en […] où quelques membres de sa famille étaient déjà installés.

Quelques années après son retour au Québec, celui ci est devenu policier […]

Il occupa de poste jusqu’en […], avant de recevoir les prestations d’assurance chômage pour l’année qui le rendit jusqu’à ses 65 ans.

Mon père avait la réputation d’être un homme fort et nerveux, alors qu’il était devenu […] de la police de la ville de […]

Il dirigea l’ensemble des policiers en leur faisant faire de la drill et ceci de façon très directe et minutieuse.

Suite à la fin de la guerre, il souffrit de nervosité en rêvant.

Au début de son retour au Québec, il rêvait que ses compagnons de la guerre sautaient et il se retrouvait sur un des bureaux qui faisait partie des meubles de sa chambre à coucher en criant au maximum de ses capacités personnelles…

Ceci faisait peur à ma mère qui se demandait ce qui se passait avec lui, mais après quelques expériences qui se répétaient presqu’à chaque nuit, elle était habituée et elle lui disait : «O.K. […], tu rêves, descends de ce bureau »…

Mon père descendait, mais il se rappellait de ces rêves en imaginant le nombre de ses amis qui sautaient sous de bombes qui étaient placés un peu partout au travers des chemins qu’ils devaient traverser en tout premier lieu, en considérant qu’ils devaient construire des ponts pour les troupes qui suivaient …

Vous comprenez maintenant mieux pourquoi les vétérans et leur famille n’aiment pas parler des souvenirs de guerre…

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