Le naufrage du Charybdis : septième épisode

HMS Charybdis, une heure trente.

– Contact radar droit devant ! Distance 14000 yards !

L’annonce de l’opérateur radar semble tout-à-coup galvaniser George Voelcker. Enfin , il les tient ! Ouf! Il a eu bien peur de passer à côté sans les voir.

– A tous, conservez le cap actuel ! Vitesse 25 noeuds !

Hollingdale, l’officier artillerie a compris lui aussi que l’en­gagement est imminent.

– Tourelles A et B ! Chargez un éclairant par pièce !

Derrière le croiseur dont le sillage grossit rapidement, les destroyers Limbourne et Grenville qui ont été distancés par la brutale accélération du Charybdis regagnent peu à peu du ter­rain.

HMS Limbourne

HMS Grenville

Qui plus est, et cela aussi a contribué à retarder les des­troyers, l’ordre n’a pas été bien saisi par tous car plusieurs d’entre eux ne sont pas calés exactement sur la fréquence d’émission tactique. Ceci avait déjà été remarqué lors de la transmission de réglage à faible puissance effectuée à Plymouth avant l’appareillage mais le manque de temps et les impératifs stratégiques n’avaient pas par la suite permis de revenir sur ce point.

Les adversaires ne se voient toujours pas mais maintenant, la distance décroît régulièrement. Le contact n’est plus qu’une question de minutes.

T 23, 1 heure 36…

T 23

« Chef de flottille à tous : ligne de file ! »

L’opérateur du radio téléphone transmet aussitôt l’ordre à la flottille dont tous les torpilleurs accusent réception sans délai tandis que les navires de la 4-TF, ombres noires sur fond de nuit sombre, évoluent pour se placer les uns derrière les autres. Batz confirme un contact imminent. Que ce soit à travers l’optique des jumelles de nuit, à travers celle du TZA ou celle du télé­pointeur, des dizaines d’yeux cherchent fébrilement l’adver­saire. Un silence pesant s’est abattu sur tout le navire. Un silence fait de toute la tension des équipages, celle qui précède le déchaînement des armes. Dans quelques minutes, voire quel­ques secondes, ce sera l’affrontement, le vacarme des canons, le feu des explosions et peut être même la mort pour certains.

Une heure quarante. Temme le chef timonier indique que selon ses projections sur la table traçante, l’ennemi doit être en ce mo­ment à trois milles du T 23. Toujours rien en vue. A présent, la 4-TF gouverne au cap 98, droit sur les Anglais. La pluie tombe par intermittence et la visibilité n’est guère supérieure à un mille.

Peter Wegner, l’officier canonnier donne brièvement quel­ques directives. Figés devant leur plateau de lancement, les torpilleurs du Lieutenant Arp sont prêts à ouvrir le feu dès l’instant où l’ordre en sera donné. Il est 1 heure 42.

– Herr Kaleunt ! Plusieurs ombres entre le 350 et le 080 ! hurle depuis la hune de veille le matelot Pirnke.

Friedrich Paul oriente les jumelles de son TZA dans la direction indiquée et découvre à son tour sur tribord avant, une ombre de grande taille. Proue imposante, passerelle massive surmontée d’un mât, deux cheminées puis le mât arrière… Un croiseur !

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