Le naufrage du Charybdis : sixième épisode

Sur la carte, Friedrich Paul porte la dernière position de son navire : nord-ouest du Plateau des Triagoz.

Friedrich Paul

La pluie a repris tandis que dans le suroît, un gros nuage sombre monte rapidement vers la flottille. L’adversaire est toujours invisible mais pourtant on le sent là, tout près. D’ailleurs voici qu’un nouveau relèvement radar fait état d’un écho probablement ennemi dans le sud-est de la flottille.

Kohlauf et Paul se pen­chent sur la carte tout en réfléchissant.

En quelques instants, leur conviction est établie : cet écho n’est pas vraisemblable. Sans doute un faux contact provoqué par les conditions atmo­sphériques. L’ennemi ne peut se trouver en cette position sinon il aurait déjà été détecté.

Au contraire, il doit même se trouver plus au nord et se fiant à son instinct, le Korvetten Kapitän Kohlauf fait prendre un nouveau cap à la flottille.

Kapitän Kohlauf

– Par la gauche, nouveau cap 020 !

Cinq minutes plus tard, la 4-TF reprend son cap initial au 70. Le rythme s’est accéléré notablement au cours de ces derniè­res minutes. Des messages de plus en plus fréquents parvien­nent des stations côtières, de celle de Sept Iles en particulier.

« Sept Iles à 4-TF. Ennemi actuellement ouest des Triagoz toujours en route au 270 à 15 noeuds. »

A la réception de ce message, le Commandant Paul sursaute. S’il en croit le radar à terre, il y aurait donc un second groupe allié dans les parages… Bigre ! la situation se complique. Mais cet écho est-il bien certain ? L’horizon est très assombri par l’averse et il n’y a pas moyen de le confirmer à l’optique.

Il est maintenant plus d’une heure du matin et il est temps à présent que nous retournions du côté anglais.

HMS Stevenstone, une heure vingt…

HMS Stevenstone

Message pour Charybdis : « Emission radio ennemie inter­ceptée à 01.15 laisse supposer qu’une force allemande fait route pour nous attaquer. »

« Reçu » répond laconiquement le croiseur dont le radar scrute vainement la nuit noire.

Ce message est un avertissement précis et le hasard qui a fait que le radio du Stevenstone ait pu le capter et le décoder est un atout précieux. Il semble pourtant que le Charybdis n’en sai­sisse pas toute l’importance. Les veilleurs quant à eux scrutent intensément la nuit mais il pleut trop pour espérer qu’ils aperçoivent quelque chose, pas plus que les radars qui n’obtien­nent pas le moindre écho. Où diable donc se cachent ces Allemands?

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