Léo Major, un héros inconnu se raconte…

J’ai trouvé ce texte sur Internet.

Léo Major au sujet de la libération de la ville de Zwolle

Durant la nuit où la Zwolle a été libérée, je ne ressentais aucune émotion particulière puisque, comme à mon habitude durant une patrouille ou un raid, j’avais fait le vide dans mon esprit. C’était pour moi la seule façon de combattre la peur et de ne penser à rien d’autre qu’à la victoire.

Du jour J, le 6 juin 1944, à mon dernier raid en Corée, cette attitude ne m’a jamais quitté. Survivre à tant de jours de guerre sans perdre l’esprit…

Le 13 avril, tôt en soirée, il y a eu un rassemblement.

Le Colonel Tacherau Gus, qui devint un de mes amis, était aux côtés du commandant de brigade. Ils étaient à la recherche de deux volontaires qui tenteraient d’atteindre les abords de la ville de Zwolle, pour ensuite y pénétrer et obtenir le plus d’informations possible de la part des habitants au sujet de la force ennemie. Ils avaient également ajouté que les chances de revenir d’une telle mission étaient, somme toute, assez minces.

Tout le long qu’il parlait, le commandant me fixait du regard.

Lorsque j’ai constaté que personne n’osait se porter volontaire, j’ai répondu au colonel que j’irais. Willy, qui était un très bon ami à moi, ne pouvait pas me laisser partir seul, alors il s’est également proposé. Tous les autres étaient tristes de nous voir partir puisque, à leurs yeux, nous foncions tout droit vers la mort. C’est à ce moment que je leur ai dit : « Les gars, ne vous en faites pas, nous allons libérer la ville ».

Nous avons débuté la patrouille à 21 h 30 le 13 avril.

Nous avons d’abord aperçu un avant-poste sur le bord de la route. Nous avons été capables de prendre les Allemands par surprise en arrivant par derrière, mais le bruit de nos mitraillettes s’est mis à nous préoccuper lorsque nous avons vu, peu de temps après, deux Allemands courir rapidement en direction de la ville.

À 22 h 30, nous sommes parvenus à la dernière ferme juste avant d’atteindre la périphérie.

C’est à cet endroit que nous avons rencontré Hendrick et son épouse qui se cachaient dans la cave. Au départ, ils avaient très peur de nous, mais ils ont vite compris que nous n’étions pas des Allemands. Ils ont été les derniers à voir mon ami vivant.

Nous avons essayé de leur soutirer des informations en leur parlant en anglais, en français ou avec des signes, mais en vain. Ils étaient aussi très nerveux et effrayés, j’imagine.

À la tombée de la nuit, au moment où nous nous apprêtions à quitter la ferme, j’ai remarqué à quel point les mains de Willy tremblaient. C’était un signe d’épuisement au combat. Je lui ai donc dit de m’attendre là s’il ne se sentait pas assez en forme, que j’irais seul dans la ville.

C’était peine perdue, il voulait qu’on reste ensemble jusqu’à la fin. J’étais loin de me douter que je venais d’entendre ses dernières paroles.

La suite demain…

Une réflexion sur “Léo Major, un héros inconnu se raconte…

  1. Il faut des types comme Léo pour en faire des étendards. Cela doit déboucher sur une fierté collective pour ainsi faire la grandeur d’une nation.

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