Le naufrage du Charybdis, troisième épisode

HMS Charybdis, 20 heures.

« L’équipage aux postes de combat ! »

George Voelcker, cet officier de 44 ans qui commande le Charybdis, croiseur de Sa Majesté, vient de faire rappeler ses hommes aux postes de combat ainsi que le veut la coutume après chaque appareillage.

George Voelcker

C’est le poste de combat de vérifica­tions durant lequel, tout à tour, les appareils de pointage, les tourelles, les tubes lance-torpilles, les commandes, les machi­nes, bref tous les éléments du navire, sont testés. C’est le mo­ment ou jamais de procéder aux ultimes vérifications de tous ces systèmes parfois compliqués qui composent un navire de guerre car au combat, il ne peut être admis aucune défaillance, tant les conséquences pourraient en être funestes.

HMS Charybdis

A quelque distance du croiseur, six destroyers rappellent aussi leurs équipages aux postes de combat. Quatre d’entre eux, HMS Limbourne, Stevenstone, Talybont et Wensleydale appar­tiennent à la classe Hunt.

HMS Limbourne

Assez peu rapides, comparé au croiseur, ils possèdent néanmoins une certaine expérience du combat sur mer dans la Manche, ayant eu à maintes reprises, l’occasion de se frotter aux S-Boot allemands, ces redoutables vedettes rapides qui surgissent de derrière l’horizon à très grande vitesse. C’est d’ailleurs en considération de cette expé­rience que l’Amiral Leatham, Commandant en Chef de la Navy à Plymouth a désigné le Commander Phips, Commandant du Limbourne comme second de l’escadre placée sous les ordres du croiseur. Quant aux deux autres destroyers, le Grenville et le Rocket, ce sont deux Fleet class, des navires puissants et bien armés.

HMS Grenville

C’est bien sûr une force un peu hétéroclite, mais la Navy n’a rien d’autre de disponible ce soir pour intercepter le Münsterland car on s’en doutait bien, ce départ n’a pas manqué de lui être signalé par ses correspondants en Bretagne occupée.

Münsterland

Mais, revenons un moment à bord du croiseur, et plus exac­tement sur sa passerelle, alors que George  Voelcker entouré de quelques officiers écoute attentivement le rapport de chacun au sujet des systèmes ou des appareils dont il a la charge. Les ré­sultats sont bons, tout fonctionne bien. Certes, un rodage est encore nécessaire car la plupart des officiers composant l’Etat-Major du croiseur sont nouvellement embarqués et parfois, Voelcker se demande si ce n’est pas une erreur d’avoir renouvelé toute sa vieille équipe du début en si peu de temps.

Pas très britannique comme nom que celui du Commandant ! En effet, le Capitaine de Vaisseau Voelcker a eu voici plusieurs générations des ancêtres allemands ! Oh son cas n’est pas isolé, il suffit pour s’en convaincre de rechercher les liens de parenté au sein même de la famille royale pour constater que par cer­tains côtés, l’affrontement anglo-allemand est en soi une sorte de guerre civile. Enfin, quoiqu’il en soit, Voelcker est anglais et n’a jamais songé un instant qu’il pouvait par le sang ne pas en être tout à fait ainsi. Il est au service de l’Angleterre, son pays et s’il le faut, il donnera sa vie pour la défendre.

– Bien ! Je vais parler à l’équipage !

Sans plus attendre, un planton tend le micro au Comman­dant, puis enfonce les touches de sélection de l’appareil de dif­fusion afin de permettre à tous les hommes présents dans tous les compartiments du navire, aussi reculés qu’ils soient, d’en­tendre le message de leur chef.

– Ici le Commandant !

Bonsoir à tous !

Nous venons de prendre la mer et comme vous avez pu le constater, en compa­gnie de six destroyers, ceux que vous avez pu apercevoir à nos côtés. Nous sommes engagés dans une Opération Tunnel et nous allons nous porter au devant d’un convoi ennemi qui a quitté Brest dans l’après-midi pour se diriger vers la Man­che.

Cela fait plusieurs fois que ce convoi échappe tant à nos navires qu’à nos avions mais j’espère bien que cette nuit sera pour lui la dernière.

D’un point de vue puissance de feu, nous sommes très certainement en position de force.  Il ne doit y avoir aucune difficulté à remporter une belle victoire et je suis persuadé qu’en rentrant à Plymouth demain matin, nous pour­rons ajouter ce succès à notre crédit.

Je suis certain que chacun d’entre vous fera son devoir.

Bonne chance à notre Charybdis, bonne chance à tous.

Terminé !

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