La bataille de l’Île Vierge… la fin

Le silence s’est fait sur la mer, le contre-torpilleurs alle­mand a disparu… Dans l’est, l’horizon commence à pâlir. D’ici peu, à portée des batteries côtières allemandes, la situation des Canadiens risque de devenir délicate. A son tour, le phare de l’île de Batz émerge de la nuit.

Île_de_Batz_-_le_phare_-_002

Dans une demi-heure, il fera jour. Pourtant de Wolf refuse de s’avouer vaincu.

– Cherchez bien à droite du phare ! C’est par là qu’il a disparu.

Pourtant, c’est à gauche du phare que l’officier de quart ef­fectue sa recherche. Il y a un instant, il a cru discerner une masse plus sombre que la nuit qui se retire. Mais oui ! C’est bien lui ! Le voila ! et il ponctue sa découverte d’un tel rugis­sement que plusieurs sur la passerelle sursautent.

En effet, c’est bien le Z 32 qui, espérant ainsi échapper à ses poursuivants, fait route lentement vers l’est à l’abri de son écran de fumée.

Z32-1

Z 32

Aussitôt, de nouvelles salves quittent les tubes des canons canadiens. Un souffle brûlant balaye la passerelle. La première bordée de Haida est courte, mais la seconde fait but déclen­chant un incendie sur le pont du Z 32. Plus besoin désormais d’obus éclairants : l’Allemand signale tout seul sa position et il n’y a plus qu’à régler le tir sur le brasier.

Désespérément, von Berger tente une nouvelle manœuvre pour échapper aux obus adverses mais chaque seconde ou pres­que qui passe voit un nouveau projectile s’abattre sur son navire qui n’est bientôt plus qu’une épave sur laquelle le ronflement des flammes étouffe les hurlements de douleur des blessés. La côte est maintenant très proche. Avec un bateau en pareil état, le Commandant allemand n’a plus le choix : pour sauver un maximum de vies dans son équipage, il ne peut plus que s’échouer. Réduisant sa vitesse alors que les obus continuent à le marteler, il vient faire tête sur la pointe nord-ouest de Batz tandis que l’un après l’autre, se taisent  ses canons.

C’est la fin. Après une dernière salve qui fait encore but, Haida et Huron cessent le feu à leur tour, certains que désor­mais celui-là ne pourra plus nuire.

HCMS Haida

HMCS Haida

Alors que dans le lointain, le rougeoiement de l’incendie marque la tombe du Z 32, la 10 DF se regroupe et met le cap sur Plymouth. Pour les Alliés, l’opération est un succès : deux navires ennemis détruits, un troisième gravement avarié et des pertes humaines incroyablement faibles eu égard à la violence de l’empoignade. Seul, le Tartar, a eu quatre tués.

hms_tartar_1944

HMS Tartar

Côté allemand, le bilan humain est très lourd comme on pouvait s’y attendre : 140 morts ou disparus, des dizaines de blessés et sur le plan stratégique, la mise hors de combat des seuls navires qui auraient pu avec quelque chance s’opposer ef­ficacement au débarquement.

Sur les eaux vertes de la Manche ou le silence est enfin revenu, épaves et cadavres continuent à dériver…

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