Louis Ledoux et Jean-Denis Ledoux

Enfin on arrive à tirer au clair qui est qui dans toute cette histoire de famille.

Réjean Ledoux avait envoyé des photos pour mettre sur le Mémorial virtuel de guerre.

Il avait envoyé des photos… dont celles-ci.

Je trouvais une certaine ressemblance et je me disais qui suis-je pour contredire une personne qui prend la peine d’envoyer des photos d’un marin décédé lors du naufrage de l’Athabaskan en 1944.

Voilà maintenant que nous avons non pas un mais deux marins d’une même famille.

Louis Ledoux…

Et…

Jean-Denis Ledoux…

Voici une autre photo de Louis Ledoux.

Elle a été prise sur l’Athabaskan. On est sûrement près de la date du désastre du 29 avril 1944.

Et voici l’image complète…

Je ne suis pas un  expert, mais je suis certain que ces marins se trouvent à l’emplacement de la tourelle X de l’Athabaskan. On voit d’ailleurs à l’arrière l’emplacement des « pom-pom » anti-aériens.

canons Pom Pom de 40 mm

La tourelle X est à l’arrière du navire.

C’est à l’arrière que l’Athabaskan fut touché en premier.

Les deux tourelles X et Y furent complètement démolies au début de l’attaque.

Louis est probablement mort sur le coup.

On raconte que ce sont les canons sur la côte et une torpille lancée par un destroyer allemand qui a mis le destroyer hors de combat.

Une deuxième explosion au centre du navire aurait entraîné sa perte. Le mystère reste entier sur l’origine de cette deuxième explosion. On parle d’une torpille lancée par une vedette… britannique !

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Le naufrage du Charybdis : quatrième épisode

Voici la suite du récit d’Yves Dufeil sur le naufrage du HMS Charybdis.

Dans tous les compartiments, les conversations un instant interrompues par l’annonce du Commandant, reprennent de plus belle.

– Je vous l’avais bien dit les gars, nous allons sur les côtes françaises ! Vous voyez, j’ai toujours des tuyaux de première !

Sur les destroyers, les Commandants ont aussi annoncé à leurs équipages quel était l’objectif de la nuit, the target for tonight ou encore T for T comme on le dit dans le langage usuel de la Navy. Là aussi, les commentaires vont bon train et il y a même certains officiers de destroyers qui s’étonnent des dispositions retenues.

– Comment ? C’est ce croiseur à peine rentré de Méditer­ranée qui commande la flottille ! C’est quand même un peu fort ! Et en plus, un croiseur anti-aérien ! Mais que fait-on de notre expérience dans ce genre d’opération ?

HMS Charybdis

– C’est vrai, il me semble qu’il n’est pas à sa place parmi nous ! Enfin, on verra bien ! Il parait que son Commandant est un officier remarquable…

– Oui, on le dit. J’ai entendu parler de lui par un camarade voici quelques jours. Il parait qu’il a servi auparavant sur un sous-marin. C’est quand même une référence !

Dehors, il fait maintenant nuit noire. Le ciel est couvert et par moments, tombe une averse, au grand dépit des veilleurs qui dehors, sont exposés à toutes les intempéries. L’escadre pour­suit sa route cap au sud et chaque tour d’hélice désormais rapproche les adversaires.

T 23,  21 heures 45.

Friedrich Paul a quitté l’abri de navigation à l’intérieur duquel il s’était réfugié lorsque la pluie avait commencé à tom­ber. Cela n’était qu’une averse et heureusement, la visibilité est à présent redevenue bonne.

La visibilité. C’est bien cela le principal souci du Commandant Franz Kohlauf, le Chef de Flottille car, dans le domaine de la détec­tion, les Allemands accusent un certain retard sur leurs adver­saires. Ils ont à leur disposition deux systèmes : le FuMB et le FuMG.

Le premier est un appareil qui détecte les émissions radio-électriques de l’ennemi pour autant qu’elles soient émises dans sa plage de fréquence et le second est un embryon de radar qui fonctionne dans la bande métrique. L’un et l’autre sont assez peu précis et doivent être manoeuvrés manuellement. Quoi qu’il en soit, avec la bonne visibilité actuelle, ces insuffisances sont en partie palliées par le TZA, le système de pointage des tubes lance-torpilles dont les puissantes jumelles permettent mainte­nant de distinguer dans le lointain et cap à l’est, le Münsterland entouré de ses dragueurs d’escorte.

Côte à côte sur la passerelle, les deux hommes scrutent l’obscurité à travers l’optique de leurs jumelles de vision noc­turne. Tout est étrangement calme. Kohlauf consulte sa montre.

– Faites rappeler aux postes de combat, Friedrich !

Paul retransmet l’ordre à l’officier de quart et au timonier qui au moyen de son fanal de signalisation répercute en direction des autres navires.

Aussitôt, dans les postes et les coursives du T 23, retentit le bruiteur d’alerte tandis que l’éclairage rouge qui est utilisé la nuit se met à clignoter. En quelques instants, les coursives sont pleines d’hommes qui se hâtent vers les tourelles, les tubes lance-torpilles, la passerelle, la machine… Trois minutes après la mise en alerte, Paul peut annoncer à son chef de flottille :

– Navire aux postes de combat et paré à manoeuvrer !

Après la brève agitation occasionnée par ce rappel de l’équi­page aux postes que chacun doit occuper en cas de combat, le navire est redevenu calme et silencieux. Les canonniers balan­cent les tourelles, les torpilleurs vérifient une dernière fois leurs tubes qui constituent l’arme la plus redoutable de ces torpilleurs de la classe Elbing. Déplaçant 1300 tonnes, ils sont capables, grâce à leurs turbines d’une vitesse de 34 noeuds et constituent de superbes machines de guerre.

Visible malgré la nuit, une fine moustache d’écume souligne de blanc l’étrave des unités de la 4-TF.

– Message Commandant !

Dieppe 1942

Voici la suite de l’histoire des frères Gagnon que j’ai prise sur un site Internet.

Pour la première partie, cliquez ici

Lorsque le raid de Dieppe est programmé pour le 19 août 1942, le South Saskatchawan Regiment est désigné pour y participer au sein de la Deuxième Division Canadienne.

Affecté à l’État Major du Régiment, Gaudiose reste en Angleterre.

Gaudiose

Gaudiose Gagnon

Jules-Alphonse embarque le 18 août 1942 sur le L.S.I. Invicta, destination la plage de Pourville sur Mer.

A 03 h 00, les soldats descendent dans les barges de débarquement.

A 04 h 50, ils marchent sur les galets de la plage de Pourville.

C’est la dernière fois que Jules-Alphonse Gagnon sera vu vivant par des camarades survivants du raid.

Jules-Alphonse Gagnon

Jules-Alphonse Gagnon

Au matin du 20 août, les habitants d’Hautot sur Mer, requis par les Allemands, recueillent les corps de 81 soldats morts sur la plage ou sur les pentes de la vallée de la Scie.

Parmi les corps, des hommes qui ne peuvent être identifiés, Jules-Alphonse est du nombre. Sa tombe porte la mention « un soldat canadien inconnu ». Une stèle à l’entrée du cimetière porte cette mention « Enterré quelque part dans ce cimetière ».

Pour Jules-Alphonse, la guerre aura duré quelques minutes et il n’aura parcouru sur la terre de ses ancêtres que quelques mètres. Mais il a donné l’espoir d’une libération prochaine pour tout un peuple.

Gaudiose, resté en Angleterre, ignore le sort de son frère. Pendant des mois, il espérera qu’il est prisonnier en Allemagne. Mais les récits des survivants, les listes de prisonniers transmises par la Croix Rouge ne laissent plus de doute.

Jules-Alphonse ne reviendra pas. Il avait 24 ans.

À la mémoire du
soldat
JULES ALPHONSE  GAGNON
décédé le 19 août 1942
Dieppe, France

Service militaire :

Numéro matricule : L/12289
Âge : 27
Force : Armée
Unité :  South Saskatchewan Regiment, R.C.I.C.
Mention élogieuse : Étoile de 1939-45, Médaille du défense, Médaille de la guerre 1939-45, Médaille canadienne du volontaire et agrafe.

Renseignements supplémentaires :

Date de naissance : le 20 avril 1915 à St-Fabien de Rimouski, Québec, Canada
Date d’engagement : le 4 octobre 1939 à Weyburn, Saskatchewan, Canada
Fils de Joseph et feue Valentine (née Fournier) de Loretteville, Québec.
Frère d’Antoine, André, Gaudoise, Gérard et Yvonne.

tombe-julesLa stèle de Jules-Alphonse
Buried elsewhere in this cemetary
J.A.GAGNON
SOUTH SASKATCHEWAN REGIMENT
19 Août 1942

Avez-vous le reportage sur l’Athabaskan ?

Dans un de nos nombreux courriels, Louis Ledoux, le neveu de Louis Ledoux m’a posé ces questions…

Avez-vous le reportage sur l’Athabakan ?

Comment savez-vous où Louis était lors de l’attaque ?

Bye

Louis

Voici ma réponse…

Salut Louis,

J’ai le reportage en anglais quand il est passé cet automne à History Channel.

Dans le livre où j’ai pris la photo, Louis est photographié avec son groupe et on voit la tourelle X clairement.

On n’aurait pas pris la peine de photographier des marins à d’autres postes de combat que le leur.
C’est comme ça que je l’ai appris.

J’ai le livre, mais je n’avais jamais remarqué la présence de Louis sur cette photo.

Je te mets une autre photo vue de l’arrière du navire.

La tourelle X est la deuxième. La tourelle Y est la dernière.

tourelle X

En passant, j’ai commencé à m’intéresser aux navires marchands armés.
Je vais en parler, car Jean Denis Ledoux a été un artilleur sur ce genre de navires.

Pierre

Louis Ledoux partage ceci avec nous…

C’est une image prise du documentaire sur l’Athabaskan qu’il a vu sur Historia…

On a pris un gros plan de la pierre tombale de Louis Ledoux comme par hasard.

Louis va m’envoyer autre chose. Je vous en reparle.


En fait, Louis et Réjean, les deux neveux de Louis, me donnent plein d’informations sur leur oncle.

Je vais vous montrer une photo que Réjean m’a envoyée…

C’est Jean Denis à gauche, Joseph Ledoux, le père, et Louis Ledoux.

Joseph était fier de ses fils…

Une autre…

Louis Ledoux

Moi je lui ai envoyé celle-ci.

Louis Ledoux est celui-ci…

Je sais maintenant où il se trouvait la nuit du 29 avril 1944.

Les frères Gagnon du SSR

En tant que passionné d’histoire et de généalogie, je suis allé voir sur Internet pour trouver des informations sur le débarquement de Dieppe où le père de Pierre Vennat a été tué.

J’ai trouvé ce site… (le lien ne fonctionne plus) mais j’ai surtout été intéressé l’histoire des frères Gagnon.

LES FRÈRES GAGNON
Qui sont les frères Gagnon dont nous allons parler ? Pas des descendants des compagnons de Samuel de Champlain, de ceux de Montcalm, mais des descendants des trois habitants de Tourouvre dans le Perche qui ont quitté la France, pour avoir un avenir meilleur dans la Nouvelle France.

Les trois frères Gagnon qui vont combattre en Europe sont nés à Saint-Fabien de Rimouski (diocèse de Rimouski) au Québec. Ce sont les trois derniers enfants d’une famille de six, à la fois fermiers, bûcherons, défricheurs, sauf Gérard qui entrera dans les ordres. Antoine est l’ainé, le second André, la seule fille Yvonne, Gaudiose, Gérard et Jules-Alphonse. Ils sont orphelins de leur mère décédée vers 1920 et ce sont les grands parents qui se sont occupés d’eux.


LA GUERRE VA BOULEVERSER LEUR VIE TRANQUILLE
À la déclaration de guerre de septembre 1939, le Canada recrute des soldats pour aller combattre en Europe. Les centres de recrutement sont débordés. Gaudiose et Jules-Alphonse travaillent depuis quelques années dans l’Ouest canadien dans le sud de la province du Saskatchewan. Nous ignorons quelles sont les raisons qui les poussent à s’engager. Ils signent leur engagement au South Saskatchewan Regiment et c’est à Brandon au Manitoba que nous les retrouvons.

Les South Saskatchewan débarquent en Angleterre en décembre 1939. Nous savons que la campagne de France de mai-juin 1940 ne laissera pas le temps aux troupes canadiennes de se joindre à la bataille. En six  semaines, l’armée Francaise est balayée, écrasée et la France est occupée. Le South Saskatchewan Regiment reste en Angleterre. Nos frères Gagnon échappent ainsi au sort malheureux de leurs camarades envoyés à Hong-Kong et qui seront massacrés ou affamés par les Japonais.

Je vous reviens la prochaine fois avec la suite…

Louis Ledoux et Louis Ledoux…

En passant Louis,

Est-ce que je peux parler de notre rencontre comme je l’ai fait avec Réjean sur mon blogue aujourd’hui…?

Pas de problèmes. Merci encore pour tout le travail..

Bye


P.-S. Je dois voir Réjean cette fin de semaine, on essaiera de mettre certaines infos au clair.

C’est beau l’esprit de famille.

Louis Ledoux est le neveu de Louis Ledoux. On lui a donné le même prénom que son oncle Louis.

En fait, c’est une façon d’honorer une personne sauf que je me pose cette question…

Est-ce qu’on ne met pas une certaine pression sur une personne lorsqu’on le baptise avec le nom d’un ancêtre ou d’un proche qui est disparu?

Tout dépend de l’intention de départ… selon moi, mais je ne suis pas un expert.

En tout cas, ce Louis a l’air d’un chic type et je suis certain que son oncle Louis l’était aussi.

Ce dut être un moment douloureux pour la famille de recevoir la nouvelle de la mort de Louis. On peut toujours se faire une raison, mais je pense que le père et la mère de Louis ont eu le cœur brisé…

Marie-Louise Barthe, Louis Ledoux et Joseph Ledoux