La bataille de l’Île Vierge… 5e épisode

Derrière le Z 24, le T 24 jusqu’à présent in­demne s’est engagé mais ne parvient pas à se rapprocher tant le premier force l’allure. Ce que voyant, Birnbacher fait réduire et donne l’ordre aux tourelles arrière de cesser le feu car dans la confu­sion de cette empoignade aussi soudaine que brutale, on ne sait plus très bien qui est ami, qui est ennemi. Les deux canadiens ont le même problème et la confusion ne va faire que s’accen­tuer par la suite. En route au 250 qui est le dernier cap reçu du Z 32 avant que le contact ne soit perdu, Heinz Birnbacher va sans le vouloir, forcer les canadiens à se retirer. En effet, voici que sans le savoir et toujours suivi du T 24, il s’engage en plein dans un champ de mines anglais. Derrière les Allemands, Haida et Huron virent rapidement de bord, saluant le départ de leurs adversaires d’une dernière salve qui tombe à côté.

HMCS Haida

HMCS Haida

hurong24

HMCS Huron

Par chance, le Z 24 et le T 24 vont traverser le champ de mines sans en toucher une seule. En l’état dans lequel se trouve son navire, Birnbacher n’a pas d’autre solution que de retourner sur Brest, ce qui lui sera accordé un peu plus tard après que sa radio ait été réparée. Sans autres dommages, il mouillera à l’aube en rade abri, ayant à son bord douze tués, dix sept bles­sés graves, la plupart brûlés et de nombreux blessés légers.

Cap à l’est, Haida et Huron font maintenant route vers Ashanti et Tartar, bien dépités de n’avoir pu conclure à leur avantage l’échauffourée avec les deux Allemands. De la pas­serelle des deux canadiens, on distingue nettement l’ombre d’Ashanti qui se projette sur la silhouette en feu du ZH1.

Destroyer ZH1

Pre­nant du recul, le destroyer pointe ses tubes lance-torpilles sur le malheureux bateau allemand qui à présent, brûle de la proue à la poupe et que les survivants évacuent rapidement. Une seule torpille suffira à envoyer par le fond ce qui n’était plus qu’une épave montée par un équipage de morts.

A bord de Huron, William Mc Nutt qui observe la scène n’en croit pas ses yeux. Pendant une fraction de seconde, la mer est illuminée jusqu’à l’horizon par l’explosion qui projette vers le ciel une immense colonne de feu dans un silence irréel. Puis, quelques instants plus tard, c’est un immense grondement qui se répercute de vague en vague tandis que le ZH1 disparaît rapi­dement sous les flots sombres, emportant avec lui ceux qui sont morts pour le défendre et ils sont plus de cent ! Quelques flam­mèches dansent brièvement sur la surface puis, l’obscurité re­tombe, plus noire que jamais. C’est à cet instant que le radar de Haida accroche un écho.

– Navire droit devant en rapprochement !

Ami ou ennemi ? C’est également la question que se pose le Commander de Wolf et à laquelle, les veilleurs scrutant in­tensément la nuit s’efforcent eux aussi de répondre.

– Ce pourrait être le Tartar en panne de signalisation, se risque à avancer l’officier canonnier.

– Possible ! répond de Wolf, mais attendons de le voir un peu mieux. Il va passer à contre bord et à faible distance de nous. Timonier, faites le signal de reconnaissance !

La lampe Aldis que le quartier-maître tient bien calée con­tre son épaule clignote, envoyant en direction de l’inconnu les éclats de sa question muette.

Aldis lamp

Pas de  réponse !

Nouvelle inter­rogation… Toujours pas de réponse ! Mais le navire inconnu devient visible et l’on peut remarquer à sa phosphorescence, que le sillage qu’il laisse derrière lui grossit. Il accélère…

Ah ! voici qu’enfin, l’inconnu répond au signal de Haida. Mais que dit-il ? Ce n’est pas le signal de reconnaissance ! Ca­nons braqués sur cette silhouette plus sombre que la nuit, de Wolf attend d’être fixé sur l’identité de l’inconnu avant de faire usage de ses armes.

– Que dit-il, Timonier ?

– Je ne comprends pas, Commandant. On dirait qu’il trans­met « six-six ».

Mais alors que le navire inconnu croise à contre bord le Haida, un écran de fumigènes apparaît sur son arrière. Trop tard, les veilleurs canadiens l’identifient sans aucun doute possible.

– Destroyer classe Narvik !

By Jove ! C’est un Allemand et un gros !

– A droite toute ! Venez au cap inverse ! 30 noeuds !

destroyer de la classe Narvik

destroyer de la classe Narvik

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