La bataille de l’Île Vierge… 4e épisode

Voici le 4e épisode du récit écrit par Yves Dufeil.

Sur la passerelle du Tartar, le Captain Jones ruisselle des embruns qui l’ont douché lors de plusieurs coups qualifiés de « near miss » et qui l’ont man­qué de peu. Conservant le sang-froid qui le caractérise, il possède une vue assez nette de l’ensemble de la situation. Sans dommages, il vient de croiser le navire de tête de la formation allemande qui n’est autre que son homologue, le Z 32 et aussitôt il décide de revenir bord à bord avec lui afin poursuivre le combat.

hms_tartar_1944

HMS Tartar

– A gauche toute ! Venez au cap inverse !

Obéissant à sa barre, mais emporté par la force centrifuge, le Tartar prend une forte gite sur tribord au cours de ce vire­ment de bord dans lequel l’Ashanti s’engage à son tour. Voici le Z 32 et le ZH1 bord à bord avec les Anglais. Le tir un instant interrompu par l’évolution brutale, reprend de plus belle et cette fois à courte distance.

Soudain, un éclair fulgurant jaillit sur le ZH1. But ! C’est l’Ashanti qui vient d’ouvrir le score en plaçant une salve dans les machines du contre-torpilleurs.

Ashanti

HMS Ashanti

Mais l’avantage ne reste pas longtemps dans le camp anglais car c’est maintenant le Z 32 qui d’une torpille, vient de toucher le Tartar.

Z-32

Z 32

Semblable à un boxeur sonné, le destroyer fait une brutale embardée sur tribord et perd de la vitesse.

Aussitôt, l’Ashanti tout en continuant à tirer sporadi­quement sur les deux Allemands, évolue pour se porter au se­cours de son Chef de Flottille, ce qui laisse quelque répit au Z 32 et lui permet de mettre le plus grand nombre de tours d’hé­lice entre son poursuivant et lui. Pendant ce temps, courant en­core à faible vitesse sur son erre, le ZH1 que l’explosion de cet obus dans sa chaufferie a privé de propulsion, s’offre aux pro­chains coups de l’ennemi.

Destroyer DH1

ZH1

Un répit lui est pourtant accordé, car la torpille qui vient de frapper le Tartar a mis ce dernier K.O. pour quelque temps et Ashanti a fort à faire pour protéger son leader d’une nouvelle attaque. A vrai dire, de part et d’autre, on a besoin après ces folles minutes de reprendre son souffle.

L’avarie est sérieuse sans aucun doute, mais le Tartar n’est pas en danger de mort  tant la vitalité de ce type de destroyers est étonnante. Un paillet d’obstruction bien placé et sous peu, il pourra reprendre le combat. Aussi, laissons pour l’instant l’infortuné ZH1 stoppé et ravagé par l’incendie, le Z 32 qui continue à s’éloigner, persuadé d’avoir le ZH1 dans son sillage, pour rejoindre maintenant les canadiens Haida et Huron aux prises avec les Z 24 et T 24.

z24

Z 24

De leur côté, les Canadiens ont fait du bon travail. Après quelques coups de réglage, les canonniers ont dès le début de l’engagement trouvé la bonne hausse et le tir est à présent d’une précision diabolique. Coup sur coup, deux obus frappent de plein fouet  le Z 24, mettant hors de combat la tourelle avant de 150 mm, tandis que le second explose dans l’abri de navigation. Puis quelques instants plus tard, de nouveaux projectiles font explosion endommageant la cheminée ainsi qu’une soute à ma­zout et détruisant plusieurs affûts de DCA. Deux minutes se sont écoulées depuis le début de l’affrontement. Désemparé, gouvernant à peine, privé de radio et de ses transmissions inté­rieures, voici que le Z 24 est déjà pratiquement réduit à l’état d’épave.

Fortement commotionné, Heinz Birnbacher qui se trouvait sur la passerelle reste quand même lucide. Des incendies font rage sur la plage avant qui avec la passerelle, est la partie ayant encaissé les coups les plus sévères. Dans la lueur infernale du brasier que ses hommes tentent de combattre, il aperçoit des corps inertes que l’on soustrait à grand peine aux flammes. Son navire est définitivement hors de combat et tout sera bientôt perdu s’il ne parvient pas à le soustraire au feu des Canadiens.

– Emission de fumigènes ! Signalez les avaries !

Fort heureusement, malgré les avaries, la machine intacte peut encore propulser le navire à bonne vitesse. Atout capital dans son état et dont on ne se prive pas pour accélérer. Soudain, sur bâbord avant, se profile une ombre. Un navire de guerre !

– A droite toute !

De justesse la collision est évitée et l’ombre identifiée. Ce n’est autre que le ZH1 en avarie de gouvernail et incapable de se diriger. Quelques secondes plus tard, happé par la nuit, le contre-torpilleur a disparu.

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