HMCS Haida, 29 avril 1944 Introduction

naufrage

Haida, 4 heures 30.

2009-08-19 Harry_DeWolfHarry DeWolf


C’est bien à regret que Jack DeWolf a dû abandonner à son triste sort son valeureux compagnon d’armes mais, les nécessités de la guerre priment hélas sur bien des considérations humanitaires. Aussi, est-ce avec l’énergie que seule peut donner la fureur, que ses canonniers chargent et tirent à une cadence infernale. Le T 27 étant le plus proche, c’est sur lui qu’ils concentrent un feu qui devient de plus en plus précis. Soudain, une voix angoissée annonce :

– Court-circuit dans les soutes ! Nous n’avons plus de lumière !

Manquait plus que cela ! Si par la faute de ce court-circuit qui entrave l’approvisionnement des tourelles, la cadence de tir doit diminuer notablement, Haida va se trouver très vite en délicate posture.

Sur la passerelle, on guette anxieusement le rythme de départ des coups…

Chance !

Il ne faiblit pas !

2009-08-19Tribal class firing


Tout en bas, à plusieurs mètres sous les pieds du commandant, les soutiers gardent un moral d’acier et malgré la quasi obscurité dans laquelle ils doivent évoluer, ils continuent à approvisionner les tourelles qui dévorent douilles et obus à un rythme infernal. Braves marins, songe DeWolf, braves parmi les braves qui savent pourtant bien qu’au cas où le navire prendrait une torpille, ils n’ont à l’endroit où ils se trouvent pas l’ombre d’une chance d’en sortir vivants.

Il est impossible aux hommes du Haida de dire depuis combien de temps dure cet enfer de coups de canon, mais la conclusion approche. Une lueur orangée vient de jaillir sur le T 27.

Touché !… Touché !… Touché !…

Cette fois, les canonniers tiennent la bonne distance et la cadence de tir semble s’accélérer encore.

2009-08-19 Tribal class

Sérieusement atteint, le T 27 ralentit, file sur son erre puis stoppe. En vain, le T 29 tente de le protéger derrière un écran de fumée mais doit rompre le combat à son tour. La distance séparant Haida de sa victime, décroît rapidement et maintenant presque tous les coups font but.

– Récifs droit devant !- À gauche 30 ! ordonne De Wolf.

Voila donc pourquoi le T 27 a stoppé si vite. En réalité, il est échoué sur les récifs de l’île de Batz !

En cours de giration, toutes pièces battantes, Haida achève d’écraser son adversaire sous un déluge d’acier et en moins d’une minute, le T 27 est en feu de la proue à la poupe. Quant au T 29, il est à présent hors de portée, à l’abri des batteries côtières.

T-27 hors de combat

Mission accomplie !

Maintenant, Haida peut foncer au secours de son camarade.

C’est hélas déjà bien tard car c’est au moment où il vire pour mettre le cap sur lui qu’Athabaskan disparaît.

Du haut de sa passerelle, le cœur brisé par l’émotion, DeWolf aperçoit une immense lueur qui projette haut dans le ciel ses volutes rouge-orangé tandis que quelques secondes plus tard, se répercutant aux quatre coins de l’horizon, lui parvient le grondement de l’explosion.

-Adieu Attaboy, farewell ! murmure tristement un matelot.

Lundi prochain, l’Haida au secours des marins de l’Athabaskan. Vous pouvez m’écrire.

Publicités