Les Diables rouges

Je suis parti trop vite en vacancces hier…

Autre texte de la plume de Ti-Mick.

Pour que le Débarquement du 6 juin soit une réussite, il aura fallu construire et faire voler une multitude d’engins de mort.

Mais au travers de ceux-ci, quelques appareils très différents furent de la première importance. Ceux-là, je les appellerai" les engins de la pure liberté". Les seules victimes qu’ils firent, furent les passagers et les pilotes eux-mêmes de ces appareils fait en contre-plaqué. Lorsqu’ils glissaient malheureusement sur un obstacle, ils se déchiraient. Et lorsqu’il frappaient un mur ou un véhicule, ils éclataient tout simplement.

Côté U.S., ils portaient le nom de WACO. Côté anglais, ils s’appelaient les HORSA.
Le Waco CG-4 faisait à peu près la moitié en taille du Horsa. Le premier pouvant transporter 15 hommes de troupes commandos aéroportés et un jeep, le deuxième, le double. Ces planeurs étaient au départ remorqués à la vitesse de 150 à 200 km/h avant d’être décrochés au-dessus de la Manche. Ils devaient alors voler librement jusqu’à destination, à environ 30 kilomètres de leur largage par un avion motorisé.

C’est donc dans la nuit de pleine lune du 5 au 6 juin 44, ne volant qu’à vue et avec très peu d’instruments de mesure, que quelques dizaines de ces deux appareils firent leurs preuves absolues. Quelques heures avant le Débarquement, pour un effet de surprise total, des avant-troupes aéro-transportées eurent la mission de s’emparer des deux endroits militairement les plus stratégiques de Normandie. Ils avaient à les tenir coûte que coûte, jusqu’à ce que les troupes aéroportées plus nombreuses, les parachutistes, les y rejoignent en force. Les avant-troupes états-uniennes usant des Wacos pour le Cotentin, autour et sur Saint-Mère-Eglise, les anglaises, dont un certain nombre de Canadiens des deux langues, faisant de même entre les villages de Ranville et Bénouville.

Pour moi, ces deux opérations furent sans doute le symbole le plus significatif de la proximité constante des deux particularités humaines nécessaires pour abattre le nazisme en Europe: la folie apparente des idées techniques et l’intelligence totale obligatoire à leur réussite.

D’ailleurs, ne connaissons-nous pas tous les deux récits de ces exploits ? Eux qui ont été racontés par le vétéran Cornelius Ryan dans "Le Jour le plus long" ? Et qui furent repris en 1961 lors du tournage du film du même nom, celui-ci plus romancé que le livre… Avec l’image du parachutiste US qui était accroché au clocher de l’église de Sainte-Mère-Eglise et le pont sur lequel un cornemusier qui ainsi deviendra célèbre traversa. Structure d’acier qui fut ensuite rebaptisé "Pegasus Bridge", en raison de l’épaulière à l’effigie de Pégase qui orne leurs uniformes des parachutistes anglais (l’autre, moins célèbre, prenant le nom de "Horsa Bridge").

Voici donc quelques photos prises en Normandie de ces deux appareils, pour Souvenirs de guerre. Et quelques autres du véritable pont et surtout, je m’en excuse, de quelqu’un pour qui j’ai cultivé un attachement profond depuis mon enfance. Ce dont je parlerai sans doute un jour, mais seulement lorsque le moment de le faire sera venu…

D’abord, quelques-unes d’un Waco CG-4 qui a presque entièrement été refait à l’identique par une bande de Vendéens furieux sous la gouverne de Monsieur Arnaud Villalard. Le groupe de Vendéens qui a refait le Waco CG-4 se nomme "Les Diables Rouges". Les deux responsables qui sont tant à l’origine du projet que les motivateurs de troupe sont Arnaud Villalard (ce nom je l’avais) et Michel Praud (celui-ci me manquait) et ils sont de Saint-Jean-des-Monts.

Ils tiennent ainsi à rendre hommage à ces hommes qui eurent la mission d’utiliser ce moyen de déplacement pour, une fois toujours vivant arrivé au sol, si toujours vivants, prendre d’assaut et tenir quelques positions des plus déterminantes qui se trouvaient, bien entendu, en plein coeur du système défensif allemand du Cotentin.

Tout de la recherche de ces "reconstituteurs", de leur travail, du déplacement de l’appareil et aussi de leurs dépenses, vient d’une implication entièrement bénévole pour cette tâche qu’ils ont fait leur. Ils se font connaître sous le nom de "   ". Détail qui n’est pas qu’une anecdote, l’appareil est baptisé du prénom de l’agricultrice âgée qui a prêté sa veille grange à ces originaux géniaux qui ont osé se lancer dans cette affaire, sans ne rien y connaître au départ : Odile.

Tout cela, question peut-être de nous faire plutôt chanter "J’en reviens pas de la Vendée…" ?

 

Le Pegasus Bridge de 1944. Il est conservé au Mémorial Pegasus depuis son remplacement pour un plus large, de manière à  faciliter la circulation automobile plus intense qu’autrefois.

IMG_2919Le cornemusier de Lord Lovat : Bill Millin. Lord Lovat, témoin lui-même et preuve irréfutables qu’est fausse l’affirmation fréquente "d’historiens", que personne ayant été du Raid de Dieppe en 1942 ne se trouva à  débarquer le 6 juin 44 en Normandie…

IMG_2893La cornemuse de l’homme, percée de deux balles, et ses attributs militaires de 1944.

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Sur l’actuel pont de Bénouville, le 5 juin 2014. N’entendez-vous pas les cornemuses ?

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6 réflexions sur “Les Diables rouges

  1. PEGASUS BRIDGE

    I–A HISTORY TO PUBLISH:

    http://www.editions-pantheon.fr/francoise-h.-gondree/essais/pegasus-bridge-le-pont-de-l-espoir.html

    2–A SCANDAL TO DENOUNCE :

    the robbery of the private museum of aspeg “Musée de Pegasus Bridge “ by the political militaro touristique lobby called comité du débarquement………….

    https://www.pegasusbridge.fr/70anniversaire-du-debarquement-le-denomme-comite-darromanches/

    14 years of impunity……………complaints are still going on against him…………………..

    Thanks in advance

    Musée de Pegasus Bridge & Batterie de Merville
    Françoise Gondrée
    BP 5
    14860 Ranville

    http://www.pegasusbridge.fr

  2. J’ai parcouru votre blogue…
    Pas drôle cette histoire, mais ça ne me surprend pas du tout.
    Il y a des gens comme vous et moi qui honorent les sacrifices des soldats, aviateurs et marins, et il y a les autres qui s’en mettent plein les poches.

    Vous n’êtes pas au bout de vos peines malheureusement.

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