Blessent mon coeur d’une langueur monotone… – 7 juin 2014

Note

J’avais écrit sur ce blogue une série de billets sur les frères Rousseau de Montmagny.

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Ce qui suit a été écrit en  2010, et commémore le souvenir de Philippe Rousseau.

Je voulais l’éditer, car il comportait quelques erreurs.

C’était avant le commentaire de Marie Madeleine qui a découvert un des billets sur Philippe Rousseau.

Elle m’a laissé ce commentaire des plus touchants…

Bonjour je suis très touchée par vos récits je suis originaire de Douville en Auge et ma mère bientôt âgée de 81 ans était à Douville aussi avec sa famille. Elle se rappelle bien de ce qui s’est passé au moment du 6 juin 1944 avec les Canadiens. C’était non loin de Gonneville-sur-Mer et Grangues. C’était au lieu dit la maison blanche sur la commune de Douville en Auge, d’ailleurs aujourd’hui 7 juin 2014 je vais me rendre à Gonnevile-sur-Mer déposer des fleurs devant la plaque de ces soldats à qui nous devons la liberté. Je suis âgée de 38 ans et avant c’était mon père qui déposait des fleurs. Il est décédé l’année dernière. Donc à moi sa fille de faire un geste pour ces soldats.

Voici donc en rappel ce qui devait être mon dernier article sur Philippe Rousseau.

Début

Dernier article sur le lieutenant Philippe Rousseau, héros inconnu ou méconnu, je ne sais plus trop…

« Blessent mon coeur d’une langueur monotone… »

C’est le signal qui annonçait à la Résistance l’imminence du débarquement de Normandie…

On s’était quitté comme ceci lundi dernier…

Alors que ses hommes tentaient aussi bien que mal de se regrouper, le lieutenant Rousseau menait à bien la mission secrète qui lui avait été confiée, tout comme à deux autres hommes, l’ordonnance James George Broadfoot et le Caporal Boyd Anderson.

Le caporal Anderson explique ainsi leur mission :

[Traduction]

Le lieutenant Rousseau nous expliqua que la ville de Dozulé se trouvait à environ une dizaine de milles de notre zone de parachutage. Nos services de renseignements ne savaient que très peu de choses de cette commune. Elle était située sur une route principale menant vers la ville de Caen. Le nom du maire de Dozulé s’appelait aussi Rousseau, le même que mon officier. On pensait que le maire était sympathique à notre cause.

Le plan consistait à ce que le lieutenant Rousseau, l’ordonnance Broadfoot, et moi-même nous nous rejoignions le plus rapidement possible dans la zone de parachutage. Nous devions éviter tout combat et nous rendre immédiatement par quelque moyen que ce soit à Dozulé pour trouver le maire Rousseau. Par la suite, nous devions lui parler dans l’espoir de gagner sa confiance afin de savoir la position des troupes allemandes dans la région.

Le lieutenant Rousseau était très enthousiasmé à l’idée de cette mission, tout comme moi d’ailleurs, tout heureux d’avoir été choisi pour cette mission tâche dangereuse mais inhabituelle. Comme le lieutenant Rousseau, j’étais motivé pour la mener à bien. Ce que je ne savais pas par contre, c’est que lors de la première journée, le lieutenant serait tué aux premières lueurs du jour et que Broadfoot giserait mort dans le fossé l’après-midi suivant à quelques pieds derrière la haie où je me trouverais.

(Boys of the Cloud)


Ayant sauté en dernier de l’avion, le lieutenant Rousseau ne trouva que quatre de ses hommes, et il n’arriva à retrouver ni le soldat Broadfoot, ni le caporal Anderson. Il se dirigea immédiatement vers la maison la plus proche pour prendre des repères, et il s’aperçut en parlant avec ses habitants qu’il avait été parachuté à plus de vingt kilomètres à l’est de son objectif.

Cela ne le démina pourtant pas puisqu’il avait été parachuté plus près de son objectif que prévu. Le lieutenant pris alors immédiatement la direction de Dozulé pour remplir sa mission accompagné des soldats rencontrés.

Deux heures plus tard, les cinq hommes furent pris dans un feu croisé avec des soldats allemands et le lieutenant Rousseau et le soldat Oxtoby périrent sur le coup.

« Il est très possible que si le lieutenant Rousseau avait pris sa place dans le rang comme l’aurait fait tout autre officier, il n’eut pas été tué, mais comme d’habitude, il prenait soin de ses hommes avant tout et marchait à la tête de la petite troupe » raconte le soldat Irwin Willsey.

Les balles atteignirent les grenades à phosphore que portait le lieutenant Rousseau à sa ceinture et celles-ci s’enflammèrent.

Toutefois, les opinions divergent à savoir s’ils périrent des brulures ou des tirs ennemis. Deux des soldats les accompagnant réussirent à s’en tirer indemnes, alors que le troisième fut blessé et fait prisonnier peu après.

« Le lieutenant Rousseau était, je le répète un vrai soldat, un homme d’honneur, discipliné et je suis convaincu qu’il fit le maximum pour mener à bien sa mission sur Dozulé. S’il n’avait pas eu cet ordre, il serait resté dans les parages dans le but de retrouver le reste du groupe. »

Caporal Anderson (Gonneville-sur-Mer 1939-1944)

D’après mes recherches, il n’est donc pas certain si le lieutenant Rousseau a réussi à accomplir sa mission.

Comment le caporal Broadfoot l’a-t-il su ?



Selon le caporal Anderson, Philippe Rousseau serait mort le 6 juin, mais il n’était plus avec lui, car ils avaient été séparés lors du parachutage.

J’ai poursuivi mes recherches et j’ai trouvé un site Internet.

C’est celui de la commune de Dozulé en France, et une de leurs sections est dévouée à Dozulé et la guerre.

J’y ai trouvé cette page…


J’ai écrit deux fois à la mairie, mais je n’ai pas encore eu de réponse.

Je cherche aussi en entrer en contact avec la jeune guide pour valider toute l’histoire de la mort de Philippe Rousseau. De qui tient-elle toutes ses informations ?

Je n’ai pas encore eu de réponse.

Fin du billet…

À suivre?

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3 réflexions sur “Blessent mon coeur d’une langueur monotone… – 7 juin 2014

    • Je sais que revivre pour toi ce jour le plus long doit être difficile.
      Imagine ceux qui l’ont vécu.
      On comprend que les vétérans ne parlent pas.
      Ceux qui en parlent font preuve d’un énorme courage ou alors nous racontent des histoires inventées ou s’approprient les souvenirs de guerre des autres vétérans.

      Ce faisant, ils trahissent leurs frères d’armes.

  1. On ne saura vraiment jamais ce qui s’est passé. Le temps efface les souvenirs même de ceux qui ont été des témoins de la mort de ces soldats.
    La lectrice qui a écrit un commentaire m’a promis qu’elle essayerait d’en savoir plus en interrogeant les gens de son village.

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